Un air d’enfance en formation au coaching clinique : ma formation, mon enfance

L’enfant qui a peur.

L’enfant qui mord, qui tape, qui casse.

L’enfant meurtri, humilié.

Ce sont les trois conférences pour apprendre du champs psychanalytique la vive essence, auxquelles j’ai aimé prendre part en ce début de mois de mars aux Séminaires Psychanalytiques de Paris.

Salle comble. Des professionnels de l’enfance venus de toute la France. Directeurs d’établissements scolaires et maternels, personnels du soin et de la santé, journalistes et enquêteurs. Hormis André de Châteauvieux et moi, coaches cliniciens, pas un seul coach. Puisqu’ils se pressent aux événements du même type autour du masculin-féminin et ricaner du sexuel assumé, j’aurais aimé les trouver parmi ces enfants que nous étions tous. La clinique est l’art de l’intervention unique, singulière au cas présent. La clinique est la seule transmission qui apporte le cas vivant en même temps qu’elle soulève le cas d’antan. Celui que nous-mêmes nous demeurons. Un cas insoluble, susceptible d’être représenté, symbolisé, en communauté.

Je m’étais inscrite parce que j’aime beaucoup. Je m’étais inscrite parce que j’aime beaucoup apprendre sur moi. Je l’assume. Je m’étais inscrite aussi parce que je ne savais pas que cela s’adressait tout particulièrement aux professionnels de l’enfance de nos jours. Je pensais à l’entreprise qui est mon champ de bataille. Et aux enfants qui se révèlent aux adultes que j’accompagne.

Je m’étais inscrite il y a plus d’un mois, et l’intervention qui avait eu lieu depuis à la chaire de philosophie de l’Hôtel-Dieu tenue par Cynthia Fleury autour de « La clinique de l’avant », de l’avant-poste, à même le champ de bataille, la clinique traumatique et post-traumatique, des attentats, des lieux de conflit, depuis 14-18 et encore aujourd’hui partout où l’homme social combat l’homme sauvage et viceversa, m’avait conforté dans mon choix.

La clinique de l’avant est avant tout celle de l’enfance, celle de la violence intra-familiale. Comme en temps et sur le sol de la guerre il n’est possible que d’apporter une écoute qui humanise le vécu inhumain et de se retirer pour laisser l’enfant, le guerrier, retourner parmi les siens, en temps et sur le territoire de l’économie partagée qui nous fait vivre et crever il n’est possible que d’écouter le manager, l’expert, le fondé de valeur, et le laisser retourner là où sa valeur est relative voire anéantie par les impératifs productifs et financiers. Et même celui à son compte, consultant ou ingénieur, est pris dans les rets de la perte et du gain.

Alors c’est toujours étonnant d’oublier les contenus, la plainte ou le triomphe, le cas particulier de l’enfant ou du RH dépassé, et d’entendre les processus. C’est cela que l’analyste, le clinicien accompagne, pas tant parce qu’il est cynique ou insensible comme souvent on le prétend, non drappé de sa posture de coach ou de thérapeute, autant incapable que l’est l’analysant de sortir d’une vie qui est la sienne.

Le psychanalyste est psychanalyste car, psychanalysant, il a compris qu’il n’a pas d’autre choix que de psychanalyser pour vivre. Comme il le fait depuis bébé. Le sens n’est jamais trouvé et par là jamais figé. C’est sa quête qui est vivante, et qui apporte à sa descendance.

Et ces trois conférences, dans l’ordre que j’ai repris, parcourent bien le vécu de prime enfance, qui se perpétue à jamais lorsqu’il quitte l’inconscient pour la vie qui peut se déployer.

Car, premier enseignement : vous avez été laissé à votre peur, à votre colère, à votre tristesse, ce n’est pas cela qui est LE problème. Le problème est que vous ou la personne que vous accompagnez, souvent excellente rencontre pour votre contre-transfert, y soit restée fixée.

Autrefois j’aurais tenté de me reconnaître, et me serais trouvée sans hésitation, tellement la légende familiale me l’a rappelé et me le rappelle sans équivoque : je suis l’enfant qui tape.

Aujourd’hui je me reconnais dans l’enfant qui a peur, puis, l’enfant qui mord celui qui tape, celui qui casse, et enfin depuis peu, l’enfant meurtri, l’enfant qui a besoin d’apprendre à pleurer, pour quitter son meurtre, qui accepte l’humiliation et qui a peur surtout des plus forts que lui. La détresse originaire lui revient à l’esprit. Seulement, je ne suis plus un enfant, j’ai peur de vous et alors ? Je ne suis pas livrée à vous, à vos soins, à votre intérêt, à votre regard, à vos mots qui me donnent corps ou pas. Je suis libre à moi.

A suivre.

Car j’ai aussi touché, atteint par moments du bout des doigts ma visée de me former et de vous accompagner dans le champs entrepreneurial, vous que j’accompagne et va.

Illustration de couverture Kate T. Parker Photography

Eva Matesanz
A propos

Eva Matesanz est Psychanalyste et Coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation des penseurs de l'inconscient. Eva Matesanz co-anime avec André de Chateauvieux des espaces de réflexion et d'action collectives inédites : Mars et Venus sur le divan, au sujet du masculin-féminin, L'accompagnement collaboratif, car comment accompagner les collectif sans s'y astreindre soi-même en équipe de consultants, de managers ou de coachs. Et Érotiser l'entreprise, à l'adresse des RH des entreprises collectives. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. Coach accrédité Senior de la fédération CNC. Chargée d'enseignement universitaire et auteure d'ouvrages de management. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

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