Cinq clés pour devenir influenceur

Ah, l’influence ! Le Saint Graal de notre époque connectée sur les réseaux sociaux où tout le monde essaye de peser sur son voisin, lui tirer un sourire, lui inspirer un Like, voire, summums de la reconnaissance, un ReTweet ou un Share 😉 Je discutais récemment de ça avec une de mes anciennes étudiantes lorsqu’elle me posa une question à laquelle je ne m’attendais pas : comment devient-on un influenceur ?

Je me suis retrouvé dans un silence un peu gêné car je n’avais pas de réponse toute faire et rapide à proposer. Du coup, j’ai gardé la question en tête, y ai réfléchi une bonne partie de la journée et je suis arrivé à une conclusion que je voudrais partager avec vous.

En fait, c’est assez simple de devenir influenceur et je vous propose de le découvrir à travers 5 points clés.

1. Soyez singulier
Il y a tellement d’information qui circule en permanence sur le web que la seule façon de sortir du lot est d’être différent des autres, de sorte d’être reconnaissable. Ne cherchez pas à devenir un influenceur en vous contentant de commenter l’actualité politique au gré de vos humeurs et de reprendre les gros titres sur votre blog ou votre page Facebook. Ça n’intéressera personne et la place est déjà prise par des gens qui ont acquis une légitimité qu’il vous sera difficile de challenger. Par contre, si vous avez une passion, si vous habitez dans un endroit exceptionnel, si vous maîtrisez une science particulière ou disposez d’un savoir pointu sur un domaine, lancez vous et partagez !

N’oubliez jamais que la première fonction que l’on utilise sur Internet est la recherche. Pour devenir un influenceur, il faut donc que vous deveniez un « résultat de recherche » et il faut que ce résultat soit le fruit d’un questionnement pointu (personne ne lance une recherche sur le principal sujet du 20heures : c’est déjà en tête de toutes les pages).

La singularité sera votre signature et sachez également que cette même singularité sera à l’origine de la fidélité de vos lecteurs.

2. Produisez du contenu
On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre comme disaient nos grand-mères. Le contenu est roi sur le web et si vous voulez devenir un influenceur, il faut absolument que vous ayez la capacité à produire du contenu régulièrement et de décliner cette capacité de production sur le long terme.

C’est sans doute là qu’est la plus grande difficulté. Beaucoup de gens se mettent en route pour la « grande aventure de l’influence », ouvrent un blog, publient une première note, puis une autre, puis une autre encore, puis… plus rien. A court d’inspiration ou tout simplement parce qu’ils n’ont ni la capacité ni le temps pour concevoir et produire du contenu, l’influence ne sera jamais au rendez-vous.

D’ailleurs, ne lancez jamais un espace sur Internet avec une seule note. Si vous avez le projet de tenir un blog, exercez vous dans la plus grande discrétion à écrire et publier des notes, comme si le blog était déjà public. Annoncez son ouverture une fois que vous en aurez rédigé une petite dizaine et que vous aurez ainsi vérifié votre capacité réelle à produire.

3. Soyez positif (et ayez l’air heureux)
Rassurez-vous, je ne suis pas en train de plaider pour une société de bisounours mais dites vous toujours une chose, le positif a une puissance virale infiniment supérieure aux « râleries » et autres aigreurs que l’on retrouve un peu partout sur le web. Comme votre projet n’est pas simplement de dire ce que vous avez sur le coeur mais de devenir un influenceur, attachez vous à être positif et constructif dans vos propos et vos analyses.

Vous avez certainement autour de vous des gens qui se plaignent toujours, qui ne vont jamais bien, qui passent leur vie à se faire avoir, trahir, manipuler. A force de les lire, on n’a qu’une seule envie, fuir ! Je ne parle pas de vrais amis à qui vous allez évidemment apporter de l’aide, mais de ces gens qui font juste partie de votre réseau et que vous ne connaissez pas plus que ça. Le bonheur est contagieux, pas les soucis.

Faites un test tout simple. Publiez à une semaine d’intervalle et le même jour à la même heure (afin que les conditions d’audience aient plus de chance d’être comparables) deux photos : l’une représentant un truc qui vous enthousiasme et vous met en joie, l’autre illustrant un truc qui vous énerve au plus au point. Attendez quelques jours et comparez l’engagement de votre communauté. Vous serez surpris.

4. Allez commenter chez les autres
Voilà une règle d’or pour l’acquisition de trafic à moindre coût. Pour attirer des visiteurs vers votre page ou votre blog, le plus simple est d’aller laisser des commentaires sur les blogs ou les pages des personnes les plus influentes de votre entourage. En laissant un commentaire chez un influenceur suivi par des milliers de personnes quotidiennement, vous arriverez à attirer l’attention d’une partie de son audience qui cliquera sur votre nom pour en savoir plus sur vous.

C’est du détournement de flux à votre profit et c’est une méthode très efficace.

Le réseau social Quora s’était lancé sur cette logique : après avoir déclaré vos centres d’intérêt et vos domaines d’expertise, vous aviez la possibilité de répondre à des questions posées par des personnes très éminentes et ainsi faire partie de leur réseau. Cette proximité avait pour conséquence quasi immédiate d’augmenter le nombre de personnes qui vous suivaient (j’en parle au passé car cela fait un moment que je ne m’y suis pas connecté).

Donc repérez les gens et les espaces qui comptent sur la thématique que vous visez et aller commenter sur chacun d’eux.

5. Faites du name droping (avec modération)
Le name droping est tout simplement le fait de citer abondamment des noms dans ses notes. Tout le monde, toutes les marques, toutes les organisations, tous les influenceurs, surveillent en permanence ce que l’on dit sur eux sur Internet. De manière basique avec une simple alerte Google News ou de manière sophistiquée avec des solutions créées et distribuées par des entreprises spécialisées, les noms que vous citerez produiront une alerte qui remontera vers l’organisation ou la personne citée qui vous lira. Et ça, il faut savoir l’utiliser à son profit.

Faites une note dans laquelle vous classez les « 10 meilleurs blogueurs » ou les « 50 twittos à suivre d’urgence » et vous verrez votre courbe d’audience s’envoler vers des sommets jusque là inespérés. Pourquoi ? Parce que les gens que vous citerez vont immédiatement aller voir ce que vous dites sur eux et que, si vous avez été positif à leur égard, ils vont se faire un plaisir tout aussi immédiat de signaler à tout leur entourage votre belle et pertinente analyse. Appliquez cette règle à des produits, et vous aurez en un clin d’oeil tous les services de presse à votre porte.

Maintenant, sachez utiliser cette technique avec modération. Car il ne faut pas que ça soit trop visible et, d’autre part, on attend tout de même de vous un contenu original.

Voilà ce que je pouvais répondre à la question de savoir comment on devient un influenceur. Présenté comme ça, je suis conscient que cela parait facile. Détrompez vous et ne sous-estimez pas la difficulté que peut représenter la production régulière de contenu. C’est moi qui vous le dis, et je sais de quoi je parle pour avoir publié près de 2000 notes depuis l’ouverture de mon blog en 2004 🙂

Bon courage et bonne chance !

A suivre…

« Amis » sur les réseaux sociaux

Cette note m’a été inspirée par une jeune femme que je suis sur Facebook et ailleurs, une nana hyper-connectée, branchée comme il y en a peu, qui tweete de manière si compulsive qu’elle est capable à elle toute seule de vous créer un hashtag pour l’occasion si vous l’invitez à dîner et de faire de votre soirée un trending topic en moins de deux. Si elle m’a inspiré cette note, c’est que depuis quelques temps, elle entretient une sorte de dialogue émotionnel et lancinant avec ses « amis » Facebook dans un contexte apparent de baisse de moral et de colère sourde qui s’exprime de manière aussi répétitive que maladroite.

Ne cherchez pas de qui il s’agit, ce n’est pas ce qui est important en l’espèce et, de toute manière, je suis certain que vous connaissez tous au moins une personne comme ça dans votre entourage online. Ce à quoi le comportement de cette jeune femme m’a fait réfléchir, c’est à la notion d’ami sur les réseaux sociaux et à la confusion des sentiments qu’elle peut entraîner dans certains cas. Cette jeune femme s’adresse à ses amis Facebook, les interpelle, les prend à témoin, les traite comme un vrai groupe de potes dont elle loue d’importance dans des termes parfois un peu naïfs mais je sais qu’elle est fondamentalement sincère.

Or, et je le pense vraiment, on n’a pas d’amis qui ne soient que sur les réseaux sociaux.

On peut avoir des amis — ou des copains/copines, ne chipotons pas — que l’on retrouve aussi sur Facebook et avec qui on a des échanges en ligne, on peut démarrer des relations épistolaires qui se transformeront peut-être en amitié lorsqu’on se sera rencontrés, mais je ne crois pas qu’on puisse considérer tous ces gens qui ne font que vous suivre sur les réseaux, commenter vos statuts et que l’on n’a jamais rencontrés « dans la vraie vie » comme des amis.

Et là, je vous imagine en train de penser que c’est évident, que je ne vous apprends rien. Peut-être, mais certaines âmes sensibles, plus en demande d’affection ou d’amour que d’autres, plus solitaires et sensibles aussi, peuvent se méprendre et croire que la fréquentation des mêmes espaces en ligne, le partage de quelques statuts et des « like » bien envoyés à propos, nous permettent d’établir une relation comparable à de l’amitié ou de la camaraderie.

Sur Facebook ou ailleurs, nous n’avons pas d’amis, nous avons des spectateurs.

Les réseaux sociaux ont ceci de grisant qu’il vous apportent un public, plus ou moins large en fonction de notre assiduité, de notre volonté d’accepter ou non de nouvelles personnes pour entrer dans notre cercle, de notre quête relationnelle personnelle ou tout simplement de notre évolution professionnelle. André Malraux disait « il n’y pas de héros sans auditoire » et je pense que les réseaux sociaux ont permis à certains de se sentir les héros de leur communauté en alimentant leur auditoire d’un flux ininterrompu de tweets, photos, vidéos,…

Certains font ça mieux que d’autres mais je pense que ceux-là sont parfois excessivement grisés par le sentiment d’être observé, scruté, applaudi, liké, commenté,… C’est vrai que ça fait super plaisir mais c’est un immense trompe l’œil. Je disais récemment dans un tweet qu’il ne fallait surtout pas s’exprimer sur les réseaux avec le seul espoir de provoquer une réaction car l’attente de la réaction perturbera la sincérité de l’expression en rendant peu à peu son auteur dépendant et fébrile des commentaires des membres clés de sa communauté. Même si je n’en ai pas le preuve scientifique, je suis convaincu que c’est dangereux pour l’équilibre affectif et c’est un peu ce que j’ai ressenti en lisant dernièrement les statuts de la jeune femme dont je parlais au début de cette note.

Nous devons tous prendre de la hauteur et de la distance par rapport à ces échanges. C’est de la communication, de la représentation, ce qui par ailleurs n’est pas méprisable !

Ca peut devenir un jour de l’amitié mais ça ne l’est pas si l’on en reste à une relation online. Nous nous mettons en scène et sommes les producteurs d’une image finalement très travaillée que nous voulons exposer aux autres, pour qu’ils nous perçoivent tel que cela nous avantage le plus. En étant actifs sur les réseaux, nous émettons le désir d’être visible et ancré au sein d’un groupe humain à qui l’on va demander d’apprécier ce que nous partageons. Nous voulons être aimés comme un acteur le désire en montant sur les planches, pas comme un ami intime.

Voilà ce que je voulais dire aujourd’hui sur un sujet que je trouve passionnant et sur lequel je reviendrai sûrement.

A suivre…

Éloge du clin d’œil dans l’expression sur les réseaux sociaux

imageS’il y a bien une réflexion que j’ai entendue une bonne centaine de fois à propos des réseaux sociaux, c’est celle qui affirme, péremptoire et définitive, que ce monde où ces gens racontent ce qu’ils ont bouffé, à quelle heure ils ont fait pipi ou qui publient les photos de leurs pieds en pleine page est un espace inutile, vain, stérile. Qu’il n’y a que ça à voir et que c’est pour cette raison que l’on y perd son temps.

Cette caricature des conversations sur le web social est l’argument massue de tout un tas de gens qui s’estiment supérieurs à ce flot discontinu de futilités sans le moindre intérêt intellectuel.

Il y a quelques années, François Bayrou qui était l’invité de la matinale de Jean-Jacques Bourdin sur RMC avait eu cette répartie parée de condescendance pour répondre au jeune journaliste qui lui demandait pourquoi il n’avait pas de compte Twitter : « Mais, croyez-vous que l’on puisse résumer ma pensée en 140 caractères ? » Un silence gêné avait suivi, marquant toute la portée de l’incompréhension mutuelle.

L’année dernière et alors que je faisais une présentation au sein d’une grande entreprise sur l’importance des réseaux sociaux dans la formation de l’opinion, le patron m’interpella et me dit : « Si vous estimez que les gens vont m’apprécier davantage si je leur dis que j’ai mangé un bœuf bourguignon le week-end dernier, c’est que ce monde va mal, très mal. » Ce à quoi j’avais répondu quelque chose du style : « Au moins, certains comprendront que vous êtes un homme comme les autres, sensible aux petits plaisirs de la vie et pas cette personnalité un peu froide et distante que tout le monde devine.»

Vous qui me lisez, j’imagine que vous en avec aussi en mémoire de ces avis tranchés formulés par ces gens qui se sont servis des années durant de cette posture caricaturale pour mieux exprimer leur retrait de cette conversation planétaire.

Bien sûr que cela n’a aucun intérêt éditorial de faire une photo de ses pompes et de son jean troué comme celle que j’ai faite cette semaine et que j’ai mise en illustration de cette note. Bien sûr que ça ne va pas changer le monde de tweeter sur son menu, sur le fait qu’on est à l’aéroport, prêt à embarquer, sur l’absurdité des conversations d’un voisin de RER,… Bien sûr que c’est insipide au possible de poster un « Bonjour à tous » à la cantonade de ses followers et que cela n’apporte rien, ni du point de vue de l’acquisition de connaissances, ni de celui de l’enrichissement par l’information.

Mais pourquoi vouloir absolument associer « l’important » dans les relations humaines uniquement aux échanges de haute volée ?

Les clins d’œil que nous sommes des millions à nous adresser les uns les autres contribuent à tisser une toile d’affections croisées qui sont le ciment d’une nouvelle façon de créer du lien social. Ce n’est pas le message qui est important, c’est la finalité de l’expression, ce qu’elle va produire comme émotion chez l’autre. C’est la sédimentation de toutes ces couches en 140 caractères qui nous procure le désir d’échanger ou pas avec des personnes dont nous ignorions tout auparavant. Et n’oublions jamais que dans réseau social, il y a le mot social.

Ces clins d’œil sont des opportunités uniques de diversifier l’expression et de permettre à ceux qui nous suivent d’apprendre et connaître autre chose de nous.

Avant que j’ouvre ce blog en novembre 2004 (et oui, presque 10 ans), les gens de mon milieu professionnel savaient de moi que j’étais un entrepreneur, le patron d’une agence de relations publics qui avait pas trop mal réussi, que j’avais la quarantaine et que j’étais vaguement intéressé par les nouvelles technologies. Et c’est tout !

Depuis, au fil des notes que j’ai publiées ici et des tweets que j’ai commis, je suis heureux que les gens sachent autre chose de moi. Si je suis toujours dans les métiers de la communication et de l’influence, ça me fait franchement plaisir que les gens sachent pourquoi et comment j’ai cheminé dans la vie, qu’ils connaissent ma sensibilité de citoyen fut-elle engagée et tranchée politiquement. Je crois important aussi que ceux qui me suivent puissent identifier les valeurs qui m’animent et qu’ils fassent avec moi le chemin de mes ambitions. D’un point de vue certes plus anecdotique, j’aime aussi partager mes expérimentations culinaires, mon goût des jardins, ma « main verte », ma progression laborieuse au golf, ma passion des voyages et de tout ce qui se rapporte aux bateaux, mes coups de cœur et mes coups de gueule,…

Qu’est-ce que cela m’apporte ?

Ce ne sont certes que des clins d’œil mais la satisfaction que je retire de leur partage est cette intuition parfois confuse que les gens me connaissent tel que je suis et non pas uniquement via l’image aseptisée et contrôlée du professionnel en représentation. Et j’aime cette idée !

L’engagement individuel et personnel sur les réseaux sociaux offre à ceux qui le veulent bien des clés de compréhension sur un individu, clés qu’aucune stratégie de communication traditionnelle ne pourra jamais apporter. Dans la conversation qui nous anime, nous utilisons ces clins d’œil comme des marqueurs existentiels à la source du lien que nous décidons de créer. Et là, nous revenons à la problématique centrale de ce débat : Qu’est-ce qui est important ? Connaître les gens tels qu’ils sont réellement ou tels que leur fonction les met en scène ? Doit-on ériger une barrière infranchissable pour protéger tout ce qui est personnel et le bannir de la dialectique des conversations publiques ?

Pour ma part, j’ai évidemment une préférence pour la première solution. Et c’est là que je trouve tout l’intérêt des réseaux sociaux d’ailleurs. Outre le lien qu’ils m’ont permis de créer avec vous, ils m’offrent régulièrement la possibilité de mieux connaître certaines personnes et de mieux en comprendre les aspirations.

Mais attention, je fais bien la différence entre ce qui est personnel et ce qui est intime. Si j’affirme que les expressions qui éclairent une dimension personnelle de l’individu l’enrichissent, je pense aussi que le partage de l’intime n’a pas sa place sur les réseaux publics et que l’on doit le conserver pour ne pas troubler un message par une expressivité hors sujet.

J’ai à de très nombreuses reprises été séduit par les clins d’oeil que les gens autour de moi adressaient. Et cela peut aller de personnalités très célèbres comme Nikos Alliagas dont j’ai découvert la très belle sensibilité artistique et notamment photographique, à de simples individus comme cette collaboratrice de mon ancienne agence qui a récemment posté sur Facebook des sons qui m’ont mis sur le cul et fait découvrir en elle une chanteuse superbe que j’ignorais totalement. On gagne toujours à s’intéresser à autre chose qu’à l’évidence que l’on croit être le socle principal d’une personne.

Certains appelleraient ça des suppléments d’âme. Je dis pour ma part que l’accumulation de ces petites choses sans importance, ces clins d’œil lancés comme des bouteilles à la mer, sont les nouveaux marqueurs de nos sociétés connectées. Ils sont bien plus importants qu’on ne le pense. Ils nous rapprochent les uns des autres sans jamais être intrusifs car nous avons toujours le choix de suivre ou ne pas suivre un individu.

D’un point de vue professionnel, ces clins d’œil sont un moyen formidable pour les personnalités publiques, patrons, entrepreneurs, politiques, artistes, intellectuels,… d’enrichir leur propre réputation par des attributs d’images qui se révèleront très précieux. Ces touches apparemment sans importance permettront d’accéder à une meilleure visibilité et seront utiles pour nouer un lien d’affection solide avec le public. Ils seront les marche pieds d’une image riche, inspirante et attachante.

Donc, méfions nous de nos mépris instinctifs guidés par les convenances d’un autre temps. L’essentiel n’est pas toujours là où on le croit.

A suivre… 😉

 

Dix conseils préparatoires aux métiers d’influence

 aviateur-nu
 
Alors que je viens de finir mes cours dans la session d’automne de l’Inseec où j’anime la matière Lobbying-Relations Publiques pour des élèves en Master 2 Communication Corporate, voici quelques conseils que j’aimerais adresser à toutes celles et tous ceux qui veulent se destiner au métier des RP et de l’influence, afin de les aider à mettre le maximum de chances de leur côté et espérer en faire de grands professionnels

1. Lisez la presse 
Voilà pour moi la toute première qualité que doit avoir un professionnel de la communication et des RP : être informé ! Ne cherchez pas, on ne peut pas faire ce job si l’on n’est pas gourmand d’actualité, si l’on n’absorbe pas tout de son époque comme une éponge, si l’on ne comprend pas le contexte dans lequel on évolue au quotidien. Je le dis sans arrêt à mes étudiants, un bon communicant est un boulimique d’informations. D’ailleurs, je leur propose d’ailleurs de faire ce petit test simple : regardez le début du journal de 20h00, écoutez l’énoncé des grands titres. S’il y a ne serait-ce qu’un titre que vous découvrez, c’est que vous n’avez pas bien géré votre journée d’un point de vue informationnel. La culture de l’actualité est le terreau de la communication d’influence. C’est ce qui vous permettra de développer la faculté centrale de l’excellent professionnel : la curiosité

2. Speak English (at least) 
Je suis toujours sidéré de découvrir des élèves qui ne pratiquent pas la langue anglaise et qui s’apprêtent pourtant à entrer dans la vie active. Produits du système éducatif à la française, ils ont grandi avec la certitude que cette langue était une option et sont restés en mode scolaire vis à vis de son apprentissage. Le monde est un terrain de jeu global dont il faut maîtriser absolument le code principal qui est l’anglais. C’est plus qu’une langue, c’est un moyen de communiquer avec n’importe qui sur cette douce planète. Ne pas maîtriser l’anglais est un immense handicap qui vous fermera un nombre incalculable de portes. Parce que les enjeux de réputation ne connaissent pas les frontières, les bons professionnels de la communication doivent également transcender les territoires linguistiques et savoir travailler (au moins) en anglais comme si c’était leur langue principale. 

3. Speak Digital 
Cela paraît être une évidence mais la pratique du digital doit également être très développée, comme une langue à part entière chez tous les futurs professionnels des RP. Attention, il ne suffit pas ici de revendiquer son appartenance à la célèbre Génération Y et prétendre que, sous prétexte d’avoir 20 ans et quelques, on est super bon en communication d’influence sur le digital. Non, il faut développer une maîtrise sophistiquée qui dépasse l’utilisation personnelle en mode loisir et comprendre comment utiliser ces merveilleuses plateformes à des fins professionnelles. C’est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît et c’est pour cela qu’il faut toutes les essayer pour en comprendre les ressorts. 

4. Regardez vers l’est 
Je suis fasciné par les pays en voie de développement car je trouve que l’on apprend toujours énormément des économies qui sont en train d’éclore et qui vont beaucoup plus vite que la nôtre. A cet égard et sans prosélytisme aucun, je recommande à mes élèves de tourner leurs regards vers quelques économies du moyen-orient ou du sud-est asiatique. De lire les infos en provenance de ces pays (au choix) et de tenter de comprendre comment les choses se passent et quels sont les grands phénomènes qui caractérisent ces sociétés. Ce qui est exceptionnel est que cette observation s’apparente à regarder un film en accéléré : les sociétés se modèlent et se réforment plus vite, les comportements changent, les appropriations sont plus enthousiastes, bref, l’innovation est partout. Au-delà du fait que certains de ces pays vont dominer le monde dans les prochaines années, c’est très instructif pour un futur professionnel car c’est un sorte de laboratoire. 

5. Voyagez 
Vous allez dire que je suis obsédé par l’étranger mais j’assume. Le fait de prétendre ce monde global ne doit pas rester une théorie ou une vue de l’esprit, ce doit être une expérience pour chacun d’entre nous. Nous devons expérimenter les cultures qui nous entourent car nous ne pouvons pas comprendre notre propre monde si nous ne le faisons pas. Quand on voyage, on apprend autant sur soi que sur les autres car on se confronte soi-même à une réalité différente. Et c’est cette nouvelle connaissance de soi — en perspective — qui va être un formidable atout pour la candidature d’un jeune professionnel de la communication et des RP. 

6. Soyez spécialisé 
Voilà un autre truc que je rabâche à mes élèves pour les aider dans leurs recherches de jobs : devenez singulier et mettez vos différences en avant. Quand on débute, cela n’a pas de sens de dire que l’on est généraliste, que l’on peut ou sait tout faire potentiellement. Je crois au contraire et fondamentalement que l’on ne peut acquérir cette expertise de généraliste qu’au fil des années. Quand on débute, il faut accepter cette idée et, du coup, rechercher parmi toutes ses compétences, celle dans laquelle on est le ou la meilleure. Cela provient souvent d’une expérience de vie (une passion, la pratique d’un sport, une affinité culturelle forte, la maîtrise d’une langue inhabituelle,…) mais c’est aussi parfois le résultat d’une excellence dans une matière particulière. Dans tous les cas, ce qui vous rend différent du voisin doit être mis en avant et devenir une aspérité positive et un facteur de mémorisation pour le recruteur. 

7. Formez vous aux sciences humaines
Ce conseil est le fruit d’une observation plus récente, observation qui m’a conduit à organiser ReputationWar avec un angle particulier. Je l’ai répété plein de fois, la révolution du digital a fait que notre monde est devenu social faisant des foules des médias à part entière. Nous devons savoir comment interagir avec ces communautés, car c’est à leur niveau que se font ou se défont les réputations. Aussi, les futurs professionnels des RP et de l’influence devront-ils être éveillés aux sciences humaines telles que la sociologie, la psychologie et l’anthropologie. Et parce que cela recouvre des connaissances non proposées dans les écoles de communication, les étudiants devront se forger cette culture par eux-mêmes au fil de leurs lectures notamment. 

8. Etudiez les crises 
Il y a un mécanisme tout à fait intéressant qui découle de la révolution du web social. Les réseaux sociaux ont créé des points de contact directs entre les organisations et leurs parties prenantes. Cela a multiplié les zones de friction et mécaniquement augmenté le niveau des vulnérabilités. Pour faire simple, on peut affirmer que parce qu’elles sont plus exposées, les organisations seront davantage soumises aux crises de réputation et que c’est un sujet qui sera central dans les prochaines années. Je parie depuis longtemps que plus de la moitié des missions des professionnels des RP sera légitimée par la peur ou la réalité d’une crise et c’est pour ça que je recommande aux étudiants de s’intéresser à cette matière et d’en faire une culture personnelle.  

9. Faites du bénévolat
Il ne s’agit pas uniquement de sauver le monde, il faut aussi se former aux nouvelles formes de mobilisation collective. Les réseaux sociaux ont conféré de nouveaux pouvoirs aux citoyens mais aussi aux associations, aux ONG, et il est très intéressant de voir comment tout cela fonctionne. Se former aux racines de l’activisme est un excellent moyen de comprendre les ressorts de la société dans sa globalité et sa complexité et je recommande toujours aux étudiants d’aller donner un peu de leur temps pour aider l’association de leur choix à toucher son public et faire entendre sa voix. C’est non seulement utile mais incroyablement formateur à l’heure où nous vivons. 

10. Réseautez 
Last but not least, il faut être actif sur les réseaux sociaux et le devenir de manière professionnelle. Finie la page Facebook qui exhibe vos beuveries et autres délires intimes. Telle une chenille qui doit devenir papillon, adaptez votre présence sur ces plateformes pour en faire une arme dans la conquête du job de vos rêves. Faites le dans le choix des mots que vous employez, dans le choix des « amis » que vous avez, dans le choix des Retweet,… constituez autour de vous un corpus linguistique et relationnel qui va ressembler au monde dans lequel vous voulez rentrer. Soyez déjà et dès maintenant ce que vous aspirez à devenir et rendez-le visible.

Voilà, j’espère que ces quelques petits conseils vous aideront à booster votre début de carrière car ce sont vraiment des éléments clés pour moi et auquel le recruteur que je suis potentiellement sera hyper sensible. 

A suivre…