What else ?

« Aujourd’hui, dans ce monde dit hypermoderne, où l’on s’accorde si rarement de revenir à soi, la cure analytique demeure un des derniers espaces de promotion du langage et de l’imaginaire le plus secret. Un lieu à l’abri du vacarme et de l’urgence, un refuge où, sans aucun gadget « prothétique », sans autre support que la présence si particulière de l’analyste, un analysant est amené à revivre son histoire intime, les revers comme les grâces qui la jalonnent pour se les réapproprier et comprendre comment il est devenu, au gré de ses rencontres et de ses expériences, des moins dicibles aux plus belles, un être singulier, unique dans son identité, ses affects et sa pensée.

Au fil des séances, la parole si ténue, si fébrile au départ gagne en aplomb et en densité, elle traverse le dérisoire, tous ces détails anodins qui importent tout compte fait, elle file vers ces blessures que l’on n’osait même pas se rappeler, elle se débarrasse de ce fatras de bizarrerie et de haine, l’abandonne dans cette oreille, attentive et sereine, un écrin, elle y puise la lumière pour éclairer chacune de ses ombres que nous sommes aussi. Le patient se redresse, se libère des aliénations qui asphyxient son désir, peut-être même apprivoise-t-il cette souffrance qui l’avait conduit à consulter la première fois, jusqu’à ce que peu à peu elle ne lui serve plus à rien, qu’il s’en défasse enfin. Je vous parle d’un « patient » abstrait pour illustrer mon propos, d’un patient indéfini, mais ce patient, je le fus. »

Eloge indocile de la psychanalyse, Samuel Dock, édition du Kindle 2019

Un désir féminin

Nous pouvons donner un exemple tout simple de la présence des pensées préconscientes. Imaginons une jeune femme non-psychotique qui n’est pas vraiment amoureuse de son copain avec lequel pourtant elle vit depuis des longues années. Elle reste avec lui, au fond, seulement pour cause du confort matériel que sa belle position sociale, patrimoniale et professionnelle lui procure. Dès les premières séances, elle se plaint d’avoir parfois des pensées perturbatrices qui deviennent légèrement conscientes et qui disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues. Ces pensées parasites se présentent de façon fugace, fragmentaire et avec une faible intensité, mais toujours au sujet justement de cet anamour qui l’irrite depuis longtemps. Sans aucun doute, elle sait très bien qu’elle n’aime pas son copain d’un amour vrai, même si toutefois elle l’apprécie énormément et même si elle a pour lui une tendresse et une admiration presque filiales.

Cependant, à chaque fois que ces pensées apparaissent, elle ne leur accorde pas beaucoup d’importance et tend très rapidement à les minimiser. Mais elles reviennent sans cesse comme s’il s’agissait de perturbations aussi gênantes qu’inévitables. Alors, cette jeune femme les maintient à l’écart, sous le poids de la censure morale, en leur ôtant toute valeur de vérité et donc toute légitimité pour influencer ses prises de décision.

Le problème est que ces pensées censurées mais non refoulées, car toujours capables de devenir conscientes bien qu’en alternance avec d’autres préoccupations hypocondriaques, viennent également peupler certains de ses rêves. Elles le peuplent toujours sous une version positive, c’est-à-dire comme si elles impulsaient la figuration d’un désir très positif quoiqu’apparemment lointain ou impossible. Elle rêve ainsi d’être dans les nuages, de partir loin avec un prince charmant, de se trouver dans une plage paradisiaque… Sans aucun doute, elles alimentent une sensibilité, une spiritualité, une idéalisation de petite fille qui pourtant, comparées à la réalité, lui montrent par contraste la prison dorée de sa vie de couple. Dans son confort quotidien, tout va bien, sauf l’amour et la sexualité. Il n’y a que cela qui pose un petit problème. Et elle s’arrangerait très bien avec tout ça, s’il n’y avait pas ces pensées préconscientes qui l’embêtent constamment, lui rappelant de façon désobligeante et intrusive son problème.

Curieusement, en face de ces pensées préconscientes, se trouvent d’autres éléments, ceux-ci refoulés, qui lui apportent, en condensé, une version plus que négative de sa vie, une version horrible. Ainsi, les pensées préconscientes de ne pas aimer son copain et d’accepter malgré tout un commerce sexuel insatisfaisant avec lui, se combinent avec les pensées refoulées de son histoire personnelle et de l’histoire familiale des générations précédentes. Cette combinaison préconscient-inconscient produit des rêves d’angoisse et des cauchemars où s’impose bizarrement l’image d’être violée, d’être abusée ou d’être vilement traitée…

Nous nous apercevons que les rêves-éveillés d’un “Volare nel blu, dipinto di blu”, délicieuse idéalisation de l’amour et de l’accomplissement sexuel, qui pourtant demeurent lointains et sans voix, sans incarnation et sans véritable espoir, n’ont pas besoin d’interprétation. Car ils sont sans exception accompagnés des pensées préconscientes qu’elle censure lors du temps de la vigile. Mais également parce qu’elle est consciente, par périodes, de ces pensées toujours en filigrane lors des circonstances malgré tout heureuses vécues avec son copain.

En revanche, les éléments refoulés qui alimentent bizarrement les rêves d’angoisse et les cauchemars ont besoin d’une relecture, d’une réécriture et donc d’une reconstruction. D’une part, on croit deviner derrière l’image du “viol” le désir fort de se trouver finalement devant un véritable désir sexuel un peu “violent”, comme dans les histoires passionnelles qui lui font terriblement défaut selon elle. Mais, d’autre part, ce “viol” figure aussi des composantes intrusives venant de l’histoire familiale et qui trouvent à se (re)loger dans son couple aujourd’hui. Mais cela est une autre question.

Ses pensées préconscientes la perturbent à tel point que tout moment de bonheur “conjugal” est ravalé par elles au niveau d’une insatisfaction pénible. Mais ce côté négatif des pensées préconscientes doit être tempéré par leur valeur positive et par leur très grande utilité pour la cure. En effet, ces mêmes pensées préconscientes, y compris dans leur capacité de produire de l’insatisfaction et le sentiment d’inconfort, permettent paradoxalement à la patiente de ne pas se conformer avec cette relation pseudo-amoureuse qui rend sa vie profondément pénible malgré tout. Et tout ceci peut l’aider à se poser progressivement les bonnes questions pour se rendre finalement libre de l’injonction des parents, lesquels ont lourdement poussé pour qu’elle choisisse le confort matériel au détriment de l’amour. C’est donc grâce à ces pensées préconscientes pénibles que cette jeune femme peut se ressaisir et suivre, contre vent et marée, son véritable désir.

Retranscription de German Arce Ross

Tu ne tueras pas et surtout pas ton propre je

L’écologie de soi

Le personnage de notre époque est l’homme inoffensif d’apparence, séducteur par sa jovialité qui laisse place par moments à une attitude concernée, notamment lorsqu’il déçoit et c’est souvent. Il aime ça. Vulnérable à la vie à la mort. Comme au tout premier temps.

C’est mal connaître le narcissisme que de le penser, de se penser, honnête et responsable dans ces conditions. Les relations sont faussées. Ce garçon ne s’adresse qu’à sa maman, à la mère des temps premiers. Quelle que soit la nature de la relation. Peu importe le caractère réel de l’interlocuteur et son répondant. Animé, il devient inanimé, objet de l’autre, de son phantasme d’enfant.

C’est cette difficulté à se séparer d’une prétendue douce mère des temps premiers qu’il répète sans cesse, le personnage contemporain. Il enferme la relation dans des stéréotypes. Il rompt dès qu’une évolution devient possible.

C’est le client type, le partenaire type, le conjoint type, le chef type, l’employé type. Il est le patient type aussi bien en psy qu’en conseil ou en coaching à la seule différence qu’une prestation se termine. Il provoquera des ruptures à l’intérieur du cycle prévu. Des retards, des inconvenances, des absences. Vous les vivrez comme des résistances. Elles seront des attaques contre vous et le processus partagé. Il a son propre process. Celui d’une séparation permanente pour inexistante.

Nous avons rencontré cet individu en psychothérapie prescrite, ayant pour but de stabiliser et nuancer les rapports aux autres et à son propre travail. Nous le rencontrons tout autant en groupe d’analyse de pratiques professionnelles où il cherche à « faire mieux ». Entretemps, il s’agit d’avoir le courage prétendu de se rater, d’en parler avec jouissance, d’être pris en charge par d’autres et fournir très peu de changement à chaque fois, à peine une amorce, tout en magnifiant la visée. Et c’est ce qui compte : la visée commune tient le groupe. Analyse alors sans fin. Puisqu’elle ne peut commencer. Sans séparations progressives. Avec la rupture qui, seule, appartient à tout un chacun.

Cet individu est parfaitement intégré dans le groupe. Tout groupe humain qui ne fait rien est assimilé à un groupe de parole mais ce qui est important ici est la figuration. L’image dit davantage que le son. Le personnage de notre temps est beau parleur ou précieux silencieux, mais, nous l’avons dit, peu consistant. Il s’excuse d’avance et après, et entre les deux, il vous remercie d’être là ; il se donne et il ne donne rien ; et vous, vous n’y êtes pas. C’est la choréographie de l’ensemble qui renseigne sur les mouvements de l’âme, sur ce qui est vivant et détruit.

Par le biais du jeu de rôles ou par le simple jeu social, l’homme Narcisse bien intégré aussi en société, qui a su prendre plusieurs femmes ou sauver son couple une fois et encore après, qui a su embrasser des vies professionnelles plus ou moins, cet homme que vous côtoyez, prend place et donne des places aux autres, mais n’admet aucune autorité. Les animateurs que nous sommes, sommes tenus à l’écart. Car ce sont les variantes du jeu qui se crée qui sont intéressantes à explorer, sans chercher à les installer. Mais lui, il ne peut pas céder le moindre détail de son « savoir y faire » qui est, pour les initiés, un faux-self, même pas dans des situations imaginaires… Puisqu’il prend lui-même ses désirs, pauvres, pour des réalités, puissantes.

Eclairage sur l’écologie de soi au plus petit pour prétendre au plus grand

Si cet homme en est là c’est qu’il n’a pas su remplacer la mère par la rêverie comme il est d’usage dans le développement psychoaffectif. Il n’a pas su ensuite agir son propre désir. Il agit la rencontre ratée avec la mère, indifférenciée de lui. Il fuit la rencontre du père, du tiers effectif. Cette rencontre n’est pas celle de la punition, de la violence, de la rupture infligée mais bel et bien celle de la tendresse envers et dévers un homme comme lui, comme lui il allait pouvoir devenir. Et transcender la vraie vie.

Eva Matesanz, vers une nouvelle écologie de l’esprit à paraître en 2020

Dans le cas d’une co-animation homme-femme, il peut être plus aisé de permettre à cet homme de lâcher un peu prise si la femme le tolère dans ses exigences, et pose peu à peu les siennes, si l’homme demeure respectueux voire tendre à son égard.

Il demeure le rapport au groupe dans lequel cet homme s’insère et qui présente des « cas similaires », effroyable miroir. Il est une diversité de situations personnelles et professionnelles et une diversité d’humeurs à chaque instant mais ce ne sont que des nuances du même patron. Puisque nous sommes tous, chacun de nous, construits sur un narcissisme rampant.

Celui qui exprime davantage que les autres son vécu à la limite les soulage, de le faire, et même, de le vivre. Les réponses des co-animateurs, a contrario, sont vécues comme étant inappropriées : possessives et séductrices. La projection à horizontale devient verticale, dressé, « phallique » en termes que personne n’aime mais qui sont si appropriés. L’autre est l’objet. Le seul objet qui compte est l’objet de désir dit « le phallus » qui n’existe pas. Alors je le fétichise. Le fétiche devient son symbole basique, improductif, possessif. Si. Il produit un groupe soudé pour ne rien changer, illusoire et amniotique.

Dans le cas évoqué, le fait de représenter un couple, peut compliquer la donne puisque les deux partenaires Incarnent de plus une rivalité entre eux. Ceci complique la vie de groupe car chacun peut y trouver les figures du bon et du mauvais « flic », du violent et de l’aidant, jamais les mêmes entre eux et même selon les moments ; ceci nourrit la vie fantasmatique car chacun peut séparer le bon du mauvais objet en lieu et place de la mère idéale tant recherchée. Une évolution larvée peut commencer. Pourvu qu’elle se poursuive jusqu’à la métamorphose du narcisse en être social et naturel du même pas.

Ceci est de mon expérience, de notre expérience à deux, avec André de Chateauvieux, dans des groupes par essence narcissiques dont nombre qui ont éclaté où se sont fragmentés, avec la dérive d’un, deux ou trois de leurs membres vers les contrées obscures du hors groupe qui ne permet plus rien.

Ceci reprend aussi la réflexion menée dans notre groupe de référence, dit de psychodrame analytique au sein du Centre Kestemberg de Paris. Présentation du Docteur Benaroch le 4 septembre : rupture et séparation. Dans son cas, s’il est directeur de scène c’est le directeur du centre qui a joué le complément du duo, en entretien individuel hors groupe, pour permettre la réintégration, sans aucune assurance d’issue favorable, d’un Narcisse très peu stable. Demeurer face à son reflet, tout le temps qu’il faudra pour réaliser que chacun est davantage que son reflet, que la mère des temps premiers, est la condition d’une pensée plus légère et d’une mise en mouvement certain. En homme honnête avec soi même et responsable y compris de ses prochains et ses lointains. Comme Lévinas a décrit l’humanité.

NB. Bisexualité psychique oblige, l’homme ou la femme peuvent être interchangés, comme ici dans le cas du directeur de scène et du directeur du centre. Nonobstant le cas présenté correspond à la réalité de l’homme resté « pervers » ou « narcissique » au sens de l’infantile. Nous viendrons dans d’autres partages à l’évolution entravée de la femme. A suivre alors.

Illustration Getty Images

Petit à petit

On ne passe pas d’un ordre qui relie des éléments selon des interrelations spécifiques à un autre ordre, celui qui les relie dans un meilleur accord avec d’autres, différents, sans passer par le désordre. Ce désordre laisse chaque individu « sans qualité », sans consistance propre, avant qu’un nouveau système d’interrelations lui redonne consistance en l’impliquant dans la nouvelle dynamique globale.

La peur de l’inconsistance fait qu’on s’agrippe à un autre, à des idées, à une communauté dans le but de trouver désespérément son Double, tout en ne pouvant échapper à l’irréductible vide existentiel qui sépare l’image « réelle » de l’image « idéale ». Le drame de Narcisse…

La « quête de soi », le développement personnel est un nouveau marché. Chacun commerce avec ce qu’il n’a pas. Mais n’est ce pas aussi le propre de l’amour ? Sans vouloir échapper finalement à cette rencontre avec l’intrinsèque vacuité de « soi », la bataille originelle contre le néant, le besoin de l’autre, l’envie à deux et au-delà.

Une pensée pour mes étudiants du DUEC University of Cergy-Pontoise #executivecoaching

Le G7 biarrot aurait-il accomplit le désir ardent d’un écosystème politique et de son management ?

A l’heure où tous les pouvoirs politiques présents sur terre sont interconnectés et peuvent se retrouver côte à côte en temps reel quelles que soient les distances et les lieux de passage auparavant obligés, le multilatéralisme est mort. Les assemblées jadis convoitées, ONU, UE, OCDE, CSCE, ne tiennent plus que par leur idéologie désuète et leur structure technocratique bien ancrée en certains pays qui tolèrent leur siège comme on tolère un vieillard, sage et fini. Il est un retour surprenant et en même temps naturel des états nations et des états régions (la Catalogne toujours au corps à corps avec Madrid dans le cas espagnol). Chacun de nous se rapproche de son clocher, de sa langue, de ses terres, de son rythme, maintenant que tous les autres sont connus, comme au XIXe siècle, à la fois proches et tenus à l’écart : les grandes guerres du siècle dernier ont mis fin aux velléités d’annexion.

La domination mondiale organisée par sujets d’intérêts qui se juxtaposent aussi devient possible. Seulement, le G7 dans sa forme souple d’une conférence à plusieurs dont l’un se fait l’hôte à chaque fois comme une corvée partagée permettent autre chose que les échanges bilatéraux réguliers. Les tiers étant présents, et s’ils ne le sont pas, ils arrivent par le jet du lendemain, comme cela a été le cas d’Iran en cette rencontre biarrote, franche et décontractée, il est possible de se départager sur le champ et de se projeter dans le temps un peu, et ce peu de temps est precieux.

De plus, il est le terrain partagé où que l’on soit, d’où que l’on vienne et que l’on y retourne sans tarder, de cette planète bien davantage physiquement reliée qu’elle n’est virtuellement interconnectée, par le climat, par la guerre et la pauvreté, par les chaînages économiques et financiers. Il s’agit alors de ne faire plus qu’un, celui qui prend ses responsabilités.

Il est alors un écosystème politique, capable à la fois d’une dynamique et d’une solidité, d’un avenir et d’un ancrage, qui semble émerger. Et à la façon des écosystèmes d’entreprises il nécessite d’un management qui n’a plus grand chose à voir avec le pouvoir en terme de répartition des statuts, des rôles et des fonctions.

Emmanuel Macron l’a incarné ces quelques jours. Il a été défini déci delà comme étant le leader facilitateur du moment et de la situation. J’y ajouterais la fonction de synthèse pour sa capacité à puiser dans les expertises les plus variées l’essentiel, passer de l’une à l’autre et aussi les associer.

Il a su faire entendre à chacun ce qu’il voulait lui même faire comprendre aux autres sans vraiment le comprendre lui-même et de telle façon que les différentes ententes ne se trouvaient pas opposées. Cela ne l’empêche pas de se faire entendre lui-même, médiateur et partie à la fois. Cette capacité personnelle sous-tend à la fois son leadership et l’effacement que cela requiert d’intervenir en pur support.

L’écosystème politique, comme tous les écosystèmes, a besoin de « parasites » qui le traversent, de microorganismes qui font colonie. Ce serait, en définitive, le colon, le nom à donner au manager des écosystèmes humains en formation. Hâte de découvrir les capacités d’autres « bactéries » actives sur les rééquilibrages chacune à sa façon. Un véritable leadership mieux que tournant, concomitant. Après tout, les effets du caractère bon vivant, instinctuel et tueur, aussi beau parleur que mauvaise langue d’un Trump ont été aussi visibles à l’œil nu en cette colonie de vacances qui « a fait le job » comme cela ne le faisait plus. À suivre alors.

À suivre peut-être, mais surtout diffusez, commentez, complétez, soyons fous, hors norme révolue : faisons écosystème de pensée en mouvement.

Écosystémiciens du monde

Je vis à la campagne depuis quelques années. C’est ce qui m’a fait réfléchir à l’écosystémie nécessaire au genre humain. Bien loin des écosystèmes vantés dans le cadre de la French Tech et de bien d’autres nouveaux modèles d’exploitation de l’homme par l’homme. Ici, il est un véritable territoire à partager. Au sein de ce territoire le monde minéral, végétal, animal et social s’interpénètre sans que jamais cela puisse être l’exploit d’un seul ou d’une communauté. Chacun gagne, chacun cède. La mort fait partie de la vie. La mort de tout ou partie d’un être. Avez vous remarqué comme un arbre s’accommode de la foudre qui le scinde en deux ? Comme un rongeur traîne sa patte nécrosée sans l’oublier ? Chacun réapprend à vivre avec ce qu’il est à chaque instant, là où il est. La symbiose aussi est prodigieuse. Les êtres et les milieux se complètent. En temps réel. Pas de projet ni de levée de fonds miraculeuse qui se termine en vente lâche ou en croissance traître. C’est ce qui m’a donné envie d’écrire, avec quelques autres qui se joignent à moi, sur cette chance qui est la nôtre de réintégrer l’écosystème plutôt que de continuer de dresser les forteresses humaines qui s’érodent sous le soleil et les cyclones. À suivre si vous êtes des nôtres.