Les biens pas communs

C’est fou, toi et moi, on n’a rien en commun, elle m’a dit ce matin-là. Je ne sais pas trop pourquoi elle m’a dit ça, comme ça, à son réveil. Peut-être parce qu’elle pensait soudain à ses travaux et ses recherches sur « La psychologie du collaboratif » et moi alors, si c’est ça, je donne volontiers mon corps à sa science. Mais vraiment aucun point commun !, elle a renchéri. Ce mot là – renchéri –, c’est moi qui l’ajoute ici parce que je trouve ça joli. Mais c’est bizarre quand même, ai-je pensé, parce que dans l’imaginaire populaire, être amoureux, s’aimer c’est se trouver plein de points communs et se retrouver ensemble autour de tout ça aussi. « Qui se ressemble s’assemble », comme on dit. Mais pour elle, c’est dans nos différences et dans nos oppositions qu’on peut vraiment être ensemble et faire de belles choses. C’est bien plus que tous les racontars sur la synergie, les complémentarités ou « l’intelligence collective ». C’est bête un collectif, enfin c’est animal. Et coopérer c’est oser la différence et le conflit alors. Et elle a continué en faisant la liste de toutes nos différences. Et c’est vrai, on n’a vraiment rien en commun.
Mais le lendemain matin – à son réveil encore –, elle m’a demandé mon groupe sanguin. Oui, comme elle doit faire des examens, elle a un peu peur de ne pas réussir ces épreuves-là. Et donc, si ça tourne mal, elle a envie de savoir si je pourrais lui faire un don d’organe. Et alors on a découvert qu’on avait le même sang tous les deux, enfin le même groupe sanguin.
Et aujourd’hui, elle et moi, on animait le deuxième journée d’un Groupe de Pratiques Collaboratives et c’est avec ça qu’on a commencé. Oui, comme le premier jour c’était plutôt fusionnel, chacun aimait se voir dans l’autre et vice versa, comme dans un miroir – comme dans la relation mère-enfant aussi, parce que se retrouver en groupe ça ramène d’emblée à ça, mine de rien, à la matrice et c’est pour ça qu’au bout d’un moment, tellement ça idéalise, ça colle et ça ronronne qu’on n’en peut plus et alors ça finit par craquer, d’une manière ou d’une autre – et donc Eva et moi on a ouvert la séance avec une question sur les biens pas communs :
« Qu’est-ce qu’il y a de pas commun entre vous ? »
Le miroir a commencé à se briser. Un peu comme le père s’immisce dans la relation entre l’enfant et sa mère. Et c’était bien alors.

Interview psychollaborative

Après « L’art du lien », chez Kawa en 2014, Eva publie un nouvel et bel ouvrage « La psychologie du collaboratif » qui paraît ces jours-ci aux éditions L’Harmattan. C’est sous le signe du témoignage, vivant et au cœur de la conduite des groupes.
Au naturel toujours, l’esprit libre et exigeant alors. Et à l’écoute sensible de ce qui se trame sur la scène de l’inconscient.

Et, comme nos créations prennent leurs sources dans nos histoires intimes et familières, j’ai voulu en savoir un peu plus sur les origines de ce livre-là.
Interview.

Le collaboratif ce sont des histoires de liens, alors quel est le lien entre ton histoire à toi et le collaboratif ?

Eva Matesanz : Le collaboratif, ce sont des liens personnels et des ruptures de lien ou des liens jamais tissés, à nu, en l’air. Les impasses de nos origines. Les liens parentaux imparfaits. Le collaboratif consiste à vivre « l’illusion groupale » pour chacun des participants. C’est le lieu de tous les fantasmes personnels avec les frustrations que cela implique à nouveau.
Aujourd’hui, les technologies attisent cette illusion du tout-en-lien pour chacun de nous, non seulement dans le lien virtuel mais par  et la diversité de rencontres qu’elles permettent : en entreprise, où des équipes éclatées voient le jour, et dans le tissu socio-économique, où le moindre attroupement est mis à profit et labellisé d’intelligence collective. Tout reste à faire cependant. La rencontre humaine n’est pas la connexion digitale ni les Fab Lab et autres Think Tank qui accolent des solitudes et des certitudes bien souvent.
Et puisque la question porte sur mon fantasme, mes ratages et mes conquêtes du lien humain, pour moi comme pour chacun, c’est la solitude originelle, puis, la constellation œdipienne qui modèlent l’inscription dans le réel.
Aînée d’une famille nombreuse avec des enfants conçus toutes les deux années – et même, entre ma sœur cadette et moi-même, rien que treize mois ! – je suis passée de l’infinie solitude à l’infinie compagnie. Et j’ai souvent détesté tous ces autres, mon frère et mes sœurs, puis les cousins, puis les collègues et les coaches. J’ai même voulu les tuer, les éventrer, les dévorer. Je les ai ainsi beaucoup aimés. Et entre deux coups échangés, comme cela est dans la nature humaine, nous échangions nos idées.
En grandissant, j’ai compris que ces rencontres, ces corps à corps pouvaient être contenus dans des cercles d’appartenance : l’école, la bande d’amis en vacances, mes stages et l’Université, l’entreprise et ma fédération des professionnels de la relation, le CNC.
Et c’est ce processus que je décris dans l’ouvrage que j’ai référencé de connaissances et ciselé de vécu du mieux que j’ai pu. Car c’est parce qu’un groupe est davantage que les individus et leurs passions, qu’il se sait en quelque sorte groupe parmi d’autres groupes qui traversent leurs limites de contention, qu’il y a fertilisation croisée de ses membres avec ceux d’un ailleurs, que le groupe collabore et que chacun se restreint.

Vouloir éventrer ou dévorer tes sœurs et ton frère et « beaucoup les aimer » ainsi, c’est bien à rebours du prêt-à-penser collectif. Mais aujourd’hui, quand tu conduis un groupe – avec des consoeurs ou des confrères par exemple –, invites-tu ou évites-tu ces échanges de coups, entre les idées ?

Eva : Tu fais référence au positivisme, au bonheurisme et à l’injonction à la bienveillance ambiante, comme un Graal social ? Malheureusement ces démarches cohabitent avec le Graal sauvage, ou plutôt elles ne cohabitent pas. Les deux s’affrontent, les sylvestres et les kalach. Comme le collaboratif lui-même, qui était l’opposition naturelle au taylorisme qui nous a dominés depuis l’ère industrielle et qui fait de l’ère des services celle des sévices. Oui, le collaboratif est, lui-même, devenu une injonction.
Quand les artisans et les ouvriers se concertaient contre les procédures éreintantes, que les cadres s’excitaient, ensemble et tout seuls, pour pousser des idées aux patrons, ou plus discrètement, pour faire autrement avec leurs équipes sans trop le dire et que les résultats leur donnent raison, c’était cela la collaboration ! Ainsi là où il y avait une spontanéité féconde et des idées qui finissaient par prendre, là où les coups étaient permis, ils sont aujourd’hui parés à la racine, à coup de « feed back » cette fois-ci et de circuits d’innovation incubateurs ou accélérateurs. Artificiels surtout.
Car, même, lorsque cela n’est pas trop biaisé, mettre ensemble des individus et leur donner des objectifs de créatif et de collaboratif préemptés, c’est comme demander à un mille pattes de se regarder marcher. Il pédale en l’air. L’image du mille pattes est évoquée par Foulkes, le fondateur de la démarche collective que je présente dans mon ouvrage, celle de la groupe analyse.
Comme « la psyché analyse » lors d’une psychanalyse et trouve des voies d’action et de pensée autres que celles de la répétition inconsciente, celle des impasses des origines, « le groupe analyse » sans injonction ni censure. L’analyse ne se fait pas dans le sens du découpage rationnel mais dans celui de la psychanalyse : il existe des liens entre des éléments épars qui n’ont aucun lien logique entre eux. Ces liens sont affectifs.
Le groupe analyse, cela veut dire qu’il se laisse aller à la répétition inconsciente de chacun, pour devenir la scène, le théâtre de ces liens. C’est notre démarche naturelle pour être ensemble de répéter les liens du groupe d’origine, la famille et la famille élargie à l’école, au quartier, au quotidien de l’enfant qui se construit psychiquement, puisque l’espèce humaine n’est pas comme les espèces animales déterminée par la génétique et les instincts qui s’y rattachent.
Lorsqu’un groupe nouveau réunit des individus qui, inconsciemment, se projettent dans leur groupe d’origine, la répétition n’est pas parfaite pour chacun, leurs répétitions ne peuvent pas tout à fait s’articuler. Il est nécessaire alors de trouver des compromis. Chacun renonce à une part de lui-même au profit des autres, au bénéfice aussi de trouver lui-même une place inédite. Alors, c’est la même chose pour moi lorsque j’anime, seul moment où je fréquente mes confrères et mes cousines. Sinon, en effet, j’aurais peut-être plus de mal à laisser de côté mes furies d’aînée toujours en activité, mais elles sont là, prêtes à servir si l’articulation dans le groupe le permet. Heureusement ni la psychanalyse ni le groupe analyse font d’une aînée une cadette ! C’est la peur de beaucoup de ceux qui y renoncent. De se perdre. Alors que l’on se retrouve enfin dans toute sa complexité et sa singularité.

Le « nous » qui est dessiné sur la couverture de ton ouvrage suggère tout le contraire de l’attaque et de la violence. Oui, d’exquises esquisses – au féminin comme au masculin –, et sous le signe de l’Eros. Comme si l’un cachait l’autre alors ?

Eva : C’est la violence qui recouvre notre élan vers l’autre. L’élan vers l’autre est celui de la confiance, de la communion originelle, par les corps, quelles que soient les circonstances psychiques et sociologiques de la mère, des parents, du village qui accueille l’enfant. Ce sont nos défenses qui se construisent progressivement, au frottement, et non plus à l’union parfaite de la gestation, qui génèrent une violence toute autre que ces élans premiers de dévoration et de possession. Et ces élans-là, premiers, trouvent le repos dans nos fantasmes. Ils ne s’exercent pas dans le réel lorsque la névrose, qui est normale, a pu se parfaire. Cette violence qui se construit aux entournures de nos relations est la violence sociale dont je parlais. Les injonctions. La bienveillance, comme un diktat, et les appels des sirènes à la collaboration productive et non accidentelle en font aussi partie.
Les défenses sont naturelles et c’est à elles que je m’attache dans mon ouvrage. C’est le deuxième volet du parchemin initiateur d’un collaboratif libéré : les défenses individuelles vis-à-vis du collectif et les défenses du collectif vis-à-vis de l’extérieur qu’est l’institution qui l’enjoint de collaborer, du consultant, du formateur ou du superviseur qui « conduit le groupe ».
Le troisième volet est celui des appartenances. Ainsi lorsque le groupe s’inscrit dans la durée, il devient une enveloppe pour chacun. La communion se parfait. Les appartenances multiples permettent de ne pas s’y enfermer. Le premier volet revisite le cheminement personnel des identifications que j’avais déjà abordé dans mon précédent ouvrage – L’Art du Lien (Kawa, 2014) –, comme une ressource personnelle préalable à ces deux autres cheminements collectifs : se défendre et pactiser. Chacun de ces volets se concrétise dans un carnet pour chaque lecteur de telle sorte qu’il chemine lui-même plutôt que d’être spectateur, sidéré ou hypnotisé, par ma méthode imparfaite.
Car c’est à partir de mon expérience bancale que j’ai bâti cet ouvrage dont le sous-titre, mon titre originel, « Dessine-moi nous », est bien plus authentique. J’ai dessiné ma planète, trouée, larguée, attirée par d’autres trajectoires proches ou lointaines, et j’en ai fait des carnets vierges pour que d’autres complètent la Voie Lactée d’un Nous plus vrai. Les carnets de chacun, épars, jamais réunis dans une oeuvre aboutie, font de cette expérience une réalité comme la vie : finie pour chacun de nous, continue même lorsqu’une étoile s’éteint. D’autres brillent de leur audace nouvelle. C’est à elles que je pense quand je vis : à mes deux filles et à ceux et celles qui gardent la trace de mon passage parce qu’ils ou elles m’ont consultée.
J’imagine que tu aurais voulu connaître des détails croustillants de mes ébats et mes débats intimes. J’en donne en partie l’illustration au titre des appartenances concluantes. C’est le seul moment où ce ne sont pas des témoignages de mes missions mais de mon propre vécu. Alors, je t’invite et j’invite les lecteurs de ton blog à me lire dans le texte, et à lire plus tard si le cœur y est, l’ouvrage de mes origines personnelles et de mon devenir intime et engagé dans notre monde, que j’écris tout doucement. En espagnol, ma langue natale qui a resurgi comme par accident. L’authentique innovation. La réconciliation en moi. La collaboration possible alors.

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Soirée-dédicace avec l’auteure :

Mardi 21 mars de 19h à 21h
Librairie L’Harmattan
21 bis, rue des écoles – 75005 Paris

Sollicitez votre invitation sur le site L’Harmattan : rubrique Envoyer un mail à l’auteur
La couverture du livre est une création de Joël Alessandra, grand voyageur aussi.

Un Manager témoigne des bienfaits du coaching en entreprise, le coaching-analyse

imageJe sais bien que ça ne se fait pas mais, pendant que je l’accompagnais, je ne pouvais pas m’empêcher d’écrire. Irrésistiblement. Un, deux et trois billets. À la fois sur lui et sur moi, sur des histoires d’avant et d’aujourd’hui, sur le sale et le lait, sur le grognon et ce qui pue, sur la cruauté de l’enfance et les tondeuses à gazon…
Parce que ce n’est pas une excuse mais les jeux de transfert, ça entremêle toujours beaucoup de soi et de l’autre. Sur le coup. Alors je ne pouvais pas m’empêcher d’écrire. Et c’est souvent dans l’après-coup que ça se comprend.

J’ai caché les trois billets au fond de mon blog mais, un beau jour, il les a découverts.
– Vous écrivez sur moi, il m’a dit.
– Oui, c’est à vous d’écrire votre vie si vous voulez, j’ai répondu sans trop me démonter. Et il m’a raconté que sa mère aussi écrivait pour lui quand il était petit d’homme. Chaque dimanche soir, il lui demandait de faire ses rédactions. Alors il m’a pris au mot. Oui, il a essayé de changer un peu le sens de l’histoire.

Un, deux, trois. Trois premiers billets de son cru, comme un journal intime et sur le fil des associations libres. Et puis d’autres encore, au fil de nos séances. Et puis après aussi. Et tout ça aujourd’hui c’est devenu un livre. Ça s’appelle « Un manager à nu ». C’est publié chez Kawa et avec un pseudo parce que c’est intime toujours. Je n’ai jamais lu ça ailleurs.
Et depuis, j’ai arrêté d’écrire sur lui. Enfin juste quelques lignes, pour la préface.

Eva a aussi rencontré Yvon, c’était à un atelier de campagne, et alors elle a aussi écrit une page pour son livre. C’est là sur son blog : « Manager analysant »

Et ici, ce sera un large extrait du livre d’Yvon parce que c’est vraiment bien ce livre-là.

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« Dans le coaching-projet traditionnel, le patient (il est malade ?) a un mois pour travailler et digérer entre chaque séance et rapporter au coach ce qu’il s’est passé pendant ce mois.
André, lui, il préconise une autre méthode avec des séances en continu, toutes les semaines, une heure à chaque fois, vingt séances pour moi. Il paraît que ça bouscule plus, je veux bien le croire, j’ai testé. C’est court une heure, mais on part avec des devoirs pour l’inconscient. Moi, je réfléchis pendant ma semaine, plus ou moins consciemment et je fais mes devoirs au dernier moment sur ma moto quand je viens voir André, et puis aussi en gravissant les cent marches (oui, oui, cent tout rond) qui mènent à André, à son loft… et à mon inconscient.
Et puis il y a les associations libres, le voyage entre présent et passé, souvent dans l’enfance, le tissage des fils comme il dit, mais pas que. L’histoire, la construction de soi, c’est permanent. Il y a des grands voyages et des plus petits. Et donc il y a de l’inconscient, puisque tout y est classé, et des liens dans tout cela, entre tout cela. Et je crois bien que c’est ça qui est politiquement incorrect… que le coaching titille l’inconscient, donc pas d’états d’âmes, allons-y ! »

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« J’ai commencé un Coaching… enfin plutôt un accompagnement. Coaching ça renvoie au sport et si je dis psycho…, je vois déjà certains demander ce qui ne va pas dans ma tête, si je suis malade de la tête…
Et pourtant…
Pendant toutes mes études et même beaucoup plus tard, je n’aurais jamais imaginé cela. Peut-être le fait d’avoir vécu toute ma jeunesse à côté d’un hôpital psychiatrique ? Moi, pas besoin de ça, je suis normal.
Depuis quelques temps, c’est comme une évidence. L’approche des 50 ans peut être ? Oui, j’avais besoin d’un accompagnement, oui je le sentais depuis quelques temps que j’avais besoin de ce miroir pour m’aider à cheminer dans ma vie, oui je me rends compte que ça me fait du bien. Regarder derrière pour avancer… Quel chemin parcouru : j’avais banni de mon vocabulaire tout ce qui commence par psy ou psycho ou encore analyse ou dérivés. Je crois même me souvenir que je faisais un détour pour passer loin de la fac de psycho (ils sont quand même bizarre les psy, non ?), c’est tout dire ! Et maintenant, je vois André, l’homme qui m’aide à parler avec mon inconscient et qui me fait voyager dans ma jeunesse. […] »

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PSYCHO-VELO

Presque tous les Dimanches matin, je fais du vélo avec deux copains, en général 80 km en partant de la ville vers la campagne. C’est important ça, inconsciemment pour moi, de partir de la ville vers la campagne. Et comme je suis trop fatigué pour m’en rendre compte, on en profite pour revenir au point de départ, la ville.

On croise beaucoup de vélos, probablement un certain nombre de cadres stressés qui ont besoin de se détendre, beaucoup d’autres aussi.
Et puis il y a les automobilistes stressés, soit parce qu’ils vont déjeuner chez leur belle-mère, ou peut-être ont-ils raté la messe, qui sait ? Ils partent plus ou moins tôt, ce qui fait qu’ils sont présents sur presque tout le parcours, rendant dangereux notre plaisir dominical. Enfin, ce sont nos hypothèses, ça doit être important car ils préféreraient écraser un cycliste plutôt que de perdre quelques secondes à profiter de la vie. Et en plus c’est Dimanche, incompréhensible… Ils devraient plutôt se mettre au sport…

Un de mes compagnons de route est chirurgien. Dimanche dernier, il m’explique être allé voir un confrère en Alsace pour parler de chirurgie ambulatoire. Il m’explique face à mon air interrogatif (même en vélo, mes expressions se lisent sur mon visage…) que la chirurgie ambulatoire est un mode de prise en charge permettant de raccourcir votre hospitalisation pour une intervention chirurgicale à une seule journée. Vous rentrez donc le matin pour être opéré le jour même et ressortir le soir. La durée de séjour à l’hôpital est de quelques heures à moins de 12 heures.

C’est une tendance, ça existe déjà. Mais là, c’est pour une prothèse totale du genou. Âmes sensibles, sautez le paragraphe ! Il s’agit de couper les os en haut et en bas du genou et on remplace tout entre les deux : articulation, rotule, ligaments, tout ! Et le patient entre le matin à l’hôpital et sort après l’opération, un genou neuf en moins d’une journée. Incroyable. Et c’est possible, et d’ailleurs ça existe déjà.

Ma curiosité est tout excitée. Comment se fait-il qu’un chirurgien de Strasbourg le fasse et pas toi ? A la réflexion, c’est un peu direct comme question, mais bon, il faut gérer le souffle, l’effort de pédalage et le positionnement côte à côté, alors ça excuse les phrases courtes et concises.
Et là, il fait un parallèle avec les grandes entreprises et la motivation des équipes. Il m’explique que pour réussir cet exploit, il faut que toute l’équipe soit focalisée sur l’objectif, de l’amont à l’aval. Ça commence par les visites préliminaires où le chirurgien explique en détail au patient comment l’opération va se passer, avant, pendant et après, en détail. C’est une espèce de conditionnement, l’idée étant que l’inconscient du patient (et des opérateurs) intègre le processus. Très important me dit-il, il faut que toutes les équipes soient focalisées sur l’objectif, qu’elles aient tout anticipé, tout prévu, dans le sens de la rapidité et de l’efficacité, à tous les niveaux : anesthésie, infirmières, attelle réfrigérée… Il faut que tous les intervenants aient intégré que le patient doit et va sortir après l’opération. Il enfile ses vêtements, met ses chaussures et sort de l’hôpital. Certains se risquent à conduire pour rentrer chez eux !

Donc pour ce chirurgien, l’organisation, le partage de l’objectif et la motivation des équipes sont des valeurs de l’entreprise qu’il va rechercher pour mener à bien son projet. Intéressant !
Saviez-vous que le risque d’attraper des maladies en milieu hospitalier, en particulier des infections est proportionnel à la durée de séjour. Moins on y reste, moins il y a de risques.

Tiens au fait, moins on y reste, moins il y a de risques, ça s’applique aussi aux carriéristes. Vous avez remarqué que les high pot (hauts potentiels, prononcez « aïe pote »), restent assez peu longtemps dans les postes successifs, un an et demi à deux ans… Le temps de semer, mais pas forcément de récolter, partis avant la récolte, action (ou pas) et pas de réaction, et peu de risques de se planter. A l’inverse, celui qui occupe un poste dans la durée, il doit assumer les conséquences de ses décisions et de ses actions. Poète et Paysan, enfin, surtout Poète… pouet pouet !
Chez nous, on appelle la gestion des carrières le « Talent Development ». Les RH sont des « Talent Managers », même des « Talent Acquisition Director ». Dis si tu ne progresses pas, c’est que tu n’as pas de talent alors ? Et ça s’achète le talent… ? Mais dis-moi, c’est quoi le talent… ?

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UN MANAGER À NU – Les bienfaits du coaching en entreprise – Yvon ALAMER – Editions KAWA – Octobre 2016

C’est la rentrée ! Et le stage de conduite de groupes vous plaît !

Cette coach-là, je ne sais pas si elle a Free mais elle l’est et elle a tout compris !

❝ J’ai lu ta proposition relative à une formation de 2 jours sur l’accompagnement collectif. Je souhaitais en savoir un peu plus car elle peut m’intéresser.
En effet, j’anime beaucoup de groupes, de nature diverse, et je souhaiterais mieux explorer ce qui se joue entre l’animateur et son groupe (et moins le côté dynamique dans le groupe). Crois-tu que ta proposition y réponde ? ❞

Oui, cette coach elle voudrait bien venir au stage de conduite de groupe en duo avec Eva. Et ce ne sera pas dans la Simca alors je lui raconte un peu les coulisses :

❝ Cet atelier-là on a aussi imaginé avec Eva l’intituler « Regardez-vous quand vous accompagnez un groupe ».
Oui, pour mettre l’accent sur ce que les psys appellent le « contre-transfert » de l’analyste face au patient. Et ici élargir ce regard sur soi quand nous sommes en présence d’un collectif et au plus près de ce qui se noue en nous (ou « se joue »), de ce qui nous accroche avec le groupe et chaque participant, plus ou moins (sans forcément attendre la séance supervision pour analyser ça).

Nous vivrons tout cela en présence pendant ces deux journées et avec l’inter-séance aussi pour que chacun décante, se « regarde » encore et nomme aussi dans l’après-coup si c’est plus facile.
La « dynamique de groupe » (les « passions dominantes » pour nous) s’ajoute à cela et nous l’analyserons en même temps, en groupe, entre accompagnants.
Et tu es la bienvenue alors si tu aimes. ❞

Et vous aussi, si vous aimez vraiment accompagner. Dernières places sur des starting-blocks  au soleil et au vert. Dans notre Atelier de Sens, à 1 heure de Paris Bercy par le train. Transfert en Simca de la gare en campagne assuré. Modalités pratiques en lien.

 

Illustration comme souvent de Kate Parker Photography

Une journée de formation pour les coachs à l’accompagnement sans fin, de fil en fil

imageSur le métier à tisser de celui qui aime accompagner, au naturel et sans chichis, il y a le fil des séances, le fil de la relation, le fil des associations libres, le fil de l’inconscient et plein d’autres bouts de ficelle.
Et tous ces fils-là, c’est la même pelote au fond et c’est tout un art que d’aimer démêler et tricoter tout ça ensemble et en continu. Oui, aimer accompagner au long cours et pas à saute-mouton.

Et vous alors ? Oui, vous qui aimez nous fréquenter depuis un, deux ou trois ans, pourquoi vouloir réserver ça à la supervision ? Mais qu’est-ce qui peut bien vous empêcher de faire pareil avec vos clients ? De tenir un fil de séances qui n’est pas saucissonné ni coupé d’avance ? Où chacun tient le lien, surtout dans les moments où ça part en quenouille ? Et où la question de la fin n’est pas une question ?

Alors, c’est quoi vos démêlées familières avec les autres au fond ? Et votre art du lien à vous, singulier, sur les métiers à tisser de l’accompagnement ?
Rendez-vous le vendredi 20 mai pour une journée au naturel et en duo.

A l’atelier des jardiniers, à próximité de Sens (55 min de train de Paris Bercy).
Avec Eva Matesanz & André de Châteauvieux

Et cette journée-là est aussi ouverte à celles et ceux qui ont vraiment envie de commencer un accompagnement au naturel. Sur rencontre préalable.

Eva fait la moue

« Eva fait la moue »
Il dit ça parce que depuis un moment il t’espionne, il te guette comme le ferait un enfant avec sa mère et que toi, depuis ce moment-là, tu ne dis rien. Il dit ça comme ça, alors qu’il pourrait te demander à quoi tu penses. Mais je ne suis pas sûr que tu répondrais à une question comme ça. Et lui aussi se doute de ça sans doute.
Et moi j’entends « Eva fait l’amour ». Et alors tu commences à lui répondre.
« Non,… » (Oui, tu commences souvent tes réponses par « Non,… »).

Illustration photo de Misungui par Madeleine Froment

Conseil & Innovation : la Soutenance

– Quand t’es en soutenance pour un appel d’offre avec un codir et, qu’au bout d’un moment, tu sens bien qu’avec eux le courant ne passe pas, (oui, parce que ces choses-là tu les sens ça assez vite, au fond), quand tu vois que tu commences à t’ennuyer à mourir, que ta propale leur va pas, qu’ils n’ont pas vraiment envie de travailler avec toi, que chacun reste coincé dans son jeu de rôles préféré et que mine de rien ils te font vivre ce qu’ils aiment faire à tous ceux qu’il faudrait faire « bouger » à l’étage en dessous mais qui « résistent » parce que « la soupe est trop bonne, ici », comme ils disent, alors toi tu te dis que tu pourrais arrêter là, laisser de côté ton désir de gagner, ton goût pour la compet.
– Et tu t’arrêtes vraiment, alors ?
– Oui, t’as pas besoin d’attendre la fin parce que ça dure 1h30 ce genre de jeu. T’éteins le barco et ton ordi. Tu peux enlever ton masque de consultant aussi.
– … !?
– Et puis, si vraiment t’en as envie, tu ajoutes : « J’aimerais bien essayer de comprendre pourquoi on s’ennuie comme ça ensemble et comment ça fait, si maintenant pendant un instant, là, on sort de nos rôles, et on arrête de jouer ce jeu-là ?
C’était hier soir, en séance du groupe « Conseil & Innovation ». Il y avait pas de barco ni d’ordi et on a bien aimé détricoter l’un des rituels du métier, un passage pas obligé au fond.

 

– Oui – j’ajoute ici ce qu’ajoute Eva.

– Les Consultants d’avenir seraient aussi coachs-analystes, féru de process et méthodo mais surtout lucides sur l’ambivalence de la nature humaine et la sauvagerie autant cruelle que nécessaire des individus pris dans un groupe. La sauvagerie « civilisatrice ».

Ils sauraient qu’un Comité de Direction est un Conseil de famille et que lorsqu’il consulte un consultant, il devient, lui, soutien de famille. Et là, en soutenance, thérapeute familial en première séance qui « ne se dit pas » face à du « nous avons un problème et c’est pas moi ».

Comment « gagner » ? Gagner surtout le temps d’autres séances, et les accompagner « malgré eux » ?

 

À suivre « dans d’autres séances » de ce groupe « Conseil & Innovation » qui lui s’engage dans le temps nécessaire à la transformation. Le parcours 2016 est ouvert aux nouvelles vocations. Pour rejoindre la prochaine séance contactons-nous.

la Compagnie des Superviseurs ou comment devenir coach-analyste

La Compagnie des Superviseurs, là c’est parti !
La première séance en groupe c’était mercredi dernier ; avec quelques défenses massives, genre « position méta », « jeux de rôle » ou « je vais te tirer les vers du nez »… Mais tout ça sans être dupe.

Cette compagnie-là n’existe nulle part ailleurs ; c’est loin des référentiels de compétences et de la bienséance, c’est comme une base de vie pour les compagnons de la supervision.
C’est pour tisser des liens entre psychanalyse et coaching, toujours ; et c’est l’un des parcours que, Eva & moi, on aime animer pour les Coachs-Analyste.

Et là, en partage, quelques indications pour faire route ensemble.

Bonjour,

Et merci à chacune et à chacun de votre intérêt pour cette compagnie-là qui ouvre un espace inédit pour le « métier impossible » qu’est celui de superviseur, tout comme ceux qui font profession de « gouverner, soigner ou enseigner » ; impossible car « garanti d’emblée d’un succès insuffisant », disait Freud.

Ce groupe est ouvert :

• à ceux qui animent des ateliers d’analyse de pratiques ou des groupes de co-développement, et ainsi supervisent déjà à leur manière, et qui souhaitent revenir aux sources de notre métier, s’inspirer de la psychanalyse et intégrer en particulier les jeux de transfert et de contre-transfert dans leur pratique ;

• à ceux qui supervisent un confrère moins expérimenté, ponctuellement ou comme mentor, et qui sentent bien alors le besoin de gagner en liberté pour offrir ça aussi à d’autres coachs ;

• à ceux qui démarrent ou créent une activité de supervision, en individuel ou en groupe, et qui souhaitent se former au contact, en situation, et toujours aux sources de l’accompagnement ;

• et aussi à des superviseurs déjà installés et heureux de pouvoir se frotter en groupe de pairs et se développer comme coach-analyste.

Notre ambition est de tisser ensemble des liens créatifs entre coaching et psychanalyse, et aussi, comme cela a surgi en première séance de groupe, d’animer une « salle de garde », comme les médecins, pour notre « hygiène » personnelle et comme une « caisse de résonance » sur des questions souvent taboues dans notre métier ; et puis, pourquoi pas, partager aussi nos travaux au fil de l’eau avec d’autres accompagnateurs sous la forme de questionnements ouverts.

Ce qui nous réunit pour l’instant c’est un fil de 9 séances sur l’année scolaire 2015-2016, avec aussi les différentes thématiques qui surgiront. Et, comme évoqué mercredi dernier, pour susciter la dynamique, nous avons pressenti quelques premiers thèmes :

• La « supervision sauvage », celle qu’on pratique sans lui donner encore le nom ni la forme d’une supervision, et qui est riche de révélations sur comment nous supervisons naturellement, avec la part d’idéalisation et d’inhibition qui corsète la pratique aussi. Et ne garder que le naturel alors.

• « La rivalité » ou sa facette plus glamour, l’idéalisation entre confrères et toutes les inhibitions alors ; parce que superviser celui qui fait le même métier que soi-même ne peut pas laisser indifférent au fond.

• « L’amitié » : pour les coachs qui demandent à leur superviseur de devenir leur ami pendant ou à la fin d’un parcours de supervision, et comme une manière alors de sortir de l’asymétrie de la relation.

Nous aurons le souci de laisser la place à chacun et sur tous les thèmes, nous travaillerons toujours sur du spécifique, sur l’analyse de la pratique et sur la singularité de chaque superviseur de la Compagnie.
L’investissement pour ce parcours est de 1500 € TTC. Cette somme sera réglée soit en totalité, lors de la prochaine séance en novembre, soit en deux fois : 500 € en novembre et 1000 € à la séance de janvier. Dans les deux cas, deux règlements seront faits pour moitié et pour chaque animateur : Eva et André.

Voici le calendrier des séances : 7 octobre, 18 novembre et 9 décembre 2015 ; 20 janvier, 24 février, 30 mars, 20 avril, 18 mai et 15 juin 2016.
Ce sera à l’atelier de 18h00 à 20h00.

La présence de chacun est requise pour l’ensemble du parcours. Toute absence sera remplacée par une séance individuelle et en duo avec nous pour préserver la continuité du travail, avec un supplément symbolique alors. Vous pouvez aussi introduire des séances individuelles en complément de la Compagnie si vous sentez que des situations sensibles n’ont pas de place dans le groupe.

La Compagnie des Superviseurs n’est pas un lieu de supervision de coachs ; alors chacun est invité à continuer d’être accompagné par ailleurs. Si vous souhaitez approfondir la pratique clinique psychanalytique, vous pouvez aussi rejoindre un groupe de supervision que nous animons en duo.

Vos dernières questions et règlements peuvent intervenir, brièvement, en ouverture de la séance du 18 novembre, et place au travail entre nous aussitôt !

Bienvenue à vous en bonne compagnie alors ; nous l’aurons aussi « mauvaise » parfois ; et au naturel toujours de notre accompagnement.

André & Eva

Cette compagnie-là n’existait nulle part ! Pour aller loin des référentiels de compétences, construire une base de vie pour les compagnons de la supervision. Wellcome on Board !

Devenir superviseur de coachs sans s’en faire un mauvais film

Je mettais dans mes spams tous les courriels de ce confrère qui m’arrose de plein de pubs et d’outils pour me former, me faire accréditer et puis tatouer superviseur de coachs, sous sa marque et à l’international ; mais ses mails m’arrivent encore quand même.
Alors là, je prends le temps de lire son dernier message et il décrit comment la supervision passe d’un monde sauvage à un « monde de privilèges et de surveillance » :
« Cet article [de Vikki Brock ] est en résonnance avec celui de Bob Garvey paru dans le précédent numéro du même périodique où il traite de son sujet favori : l’évolution du coaching depuis le « Wild West », système sans loi, vers le « Néo-féodalisme », monde de privilèges et de surveillance. Il voit en effet se former les strates depuis le coach non accrédité, puis accrédité à divers niveaux, puis le superviseur non accrédité et enfin accrédité. Une stratification analogue à celle qui distinguait écuyer, chevalier, baron, vicomte, comte, marquis, duc… »
Mais c’est bizarre, je me dis, ce superviseur-là il propose aussi de passer du « Wild West » vers le « Néo-féodalisme » au fond ?
Avec Eva, ce n’est pas le gang des tatoueurs, c’est « la compagnie des superviseurs » qui commence à la rentrée. En mode compagnonnage toujours ; et l’humaine nature, nature sauvage, nous va bien alors sans souci de titres ou de pedigrees, ni chevalier ni baron, vicomte ou comte, duc ou marquis…

 

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Récidive ! Ferez vous partie des initiés ou plutôt de ceux qui réinitialisent leur nature humaine ?

C’était sans faux-semblants et c’était vraiment sensible, le premier atelier « Humaine nature » au mois d’avril, en groupe intime.
Chacun a aimé danser avec le sauvage, l’étranger ou le guerrier en soi : sa vraie nature.
Ou bien simplement l’observer de loin ou par le détour de l’autre, pour l’instant encore.
Et c’était fructueux ainsi.

Alors ça nous a donné l’envie de récidiver à Eva et moi.

Cette journée-là c’est pour vraiment revenir aux sources, aux sources vives et créatives au fond de soi. Revenir juste avant tous ces instants où jadis ça s’est fermé, bridé ou censuré, mine de rien et de fil en aiguilles, par dressage ou effraction, par souci de bien faire ou lassitude.

Mais c’est toujours là au fond, ça ne demande qu’à récidiver.

Ce sera le vendredi 29 mai à l’Atelier des Jardiniers ; une journée animée en duo et au naturel.

Quelques infos pratiques :

• Horaires : 10h00 à 17h00.
• L’Atelier des Jardiniers est à proximité de Sens (à 55 mn de la gare de Paris-Bercy).
• Tarif : 280 € TTC, y compris pique-nique gourmand au bord de la mare.
• Inscription : André ou Eva.

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En photo : moutons à côté de l’Atelier. Un clin d’œil pour arrêter de les compter, la nuit, ou bien suivre le troupeau, le jour.

Le pré juxtant l'Atelier des jardiniers à Sens
Le pré juxtant l’Atelier des jardiniers à Sens