Chemins de craie

Il est une campagne autour de Sens, où les paysans grattent la craie et en font champs de blé, colza et tournesol. Et quand à la fin de l’été tous ces carrés de marelle redeviennent sable fin, la promenade du soir dans les sentiers agricoles tourne à la randonnée du désert.
 
Les limites effacées, le sol meuble et les perspectives flouées donnent au chemineur l’illusion d’une liberté, qui l’écrase et qui l’étreint. Alors, Dieu, aurait posé ci et là des pansements pomme et vert, souvenir d’un vieux verger. Et quelques cailloux de grand Poucet. Et avec toi, de la main, je veux bien réapprendre à faire chemin…
 
La Chapelle-Sur-Oreuse
La Chapelle-Sur-Oreuse

Rêve de rentrée

Elle rêve. Entre draps en fleur de coton, elle traverse les nuits d’été au plus doux d’elle. Il sera temps, à la rentrée, de reprendre l’arme blanche de l’étrangère. Celui ou celle qui fraye chemins et jamais ne les fréquente.

 
Elle songe. C’est un mirage de lieu où sont barrées les dépendances. Seul le séjour est vaste et ouvert, et une douche le trompe. 
A l’italienne, au beau mi-lieu de l’instance.
 
A nu elle apparaît alors.
 
D’étoiles d’eau, de brumes et d’huiles, elle se prolonge. Longtemps, longtemps. 
 
Le regard baissé elle découvre au sol les poils et les plumes… De quoi et de quand ?
 
A la réalisation de son rêve, elle retourne alors. Et elle demande au cadreur des explications. Et depuis le poste de tournage, elle saisit l’étendue de la floraison. Rien de tel à son arrivée en ce lieu inventé ! Serait-ce dont elle qui aurait ici mué ?
 
La honte la saisit un court instant.
 
L’élan de tout effacer, de rendre propres les murs… d’un songe ?
 
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Elle est encore nue quand elle quitte la pièce sans plus d’hésitation. En son rêve d’après elle s’en va chercher quelque habillement : – Ce n’est pas en vente Madame, ce lot, chemisier à fleurs et en lin. Celui qui l’a déposé n’a pas pris le temps de contractualiser son engagement.
 
Elle se réveille. Elle est nue toujours, entre draps en fleur de coton. Et lui aussi est nu. Et il dort. 
 
Sans les plumes ni les sceaux. Sans protocole gisants.
 
Et à la rentrée, qui sait… L’envol ?
 
 
 
Ryan Pickart is a painter from Lowell, IN, U.S.A. His work features portraits in oil bridging the gap between abstract and realism.

 

Tant qu’il y aura des mains

 
 

 
L’enfant a la main leste. Leste de ce qu’elle reçoit et qu’elle ne devrait pas recevoir. En lieu et place d’échanges tendres, et d’échanges fermes des fois, – au jardin de son enfance, volubile tutorat – elle est passif lieu de fouilles, place où se déplace la main d’autre que soi.
 
Alors, l’enfant a la main leste. Elle est main chargée de doigts.
 
Elle peut animer marionnettes, qui sont creuses pour cela, et les tuer à l’acte III ; arracher à ses poupées, la robe, et une jambe ou deux  ; ou elle peut aussi crever les yeux, qui la regardent par en bas. 
 
Petit frère ne m’en veut pas. Ma main est leste me dit mama. Et elle voudrait me corriger. Là où je ne suis que la plume, d’un bien plus sombre encrier.
 
Les menaces de la mère ne feront que l’alourdir.
 
L’enfant a ainsi la main leste. La main leste est l’enfant, c’est ainsi.
 
*
 
L’enfant a, depuis, grandi.
 
Toujours grosse de sa main. Grosse d’elle et grosse de lui.
 
Toujours plus petit que soi est son ami. 
 
Et désormais qu’elle a compris, elle ne se corrige guère. Elle crée et elle aime frapper fort ; elle aime et c’est entièrement.
 
Des fois psychanalyse guérit. Mais ne change pas. La vie. 
 
 

J’aime les mains du Greco, de Vélasquez, quatre touches d’une grande justesse, au millimètre près. Moi, si je peins parfois de très grandes mains, pleines de doigts, c’est un hommage que je leur rends. Tant qu’il y aura des mains, il y aura des dessins d’enfants et des tableaux… 

Gérard Garouste

 

 
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Business Partners

La réflexivité du décideur, réflexion et action sur soi même, est au cœur de ses choix. Par le détour de son partenaire.

Si la rencontre amoureuse est celle de deux désirs et de quatre fantômes, en faisant référence à l’élan de réalisation de chaque amant et aux deux élastiques qui l’affolent – le précédent des parents – quel serait dans le business l’équivalent ?

 
On se choisit, partenaire, prestataire ou client, et on en attend des choses assez codées par les pratiques de la profession. Puis d’autres, bien plus inconscientes, s’échangent, sans raison.
 
– Il a le regard mauvais. Il ne connait pas son sujet. Je vais donc me passer de lui, et même si ce n’est pas mon métier, je m’en sortirai mieux.
 
Si cela n’est pas tuer le père qu’est ce que ce serait en un monde parfait ? 
 
Le milieu d’affaires est le lieu rêvé, des passages à l’acte sous couvert d’être décideur.
 
Fantasmes et repli dépressionnaire.
 
Décideur du tout ou rien.
 
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La réflexivité est une démarche de réflexion et d’action sur soi-meme. Il s’agit de sortir des « mécanismes d’explications » qui donnent l’illusion de comprendre son objet d’analyse extérieure de façon transparente, « objective ». 
 
La démarche psychanalytique est celle qui par sa profondeur  – contenus latents, libres associations sans recherche de sens – permet de retrouver le désir, et de débusquer les conflits défensifs installés. 
 
Décideurs d’eux mêmes en font peu à peu appel.
 
On se choisit partenaires de cette analyse comme un couple le ferait : avec ses fantômes dévoilés et au long cours engagés.  
 
En cette pause estivale, les en remercier.
 

Sur la pointe des pieds

imageIl porte des chauve souris accrochées à sa poche avant. Et un sourire éclatant.

– Dis Eva, c’est comment quand on n’aime plus et qu’on aime encore ?
 
Je porte haut mes seize ans, pour lui qui, garçon de treize, ne voit pas le bout de l’éclosion.
 
– Dis Eva, l’oublieras-tu ?
 
Entremetteur du premier instant, il soigne le dernier tout autant.
 
– Dis Eva, et moi ? M’aimes-tu ?
 
Celui qui réconcilie à l’entour, voudrait tant être casseur et voyou.
 
– Dis Eva, ce que tu voudras, mais dis-le moi.
 
– Vingt-sept années plus tard je t’écris toi.

Sous cloche

Il est un siège qui reste inviolé.
Celui de créer.

imageBel enfant, elle vit a l’air, au ciel et au vert en ce temps d’été. Seule la pensée de septembre la détient.

 
Un soir, ce n’est plus une fine ligne de pensée, bandeau forcé, mais un étau, une torture au prolongement, le bondage du siège de la création. Elle ne peut plus jouer, ni sourire, ni parler. Elle grimace et désarticule des sons :

 
– Promets-moi ! Promets-le moi maman ! Que je n’aurai plus à retourner à cette école de sœurs qui n’en sont !
 
Elle a atteint l’âge de raison.
 
La mère en fait un caprice.
 
Le temps un élan.
 
Le père conduit à l’école. 
 
Ceci est aussi bon.
 
Cela ne dure que le temps de l’été indien. Ensuite c’est le retour à la ville, aux cars de ramassage, aux files bien rangées devant le réfectoire. Chaque matin. Et prières et chants pour éviter de bavarder.
 
Dans les salles de classe les bureaux sont isolées.
 
Chaque élève poussera seule ou sinon rien.
 
Mais elle par la fenêtre, personne ne peut le lui empêcher : elle envole sa pensée. 

Une framboise en été

Comment reconnaître le bonheur

imageDe framboise en framboise, ils cueillent, de jardin de curé, le bien-être même. C’est leur mère, qui le leur a confié : qu’avant d’être le père de leurs amies de l’instant, François était  « le père » d’une paroisse d’un temps. 

 
Et la mère, à contrecoeur, les y emmène, en leur maison de vacance et de liberté au vert. Elle en est aussi l’invitée. Par attraction humaine. Les amies de nos enfants sont nos amies, et leurs parents nos frères.
 
La mère mange peu, toujours. Ne boit jamais. 
 
Ses enfants y découvrent la grenadine à l’eau, les fruits sans le couvert. 
 
Puis, il est temps de partir. Soudain. Quand cela lui prend à cette mère sans transition. 
 
Les enfants sont contents. Les parents en sont heureux. A peine le dos tourné, la mère s’en désespère. A croire qu’elle cherche raison pour quitter le paradis passion.
 
-Les toilettes étaient sales. Les bavardages de peu. Il faisait chaud au soleil et à l’ombre guère mieux. Il est un fainéant, et elle, une égarée.
 
Les enfants sentent bien qu’en regagnant « chez-eux », il n’y a de chez que le nom et qu’il n’y a d’eux que passer. Trouver paradis ailleurs. Connaître la passion. Reconnaître la couleur d’une framboise en été.
 
 

D’amour et d’exil

– Un ouvrage à l’écrit est avant tout un pitch – Eduardo Manet m’inspire ainsi, mon propre chant d’amour et d’exil.

 

– Un ouvrage à l’écrit est avant tout un pitch.

Il nous partage, en écrivain reconnu*, son gimmick.

Qu’ai-je vécu, jadis ou aujourd’hui, qui pourrait faire l’histoire ? Et de quoi et de qui ? Cela pourrait être cette dame qui à la fermeture du supermarché se présente aux caisses et en bouche l’attente forcée, en réglant son addition, de quatre euros quatre-vingt-dix centimes en toutes petites pièces. Un, deux, cinq centimes. Et le compte, en longueur, traîne.

Cela pourrait être aussi la colère de mon père en pareille déconvenue. En moi à l’instant revenue.

Cela pourrait être ma rage, que je ressens par-dessus, d’impuissance face aux deux : le père et celle qui me le rappelle si bien.

Cela pourrait être le rire, défensif, de la caissière, à bout d’elle, à bout de moi et de lui. Et va savoir de quelle peine.

Cela sera – à force de tâtonner je tiens, peut-être seulement toujours, un bout de fil et de pitch -, la figure du père du père, jamais rencontré en vie, qui semble faire de ses colères, de sa rage des riens du tout, de son rire trop facile, de son inconséquence même, tout un chapelet d’histoires comme, d’un souffle, la traîne. Au beau profil de Camus – en photo je l’ai vu -, cet homme serait l’énigme qui, couchée, rampe entre nous.

Qu’aurait-il fait à la guerre ? D’Espagne l’incivilité.

Quel y aurait été son rôle, quelle sa mission secrète, pour que sa femme me dévoile, comme des frissons de jeunesse, éclatante comme un oeillet, qu’elle traversait les frontières des deux Espagnes clivées ? De nuit, et en son nom d’épouse, armer les républicains. Sous les jupons de la belle de quoi faire sauter le ciel.

Et à son retour victorieux au petit matin, aimer se laisser surprendre, de lui, et de son ventre armé.

D’où tenir autant d’argent, et autant de déchéance puis ? Comment vivre en opulence sur les rives de Madrid. Petit instituteur repris ? Et pourquoi tout refuser, de matériel et d’acquis, à sa progéniture grandie. Des enfants bien trop nombreux, trop parfaits, trop rêvés. Trop intelligents de lui ?

Il l’engrosse une dernière fois. Et il disparaît de leur vie.

Il leur laisse la hardiesse, l’instinct de vivre la vie, le goût du l’entre deux feux, le sens de la démesure, la peur qui aiguille l’issue.

Il les laisse sous la jupe de la mère. Telle mitraille.

Il se laisse, aller, simple, de nuit, gitana. Il vit. Et sans doute en moi il gît.

* Eduardo Manet, en cercle littéraire autour de de Roula Si j’écrivais, inspirateur de mon propre chant, esquisse « D’amour et D’exil »

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Connexions du troisième type

il est un nouveau métier qui se fait place parmi les autres, traditionnels ou techno, dans l’air ou à façon. Partout indifféremment.

C’est celui de C O N N E C T E U R

J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ;
des guirlandes de fenêtre à fenêtre ;
des chaînes d’or d’étoile à étoile et je danse.
Arthur Rimbaud

De rencontre en rencontre à la ville, de retrouvailles en retrouvailles d’amour, de contact en contact qui toque à ma fenêtre sur le monde, j’aime découvrir qu’il est un nouveau métier qui se fait place parmi les autres, traditionnels ou techno, dans l’air ou à façon. Partout indifféremment.

C’est celui de C O N N E C T E U R

Dans les organisations : responsables de l’innovation, développeurs de partenariats, des ressources et des marchés de niche le chainon manquant. Toit ouvrant.

Des équipes et familles, couples et duos : le facilitateur. Pas tant médiateur auprès de chacun, mais celui qui médiatise le processus tronqué un instant.

Et de par le vaste monde : le média que nous sommes les uns et les autres tout autant. Au gré de nos partages et créations.

Et là, ce soir, je me souviens de lui, il y a quelques heures seulement, mon visiteur du jour connecteur tout autant, et qui me parle de cet autre qui, l’invisible, nous tend :

– Il est connecté.

Il y en a à foison. Et il ne se cachent plus guère en notre vieil Occident. Pourvu qu’entre connecteurs et connectés cela connecte et danse le sens.

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Event better

Who, What, Where has no more value in journalism: Why, How, What’s Next are the future.
David Levy, Director, Reuters Institute

Si je devais rendre conte de ce premier événement retracé en ce nouveau site qui d’ E V E R   M I N D porte la définition, je suivrais David Levy, je suivrais ce qui s’est passé au présent.

Ce n’est plus en tant que coach ni en tant qu’avec André en duo que nous accueillons un monde en notre monde tout aussi nouveau. A l’Atelier des Jardiniers de Demain il est question.

Et c’est du Pourquoi qui nous anime, du Comment nous partageons et de l’ E N   V I E qu’il s’est agi en ces deux jours Hors Qui, Quoi et en une maison.

Puis comme une fulgurance la question fuse d’André en veillée autour d’un feu :

Avez-vous déjà eu des pensées meurtrières ?

Ce sont elles les orifices de notre château fort.

Et pont Lévy rentré un instant : ni qui, ni quoi, ni où, ni pourquoi, ni comment. Et ce qui viendra après que ce soit à reculons.

Dans son essai « pourquoi la guerre » Freud lâche le fait que dans l’inconscient nous ne sommes tous qu’une bande d’assassins. Et aussi la maxime de Théodore Reik : « Un meurtre tous les jours en pensée et bonne santé vous garderez ».

Even better than an apple a day…

Et ce n’était qu’un premier Event. A suivre. Traquer.

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