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D’amour et d’exil

– Un ouvrage à l’écrit est avant tout un pitch – Eduardo Manet m’inspire ainsi, mon propre chant d’amour et d’exil.

 

– Un ouvrage à l’écrit est avant tout un pitch.

Il nous partage, en écrivain reconnu*, son gimmick.

Qu’ai-je vécu, jadis ou aujourd’hui, qui pourrait faire l’histoire ? Et de quoi et de qui ? Cela pourrait être cette dame qui à la fermeture du supermarché se présente aux caisses et en bouche l’attente forcée, en réglant son addition, de quatre euros quatre-vingt-dix centimes en toutes petites pièces. Un, deux, cinq centimes. Et le compte, en longueur, traîne.

Cela pourrait être aussi la colère de mon père en pareille déconvenue. En moi à l’instant revenue.

Cela pourrait être ma rage, que je ressens par-dessus, d’impuissance face aux deux : le père et celle qui me le rappelle si bien.

Cela pourrait être le rire, défensif, de la caissière, à bout d’elle, à bout de moi et de lui. Et va savoir de quelle peine.

Cela sera – à force de tâtonner je tiens, peut-être seulement toujours, un bout de fil et de pitch -, la figure du père du père, jamais rencontré en vie, qui semble faire de ses colères, de sa rage des riens du tout, de son rire trop facile, de son inconséquence même, tout un chapelet d’histoires comme, d’un souffle, la traîne. Au beau profil de Camus – en photo je l’ai vu -, cet homme serait l’énigme qui, couchée, rampe entre nous.

Qu’aurait-il fait à la guerre ? D’Espagne l’incivilité.

Quel y aurait été son rôle, quelle sa mission secrète, pour que sa femme me dévoile, comme des frissons de jeunesse, éclatante comme un oeillet, qu’elle traversait les frontières des deux Espagnes clivées ? De nuit, et en son nom d’épouse, armer les républicains. Sous les jupons de la belle de quoi faire sauter le ciel.

Et à son retour victorieux au petit matin, aimer se laisser surprendre, de lui, et de son ventre armé.

D’où tenir autant d’argent, et autant de déchéance puis ? Comment vivre en opulence sur les rives de Madrid. Petit instituteur repris ? Et pourquoi tout refuser, de matériel et d’acquis, à sa progéniture grandie. Des enfants bien trop nombreux, trop parfaits, trop rêvés. Trop intelligents de lui ?

Il l’engrosse une dernière fois. Et il disparaît de leur vie.

Il leur laisse la hardiesse, l’instinct de vivre la vie, le goût du l’entre deux feux, le sens de la démesure, la peur qui aiguille l’issue.

Il les laisse sous la jupe de la mère. Telle mitraille.

Il se laisse, aller, simple, de nuit, gitana. Il vit. Et sans doute en moi il gît.

* Eduardo Manet, en cercle littéraire autour de de Roula Si j’écrivais, inspirateur de mon propre chant, esquisse « D’amour et D’exil »

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Connexions du troisième type

il est un nouveau métier qui se fait place parmi les autres, traditionnels ou techno, dans l’air ou à façon. Partout indifféremment.

C’est celui de C O N N E C T E U R

J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ;
des guirlandes de fenêtre à fenêtre ;
des chaînes d’or d’étoile à étoile et je danse.
Arthur Rimbaud

De rencontre en rencontre à la ville, de retrouvailles en retrouvailles d’amour, de contact en contact qui toque à ma fenêtre sur le monde, j’aime découvrir qu’il est un nouveau métier qui se fait place parmi les autres, traditionnels ou techno, dans l’air ou à façon. Partout indifféremment.

C’est celui de C O N N E C T E U R

Dans les organisations : responsables de l’innovation, développeurs de partenariats, des ressources et des marchés de niche le chainon manquant. Toit ouvrant.

Des équipes et familles, couples et duos : le facilitateur. Pas tant médiateur auprès de chacun, mais celui qui médiatise le processus tronqué un instant.

Et de par le vaste monde : le média que nous sommes les uns et les autres tout autant. Au gré de nos partages et créations.

Et là, ce soir, je me souviens de lui, il y a quelques heures seulement, mon visiteur du jour connecteur tout autant, et qui me parle de cet autre qui, l’invisible, nous tend :

– Il est connecté.

Il y en a à foison. Et il ne se cachent plus guère en notre vieil Occident. Pourvu qu’entre connecteurs et connectés cela connecte et danse le sens.

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Event better

Who, What, Where has no more value in journalism: Why, How, What’s Next are the future.
David Levy, Director, Reuters Institute

Si je devais rendre conte de ce premier événement retracé en ce nouveau site qui d’ E V E R   M I N D porte la définition, je suivrais David Levy, je suivrais ce qui s’est passé au présent.

Ce n’est plus en tant que coach ni en tant qu’avec André en duo que nous accueillons un monde en notre monde tout aussi nouveau. A l’Atelier des Jardiniers de Demain il est question.

Et c’est du Pourquoi qui nous anime, du Comment nous partageons et de l’ E N   V I E qu’il s’est agi en ces deux jours Hors Qui, Quoi et en une maison.

Puis comme une fulgurance la question fuse d’André en veillée autour d’un feu :

Avez-vous déjà eu des pensées meurtrières ?

Ce sont elles les orifices de notre château fort.

Et pont Lévy rentré un instant : ni qui, ni quoi, ni où, ni pourquoi, ni comment. Et ce qui viendra après que ce soit à reculons.

Dans son essai « pourquoi la guerre » Freud lâche le fait que dans l’inconscient nous ne sommes tous qu’une bande d’assassins. Et aussi la maxime de Théodore Reik : « Un meurtre tous les jours en pensée et bonne santé vous garderez ».

Even better than an apple a day…

Et ce n’était qu’un premier Event. A suivre. Traquer.

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Debout maintenant !

Longtemps après, encore, de tout temps, en l’attente, elle fixe. Comme au premier jour, ce rai de lumière qui se précise.

Un rai de lumière. Les yeux bridés d’une naissance,n’en perçoivent que le rai, d’une lumière éclatante. Puis rien. Des voix. Des gestes. Un chaos. Rien d’aussi simple.

 

Et puis aujourd’hui. On lui a bien dit de rester au lit. De ne pas se lever tant que l’heure n’est pas venue. Née prématurée l’est pour toujours.

 

Alors, longtemps après, encore, de tout temps, en l’attente, elle fixe. Comme au premier jour, ce rai de lumière qui se précise.

 

 

Elle y accroche son regard. Elle y cherche l’équilibre. Elle s’y pose et elle l’habite. Son corps, resté parmi les draps, la quitte.

 

Elle parcourt le rai : un œil puis l’autre, puis l’un à nouveau, et encore l’autre. Comme si de ses mains ou de ses pieds il s’agissait. Mais lumière sur lumière ne pèse rien.

 

Elle s’enhardit : trois yeux en avant, un en arrière, puis à nouveau et vers l’avant, quatre œillades cette fois.

 

Et elle se ravise.

 

Pour en être des fois tombée elle le sait. Qu’au bout du bout, le rai ne serait plus rai si elle allait trop vite.

– Debout maintenant !

 

Les mêmes mots sont des mots doux, en creux, là-bas, où les siestes de vacance sont si paisibles. « Sans famille » pour un temps. Femmes et hommes de coeur à l’entour. Si peu de temps. Encore si présent…

 

Les mêmes mots sont des mots durs quand la sieste est impossible, et les matins si difficiles. De sa naissance à l’âge adulte, le foyer de sang. Long temps. Oublions…

 

Entre l’un et l’autre, temps, un seul rai de lumière, qui inévitablement se brise.

 

Rien d’aussi simple ne prend la suite.

*

Debout est de vie le pendant…

rai

On voudrait regarder la télé

Alors je lui dis ça.

Soudain un silence d’un long instant, là, entre elle à moi. Surpris, gêné, je me vois rompre ce silence-là, sans trop savoir encore pourquoi. Alors je lui dis ça.

– Ça tombe bien, dit-elle du tac au tac, parce que là-bas aussi, en réunion d’équipe ce matin-là, j’ai posé un silence, un long silence, face à lui. Vous vous souvenez : c’est celui qui me cherchait des poux toujours. Et ça a mis fin alors à ses attaques incessantes, à ses jeux à la noix. Comme un enfant qui piaille et qui, au fond, réclame un peu de reconnaissance. Et il est revenu vers moi après la réunion, inquiet et comme pour vérifier que je ne boudais pas !

Et alors ? je me demande en moi-même.
– Alors, poursuit-elle, il y a encore aujourd’hui,  pour moi, comme une énigme dans ce silence-là. Un malaise venu d’ailleurs ?

– Ou bien le contraire peut-être ?
– Je ne comprends pas !
– Ça vous à fait quoi tout à l’heure de me voir rompre le silence là, entre nous ?
– Vraiment rien ! Ça tombait bien, je vous l’ai dit !

Alors je quitte là ce que j’ai cru percevoir d’elle un instant : le plaisir devant l’homme soumis à son silence et puis qui cède. Ça doit plutôt parler de moi, encore une de mes craintes anciennes. Bizarre que ça se réveille là.

– C’est vraiment comme un malaise venu d’ailleurs, répète-t-elle.
– Un malaise d’autrefois ?
Alors, je vois bien là, dans ses yeux, qu’elle me voit venir et qu’elle a un peu peur de repartir en enfance. Mais c’est pour ça aussi qu’elle aime venir en bord de ciel. Alors je la pousse un peu.
– Et qui faisait silence, autrefois ?

Et un souvenir surgit là, comme s’il n’attendait que ça :
– J’aimais revenir de l’école avec des bons points ou des bonnes notes. Souvent. Mais ce n’était que le silence alors.

Et je crois deviner qu’il y a autre chose.

– Tais-toi, s’il te plait, ajoute-t-elle. On voudrait écouter la télé. Ça, c’était le soir à table, quand j’avais simplement envie de parler !

Et elle découvre ainsi qu’elle aime faire aussi ce que jadis on lui faisait.

***