La psychanalyse en groupe, une analyse résolument contemporaine bénéfique à chacun de nous

Une société qui est fondée sur le lien et la collaboration pour dépasser des réalités complexes (le progres destructeur, la mondialisation et ses interdépendances, la guerre continue et les migrations) suscite des phenomenes de groupe très profonds qu’il est possible d’analyser autrement que jusqu’ici cela a ete fait, par des constat constats et des modèles scientistes, passifs. La psychanalyse de groupe nous concerne tous.

DG de l’association ASM13, Françoise Moggio ouvre le 1er colloque sur le thème de l’analyse ultime du groupe, de ses soubassements psychiques et affectifs, à niveau international, avec la participation de praticiens éminents de la Tavistok Clinic de Londres et du Centre homologue d’Athènes dont l’intervenant auteur de l’introduction qui va suivre est issu.Le partage est mené sous la forme de la Confrontation clinique, de l’analyse de cas et de la controverse professionnelle qu’ils suscitent. En psychanalyse, la clinique, la pratique, produit le matériau à partir duquel se construit la théorie.

L’Essor de la psychanalyse en groupe répond au besoin de représentations de l’organisation personnelle et collective.

Une société où dominent les projections et la mise en acte rend de plus en plus difficile l’analyse du transfert, de l’affect et des fantasmes, en rencontre interpersonnelle, en psychanalyse intime. L’expérience multi-personnelle sert à la compréhension de chacun.

Une société qui est fondée sur le lien et la collaboration pour dépasser des réalités complexes (le progres destructeur, la mondialisation et ses interdépendances, la guerre continue et les migrations) suscite des phenomenes de groupe très profonds qu’il est possible d’analyser autrement que jusqu’ici cela a ete fait, par des constat constats et des modèles scientistes, passifs.

La psychanalyse de groupe nous concerne tous.

Table ronde Intérêt et limites de la psychanalyse de groupe un siècle après sa création

Klimis Navridis aborde le cadre historique et le retour d’expérience.

Intérêt et limites pratiques groupales en milieu institutionnel

Grandes réformes psychiatriques du XX éme siècle – fondateurs

Le Petit groupe apparaît dès les fondations de la psychanalyse.
Initialement dans le Cadre psychiatrique hospitalier.
Bion et Foulkes, Ezriel en Europe.
Pichon Rivière Buenos aires.
La théorie psychanalytique se met à l épreuve du social et du préœdipien.

Bion et Foulkes, les pionniers :

Stupéfaits par leurs découvertes lors de l’expérience de Northfield pour la rééducation et la réinsertion des trans traumatisés de la Grande guerre.
La Composition multipersonnelle :

– Fait apparaître toute la complexité et la conflictualité de la réalité intrapsychique
– Genère des Phénomènes et dynamiques complexes

Il fallait une « extension », selon le terme finalement adopté par Käes, de l’ecole française, avec la révision de certaines notions et la création de nouvelles notions.
Les notions revisitées ont été celles de Transfert, objet, lien. Le transfert s’adressait à une figure de référence, prise pour les figures d’originé maternelle et paternelle. Ces figures sont des « objets psychiques » pour le sujet. Le lien est un lien affectif et cognitif, une demande d’amour et de savoir essentiellement « qui je suis ».

Le changement de cadre obligé à revoir des notions émergées dans un cadre différent.

Le dispositif groupal peut permettre de revivre des expériences refoulées et des émotions intenses. Il convoque un Affectif immédiat et pas uniquement un narratif qui ouvre sur cet affectif.

Dans la cure-type, unipersonnelle, l’Analyste reçoit des parties clivées du monde interne. Niées et pourtant agissantes au quotidien. L’interprétation permet à l’analysant de se les reapproprier.

Dans le groupe d’autres expriment verbalement ou dans l’acte des parties de l’émotion refoulée de chacun.

L’Objet interne est présent en tant qu’objet externe. Ceci met en difficulté certains participants qui seulement par la persévérance dans le lien pourront se reapproprier leurs pensées et leurs émois enfin réorganisés. Les nouveaux concepts sont ceux des enveloppes psychiques successives, du moi, de nous, du meta-cadre qu’est l’institution ou l’entreprise, et ceux des organisateurs que sont essentiellement les fantasmes qui agissent le groupe et qu’il va être possible de déplier dans le temps pourvu que le lien tienne. Le rôle de l’analyste, des co-analystes souvent, et d’encadrer le processus qui permet un tel dépliage plutôt que de laisser le fantasme envahir et détruire aussitôt.

 

Points clés de la spécificité de cette offre

1 Un cadre fiable et solide de réunions régulières permettant effectivement une sécurité et une liberté de parole avec l’accueil inopiné de transferts dissociés, agressifs et symbiotiques.
2 La possibilité de diffraction de ces affects sur les différents protagonistes y compris le groupe entier sans que personne s’en défende durablement.
Les mouvements transférentiels, les déplacements d’affects permettent la co thérapie, provoquent un travail de liaison intrapsychique progressive entre parties qui jusque là s’ignoraient.
3 ) Un lieu de reconstruction ou construction subjective par le dépassement des menaces et des angoisses surgissant des incorporats archaïques d’intrusion et d’effraction (vécu lors des premiers soins). Un lieu de dépôt en somme des parties non symbolisées de la psyché.

Des difficultés surgissent aussi. Le groupe n’est pas seulement matriciel, réceptacle, comme le voyaient Foulkes et Anzieu au prolongent du moi peau théorisé par ce dernier. Il est stimulateur comme l’ont su Kaes et Bion. Il est excitant. La présence réelle des menaces imaginées réveille de l’excitation ou bien paralyse, fige et retranche derrière des résistances.

Crainte de dépossession de la conduite
Crainte de la déstabilisation de la déstructuration psychique
Résistance à entrer dans un travail transférentiel dans lequel chacun est concerné, sans dérogation

De plus le groupe est lui même un incorporat au sein du cadre plus large économique et sociétal. Il est une crainte de devenir et demeurer un objet étranger non intégrable.

Comment concilier liberté expression et confidentialité sécurité

L’Animateur a aussi ce rôle d’interface, un rôle pas tant secret que discret, partageable. Nul besoin de leaders, besoin de médiateurs. Il s’agit de permettre tout un travail de pensée entre enveloppes emboîtées, entre parties clivées, dans un climat affectif primaire de persécution, de dépendance, plus que jamais. Sans une guidante, une prescience.

Learning from experience, apprendre par l »expérience selon Wilfred Bion.
Apprendre la psychologie. Développer nos capacités psychiques ainsi.
Ne pas développer en toute inconscience une Psychopathologie partagée, un lien par l’adversité comme celui des Gilets Jaunes, des femmes réunies en Metoo réducteur.

Reconnaitre individuellement la difficulté d’être humain auprès d’autres humains auxquels reconnaître l’humanité imparfaite.

Les animateurs, médiateurs, fournissent un travail inter-séances de groupe effectivement réuni, de corps et d’esprit, un travail d’analyse sincère de leurs propres affects croisés. Les vrais leaders d’une société contemporaine sont ceux capables de se livrer entre eux sur leurs responsabilités considérables et si réduites a la fois a l’échelle d’un seul.

Mettre de « l’ambulatoire » en groupe dans votre ambition de changement « corporate »

Le propre des groupes « ambulatoires », ceux dont les participants ne sont pas réunis sur leur lieu du travail ou bien dans l’extension de ce lieu que peut être un séminaire de formation interne est d’adresser de front la difficulté de s’y engager, de se rendre effectivement au lieu et à la rencontre d’un intervenant extérieur ET de participants extérieurs, étrangers à soi-même. L’illusion du corps social partagé est abattue au profit du réel du monde, du réel en soi, l’incommensurable abîme et la fuyante trajectoire que cela engagera.
Déambuler jusqu’au groupe, aux abords du groupe, puis, marcher droit dans le « moi » faire « nous » et faire ensemble, là est tout le travail.
Il est donc bien naturel de nous former auprès de ceux qui analysent en profondeur aussi le sujet seul – irremplaçable, inaliénable et profondément aliéné dans le sens du manque de lien avec lui-même, de par l’ignorance ontologique que provoquent (1) le refoulement entre conscient et inconscient, (2) les clivages entre l’acceptable, pour narcissisant, et inacceptable pour asocial -, les mêmes qui permettent l’analyse du sujet en groupe, le sujet en lien sans que cela ne soit pas donné par le partage d’un temps et d’un lieu.

L’analyse en groupe

La psychanalyse en groupe en plein essor, colloque ASM13

Ce vendredi et samedi 1er et 2 février les psychanalystes de groupe de l’ASM 13 issus pour la plupart de la Société Psychanalytique de Paris dans une extension de la cure-type, individuelle stricte, le colloque singulier, vers le travail à plusieurs, la parole multi-personnelle qui dit tout de chacun, osaient poursuivre les travaux de Didier Anzieu, René Kaës, Bérajano jadis réunis dans une SPP-G pour groupe, des pionniers que furent Wilfred Bion en Angleterre et Serge Lebovici en France. Saint Alban s’est fait dépasser par la psychiatrie moderne en mal d’humanité flagrant actuellement. Tavistok par contre, poursuit son essor en Grande Bretagne et dans le monde.

En ce début de février Caroline Garland, psychanalyste et chercheuse de cet Institut majeur, présidait l’événement qui se dotait de l’intitulé ambitieux et à la fois réaliste : D’une psychanalyse de groupe en plein essor ? Avec le point d’interrogation.
50 ans après sa création, l’ASM 13 fleurit avec un développement sur tous les secteurs cliniques. Le Centre Alfred Binet est la suite des premières prises en charge des enfants. Les traitements psychanalytiques ont trouvé une solution originale avec la création du centre Evelyne et Jean Kestemberg, où les patients psychotiques bénéficient de traitements psychanalytiques appropriées (psychothérapies, psychodrame etc.). Dans les années 1970, l’ASM 13 crée aussi une clinique en ville. La Policlinique appelée aussi Centre Favereau redevient un modèle pour le développement des Centres d’accueil et de crise de la vie adulte.
Toutes ces activités étaient présentes au colloque de cette année. J’ai particulièrement apprécié la formation à la supervision d’intervenants en groupe par le grand groupe que nous formions, dans une dynamique d’animation « fish bowl » pour ceux qui connaissent cette technique de prise de parole libre et engagé parmi de nombreux participants, ici 150 inscrits, autour des deux cas présentés par leurs psychanalystes de groupe respectifs, discutés sous la forme de la controverse professionnelle par Caroline Garland. Ensuite place aux commentaires, questions, éléments de gêne et d’émerveillement de ceux qui à partir du cercle rejoignent la scène du partage. Sans jamais trouver de réponse, juste quelques nouvelles associations d’idées. Un régal de liberté et de justesse.
L’un des cas était un cas dit « lourd », institutionnel, d’anorexiques en accueil de jour que le groupe engage dans toute autre chose que de parler de leur maladie comme seule source identitaire. Elles se livrent par le jeu à leurs désirs véritables de croquer la vie et leurs proches en commençant par l’animateur tenu à l’écart du jeu mais clairement représenté dans le choix d’un des acteurs : guide, homme et étranger. La traversée du fantasme est possible lorsqu’on le vit chaque jour sans pouvoir le réaliser.
L’autre cas était a priori plus dans la norme sociale, avec des personnes prises en charge médicalement pour des symptômes dits morbides, envahissants, qui font vie dite « normale ». Le psychiatre les adresse à un psychanalyste pour pouvoir faire un travail d’élaboration de ce que ces symptômes recouvrent. Une personnalité prise en otage se découvre.
La conductrice du groupe exerce désormais en libéral. Il n’y a pas de prise en charge institutionnelle. Chacun règle la séance et revient chaque semaine comme dans une psychanalyse individuelle face à face. Ici, c’est « face à faces » : chacun avec ses multiples facettes, contradictoires, qu’il ou qu’elle a du mal à rassembler, fait face à de multiples faces qui lui reviennent plus ou moins. La séance soumise à supervision faisait cas d’une problématique de rejet, précisément, de la part d’une participante ayant engagé une psychanalyse individuelle en parallèle à l’occasion d’un événement toujours marquant : l’intégration d’un nouvel entrant dans le groupe. Les difficultés de la perte de place, avec la redistribution des rôles, des faces, étaient exacerbées. La responsable du groupe se trouvait elle même déstabilisée par la ligne de partage que la patiente impose entre un psychanalyste de l’ombre et celui de la lumière que jusqu’ici elle assumait sans rien « contrôler », dans confiance aveugle, comme le désir est aveugle, dans le processus groupal.
Et c’est cette dynamique de groupe, d’un autre groupe, celui mené par Anastasia Toliou, mon professeur du temps de ma formation en psychopathologie à Paris 8, que je retiens ici pour sujet que j’aime développer.
Les problématiques des participants ont peu d’importance et elles restent confidentielles. J’ai apprécié la partition d’Anastasia pour nous faire entendre cette dynamique subtile du groupe qui n’est pas, qui se forme de la venue de sujets libres et à la fois mutilés de leur essence. Etats limites on les nomme. A fleur de peau. Très réactifs. Porteurs d’un masque social. Comme tant de nous en somme sur la scène de l’entreprise. Nous sommes si peu nombreux à faire un travail autre qu’un coaching de circonstance ou une formation adaptative !
Déambuler à la rencontre d’un groupe d’analyse. Le désir tendu comme jamais : qu’on vienne me chercher ou que je disparaisse. C’est comme cela que beaucoup se vivent. Ou alors okay je viens et je viens pour vous détruire. Je disparais avec vous.
Celui-ci est le scénario latent et les choix sont fatals.
Personne est indispensable et pourtant, le groupe est le groupe formé par tous ses participants présents de corps un temps donné. Chacun doit finir par y arriver !
Celles-ci sont les règles posées par les conducteurs d’un tel groupe qui sont assimilées peu à peu : régularité, parole libre dans le temps alloué, libre association non seulement verbale, aussi gestuelle et comportementale, réintroduction dans le groupe des événements vécus ensemble ou personnellement hors réunion qui nécessitent d’être connus de tous.
Le groupe devient l’acteur de la transformation. Un organisme vivant à lui seul. Le groupe au complet.
La subjectivité est une solitude. La parole met en lien et déploie la subjectivité ! Ceci étant, les effets pervers de la parole sont de trois ordres :
– Créer le lien par la souffrance, par une forme de rivalité, de concurrence dans plus de souffrance. Tous ou certains.
– Banaliser, rationaliser, dénier, au contraire. Tous, certains ou un seul.
– Agir selon l’impulsivité pendant la séance ou autour de la séance au moyen d’absences, de retards ou de messages permis par la connexion à distance. Un seul ou plusieurs.
Les participants consentent à une interdépendance dans un objectif personnel d’aller bien, de penser bien, de créer bien.
Les tenants du cadre alors peuvent être « compris » :
Respecter la régularité pour la continuité.
Protéger la confidentialité pour la confiance.
Limiter les échanges interpersonnels hors groupe multi-personnel
Le premier écueil une fois le groupe rallié serait de croire que l’appartenance suffit à l’identification ; le lien, l’investissement affectif, doit être effectif. Il ne se commande pas. Mais il est possible de déplacer l’investissement formel vers l’investissement sur le fond, sur la compréhension de soi, de ce groupe et du monde.
Il s’agira d’apprendre par l’expérience davantage que par le simple fait d’assister ou même participer à des échanges.  Il y a là un laisser faire, vivre l’expérience sensible.
Ceci touche au deuxième terrain sensible du travail en groupe. Le premier était celui de l’approcher de soi-même, sans se dérober et en faisant cela se refuser la vie, ni être dans la polarité contraire : le saisir pleinement pour le dérober à sa vie et s’y perdre aussi en tant que composant du groupe.
Le deuxième est d’en dépendre profondément, de se savoir ignorer l’expérience tant qu’elle n’est pas partagée et de s’autoriser à l’attaquer par la même occasion, à infléchir l’expérience de sa propre violence d’exister en son sein, d’en faire partie, de prendre part et de prendre sa part de ce que le groupe est.
Comme il est si difficile de vivre en lien avec d’autres vies, il est une recherche de stabilisation dans des ajustements formels, dans des rappels extérieurs ou d’un autre temps. Les problèmes familiaux ou professionnels. Chut. Parlons d’ici et de maintenant.
Le ou les conducteurs rappellent la décision de chacun d’intégrer un groupe fondée sur un espoir. Le groupe est un troc d’espoir jamais perdu ou gâché. Chacun peut déposer ses espoirs, faibles ou surinvestis ; il reçoit les expériences qu’il y vit.
Le conducteur est lui même expérimenté dans l’expérience de groupe : un groupe contient et diffracte en même temps, qui permet le morcellement, la séparation nette et précise d’éléments les plus divers sans qu’ils ne se perdent. Il existe des limites partagées et il existe un vécu multi-expérientiel. Puis, le conducteur connaît l’ambivalence du désir :
–  Le désir de connaître attaque le processus de pensée, éviter de penser.
–  La connaissance est confondue avec la croyance et les certitudes.
–  Le besoin de contenance attaque la dépendance.
Le conducteur s’autorise la rêverie, l’imagination afin d’introduire et développer des éléments émotionnels qui complexifient les éléments en présence et qui amplifient les limites de la contenance et de la connaissance.
« To fill in the feeling » est le rôle du conducteur selon Bion, le pionnier de la psychodynamique de groupe.
Les échanges sont bêta. L’animateur les élève au rang Alpha. Celui de la sensibilité d’une mère pour son enfant qui lui permet de quitter les processus primaires de nourrissage, chaleur, réconfort ; les processus morbides de la seule mentalisation. Il atteint la satisfaction et le sens du lien.
Les participants souhaitent d’eux-mêmes créer et développer le groupe qu’ils forment. C’est d’eux-mêmes que dépend son existence et sa vie vivante. Ils font du groupe un objet contenant et un objet qui pense, qui produit quelque chose qui n’existerait pas sans lui.
Le « moi » ne s’appartient pas. Il a besoin d’appartenir à un groupe humain pour pouvoir s’appartenir pleinement. L’appartenance comme nous l’avons vu implique l’identification au groupe en premier et l’investissement ensuite auprès de chacun.
Le désinvestissement de soi et l’identification de quelque chose de différent en soi avec lequel on rentre enfin en lien. Le moi advient là où la destructivité dominait.Le « nous » devient créateur ensemble là où il était mal assemblé, fait de déroutes et d’abîmes personnels, rappelez-vous, au premier abord. Le choc est salutaire sans les électrochocs d’antan ni les shakers, hackers et crackers de nos jours absurdes. Bougez-vous, mélangez-vous, retrouvez-vous.
A suivre…

Etes-vous « supervisé » pour votre métier d’accompagnement humain ? Vous pouvez choisir la liberté et la responsabilité.

« Je n’ai pas rencontré d’autres lieux où il est possible de penser avec des pairs cette complexité à partir de soi, de ses limites, de ses forces, de sa propre histoire. Mais aussi à partir de l’institution elle-même, de son fonctionnement et au-delà, de l’historicité et de la société dans laquelle elle s’inscrit. » Citation de supervision.

Les « métiers impossibles » reçoivent cette appellation du fait d’une impossibilité évidente de la part de ceux qui les exercent pour assurer la pleine réussite de leur action. Ce sont ceux d’enseigner ou transmettre, de gouverner ou décider, d’accompagner, développer et protéger des publics et des individus ce qui est une compétence qui s’étend bien au-delà des initiales métiers du soin. La formule est de Freud. Puisqu’ils adressent la part d’irrationnel, de fantaisie, de liberté qui existe, qu’il faut absolument préserver, dans l’humain.

Ce sont les métiers de tous les indépendants de l’intervention en relations humaines – coaches, consultants, formateurs, animateurs, médiateurs – ainsi que des responsables ultimes du vivre ensemble dans nos institutions : responsables stratégiques des ressources humaines, managers, responsables de l’innovation. Seuls, la confrontation de « pratiques » et le questionnement personnel permettent à ces acteurs devenus incontournables – par-delà les avancées du digital et des process – de bâtir la pleine singularité de leur intervention, pour se sentir cohérents et engagés dans le temps. Sans effets de mode ni soumissions à l’autorité ou à un idéal inhumain comme tous les idéaux absolus s’avèrent être au fond.

Leur travail est, pour la plupart, solitaire et engagé. Le partage et l’authenticité sur les doutes et les revers leur va si bien. Le groupe non dirigé, non outillé, un groupe naturel le permet. L’animation par une équipe de psychanalystes en assure la liberté et la progression comme le témoignage annexé le décrit.

 

OUVERTURE D’UN NOUVEAU GROUPE

À PARIS en 2019

Neuf rencontres mensuelles de janvier à décembre 2019 ont été prévues sur inscription préalable. Cette activité assure la professionnalisation dans la connaissance et dans la pratique des rapports humains de managers, RH, coachs internes et externes, consultants d’équipe et d’organisation, DIRI et facilitateurs.

La forme est celle d’un groupe restreint, composé de 4 à 6 participants, pour répondre à l’exigence pour chacun d’eux de réfléchir sur les difficultés qu’ils rencontrent mais aussi sur les facilités dans lesquelles ils se complaisent, de par leur personnalité et de par la soumission à des prétendus impératifs du secteur ou du métier. La loi sans l’esprit n’est rien.

Le groupe est animé par deux psychanalystes, non interventionnistes dans sa dynamique, ayant exercé, pour l’un, le métier de manager et pour l’autre, celui de consultant et d’accompagnement dans les milieux critiques du social et de la santé (directeurs d’établissement). Il est destiné aux acteurs du changement actuel, la transformation permanente et en même temps entravée en profondeur, sur les essentiels : l’humain, l’écologique, l’économique et le social.

Le groupe échange et approfondit les aspects tantôt pratiques, tantôt techniques, tantôt théoriques à partir d’une situation présentée par l’un des participants ou d’un questionnement partagé. Cet échange est ponctué par les éclairages du psychanalyste pour permettre de temporiser les élans défensifs collectifs ou individuels qui peuvent prendre la forme aussi bien d’inaction et de blocages (homéostasie, fixation dans des rôles, conflits latents) que de passages à l’acte irréfléchi de l’un ou l’autre des participants ou du groupe emporté par l’émotionnel dominant.

Des figures « type » de la nature humaine en groupe peuvent ainsi être abordées et appréhendées. Ces figures ne sont pas pour autant modélisables. C’est leur essence, leur mouvement vital qui peut être saisi en situation. Elles sont vécues, plutôt que  » expérimentées « , selon la sensibilité personnelle et l’esprit du groupe en question. Elles peuvent être ainsi intériorisées : elles forment un cadre intérieur, sécure et accessible désormais, d’intervention par ailleurs.

Des textes adaptés peuvent être préconisés à partir d’une bibliographie préalablement sélectionnée, ayant trait aux connaissances et aux pratiques les plus fines et subtiles de la nature humaine profonde, issues de la psychanalyse ou psychologie clinique, de la sociologie clinique, de l’anthropologie et de l’ethnopsychiatrie. La clinique et l’ethnique font référence à un travail de terrain et de réel, différent des philosophies et des idéologies qui préemptent.

Le fil conducteur de l’ensemble des thèmes régulièrement abordés porte sur : qu’est-ce qu’accompagner une institution / un collectif / un sujet pris dans le cadre de l’organisation ? Qu’est-ce que diriger sa propre action plutôt que de la préempter par des modèles aussitôt périmés ? Quelle est l’éthique plutôt que la technique à acquérir ou à renforcer ?

Il s’agira progressivement pour chaque participant de :

  • Etre capable de former un idéal interne qu’il saura transmettre à ses interlocuteurs et auquel il saura renoncer partiellement pour mieux l’atteindre, ensemble et en particulier ;
  • Représenter la loi, la contrainte partagée, sans s’y identifier ; proposer une loi  » symbolique « et non des positions de pouvoir sadiques ou perverses ; ne pas se dérober non plus sous couvert de style participatif confusionnel ;
  • Connaître ses limites, les limites de son action et les limites de ses interlocuteurs ; accueillir et contenir les inévitables conflits dans et avec le groupe ; savoir dissocier la mise en question naturelle et salutaire des objets de travail de l’agressivité portée sur les sujets pris pour des objets de satisfaction primitive.

Ces trois repères, de l’idéal, la « loi » et les limites, sont les composantes de l’humanisation.

Dans notre long développement d’enfance et d’adolescence, contrairement aux autres espèces, nous avons fait évoluer des ressorts instinctuels – les pulsions nous permettant de subvenir à nos besoins, puis d’y prendre plaisir aussi – vers un imaginaire, une symbolique et les limites de la réalité et de l’altérité.

C’est un équilibre instable que nous avons orchestré. Il fait « structure », il compose la structure psychique qui garantit notre liberté et notre responsabilisation, loin des déterminismes animaux. Mais il comporte, en même temps, des « bricolages » personnels, inaliénables, identitaires, pour ce qui est du « trauma » en particulier ,ou tout simplement, des pertes et des manques dont nous avons conscience en tant qu’humains.

Le désir de servir l’humanité des autres rend compte d’une boîte à outils pour bricoler pléthorique. D’où la vocation qui apparaît à un moment ou à un autre du parcours de vie professionnel. Une chose est la vocation et le talent naturel, autre chose est la professionnalisation de son action et la pérennité. Mieux connaître l’outil qu’on est soi-même. Alléger ses composantes, réduire ses rigidités, accepter ses biais et ses manques, se doter d’un cadre plus large que les seules compétences ou les meilleures intuitions par l’expérience personnelle, engrangées, tel est l’enjeu naturel de l’humaniste à la fois parvenu à son humanisation avérée et au désir d’humaniser qui se cherche dans la durée.

Le rapport à l’idéal, aux limites et à la loi est la face visible de la structure psychique développée. Les bricolages qu’elle comporte, ce sont des défenses inconscientes qui se redressent à chaque intervention nouvelle ou en cas de difficulté. L’acte d’intervenir humainement auprès d’autres humains est un acte nécessairement imparfait, mais il peut bénéficier d’ajustements et de consolidations dans la durée.

Un groupe offre une méta-structure. Il est un laboratoire comme on pourrait dire dans les milieux avant-gardistes, un incubateur de structures individuelles aussi. Le psychisme y évolue. Il permet à chacun de vivre en sécurité ses propres arrangements avec l’altérité et la réalité. Il isuscite aussi des « arrangements » inédits, transitoires ou définitifs. Il laisse le temps et le rééquilibrage naturel agir et respecte les choix individuels. Le groupe d’analyse n’est pas une fin en soi, ni une performance assurée. Il est un espace de transition appréciable et apprécié. Ce qui nous manque lamentablement est cette possibilité de transition libre er personnelle, responsable et humaine.

L’engagement dans le groupe est effectif sur une année via le règlement d’un forfait. Il comporte de 6 à 9 séances de 1h30 en afterwork un mercredi par mois. Pour espérer engager un véritable travail de transformation, il s’avère juste de persévérer sur 3 à 5 années.

Afin de rendre l’issue du travail plus explicite, il est adjoint ici un témoignage rendu public au niveau institutionnel. Pour des raisons de confidentialité, mais surtout pour ne pas modifier la relation d’accompagnement engagée même si elle est aujourd’hui finalisée, nous ne pouvons pas faire appel à des témoignages directs. Mais c’est de cet ordre lorsque nos participants s’expriment entre eux.

Bienvenue à vous si c’est votre souhait. Réservation et règlement en marge de la séance de groupe, par retour de mail, pour la même raison de ne pas interférer avec le travail de groupe naturel dès sa formation, sa « structuration » spontanée.

*

Témoignage d’un participant en groupe analytique, directeur d’un établissement

Source Séminaires Psychanalytiques de Paris

« Il faut du temps pour apprendre à repérer les scènes décisives cachées derrière l’apparente banalité. Il faut du temps pour réussir à penser les multiples rôles que l’on joue délibérément ou à notre insu. Il faut du temps pour prendre de la distance et gagner en mobilité d’esprit avec les places auxquelles nos interlocuteurs nous assignent, souvent à leur insu. Il faut du temps pour apprendre à manier avec justesse la parole de celui qui détient un pouvoir. Et ce temps n’existe pas dans le quotidien ou alors il faut des années d’expérience et beaucoup de difficultés.

Ma participation à ce groupe m’a permis de trouver ce temps, temps de réflexion, temps qui permet de reprendre mon souffle. Une fois par mois, pendant une soirée, je reprends mon souffle avec d’autres confrères. J’ai découvert que ce temps résonnait au-delà de la rencontre mensuelle elle-même. Les lectures glanées ou conseillées au cours des échanges permettent de nourrir les intermèdes entre chaque rencontre et font revivre des questionnements préexistants chez chacun de nous. Et il y a surtout la résonance de la profondeur de ces échanges. Cette profondeur est un point de repère auquel je me réfère souvent intérieurement. C’est un écho qui résonne à côté du quotidien et que je cherche à faire résonner en tentant de me ménager des temps qui permettent d’élaborer et de décider. Je compare cela à des temps de ressourcement qui peuplent la solitude du Directeur et qui rendent moins seul face à l’exercice d’une fonction qui isole, nécessairement. »

La place de la psychanalyse

« Le groupe est aussi traversé par des problématiques qui ont à voir avec l’inconscient : (il s’agit d’) un lieu unique pour penser. J’ai appris à l’Université le goût des livres et le goût d’apprendre mais c’est au sein de ces groupes cliniques que j’ai pris goût à l’art de penser. Ces groupes sont une invitation à penser la complexité des institutions et des relations humaines dans un collectif de travail. Je réalise aujourd’hui que les endroits où l’art de penser peut s’exercer de cette manière sont rares. Pour ma part, je n’ai pas rencontré d’autres lieux où il est possible de penser avec des pairs cette complexité à partir de soi, de ses limites, de ses forces, de sa propre histoire… Mais aussi à partir de l’institution elle-même, de son fonctionnement et au-delà, de l’historicité et de la société dans laquelle elle s’inscrit. »

Une formation de l’inconscient 

« J’espère avoir pu vous faire passer l’importance de prendre son temps pour progresser dans l’exercice délicat de nos métiers. « Apprendre à s’attarder » comme l’a écrit la philosophe Hannah Arendt. C’est là que repose la richesse de cette véritable formation : elle permet à chacun, dans le temps long et dans une recherche partagée, d’apporter de précieuses contributions à la question fondamentale : Quel idéal tenir et transmettre dans la direction de son métier ?… Et plus largement peut-être… Dans la direction de sa propre éthique de vie. »

Être (humain) au monde en 2019

Bienvenue à vous en 2019, l’année des apprenTISSAGES humains que je formule de mes vœux et que nous réalisons ensemble.

Oui, l’année 2019 sera celle des apprentissages au sens premier : apprendre à vivre, apprendre à aimer, et pour cela apprendre à apprendre, désapprendre les connaissances engrangées, faire connaissance avec soi et avec l’autre et le savoir inconscient se transmet. Le seul savoir qui, à notre insu, nous retient, qui, réalisé et échangé, nous libère.

La forme que cela prend dans ma proposition de valeur humaine est celle d’interventions dans la vie publique, toujours au moyen d’ouvrages et de conférences atypiques dans des cursus qui balisent, mais surtout celle que je co-construis avec vous en groupe vivant et continu les jeudi en before work d’éveil jour après jour.

La série de rencontres 2018 portait le nom d’érotips. Je voulais mettre l’éros, la libido, le vivant aux prémisses d’un mouvement, comme cela est dans la nature humaine. Au gré de mes propositions d’intervention dans le récent volet « Humanités » qui prend place dans les cursus jusqu’ici les plus techniques et gestionnaires – digital humanities, transformation humaine des administrations souveraines, etc. – j’ai adopté naturellement le joyeux jeu de mots ou mot d’esprit, le « witz » cher à l’inconscient freudien qui exprime un désir profond tout en légèreté, le condensé « Humanitips » pour mes capsules spatiales et temporelles. Et je développe ici un peu plus le sens et le non-sens pour beaucoup, l’image et le visage d’une proposition qui devient une invitation en ce moment même et sur votre écran face à vous.

L’être (humain) au monde

Une force vitale s’impose au monde à chaque naissance.
Cette force est impuissante. La néothénie ou prématurité flagrante du nourrisson puis de l’infans (sans parole) de notre espèce empêche à cette force d’assurer seule la vitalité. Le petit d’homme est dépendant d’un adulte tant en termes de nourrissage qu’en termes moteurs, pour agir et pour se sustenter.
Cette force n’est pas pour autant absente. Elle se déploie dans la vie psychique dès les premiers instants. Il est une vie pulsionnelle, qui « pulse » du corps vers la satisfaction de besoins : le nourrissage, oui, la chaleur, la sécurité. Il est aussi bien une perception de manque et de satisfaction que de déplaisir puis, de plaisir. C’est cela la vie psychique embryonnaire. Le nourrisson se pense, pense son état et peu à peu il sera amené à le rechercher indépendamment du besoin. Cela va même plus loin. Ses besoins purement narcissiques l’amènent à imaginer la satisfaction en son absence ou dans la temporalité qu’elle requiert. Une vie psychique se détache de la vie physique. Et cette vie psychique est libidinale, elle a sa source dans les organes sexuels – la bouche, le nez, les yeux, les oreilles, la peau, les sphincters – et elle recherche le plaisir.

D’une référence monolithique plaisir vs déplaisir à la philosophie émouvante de la vie, la mort, l’amour

Avec le développement, la conquête motrice et l’apprentissage du langage, une perception symbolique se superpose enfin à cette capacité imaginaire. Le jeune va contenir son élan vital sur le plan physique et diversifier ses intérêts et investissements intellectuels et affectifs. Une période dite œdipienne complète la période originelle narcissique. Cette période est toujours teintée de sexualité : la sexualité infantile. L’objet de satisfaction n’est plus chez l’enfant. L’enfant développe des relations d’objet. Initialement en proie à sa détresse intérieure qu’il a su labourer en parcelles, de satisfaction et d’insatisfaction, de plaisir et de déplaisir, et faire porter à l’extérieur les déconvenues les plus intenses (position schizo-paranoide), il accepte enfin de déprimer, de lâcher prise sur sa vie psychique et de se remettre à un autre que lui, de lui apporter le plaisir qu’il connaît en espérant être correspondu. C’est à cette correspondance sexuelle que le parent opposé son véto en soutenant au contraire le développement de l’enfant. De 2 à 5-6 ans l’enfant rentre en apprentissage. Son activité psychique reste fortement sexualisée. Il se pose en permanence l’énigme de sa conception et de la relation intime entre ses parents. Il se pose la question du désir de la mère et du désir du père dont il est exclu. Tout ceci le renseigne de sa mort en complément désormais inséparable de sa forte libido. La pulsion de vie est canalisée par la pulsion de mort. La pulsion de mort, la prise de risques est tempérée par la pulsion de vie.

Avec l’âge de raison, à la sortie du complexe d’Oedipe qui a longtemps figuré dans son esprit la possession d’un parent et le meurtre de l’autre, l’enfant rentre enfin dans une période de latence, d’accalmie libidinale, de créativité à l’œuvre et dans les relations humaines. De contribution et de collaboration.

Primi inter pares

Le jaillissement de la sexualité adulte dans la période pubertaire ranime le narcissisme et les affects violents envers les « objets » extérieurs. Les projections primitives reprennent « du service ». Mais cette fois ci plus que jamais il s’agit pour le jeune homme ou la jeune femme de se projeter dans des modèles pour obtenir des réponses modélisantes en effet. La projection laisse définitivement place à la capacité d’identification et d’empathie.

Les identifications précoces ont nonobstant toujours cours. La vie imaginaire de l’enfant, ses projections violentes et sexuelles, et les limites que lui ont imposées ses parents et autres figures de référence, les introjections que sont ses mêmes projections suscitées cette fois-ci de l’extérieur, forment le substrat inconscient de sa personnalité.

Ces identifications sont présentes au moyen de formes répétitives d’expression du corps et de l’esprit : des jugements et des addictions pour les plus évidentes.

Une bonne partie de la force vitale se consume alors dans des efforts pour structurer cette personnalité selon trois grandes tentatives de « solution » : la névrose qui est la structure de la normalité, la névrose narcissique ou état limite étant sa faiblesse, la psychose qui résout elle sa faiblesse narcissique par le retrait de la réalité et de l’altérité dans un délire personnel, et la perversion qui au contraire s’empare totalement de la contrainte extérieure pour se banaliser.

La contrainte nette, l’altérité radicale et les limites explicites s’avèrent être les nouveaux besoins à combler. Le déplaisir et la vie se donnent la main. Nous avons tous en nous des tendances dites « perverses », « délirantes » et « narcissiques » selon ce vocabulaire sauvage de la médecine de l’âme mais ne le prenez pas pour l’insulte qu’il devient dans l’acception vulgarisée. C’est ce cocktail qui anime l’élan vital qui se poursuit, qui permet l’apprentissage libre, la création et l’humanité sans la perfection qui la trahit. Un cocktail qui, bien dosé, est un pur délice à deux et en fête mondaine. Tchintchin… Mais d’abord il nous faut nous travailler. Il est heureux de le faire pour nous et pour justement travailler.

Être professionnel dans un monde humanisé

Un travail avec un tiers, dans le tiers lieu qu’est la scène analytique, l’institution psychiatrique ou des lieux de détention humanistes, permet de réduire progressivement ces efforts, d’acquérir de « humanitips », de les intégrer par la relation dans de nouvelles identifications.

Reconnaître les identifications précoces bien trop ancrées et invisibles à la conscience, les projections, les introjections et les incorporats ; approcher les fantasmes personnels sans s’y perdre, les scenarii récurrents dans des variantes inattendues ; assouplir les défenses maladroitement dressées face aux situations nouvelles et aux processus inconnus qui forment les nouvelles identifications, départager alors l’élan d’une identification grossière à un personnage davantage qu’à l’âme qui jaillit dans tout rapport et qui est partagée profondément dans l’identification la plus libre, celle que nous pratiquerons en groupe de pratiques apprenant.

Ce sont les contenus denses et à la fois naturellement présents, peu à peu, concrètement, sensiblement, respectueusement, lors des « Humanitips » en groupe vivant. Et si vous êtes un professionnel de l’humain, ce sera votre supervision la plus proche de votre être humain au monde professionnel. De votre être professionnel dans un monde humanisé.

Bienvenue à vous en 2019, l’année des apprenTISSAGES humains.

Illustration de couverture (C) François Mouren Provensal 2019

Erotips la master-class en script et en vidéo

Le terme de projection définit à la fois un mécanisme projectif de l’activité psychique normale, identificatoire au fond, et un mécanisme projectif « délirant » très régressif correspondant à son inverse, l’introjection qui ne se muerait pas en identification, en empathie selon le langage courant, du fait d’une fragilité inconsciente.

La projection est le mécanisme fondamental du développement ; elle est le mouvement inverse, symétrique et complémentaire de l’identification, car s’identifier, c’est non seulement intérioriser l’image d’autrui – la mère, le père et tout autre référent- mais encore pouvoir projeter sa propre image sur celle du modèle, des modèles.

À l’origine, au stade oral du nourrisson, c’est l’incorporation qui s’oppose au rejet de l’autre. À cette phase narcissique primaire, la distinction entre la mère et l’enfant n’a pas encore été intégrée psychiquement. Ce n’est que progressivement que vont pouvoir se constituer des représentations de soi, sujet, et de l’autre devenu l’objet de satisfaction des besoins et, très vite, des désirs. C’est à ce moment qu’apparaissent l’introjection et la projection : l’enfant trouve des repères pour l’attente dans sa connaissance de la relation à la mère er il développe la capacité de fabriquer des fantasmes : son idéal de satisfaction de soi et/ou de destruction de l’autre qui l’aliène. Lorsque la distinction sujet-objet est nettement acquise, on peut parler d’identification et de projection saine.

Cette évolution symétrique entre l’intra-psychique et l’inter-subjectif – la connaissance de soi et la reconnaissance de l’autre qu’est la mère – passe par trois niveaux successifs :

En cas de difficulté de la vie adulte renvoyant à cette période de dépendance intense réapparaissent les mécanismes les plus primitifs : l’introjection dans une humeur mélancolique et la projection d’une agressivité latente dans l’autre perçu comme le persécuteur.

Le même terme de projection définit à la fois un mécanisme projectif de l’activité psychique normale, identificatoire au fond, et un mécanisme projectif « délirant » très régressif correspondant à son inverse, l’introjection qui ne se muerait pas en identification, en empathie selon le langage courant.

La projection apparaît donc comme un opérateur essentiel qui appelle à transformation dans la mesure où le sujet ne fait, par elle, que prêter à l’autre les désirs, les sentiments, les craintes qui l’animent. La véritable communication interpersonnelle et la liberté des sujets se trouvent alors entravées.

 

En groupe de travail Erotips de la fin de saison 1 nous avons pu travailler cette progression, depuis les incorporats ou traits distinctifs des personnes aimées en enfance sur soi, en passant par les projections de soi sur l’autre, sous forme d’ « excorporats » – on retrouve dans les gestes et dans les traits singuliers remarqués chez l’autre actuel ses propres incorporats sans en avoir fait le lien jusqu’à présent – et enfin dans ce que les autres nous renvoient qui pourraient être leurs propres projections, nous retrouvons des éléments d’#identité entre eux et nous. L’empathie jaillit sans effort. Au sein du groupe lui-même, les participants ont pu établir des traits qui les relient qu’elle qu’en soit l’expression, active ou passive de ces traits communs. Chacun reste singulier, irremplaçable et entier.

Rendez-vous à la nouvelle saison, au printemps 2019, pour se travailler à d'autres et s'entendre enfin avec soi et avec tout autre au naturel.

Conduire les hommes dans le cadre d’un projet

Le conducteur de projet travaille les idéaux qui l’animent mais aussi sa capacité de contenance pulsionnelle. Seul un chef de projet capable de connaître ses motions agressives et régressives et de les exprimer sans mal peut à son tour provoquer par sa direction de projet une mobilisation dont il saura accueillir et contenir les motions humaines qui l’émailleront fort heureusement.

Cela surprend encore certains que des psychanalystes puissent accompagner des processus d’entreprises comme cela l’a été dès l’origine de la psychanalyse dans des processus institutionnels plus proches du médical, cela est vrai, mais aussi dans le Big Business comme je l’ai déjà souligné à maintes reprises dans ce blog qui s’intéresse au coaching le plus noble, celui qui réfléchit l’organisation dans son ensemble.

A l’occasion du déploiement d’une formation en Université d’entreprise je viens aujourd’hui à partager le conducteur d’un module de formation destiné aux conducteurs d’équipes et de projets. Sa lecture ne permettra pas à des coachs, à des managers et à des consultants ne faisant pas de travail authentiquement réflexif, psycho-analytique, de proposer d’intervention aussi fine et surtout la possibilité de transmettre par l’exemple de leur conduite la conduite à tenir. Un exemple humain en lieu et place d’une modélisation trop souvent recherchée et qui s’avère stérile.

Ce partage a plutôt pour vocation d’inspirer, de provoquer au plus simple, la curiosité au encore mieux l’en-vie, le désir de s’humaniser en plus du besoin de se professionnaliser. Et rejoindre un groupe à votre tour qui avance sur le fil proposé qui est celui de la vie.

 

« Sans engagement, vous ne commencerez jamais.

Et sans régularité, vous ne finirez jamais. »

 Denzel Washington

 

 

 

Conduire (les hommes dans le cadre d’) un projet

Créer une dynamique autour d’un projet avec des outils simples (au naturel) et pratiques
Eva Matesanz & André de Châteauvieux

 

Norme AFNOR

Un projet est un système complexe d’intervenants, de moyens et d’actions constitué pour apporter une réponse à une demande élaborée pour satisfaire au besoin du maître d’ouvrage ; le projet implique un objet physique ou intellectuel, des actions à entreprendre avec des ressources données. 

La norme ISO est en cours d’actualisation

La version actuelle ne donne aucune information en ce qui concerne le management de projet.

 

« 98% des projets ne respectent pas les conditions de coûts, de délai et de qualité initialement prévues ; 85% des causes d’échec des projets sont imputables à l’absence d’accompagnement, (…) relève(nt) plus de facteurs humains et organisationnels que de facteurs purement techniques » 

Huguette Roussel, Directrice de l’Organisation, CNP Assurances, en préface de la synthèse produite par ses services et le cabinet d’Hugues Marchat « La conduite de projet », Eyrolles, Editions d’Organisation, 1997

 

C’est à cette variable humaine et organisationnelle que nous allons nous attacher comme étant le terrain meuble sur lequel la voie tendue pour soutenir le projet va se dérouler. Nous aurons un tracé, des opérations et des opérateurs qui seront mobilisés sur un temps donné. Les « outils de base » nous aident à nous les représenter individuellement et à partager nos représentations.

Le conducteur de projet qui assume pleinement le rôle humain de conduite de groupe et la responsabilité qu’il détient auprès de sujets différenciés fait un choix simple et pertinent de ces outils pour l’activité concernée. Il y ajoute des « outils évolués » qui sont ceux de nos capacités psychiques humaines lorsqu’elles sont mobilisées en conscience au lieu de laissées à leur force inconsciente au naturel.

Nous vous proposons à l’occasion de cette formation quelques « outils de progrès » pour conduire « ce que fabriquent les hommes dès qu’ils se retrouvent ensemble », ce qui relève à la fois du plaisir (y compris masochique) du sujet et d’un équilibre trouvé à plusieurs qui se définit comme étant du « evidence-based » management : le principe de réalité.

 

« Une communauté humaine crée toujours des problèmes qu’elle sait résoudre. »

La question est de les résoudre en créant quelque chose d’autre que la seule solution aux problèmes.

SESSION I

Les outils de management visuels pour répondre à l’objectif premier du conducteur de projet : CONSTRUIRE UN PROJET

 

  • Une ligne du temps
  • La représentation des entrées et des sorties, les moyens et les livrables, sur cette ligne.

 

Il s’agit de décomposer et de coordonner les éléments impliqués dans le projet.

La grille simple est celle de qui fait quoi quand, avec les personnes impliquées dans un même sous-processus bien disposés parallèlement et les passages de relais vers d’autres sous-processus et d’autres parties prenantes bien mis en évidence.

Chaque participant doit connaître l’objectif et la contrainte qui lui sont appliqués mais aussi l’objectif et la contrainte explicite du groupe. Le rôle du conducteur est de le lui communiquer. L’objectif comme la contrainte excite l’être humain que nous sommes dans le sens du dépassement ou du blocage mais à quel prix technique et humain ! Comment quitter le rôle préventif et curatif pour permettre au processus d’évoluer librement en toute sécurité comme en toute créativité ?

Le rôle fédérateur du conducteur implique de transmettre l’idéal qui l’anime : tout groupe se forme autour d’un idéal commun et c’est ensemble, au travers de renoncements bien conscientisés – aussi bien collectifs que spécialisés, concentrés dans la personne de l’un ou l’autre des collaborateurs -, c’est moyennant des efforts et des frustrations que cet idéal partagé et l’objectif vont se rejoindre et produire le résultat, la création partagée, la « sublimation » des forces contraires inhérentes à la psyché et à son expression dans les activités humaines.

Le conducteur de projet travaille ainsi en amont de son déroulement les idéaux qui l’animent mais aussi sa capacité de contenance pulsionnelle. Seul un chef de projet capable de connaître ses motions agressives et régressives et de les exprimer sans mal peut à son tour provoquer par sa direction de projet une mobilisation dont il saura accueillir et contenir les motions humaines qui l’émailleront fort heureusement.

 

Travail en sous-groupes pour reconnaître la part d’idéalisation et la part pulsionnelle des participants.

 

SESSION II

Les outils de progrès, visuels comme invisibles : l’accompagnement du processus constitue l’objectif en continu de PILOTER UN PROJET

 

Le présupposé est que le travail ne sera pas effectué une fois que chacun sait qui fait quoi quand même en mettant en place un suivi outil « de base » actualisé, d’où le besoin des outils dits avancés ou évolués, les outils en provenance de notre humanité.

Le groupe va s’ajuster « inconsciemment » ou plutôt chacun va s’ajuster « inconsciemment » selon le principe reconnu par la théorie socio-économique de la « rationalité limitée » qui recouvre d’un voile d’inhibition (régression) les pulsions engagées. Les idéaux se réduisent, chacun verra ce qu’il voudra voir, ce qu’il aime imaginer, de ce qu’il produit et de ce que le groupe acquiert. En toile de fond, des « inimitiés » se tissent plus ou moins explicitées : contre le conducteur, contre le collègue, contre le groupe, contre l’institution ou l’éco-système partenaire qui se regroupent en théorie du changement sous l’appelation de « outgroup ». Ce sont des projections de ce qui est contrarié profondément en soi et dans la dynamique collective.

Pour accompagner ce processus inconscient la démarche est aussi simple à exposer qu’elle est invisible et inintelligible de mise en œuvre. Le conducteur, ou les conducteurs car il est recommandé d’accompagner des groupes en binôme, prend appui sur son propre inconscient, accorde un cadre de confiance au groupe dans un phénomène qui n’est plus de projection mais de « transfert ».

Le transfert « remplace » les projections qui consistent à projeter sur les autres des sentiments personnels et spécialement ceux de peur, de haine et de déception. Le transfert est un cadre affectif favorable donné à ces projections. Ce transfert peut avoir une tonalité positive et négative selon les phases de vie du projet car il ne s’agit pas de plaquer une réponse positiviste ! Les vécus négatifs ne sont ainsi pas niés mais encadrés par ce climat d’analyse et de recul, de poursuite sans blocage et de confiance dans la suite du processus. Le mot qui est utilisé dans le cadre professionnel est celui de l’engagement.

Le dispositif de base à mettre en place est lui très simple comme nous l’avons souligné. Il soutient l’engagement dans la durée par la combination d’un partage en continu du management visuel « standard » et la tenue effective de sessions de parole, de séances régulières d’analyse de pratiques auto-gérées sans ordre du jour préempté.

Un support est remis aux participants de cette formation sur les principes de ces réunions qui sont seulement brièvement rappelés ici en termes de libre parole ou chat entre les participants aux sous-projets sans la présence du chef de projet puis relevé par le(s) conducteur(s) sur un temps court des apprentissages effectués ensemble et ou des blocages fabriqués ensemble – non intervention du pilote, renvoi vers les participants de ce que le conducteur perçoit comme étant à retravailler ensemble.

 

Faire travailler le pilotage en petits groupes tel qu’il s’effectue sur outils de base pour constater le fonctionnement naturel

En venir ensuite à l’outil avancé du transfert au moyen des « identifications » en lieu et place des « projections ». Les identifications sont précisément des projections que l’on parvient à identifier. Chacun retrouve en soi-même ce qu’il projetait dans le temps ou dans un ailleurs.

 

SESSION III

Le méta-outil du conducteur et des collaborateurs : retour sur sa propre réflexivité et sur celle de ses collaborateurs dans l’objectif dernier de d’aboutir et CLORE LE PROJET

 

Le fil conducteur de ce point clé est culminant de la formation (et du projet qu’elle représente) n’est volontairement pas détaillé dans l’agenda qui leur est livrée sur ce car nous ajusterons suite aux sessions I et II. Nous ferons élaborer aux participants eux-mêmes les composantes de cette véritable conduite de groupe bien au-delà de la construction théorique du projet et du suivi de type « flic et pompier », « tuer, périr ou sauver » qui résulte en constat général du groupe au naturel.

 

Résumé des enjeux que nous anticipons et qui seront mobilisées partiellement et dans le degré que pourront admettre les participants : 

 

L’idéal brouille le principe de réalité évoqué en intro ou la possibilité d’une evidence-based coopération.

Les limites que le projet impose à chacun éveille la recherche de satisfaction individuelle dite aussi de « rationalité limité ». L’intelligence est peut-être collective mais les ressources en profondeur de chacun dans le groupe sont négligées, et ce sont ces ressources qui font la différence, qui font que ce projet est bien différent de celui qui aurait été mené par d’autres et surtout qu’il est à l’image du « génie » créateur de l’homme éminemment singulier mais mis sous la contrainte sociale et en ce cas, de résultat.

Les « surfaces de projection » de l’activité fantasmatique (imaginaire) et de passage à l’acte en lieu et place d’une élaboration et un progrès commun sont aussi bien le conducteur, qu’un ou l’autre des participants, le groupe et l’outgroup (contraintes institutionnelles, marché etc.).

 

  • Le conducteur est une cible fantasmatique, imaginaire, inopérante pour binaire : bon ou mauvais conducteur. Prévoir deux conducteurs afin d’en laisser à moins un à chaque instant dégagé du fantasme et/ou des attaques. Trouver dans l’équipe un « second » dès le premier instant.
  • Responsabiliser chaque participant et non LE groupe qui est lui-même la cible, le déversoir ou la source des états d’âme de chacun. Régler les conflits en travaillant sur l’objet du projet et en sollicitant des engagements individuels quant à celui-ci seul.
  • Ouvrir au hors groupe (outgroup) qui est enfin la troisième cible fantasmée par chacun.

 

Fondements théoriques qui sont partagés en formation avancée :

Stratégies de base traditionnelles (source psychosociologie du XXème siècle)

 

L’idéalisation est une fuite dans les idées. Elle creuse l’écart avec le hors groupe, ne rentre pas dans le concret. Le groupe est au-dessus de son contexte et chacun tient à garder cette fierté. Un participant porte-rêve soutient cette démarche en particulier.

L’attaque-fuite (« la casse ») est une fuite dans l’espace. Un porte-voix prétexte ne pas trouver de place du fait du conducteur, du collaborateur, du groupe ou hors groupe et attaque par son absence, sa passivité ou des revendications le cadre.

Le consensus-fuite (« le couplage ») est une fuite dans le temps. Un porte-symptôme dit dans d’autres références comme la systémique « le patient désigné » ou le « bouc émissaire » concentre les espoirs puis les déçoit. Cela peut être aussi une attente dans une démission du conducteur ou une restructuration institutionnelle.

Entre guillemets les dénominations précises données à ces scénarii, en plus de celle directement intelligible de l’idéalisation, par le pionnier de l’analyse institutionnelle : Wilfred Bion lors de l’expérience inaugurale de Northfield, 1914-18

 

S’y ajoutent les :

Écueils modernes 

 

Nouvelles générations – des makers pressés d’agir rejoignent les détenteurs de pouvoirs traditionnels tout aussi « tranchés », dans une jouissance inconséquente.

Complexité de l’environnement VUCA – l’atomisation de l’idéal en fantasmes partiels apporte des solutions rapides et partielles ou une ultrasolution globale.

Clôture par l’idéal confronté à la formation avec lequel chacun repart et les « besoins » inassouvis qui pourraient faire l’objet d’un point individuel sur le projet personnel hors ce cadre collectif si le conducteur de projet est hiérarchique (et/ou prise de relais RH dans le cas de projets transverses où un RH est un co-conducteur de choix).

Lire La psychologie du collaboratif, du même auteur, pour approfondir ces fondements théoriques et approcher le traitement de cas réels.

 

Psychanalyse et innovation en profondeur de l’ensemble de l’organisation

La référence de Foyer a été confirmé du Prix de l’innovation du Luxembourg. Ceci confirme le travail formidable de l’identification, porteur d’un idéal que l’on va (re)mettre en commun mais surtout, par l’identification, on se reconnaît chez l’autre et on reconnaît l’autre en soi : chacun en sort transformé en profondeur et dans la durée et les rapports du même pas.

 » À l’occasion d’une cérémonie organisée le 16 novembre 2018, Foyer s’est vu décerner la médaille d’or du Prix Luxembourgeois de la Qualité et de l’excellence. Ce prix est attribué une fois par an aux entreprises soucieuses d’améliorer leurs processus, produits et services en vue d’une satisfaction client optimale. Pour assurer une amélioration continue de ses produits et services, le Groupe a initié en 2015 un programme ambitieux appelé « ELAN ». Dans celui-ci, les employés eux-mêmes proposent des moyens pour améliorer leurs process de travail et ainsi la qualité du service au client interne ou externe, et ce dans une optique de progrès constant. Le potentiel d’innovation d’un tel programme est immense : il ne découle pas de concepts théoriques, mais d’une succession d’améliorations concrètes au quotidien. Il a également rappelé le fait que les problèmes cantonnés à un service n’existent pas, et concernent souvent tout le Groupe. À cet égard, chez Foyer, la qualité est devenue synonyme de transversalité et elle est donc l’affaire de chacun. »

Ceci est extrait du communiqué de presse d’actualité qui couronne un parcours d’innovation discrètement accompagné du Conseil continu et ouvert de Vincent Lambert, dans une véritable démarche de coaching d’organisation avec l’accompagnement du comité de direction, du directeur du projet « Elan » et du groupe naturel qui s’est formé en interne dans un élan, bien réél, de participation volontaire et engagée d’hommes et femmes de tous âges, de tous métiers et de toutes positions.

La clé de voûte du dispositif a été la mise en place d’un process de parrainage interne ou de executive sponsorhip. Chaque directeur du Board a choisi et a été choisi d’un filleul parmi les innopreneurs, porteurs d’initiatives soulevées sur le terrain.

La démarche d’innovation était une initiative du nouveau Président à la suite d’un diagnostic sans appel de la part du Gartner Group que j’avais développé et fait suivre d’effets dans une série de billets à chaud au printemps 2016. Mon intervention aux côtés de Vincent en Séminaire de Direction de deux jours avec une inter-session de 15 jours pour permettre la prise de conscience effective et subjective des participants trouvait ses fondements dans la psychanalyse des organisations. Cette pratique inattendue de la psychanalyse existe depuis ses origines et sa trajectoire opérante a été formidablement retracée dans un ouvrage collectif auquel a participé l’Université de Cergy où j’interviens dans mon activité d’enseignement.

A l’occasion de ce véritable groupe-analyse, les 12 membres du Comité de Direction ont quitté l’imaginaire du projet pour se frotter au « réel » au sens psychique, c’est à dire aux conséquences intimément ressenties et comprises que ces initiatives très vite émergentes avaient sur leur pouvoir, sur leur sentiment de contrôle voire d’emprise, et sur l’équilibre et le conflit de leurs rapports : entre eux, avec leurs équipes, avec leurs « clients » et « fournisseurs » ou plus largement partenaires externes métier.

En effet, s’il est sympathique d’être le parrain d’un ardent filleul aux confins de son écosystème quotidien, dans un autre métier, à un autre niveau, il était au départ même pas possible d’imaginer que des filleuls leurs naissent sous le pied et soient soutenus d’un autre confrère directeur, en toute fraternité ou en tout sentiment fratricide pareillement légitime en profondeur ; ou qu’une initiative complètement en dehors du périmètre hiérarchique et fonctionnel viennent à causer des « dommages collatéraux » sous couvert de « bonne idées ».

Un travail de « symbolisation », selon le terme psychanalytique, a pu avoir lieu. Une véritable intégration imparfaite du process qui a de fait démarré à l’issue de ce Séminaire et de ce groupe-analyse vérité. Ce travail intense, heureusement lissé sur le mois des interventions que nous avons osées, a été basé sur le travail psychique naturel de l’identification. Le temps psychique n’est pas celui d’une étape-projet. Il a la particularité de se boucler dans « l’après-coup » d’où l’intersession et le deuxième jour que nous avions préconisé. Ce travail d’identifications très subtiles remplace un travail plus coup de poing ou, au contraire, de plus long cours sous la forme consacrée du « projet latéral » ou de façon plus frontale, de traitement des objections. Le travail plus répandu est en effet celui dit des résistances.

Pour moi, ce travail est d’une morbidité qui entache voire compromet l’épanouissement naturel du projet. Ma position est celle de « Erotiser l’entreprise » comme l’affiche mon travail de co-écriture le plus récent avec André de Châteauvieux : de lier les pulsions de vie et les pulsions de mort comme le permet l’élan vital et social que caractérise la condition humaine.

En lieu et place d’un travail sur les croyances limitantes et sur la rationalisation des peurs, souvent descendant de la part des consultants, j’ai proposé et accompagné – souvent de ma seule présence invitante et contenante de psychanalyste chevronné et du soutien de Vincent, l’expert de l’excellence opérationnelle et de ce projet en particulier, intervenant sur toute l’année -, nous avons permis ensemble un échange de parole libre ponctué d’incitations à développer adressées à l’un ou l’autre des directeurs et du président.

Dans ces développements on retrouve aussi bien l’historicité de l’institution que celle des sujets en présence avec une expérience plus ou moins longue et diverse dans le métier et dans leur fonction. Cette historicité met en perspective le projet et lui redonne un sens complexe mais humainement aisé de partager. Le moment le plus intense a été le partage de l’initiative menée l’actuel DRH lorsqu’il était débutant et dont il prenait conscience comme étant le point de départ de son métier, de son style de direction et de sa confiance dans l’institution.

Le travail d’identification

Le groupe permet  à chacun de représenter les multiples pensées et affects que la situation provoque individuellement. Au sein du groupe, ces sentiments rencontrés et ces idées et oppositions se trouvent répartis de façon équilibrée. Chacun porte une part, et le collectif se sent fort de porter le projet dans sa globalité. Le hors group, le très invoqué « outgroup » dans toute démarche de changement, est également très présent par son absence physique mais fortement imaginaire qu’il s’agit de symboliser ensemble : chacun pense et partage autour de ses précautions et envies pour son équipe et notamment son N-1. Les volontaires engagés sous la coupe de chaque directeur sont également questionnés et défendus dans leur légitimité.

Il s’agit d’un travail formidable que celui de l’identification, porteur d’un idéal que l’on va (re)mettre en commun mais surtout, par les différents processus d’identification (projective, différentielle et participative développés dans  mon ouvrage à venir de La Transformation d’Entreprise), on se reconnaît chez l’autre et on reconnaît l’autre en soi : chacun en sort transformé en profondeur et dans la durée et les rapports le plus complexes et croisés suivent du même pas.

Merci encore une fois à Vincent Lambert pour sa confiance et pour cette collaboration co-construite entre nous dans ce même puissant phénomène de l’identification  : en minimisant la contagion émotionnelle et les mille stratégies d’intervention que nous aurions pu dresser pour nous mêmes résister à ce que ces « étrangers » et néanmoins « prochains » pouvaient provoquer et ont provoqué en nous à leur insu.

Un grand Bravo aux homme et femmes de Foyer et un profond respect pour leurs dirigeants

Bravo aux équipes, aux leaders et aux bien nommés « parrains ». Ils y tenaient vraiment à cette plus tendre appellation sur la fin de l’intervention ayant fait quelques liens familiaux et personnels, ne cherchant plus à se protéger de l’aventure par la démarche codifié non seulement du nom d’emprunt anglosaxon mais aussi de l’inévitable modèle pré-éxistant du « executive sponsoring ».

Et vous ? Quels sont vos choix pour le moins timorés du moment ? 😉

Psy choses d’humaine importance pour soutenir le narcissisme

normalement névrosés par opposition aux psychotiques. Les uns et les autres ont en partage le narcissisme. Pour eux, mon travail d’accompagnement. Pour vous, en partage, un brin de formation.

Je me forme à la psychiatrie car les cas référence sont une guidance dans l’accompagnement des égarements ponctuels mais de nos jours diablement persistants des bien-portants dits en langage médical normalement névrosés par opposition aux psychotiques. Les uns et les autres ont en partage le narcissisme. Pour eux, mon travail d’accompagnement. Pour vous, en partage, un brin de formation. À votre écoute pour des développements.

Journée étude auprès de

Didier Mion
Psychiatre

L’apport de la psychanalyse au traitement des psychoses
Séminaire Psychanalytique de Paris d’été 2018

Traits communs aux psychoses

Trois pour Freud

Le psychotique se défend d’une représentation inanalysable
Le délire est une tentative d’auto guérison
Le repli narcissique conduit à la perte de réalité

Une structure latente de forclusion pour Lacan

Repères psychiatriques :

Le terme est né en 1845
Pinel en 1800 parlait de manie
Esquirolle avançait une causalité : la monomanie
L’expression : le délire de persécution
En 1863 est répertoriée la catatonie comme étant une perte de contact global
Puis le Syndrome d’automatisme mental et l’erotomanie
Se précisent la Folie maniaco dépressive, démence précoce et paranoïa
Schizophrène esprit fendu dislocation Spaltun dissociation

Au niveau des théories psychanalytiques :

Pour Freud il n’y a pas de transfert d’où le traité paradigmatique que constituer le cas Schereber raconté par lui-même. Le récit détaillé de la paranoïa.
C’est la référence pour les Psychonévroses narcissiques différentes de celles habituelles de la phobie, l’hystérie et l’obsession.
Le moi s’est défendu d’une représentation insupportable et de son affect et se comporte comme si la représentation n’était jamais parvenue jusqu’à lui.
Cette défense est plus forte et efficace que la névrose car elle entraîne l’affect. La paranoïa projète le contenu de la représentation inconciliable dans le monde extérieur.

Schereber devient le President de la Cour d’appel de Dresde. Sa nomination le précipite dans l’asile psychiatrique.
« Mémoires d’un névropathe » est son témoignage écrit.
Il est écrivain mais pas poète, il n’y a pas de création d’un sujet.
Témoignage rédempteur selon Freud.
Témoignage nécessaire de ce qui le traverse.
8 années d internement aboutissent grâce à cet écrit à années 4 de liberté. Il sera ensuite interné jusque sa mort.

Il développe un vécu de persécution après une période de vénération du substitut paternel.
Il subit des accès d hypocondrie, de craintes corporelles.
Il vit un effondrement, il se voit mort, en cours de putréfaction.
Il se vit changée en femme qui se donne à Dieu.
L’esprit assassiné de Morton Schartzman rend compte de la personnalité et de l’œuvre du père a l’origine d’une méthode éducative incluant des instruments corporels pour interdire la masturbation.

Freud envisagé que Schereber se défend d’un désir homosexuel qui le rapproche de ce père qu’il idéalise. Les idées délirantes déversées dans ses écrits permettent de rester dans le lien de parole, cela évite la maladie.

Freud insiste sur le retrait libidinal de désinvestissement des objets extérieurs dans les psychoses, d’où l’impossibilité de prise en charge du transfert chez les patients psychotiques.

La question de l’homosexualité provoque une régression narcissique.

Description grammaticale du processus :

Je l’aime, un homme : le père puis le professeur vénèré qui déclenche la maladie.
De suite, je le hais : amour et haine sont imbriquées, mais comme cela est inacceptable…
C’est lui qui me hait : d’où le vécu de persécution et la peur.

Freud :

 » Le sentiment réprimé au dedans fut projetté.
Ce qui est aboli du dedans revient du dehors.  »

Ce qui n’a pas été symbolisé est agi.

Il ne s’agit pas vraiment d’un cas de paranoia mais d’une cascade de remaniement schizophrène. Par automatisme mental qqch de mécanique commande la pensée.

Le sujet psychotique n’est pas maître du cours de la pensée.

Elle débouche sur une impression de fin du monde, de son monde, projettée dans une fin du monde extérieur.

Dans les Psychonévroses narcissiques il y a un tel repli sur soi que le transfert se conçoit différemment.

Les éléments symboliques et imaginaires du fantasme du névrosé permettent de réaliser le monde interne. Chez le sujet psychotique ou dans le noyau psychotique du névrosé il s’agit d’intrusions.

Cas de l’homme aux loups

L’homme aux loups fait état d’une Hallucination du doigt coupé. Il s’agit d’une vision hallucinatoire fugace. Aussitôt il récupère la vision de son doigt complet.
Le patient avait observé un rapport sexuel entre ses parents et avait constaté l’absence de penis chez la mère alors que son père était situé derrière elle. Dans son rêve il retrouve un loup perché la queue arrachée.

Il se produit l’absence d’inscription dans le symbolique de l’image vécue ou fantasmée. Il y aura forclusion comme le nomme Lacan.
Dans la Névrose un thème comme cela peut se travailler dans le transfert qui produit la levée du refoulé et permet l’élaboration.
Dans la Psychose l’image fait retour sous forme hallucinatoire. Il y a déni sans refoulement.

La Phase squizoparanoide du tres jeune enfant fait clivage nous explique Mélanie Klein. Ce clivage constitue le noyau psychotique adulte.
Le patient peut intégrer ces clivages à travers le thérapeute.

Selon Winnicott la régression permet le retour à une situation de carence.
La première transition, la partie inséparable de l’enfant, qui n’est pas lui mais qui fait transition a échoué.
Le sujet psychotique n’accepte pas la transitionnalité : il présente le vécu brut ou son absence totale.

Winnicott développe un espace temps transitionnel de telle sorte que la séparation ne soit pas vécue comme un effondrement.
Agonie primitive : détresse oubliée
Squiggle dessin espace de transitionnalité partagé entre le patient et le psychanalyste.

Les Thérapies familiales systémiques rendent compte de cette difficulté à se séparer sous l’injonction paradoxale de le faire sans se quitter. Le film family Life de Ken Loach en donne la représentation fidèle.

Il n’y a pas de Lien entre partie et totalité chez le schizophrène, entre le sens et la vie.
Altération dans image du corps, de la structure familiale.

Trois générations pour que la psychose survienne – les non-dits transgenerationnels cristallisent à la troisième génération.

Lacan a apporté des outils de traitement : le non centrement.
D’abord via sa thèse écrite en 1932

Marguerite Anzieu – Aymée donne un Coup de couteau à une comédienne à la sortie de sa pièce « tout va bien ».
Elle est Internée à Saint Anne.
Elle se découvre être une enfantt de remplacement après le décès de sa sœur qui portait le même prénom. Une voisine aurait tué la première. Ceci est un délire à deux, entre la mère et la fille.

Dans le délire à deux un inducteur induit chez l autre des idées délirantes, ici la mère qui se défend d’avoir tué son enfant ou éventuellement négligé. Le sujet déplace l’hostilité primitive dans une autre tête. Le sujet agit en attaquant le mauvais objet qui n’est autre que la mauvaise image qu’il a de lui même.
La Cantatrice image de la femme libérée représente l’idéal de Marguerite. Le retournement dans la haine explique l’acte.

Pour ce qui est de l’Automatisme mental, des pensées dictées par une mécanique autonome, Lacan conteste ce phénomène élémentaire.
L’origine de la démence se trouve dans l’Histoire de la personne, dans la construction de la personnalité.
Aymée se sentait fautive vis à vis de sa mère.
Le Stade miroir est une mise à distance de l’autre, tu n’es pas moi, pour une réintroduction postérieure.
Le geste agressif est le stade du miroir qui revient dans une confusion où l’altérité mal discernée reste à établir. Le geste se comprend par rapport au milieu de vie.

Rayons divins parlent une langue de fond qui concerne le meurtre d’âme
Néologismes ritournelles cascades de remaniements des signifiants chez Schereber

Dans les discours non psychotiques le contexte et la fin du discours dans l’après coup donne le sens au propos. La stabilisation phallique est au service d’une intention première qui est de se faire entendre.
Il n’y a pas de remaniement constant, pas de déstructuration.

Séminaire de la Psychose de Lacan

La Forclusion est littéralement la déchéance d’un droit non exercé. Elle a valeur juridique. Pour Lacan il s’agit d’un défaut d’inscription dans l’inconscient d’un élément fondateur et symbolique.
Assumer son sexe : sexe et section.
Acception d’une réalité.

Le Danger du souvenir de la castration se solde par un phénomène psychique de :

Substitution dans la névrose : symptôme névrotique
Dissociation radicale du moi et de la représentation dans la psychose

Message du père qui lui revient sous forme hallucinatoire : putain pour femme de famille traditionnelle

Il y a Forclusion plutôt que projection utilisée abusivement

Le nom du père est la fonction paternelle intériorisée.
Toute expression symbolique produite par la mère ou l’enfant lui même faisant référence à une instance tierce (parents de la mère, etc) produit du nom du père.

Cette Fonction symboligène permet la coupure du lien mère enfant. L’enfant refuse d’être le phallus de sa mère et cela lui permet d’advenir en tant que sujet.

S’ensuit une confrontation avec le père et non une Relation de fraternité avec le père sans confrontation, néfaste pour l’achèvement du sujet.
– Schereber choisit père, professeur, objet d amour, relation narcissique à la réalité sans confrontation
Ceci marque l’arrêt de son développement au stade du complexe fraternel.

L’Identification imaginaire fusionnelle avec un parent forme la structure psychotique. L’introduction d’un tiers fait appel dans la structure. Dans le cas Schreber c’est la position idéale de masculinité du professeur vénèré qui fait appel. Son épouse avait disposé sa photo sur la table de chevet. Au moment de la décompensation le President Schereber pensait aussi à devenir père.

Le signifiant être père n’a pas de sens pour lui. Le sujet psychotique se sent aspiré par la femme toute. Les femmes dans leur diversité n’existent pas.

Le tiers vient couper ce lien fusionnel à l’autre : cela peut être l’enfant pour la femme, le beau père pour l’homme. Quelque chose de symbolique survient.

Ceci est le cas dans les débuts d’une analyse. Les entretiens préliminaires permettent de tester cet appel à la structure et ses possibilités d’engager un travail durable et en profondeur, de dépasser les blocages narcissiques de toute névrose souffrante faisant trop facilement appel à du coaching et tout autre dispositif de conseil ou d’accompagnement ponctuel qui fait de nos jours florès et qui s’intègre dans l’outplacement, nouveau placement en famille d’accueil d’enfants à nouveau négligés.

Nor IA, neither natural, simply unconscious

In business and society, along with IA and transitional, unconsciousness is not an option

In Business and Society, along with IA and transitional stakes
Unconsciousness is not an option

How the human being can be ?

To be or not to be. Freud could have choose the Hamlet tragedy instead of the Oedipe’s game over. After Freud left is that tragedy that prevails.

Because in-between the id, the ego and the super-ego – the inner willing, the personality and its banishments is that grey. I am but I am not on the same way.

How it plays ? Play it again…

The id psychology relates to the instinctive, archaic motions.

There is a huge part of the ego which introjects part of these motions FROM the mother and the father figures. This primary super-ego is called ego-ideal whilst the inner image of oneself is called the ideal-ego and stands for perfection. There is a discord between the idealized image and the chaotic primary reality. Nevertheless the human being will deal with these controversial parts by splitting them off and getting them together into its own identity.

The ego-ideal is likely « the precipitate of the old picture of the parents, the expression of admiration for the perfection which the child them attributed to them. »

This split phenomenon applies to every trauma the human being goes through. The emotion is rejected, but there are still memory traces we can record among many others. Pleasant and unpleasant records can be side by side whist the whole process is represed, censored. But everything lies at the unconscious le vel. Resistances produce denial, rationalization, reaction formations, fantasy and ultimately projections. The threaten comes from outside. The other becomes either the ennemy or the beloved victim. Ordinary harassment gets explained.

In adition to that, the advanced super-ego which comes along with education, reflection, ethics and empathy and which is hopefully supported by the whole society fails under unconscious pressure.

Fixing the ideal which actualizes himself when social grouping is key.

Group members are related to an ideal image. They can put it in a leader or in a common project. This ideal can either freeze or move and get into a « good enough » reality that will inspire others.

Freud’s greatest contribution to modern thinking is this theory of inconscious.

The positivism that was popular in Freud’s scientific advanced time – getting definitely rid of religious determinism – claimed that people could gain real knowledge of the world and of themshelves, and that we had rational control over both. They insisted on « hard facts » even in Psychology. Albert Ellis and Aaron Beck culminated this work into Cognitive Behavioural Therapy (CBT) in 1950’s. These psychologists admit that between the stimulus and response lies a « mediational process ».

As Freud said we are motivated by unconscious forces within us. He suggested that consciousness actually exists in layes and there were many psychic process that went on beyond the surface, within the implicit inconscious. CBT therapists keep on trying to model these process. Psychoanalysts persevere, insisting that there is a level to the human mind, a kind of natural intelligence never transformed into « AI », that will never become obvious and reproductible through the study of cognición or behaviour wich remain at an explicit level.

In the 1990s, new findings in neurosciences suggested the same thing: there are parts of the human brain that work (« think ») implicitly, beyond conscious awareness, and control mucho of what we do, assume and expect.

Contemporary psychologists continue to work on the « psyche » – that unknown part of the self who reveals through irrational acts and preferences wich appear once again to be inexplicable even to the person concerned. Far from having one mind, we have several as suggested by very famous profesional therapists such as Eric Berne (transactions analysis). Again, there are several layers and their organization depends so much on earliest learning and bounds we almost completely forgot about. This sets in place our default understanding of ourselves, other people and what the world is like. Unless we develop on-going practices !

Either In HR, Consulting and Transformation.

From the Norfield experience to Tavistok Institute and their blockings and actual Tee-groups, this process of denial and recognition has lessons to us.

And these are my lessons and practices everywhere where unconsciousness is not an option and the tragedy comes to epics here.

Un groupe naturel

La première fois que j’ai entendu, ou plutôt lu, l’expression, cela m’a impacté.

Le groupe naturel.

C’était dans un manuel d’accompagnement psychologique. De psychosociologie précisément. Les psycho-analystes institutionnels formaient des groupes à but thérapeutique. La psychanalyse et la sociologie naissantes – Freud et Durkheim ont pareillement appliqué les méthodes de recherche scientifique au social et à l’humain, l’un en s’appuyant sur les statistiques et l’autre sur le cas isolé, parfaitement « étranger », révélateur de tout le caché en chacun de nous depuis toujours et à jamais -, dans l’entre-deux-guerres perpétuel qui commence en 1870, ces nouveaux docteurs de l’âme autant que du corps réunissaient des hommes pour mieux en prendre soin.

Cela se poursuit aujourd’hui par le droit à la formation continue et par le rythme effréné de création de modules formations d’entreprise et de groupes de transition contenus dans la démarche de « outplacement » ou fréquentés dans un état de rébellion, avec quelques autres rencontrés sur les réseaux (Les 100 barbares, Switch collective, etc.).

Non. Les analystes autres que capitalistes ou marxistes de la première heure ont vite constaté la capacité naturelle des hommes d’alors à se regrouper sans injonction ni transition. Ni la réparation d’un mal ni d’une solitude,  ni même la création, ni en silo ni en réseau, ne les motive. C’est ce que certains ont respecté et tout simplement adossé dans une anti-psychiatrie courageuse qui se poursuit discrètement de nos jours : de Oury à Tisseron dans le civile, de Bion, puis Enriquez et Dejours à quelques nous dans l’entreprise.

Le groupe naturel c’est la démarche de Bertrand (Matthieu Amalric) dans Le Grand Bain. Et elle a été celle des autres avant qu’il ne les rejoigne en début de projection parce qu’il faut bien que quelqu’un se donne à voir de bout en bout dans une fiction qui attrape la vie.

Aucun intérêt pour la natation synchronisée. Aucune curiosité à priori pour la monitrice ou pour un ou l’autre des camarades. Les « je sais pas » de ses premières interactions ne sont pas que l’expression d’une dépression brandie.  Il n’est pas là pour ça non plus. Un besoin d’échapper à la foule, de rejoindre un groupe à taille humaine – peut-être comme la famille qu’on ne s’est pas choisie en naisant oui – et la possibilité de le faire à intervalles réguliers, parfaitement connus, parfaitement limités. Les jeudi à 19h, échauffement, exercices, douche, vestiaire, sauna et dernier verre. Beaucoup de silences, quelques lectures de la monitrice – étonnante source d’inspiration plutôt que spécialiste instituée du coaching sportif – et une prise de parole qui se limite à un seul et qui est totalement libre. Un seul peut alors dire tant de ce dont chacun n’a rien à dire. Des émotions jaillissent alors et ce sont des « flash » de mots : ta gueule, ah non, t’es con, fait chier, il a raison. Des mots d’esprit qui donnent la parole à l’inconscient pour exprimer la gêne, la colère, la tristesse, la joie aussi qu’on s’interdit, dont on soupçonne l’autre d’être le provocateur enfoui.

Et soudain, lorsque ce groupe trouve un objet extérieur que chacun pourrait convoiter – la médaille de la vraie vie pour chacun d’eux – ils deviennent des nageurs synchronisés, endossent les habits sans pouvoir les voler, et s’approprient une discipline qui est celle de leur désir très singulier.

Je me sens comme Delphine (Virginie Efira) lorsque dans les groupes qui se réunissent autour de notre activité avec André – que l’on appelle des fois de supervision, des fois d’analyse en groupe, des fois d’innovation mais qui sont des groupes naturels tout simplement et chacun le vit et se reconnaîtra dans ce que j’écris -, les participants toujours seuls écoutent nos poèmes et s’ébattent entre eux. C ‘est déjà bien plus beau que de fréquenter un de ces groupes « artificiels » précédemment cités. Mon vrai désir vrai serait qu’ils décrochent des étoiles, qu’ils se trouvent un objet à remporter et le baume d’une aurore boréale sur cette obscurité de vivre sans rien savoir ni pouvoir mais vouloir, oui, un je-ne-sais-quoi qui prend forme et cette forme importe peu. Voilà, serait le mot d’esprit dont jaillit l’humanité.