Ego trip

Remonter la faille de part et d’autre de l’été. Être… Plutôt qu’ego.

Remonter la faille de part et d’autre de l’été. 

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De part et d’autre de l’été. 
Les mêmes lieux, les mêmes temps, les mêmes liens.

Qui n’a pas un jour rêvé de s’échouer dans un rivage incertain ?
Savez-vous que vous retrouveriez du même, encore et encore, répété ?
Parce que c’est vous, et rien d’autre, qui tissez avec l’espace, avec les êtres et habitudes, vos propres rets.
 
De part et d’autre de l’été, être. 
Être qui se « m’aime » moins… Remonter la faille pourrait.
 
*
 

Un été sans miroir

Un été sans fard, et à l’été indien, reprendre les tisons.
Couleurs de la guerre, de la fête ou du clan.

Il en est parmi mes amis FB – j’ai vu, j’ai aimé – qui se sont lancé des défis d’été : décrocher d’Internet, du JT, de l’alcool. Pour ma part, un été sans miroir était le silencieux espoir.
 
Décrocher le miroir serait-il dépasser un stade d’enfant ? 
 
Je n’ai pas vu, j’ai aimé, m’épanouir chaque matin, chaque nuit plisser ma peau. Comme elle se plissera sur les restes et les os.
 
Je me suis vue – toujours au présent, et encore plus souvent que dans le miroir du temps -, en chaque regard d’autrui. 
 
En œillades des inconnus, comme des fleurs ou des pierres de l’instant, et dans le vert perpétuel de l’amant. 
 
Un été sans fard, et a l’été indien reprendre les tisons. 
 
Face au miroir poser sur ma peau, à nouveau, les couleurs de la guerre, de la fête ou du clan. 
 
Sans me voir désormais. Sans chercher à m’aimer. Laisser à chacun, de l’un et de l’autre – reconnaître et approcher -, la liberté.
 
Et moi dont le métier est d’être miroir ? Me laisser décrocher, et être, auprès d’Autre, Eva.
 
 
 

Carpe Diem

Pêche à la carpe de nuit
Baignade interdite pour votre confort

Yonne en avant

 

Les boucles des fleuves autour de nos villes égrènent le temps. Sur la route des vacances, cela a été longtemps : Paris, Lyon et Florence… C’est aujourd’hui Sens. 
 
Un lieu qui n’est plus de vacance estivale, mais continuel ressourcement. J’y pose mon âme. Coule l’Yonne à ses abords. 
 
Laisser derrière soi la ville, sur le chemin de halage à vélo, et prendre pour invitation :
 

Courlon-Sur-Yonne

Courlon-Sur-Yonne

 

 

« Pêche à la carpe de nuit

 Baignade interdite pour votre confort »
 
Ne plus plonger dans la vaine sensation.
Laisser la vie venir à soi, en prendre la mesure, libre et joyeusement.
Remettre la vie à l’eau.
 
*
 
La carpe de l’Yonne reprend son cours une fois qu’elle a fait, des pêcheurs, l’admiration. Le pêcheur reste pêcheur tout autant. Et même, peut-être, dorénavant…
 
*
 

Chemins de craie

Il est une campagne autour de Sens, où les paysans grattent la craie et en font champs de blé, colza et tournesol. Et quand à la fin de l’été tous ces carrés de marelle redeviennent sable fin, la promenade du soir dans les sentiers agricoles tourne à la randonnée du désert.
 
Les limites effacées, le sol meuble et les perspectives flouées donnent au chemineur l’illusion d’une liberté, qui l’écrase et qui l’étreint. Alors, Dieu, aurait posé ci et là des pansements pomme et vert, souvenir d’un vieux verger. Et quelques cailloux de grand Poucet. Et avec toi, de la main, je veux bien réapprendre à faire chemin…
 
La Chapelle-Sur-Oreuse
La Chapelle-Sur-Oreuse

Rêve de rentrée

Elle rêve. Entre draps en fleur de coton, elle traverse les nuits d’été au plus doux d’elle. Il sera temps, à la rentrée, de reprendre l’arme blanche de l’étrangère. Celui ou celle qui fraye chemins et jamais ne les fréquente.

 
Elle songe. C’est un mirage de lieu où sont barrées les dépendances. Seul le séjour est vaste et ouvert, et une douche le trompe. 
A l’italienne, au beau mi-lieu de l’instance.
 
A nu elle apparaît alors.
 
D’étoiles d’eau, de brumes et d’huiles, elle se prolonge. Longtemps, longtemps. 
 
Le regard baissé elle découvre au sol les poils et les plumes… De quoi et de quand ?
 
A la réalisation de son rêve, elle retourne alors. Et elle demande au cadreur des explications. Et depuis le poste de tournage, elle saisit l’étendue de la floraison. Rien de tel à son arrivée en ce lieu inventé ! Serait-ce dont elle qui aurait ici mué ?
 
La honte la saisit un court instant.
 
L’élan de tout effacer, de rendre propres les murs… d’un songe ?
 
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Elle est encore nue quand elle quitte la pièce sans plus d’hésitation. En son rêve d’après elle s’en va chercher quelque habillement : – Ce n’est pas en vente Madame, ce lot, chemisier à fleurs et en lin. Celui qui l’a déposé n’a pas pris le temps de contractualiser son engagement.
 
Elle se réveille. Elle est nue toujours, entre draps en fleur de coton. Et lui aussi est nu. Et il dort. 
 
Sans les plumes ni les sceaux. Sans protocole gisants.
 
Et à la rentrée, qui sait… L’envol ?
 
 
 
Ryan Pickart is a painter from Lowell, IN, U.S.A. His work features portraits in oil bridging the gap between abstract and realism.

 

Tant qu’il y aura des mains

 
 

 
L’enfant a la main leste. Leste de ce qu’elle reçoit et qu’elle ne devrait pas recevoir. En lieu et place d’échanges tendres, et d’échanges fermes des fois, – au jardin de son enfance, volubile tutorat – elle est passif lieu de fouilles, place où se déplace la main d’autre que soi.
 
Alors, l’enfant a la main leste. Elle est main chargée de doigts.
 
Elle peut animer marionnettes, qui sont creuses pour cela, et les tuer à l’acte III ; arracher à ses poupées, la robe, et une jambe ou deux  ; ou elle peut aussi crever les yeux, qui la regardent par en bas. 
 
Petit frère ne m’en veut pas. Ma main est leste me dit mama. Et elle voudrait me corriger. Là où je ne suis que la plume, d’un bien plus sombre encrier.
 
Les menaces de la mère ne feront que l’alourdir.
 
L’enfant a ainsi la main leste. La main leste est l’enfant, c’est ainsi.
 
*
 
L’enfant a, depuis, grandi.
 
Toujours grosse de sa main. Grosse d’elle et grosse de lui.
 
Toujours plus petit que soi est son ami. 
 
Et désormais qu’elle a compris, elle ne se corrige guère. Elle crée et elle aime frapper fort ; elle aime et c’est entièrement.
 
Des fois psychanalyse guérit. Mais ne change pas. La vie. 
 
 

J’aime les mains du Greco, de Vélasquez, quatre touches d’une grande justesse, au millimètre près. Moi, si je peins parfois de très grandes mains, pleines de doigts, c’est un hommage que je leur rends. Tant qu’il y aura des mains, il y aura des dessins d’enfants et des tableaux… 

Gérard Garouste

 

 
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Business Partners

La réflexivité du décideur, réflexion et action sur soi même, est au cœur de ses choix. Par le détour de son partenaire.

Si la rencontre amoureuse est celle de deux désirs et de quatre fantômes, en faisant référence à l’élan de réalisation de chaque amant et aux deux élastiques qui l’affolent – le précédent des parents – quel serait dans le business l’équivalent ?

 
On se choisit, partenaire, prestataire ou client, et on en attend des choses assez codées par les pratiques de la profession. Puis d’autres, bien plus inconscientes, s’échangent, sans raison.
 
– Il a le regard mauvais. Il ne connait pas son sujet. Je vais donc me passer de lui, et même si ce n’est pas mon métier, je m’en sortirai mieux.
 
Si cela n’est pas tuer le père qu’est ce que ce serait en un monde parfait ? 
 
Le milieu d’affaires est le lieu rêvé, des passages à l’acte sous couvert d’être décideur.
 
Fantasmes et repli dépressionnaire.
 
Décideur du tout ou rien.
 
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La réflexivité est une démarche de réflexion et d’action sur soi-meme. Il s’agit de sortir des « mécanismes d’explications » qui donnent l’illusion de comprendre son objet d’analyse extérieure de façon transparente, « objective ». 
 
La démarche psychanalytique est celle qui par sa profondeur  – contenus latents, libres associations sans recherche de sens – permet de retrouver le désir, et de débusquer les conflits défensifs installés. 
 
Décideurs d’eux mêmes en font peu à peu appel.
 
On se choisit partenaires de cette analyse comme un couple le ferait : avec ses fantômes dévoilés et au long cours engagés.  
 
En cette pause estivale, les en remercier.
 

Sur la pointe des pieds

imageIl porte des chauve souris accrochées à sa poche avant. Et un sourire éclatant.

– Dis Eva, c’est comment quand on n’aime plus et qu’on aime encore ?
 
Je porte haut mes seize ans, pour lui qui, garçon de treize, ne voit pas le bout de l’éclosion.
 
– Dis Eva, l’oublieras-tu ?
 
Entremetteur du premier instant, il soigne le dernier tout autant.
 
– Dis Eva, et moi ? M’aimes-tu ?
 
Celui qui réconcilie à l’entour, voudrait tant être casseur et voyou.
 
– Dis Eva, ce que tu voudras, mais dis-le moi.
 
– Vingt-sept années plus tard je t’écris toi.

Sous cloche

Il est un siège qui reste inviolé.
Celui de créer.

imageBel enfant, elle vit a l’air, au ciel et au vert en ce temps d’été. Seule la pensée de septembre la détient.

 
Un soir, ce n’est plus une fine ligne de pensée, bandeau forcé, mais un étau, une torture au prolongement, le bondage du siège de la création. Elle ne peut plus jouer, ni sourire, ni parler. Elle grimace et désarticule des sons :

 
– Promets-moi ! Promets-le moi maman ! Que je n’aurai plus à retourner à cette école de sœurs qui n’en sont !
 
Elle a atteint l’âge de raison.
 
La mère en fait un caprice.
 
Le temps un élan.
 
Le père conduit à l’école. 
 
Ceci est aussi bon.
 
Cela ne dure que le temps de l’été indien. Ensuite c’est le retour à la ville, aux cars de ramassage, aux files bien rangées devant le réfectoire. Chaque matin. Et prières et chants pour éviter de bavarder.
 
Dans les salles de classe les bureaux sont isolées.
 
Chaque élève poussera seule ou sinon rien.
 
Mais elle par la fenêtre, personne ne peut le lui empêcher : elle envole sa pensée. 

Une framboise en été

Comment reconnaître le bonheur

imageDe framboise en framboise, ils cueillent, de jardin de curé, le bien-être même. C’est leur mère, qui le leur a confié : qu’avant d’être le père de leurs amies de l’instant, François était  « le père » d’une paroisse d’un temps. 

 
Et la mère, à contrecoeur, les y emmène, en leur maison de vacance et de liberté au vert. Elle en est aussi l’invitée. Par attraction humaine. Les amies de nos enfants sont nos amies, et leurs parents nos frères.
 
La mère mange peu, toujours. Ne boit jamais. 
 
Ses enfants y découvrent la grenadine à l’eau, les fruits sans le couvert. 
 
Puis, il est temps de partir. Soudain. Quand cela lui prend à cette mère sans transition. 
 
Les enfants sont contents. Les parents en sont heureux. A peine le dos tourné, la mère s’en désespère. A croire qu’elle cherche raison pour quitter le paradis passion.
 
-Les toilettes étaient sales. Les bavardages de peu. Il faisait chaud au soleil et à l’ombre guère mieux. Il est un fainéant, et elle, une égarée.
 
Les enfants sentent bien qu’en regagnant « chez-eux », il n’y a de chez que le nom et qu’il n’y a d’eux que passer. Trouver paradis ailleurs. Connaître la passion. Reconnaître la couleur d’une framboise en été.