La continuité n’est pas le lissage mais la recherche en profondeur pour l’évolution certaine

La continuité d’existence est un besoin premier et un désir légitime de la part de chacun de nous. Elle réalise l’élan vital et elle permet la trajectoire singulière, la contribution personnelle. Cette continuité a pu être préservée pour nombre d’entre nous, comme j’en faisais état à l’occasion de mon précédent article dans ce blog. J’invitais ceux, pris par le doute ou les difficultés superficielles, à retrouver leur essentiel et le déployer enfin.

Depuis, ce beau terme de continuité, de contigüité dans l’espace projetée dans le temps, est devenu l’élément de langage du pouvoir impossible, celui qui exerce les métiers impossibles formidablement bien cernés par Sigmund Freud pour « être seulement certains d’un succès insuffisant ». Ce sont les métiers de la gouvernance, de l’éducation et de la santé. Ces trois leviers ne peuvent rien sur les libertés individuelles et sur les conditions naturelles du progrès personnel et collectif.

Désormais posées comme des évidences, la continuité pédagogique, la continuité de soin et la continuité d’activité économique commandent la vie publique et la vie privée qui se trouvent confinées et qui vont basculer dans un déconfinement tout relatif, partiel, au seul service de ces continuités rigides, pauvres en soutien de la créativité, qui sont de scolariser, encadrer les cas sociaux, d’hospitaliser, au-delà du covid-19, et de produire, vendre et consommer.

Et on nous parle d’un temps qui n’est pas celui que nous vivons, le temps de la refondation où de nouveaux modèles seront étudiés, savamment, et feront certainement l’objet d’un programme électoral, le meilleur moyen de diviser à nouveau et d’étouffer la co-évolution.

La continuité politique est l’anti-continuité du vivant. La civilisation éclot, selon Sigmund Freud également, lorsque le jet de pierres est remplacé par le jet d’insultes. Il aurait pu ajouter de nos jours : le jet d’insultes avec postillons.

Freud soulignait le malaise culturel qui ne faisait que traduire et enrober le malaise naturel, la difficulté de vivre avec tout ce que la vie implique : les rapports humains qui ne se fondent sur aucun code naturel partagé, le travail pour se nourrir, s’habiller, se loger, se divertir aussi, se cultiver dans un véritable questionnement sans fin, la maladie et la mort, évidemment.

Ses successeurs s’intéressent à l’effondrement civilisationnel, à cette reconstruction permanente que nous sommes censés entreprendre une génération après l’autre plutôt que de simplement exploiter plus ou moins maladroitement la terre et les autres de nos invectives à la mode. La croissance, verte ou pas verte, vient de se faire cueillir d’un micro-organisme qui se situe au plus bas de l’échelle du vivant. Son seul programme est de se servir d’une cellule puis une autre, la terre qu’il convoite, pour continuer d’exister…

Freud précise enfin :  » Il existe infiniment plus d’hommes qui acceptent la civilisation en hypocrites que d’hommes vraiment et réellement civilisés. »

Nous avons cette fâcheuse tendance à vouloir figer les règles de vie, à les instituer et à les confier à des institutions, véritable monument aux morts. Il s’agirait de civiliser en continu, d’employer le verbe durablement et de poser le mot, civilisation, sur un lieu, un instant, pour de suite nous engager à nouveau.

Faire preuve d’être un homme, une femme, civiles, sociaux, respectueux aussi de l’environnement naturel et du temps long qui dépassent largement la contingence d’une vie humaine.

Il s’agirait, dans l’entreprise qui est mon terrain d’intervention, sauf que l’entreprise ne fait plus intervenir que des coachs au côtés des managers portés sur la seule continuité d’une activité obsolète, la continuité devient une fin en soi… Il s’agirait peut-être, posez vous la question, en homme et en femme civiles, citoyens d’une construction sur un terrain sauvage et viral à présent, il s’agirait de penser et d’agir à nouveau. Les germes de pensées nouvelles et les écarts dans l’action sont déjà présents chez nombre d’entre nous, chez chacun de nous, oui, réduits à la maison et au télé-travail. Dans une mutation maladroite de la vie de bureau. L’encadrement se forge des outils technologiques et davantage invectifs qu’inventifs pour animer la dispersion. Je lance une question ouverte, je ne vous invective pas de mes propres réflexions : comment revenir à diriger une activité créative, comment commencer à animer une activité plus adaptée à la vie, plutôt que de diriger une continuité en plateau de réanimation ?

Le lierre est un écosystème vivant des plus complet. Il fait vivre autour du chêne plus de 700 000 organismes vivants différents en plus de lui-même, qui accède à la lumière, et du chêne, qui se nourrit de ses dépôts de feuilles. Ces deux-là se cherchent et se trouvent à chaque instant. Chacun d’eux puise en profondeur dans le sol, son ancrage durable et profond.

L’émotion comme condition pour l’évolution : une supervision thématique dans l’air du temps

Les maltraitances sur le corps et le psychisme actuels peuvent elles rappeler le traumatisme pervers ? L’abus sur l’enfant ou sur l’adolescent que chacun a été ? Et plus particulièrement, comment la violence institutionnelle, la violence du corps social, résonne dans le corps privé ? Comment les dérives de notre système nous alertent pour ne plus nous laisser dériver ? Comment a contrario une souffrance mise en mouvement peut faire bouger les lignes et les limites de notre organisation ?

Ce thème est abordé dans le cadre du cycle 2020 de la Société pour le Psychodrame Analytique au Centre de Santé Mentale de Paris 8, rue de Liège : Comment poser l’articulation entre psychodrame et maltraitance ?

La maltraitance ne fait pas partie du corpus psychanalytique. Elle a une existence juridique et sociale. La psychanalyse a pu reconnaître la portée pathologique de la séduction. C’est sur le questionnement entre l’abus réel ou fantasmé que la découverte de l’inconscient et plus précisément de son retour de refoulé a pu avoir lieu. Qu’il ait eu ou pas séduction exercée sur l’enfant, qu’il ait projeté son fantasme et qu’il en garde la culpabilité, cela ne donne lieu à aucune forme psychopathologique clairement identifiée. De la même façon, il n’est aucune linéarité directe entre la maltraitance avérée et le traumatisme. Chaque destinée est subjective.

Un des participants a souligné que seule la persécution est consubstantielle à la nature humaine. Du fait de l’extrême dépendance et du extrême dénuement dans lequel nous nous trouvons à la naissance et quelques années durant. La position squizo-paranoïde originelle révélée par Mélanie Klein permet de se représenter la violence subie par chacun de nous, livrés au froid, à la faim, à la peur et désireux, de par nos pulsions vitales, de détruire et d’absorber le monde entier. Seule la position dépressive du développement psychoaffectif qui accepte la mère puis le père, qui fait se rétracter ces forces originelles, permet de calmer le jeu purement persécutif du psychisme le plus primaire. La culpabilité inconsciente prolonge une agressivité qui peut se diriger vers des investissements extérieurs et postérieurs.

Le psychodrame ou la constellation, qui est la forme connue et pratiquée en entreprise, sont des formes d’accompagnement adaptées à la présence d’un traumatisme mal élaboré, là où la persécution perdure. Grâce à la multiplicité de thérapeutes psychodramatistes, ou de collègues mis au service d’un seul, la conflictualité interne peut se représenter et être réintégrée dans la réalité psychique. La diversité d’intervenants permet la diffraction du transfert, l’éclatement contrôlé des parts de soi qui se retrouvent chez les autres dans le processus naturel de projection qui précède l’introjection des apprentissages. La réflexivité qu’offre le groupe fait retour et permet intégration de composantes agressives et libidinales personnelles méconnues et pourtant envahissantes.

Le psychodrame individuel en groupe présente néanmoins les deux faces de la relation à l’autre, l’originel et les suivants : la séduction et l’intrusion. Cette dualité, cette ambivalence, se trouve au coeur du processus. Seul le temps, le chaos et possiblement l’apaisement des affects extrêmes, la libération des inhibitions aussi, peuvent « donner raison » au parcours et permettre l’après-coup.

Dans le cas présenté, l’équipe intervenante était composée d’une directrice de scène, psychanalyste, de trois psychodramatistes et d’une secrétaire pour les relations extérieures. Les participants n’ont jamais de rapport avec la réalité juridique et sociale.
Ils sont des acteurs de la scène de l’inconscient du sujet qu’ils accompagnent dans le soin et dans le développement.

Le cas est celui d’un adolescent de 16 ans aîné d’une famille nombreuse ayant des comportements addictifs (alcohol) et asociaux (déscolarisation), déféré au centre avec une prescription de soins à la suite d’une tentative de suicide médicamenteuse. Cet adolescent peut être un jeune cadre diplômé qui peine à s’intégrer dans l’entreprise, qui recherche des compensations affectives ou/ et des idéaux qui sont loin de pratiques orientés par le seul résultat financier.

Un consultant du centre reçoit la famille dans un premier temps. Le bébé de la famille est dans les bras du père. La mère dysqualifie le consultant qui se base sur la tentative de suicide pour établir le mal-être de l’enfant. La mère nie les tendances suicidaires de son fils. Elle parle d’une erreur d’administration, d’un mélange accidentel de quelques pastilles et d’un peu d’alcool. Les responsables qui déférent un collaborateur en coaching sont dans le même déni de l’alerte que celui a pu donner.

La directrice de scène qui présente le cas insiste beaucoup sur ce déni comme étant un refus de soins et d’attention portée au patient en tant que sujet individué. Il est absorbé par la famille, aliéné.

Petit enfant, Armel a présenté des troubles alimentaires et des troubles de la parole. Il a bénéficié d’une rééducation orthophonique. Sa déscolarisation a eu lieu dès la fin de l’école primaire. Il a suivi des études de façon discontinue tout comme il a subi la discontinuité du soin psychiatrique avec des changements d’interlocuteur selon le découpage du système, par thématiques et par tranches d’âge. N’importe quel enfant et adolescent subit aujourd’hui ce manque de suivi personnel et dédié de son développement plus ou moins marqué par des symptômes corporels ou d’attention.

Un nouveau consultant prend le cas de l’adolescent, suite à la disqualification du premier consultant par la mère comme indiqué plus haut. Il fait la prescription du psychodrame individuel en groupe. Le consultant poursuivra en rapport avec les parents seuls. Le jeune homme rentre en psychodrame hebdomadaire. Il est mutique lors de la rencontre avec le nouveau consultant et absent à sa première séance en groupe. Lorsqu’il se présente à la deuxième séance sa grande inhibition cède la place à une grande excitation. Il sollicite lourdement la meneuse du jeu au lieu de rentrer en contact avec ses partenaires et convenir avec eux des scènes réelles ou imaginaires qu’il souhaiterait vivre avec eux. Ce n’est pas la directrice qui va le guider mais le processus qui va ouvrir les voies qu’il se refuse de voir et d’emprunter. Une fois qu’il se résout au psychodrame il joue majoritairement des situations familiales et scolaires. Mais il joue aussi des jeux vidéo et des contes comme celui d’Aladdin avec la lampe qu’on frotte et qui répond aux désirs les plus personnels et le tapis qui vole et mène à un ailleurs.

Dans les scènes scolaires il joue le désinvestissement de son professeur d’anglais. Il explique que lui doit poursuivre l’école à cause de Jules Ferry qui l’a rendue obligatoire et aussi pour éviter la prison à sa mère. Le jeune craint-il un désinvestissement des thérapeutes ? Il convoque la protection institutionnelle.

Ce qui marque le plus la meneuse du jeu ce sont les scènes de son quotidien de jeune au bar, bagarreur et enivré. D’après elle, il s’y croit. Il abandonne la règle du « comme si ». Il est violent et provocateur. En entreprise, c’est bien souvent que l’on ne permet pas malgré toutes les invitations récentes à l’intelligence émotionnelle et relationnelle, – et probablement à cause de ces invitations à la seule intelligence -, on ne tolère pas l’expression brute d’affects qui confine, il est vrai, à l’angoisse et à l’agressivité.

L’équipe thérapeutique vit en même temps des changements institutionnels qui déstabilisent aussi bien la direction du jeu que ses membres. L’une d’entre elles part consécutivement aux réorganisations et au climat qui s’y vit. Le jeune exige que soit reconnue sa réalité mais aussi celle de l’équipe. Il se retrouve en fusion avec  » l’objet primaire « , la mère et aujourd’hui celles et ceux qui devraient le protéger. Sa violence n’est qu’un moyen de lutte contre la désorganisation traumatique.

Il semble présenter des traumatismes cumulatifs tout au long de son enfance et de son adolescence majorés par la psychopathologie infantile. Il est dans la co-excitation et dans un masochisme primaire. Il craint l’abandon des thérapeutes et son humiliation réitérée.

Il organise une scène qui se termine dans son lit avec sa mère qui lui apporte de quoi se restaurer. Les thérapeutes y font apparaître la figure du père au travers d’un appel téléphonique mais Armel jette l’appareil par la fenêtre.

Ces scènes domestiques le protègent en même temps qu’elles l’insupportent. Il se qualifie de feignasse ce qui le situe entre la passivité et la féminité. Il évolue progressivement vers des scenarii à dominante dramatique où la femme tue son mari, la fille tue la mère. Il s’intéresse à des récits criminels non élucidés qui passent à la télé. L’excitation lui sert d’antidépresseur mais elle nourrit aussi la haine qui se déploie dans le jeu. Il met en scène des intrusions et des persécutions et ne parvient pas à rentrer dans des processus naturels de projection et d’introjection. Dans une répartition des rôles qui laisse place à des évolutions plus subtiles, plus accordées, en co-construction.

Un jour il veut jouer lui et son double. Son double est très angoissé. Armel banalise son angoisse et dit ne pas être lui même aussi angoissé. Ce déni lui permettrait de recouvrir le déni parental et son monde interne chaotique. Il se sert du lycée (de l’entreprise) pour accuser le coup. Lorsqu’un accident humiliant survient il échafaude des scenarii vengeurs. Il organise la décharge pulsionnelle. Il investit la position victimaire. En même temps il exprime le mépris qu’il ressent de la part des thérapeutes. Le mépris qu’ils tolèrent eux-mêmes.

Lors de l’échange auquel cette présentation de cas à donné lieu les participants ont souligné le mépris de l’institution vis à vis du travail de l’équipe de psychodrame psychanalytique. Armel aurait il renvoyé à ceux qui ne pouvaient rien pour lui leur propre défaite ? Leur incapacité à l’aider sauf à répéter indéfiniment sa difficulté ?

Lors d’une dernière séance, alors que les démarches sociales du lycée ouvrent la piste d’un suivi pédopsychiatrique et d’un accueil en hôpital de jour en groupe d’adolescents, sachant qu’il est autant de difficultés au centre de santé avec l’évolution de sa gouvernance et que la prétendue neutralité de l’équipe qui ne cède rien ne fait qu’imposer au traitement une nouvelle violence, Armel scénarise la visite quelques années plus tard d’une camarade lycéenne dans sa villa de Hawaï. Elle est agréablement surprise de l’évolution de son ami. Le rire spontané d’une psychodramatiste à la découverte de cette scène produit un renversement destructeur. Armel est en proie à une flambée quasi délirante qui peut être interprétée comme un début de décompensation ou bien une amorce de prise de conscience et d’élaboration possible.

Le jeune en homme en difficulté veut croire à une issue, certes mégalomaniaque, et la joie partagée par l’équipe, certes euphorique, comme celle de nombre d’accompagnants trop vite soulagés par le « happy end » de leur mission, est mal interprétée, ou plutôt, parfaitement comprise.

Au titre de cette pratique de la manipulation professionnelle généralisé il est bon de reprendre les bases du harcèlement posées par Racamier, le psychiatre et psychanalyste français l’ayant théorisé. Il souligne l’inébranlable de la croyance persécutive paranoïaque dans la lutte contre l’effondrement narcissique. Mais il peut s’agir aussi d’une ouverture à la culpabilité avec la projection des négations, qui sont ici une réalité. Racamier rappelle le reflux vers le persécutif lors de sentiments tendres. Les psychodramatistes se trouvent et se retrouvent plongés dans le persécutif. Le dispositif échoue à installer un simple masochisme de vie et d’effort. Les acteurs sont eux mêmes dépassés par la violence institutionnelle : on se moque d’eux. Leur miroir reflète le miroir aux éclats du jeune.

L’adolescent semble avoir quitté au cours du processus la position dépressive initiale, sa passivité et son mutisme, sa dérive vers des paradis artificiels qui deviennent vite un enfer, pour revenir à la position squizo-paranoïde originelle mais sans parvenir à retrouver l’étape de la culpabilité postérieure. Le groupe n’a pas su faire barrage à l’institution. L’institution n’a pas su répondre aux idéaux de justice du jeune qui démarre dans la vie.

Tout enfant attend de la passion et du drame dans son imaginaire fertile et tout puissant alors qu’il a droit à de la tendresse et à être pensé, reconnu, guidé pour se développer, se responsabiliser et prendre place dans la société. Puis évoluer et la faire évoluer.

L’institution est facilement prise dans des arbitrages financiers et de pouvoir tout comme l’entreprise. L’équipe rapprochée n’a pas eu de disponibilité d’esprit et d’affect. La directrice a reconnu sa peur du jeune homme Armel. Il a dû avoir très peur lui-même. Pourvu que le groupe d’adolescents ait pu remettre de la haine, de l’amour et de l’ignorance davantage assumée, bien vécue, dans son évolution postérieure.

Souvent il est plus pertinent de réunir un groupe de pairs que de mener en accompagnant seul, ou même en groupe d’intervenants, sous le poids de l’entreprise et de ses propres défenses professionnelles, celles du métier de consultant ou de coach ou même de pair aidant, investi désormais d’autorité. Les identifications croisées et le bouillonnement émotionnel offrent un terrain vivant et évolutif à chacun. Ils peuvent travailler leurs rapports actuels et inférer seulement leurs diverses réalités dans un ailleurs spatial ou temporel. Vous ne conduirez plus que l’analyse du transfert, l’objet ultime et courageux d’une supervision vraie, ni réduite à la technique, ni limitée à votre expérience de vie, professionnelle et personnelle, par essence limitée. Vous vous enrichirez, cela oui, de nouvelles et véritables expériences, de la singularité retrouvée, la vôtre comme la leur, et d’une ouverture sociologique qui vous fait prendre part véritablement aussi aux évolutions nécessaires, écosystémiques, de l’entreprise et de l’institution.

Pour vous faire superviser sur ces thématiques du traumatisme, des affects et de la désaffection prenez place dans les sessions de groupe du printemps à Paris : les mercredi 25 mars, 22 avril et 25 mai, de 18h30 à 20h rue Chaptal Paris 9. Participation individuelle de 180 euros HT à la séance, 450 euros HT le cycle. En formation et supervision co animées par Eva Matesanz et André de Chateauvieux.

Billet d’humeur #1

L’intelligence émotionnelle se nourrit de mouvements d’humeur incompréhensibles à la source, tellement clairvoyants au naturel. Comment apprendre à les vivre et se saisir de leur force pour créer et pour se relier aux autres êtres humains et à la terre, au naturel, oui, au plus naturel.

Il fut un temps, pas si lointain, où les épanchements affectifs n’avaient pas lieu d’être en entreprise. Et l’accompagnement professionnel suivait : propre, raisonnable, concentré sur les objectifs, sur la régulation et la réintégration ou le départ assumé du collaborateur. Il me semble que c’est avec la reconnaissance de ce qui a fini par être cerné et adressé comme étant des RPS repris au coeur des CHSCT, qui dérivent des conditions matérielles aux conditions spirituelles de l’exercice du métier et qui se renomment depuis 2017 du doux nom de CSE, en résonance mutuelle avec la belle RSE, que cela a éclaté.

Les déséquilibres affectifs potentiels ou avérés demeurent médicalisés. Mais un boulevard s’est ouvert pour les prestataires et internes – coachs et consultants, RH et CHO – en manque de reconnaissance affective eux-mêmes jusqu’alors. Ils paradent désormais forts de la soi-disant intelligence émotionnelle et relationnelle qu’il faudrait adopter auprès d’eux. Ils persistent à dénier les variations libidinales et agressives, masochistes et sadiques, de l’humeur propre à l’humain, la gamme complexe de toutes les formes de l’accélération naturelle de son intelligence face aux réalités ! La sienne et celles qui l’entourent.

La discipline qui a exploré avec le plus de réalisme, dans l’epprouvé des praticiens eux-mêmes- le transfert – les variations de l’affect humain est celle de la psychodynamique que je pratique et que j’enseigne à l’Université et en petits groupes restreints.

Son contenu est subtil et pointu, malheureusement trop éloigné des facilités des facilitateurs professionnels. Ainsi, par exemple, les trois ressorts émotionnels primaires que nous partageons tous depuis notre enfance jusqu’à notre mort, vivaces à ces deux moments extrêmes, sont au nombre de trois : les trois H comme humain.

H pour la haine
H pour la honte et
H pour la hantise

Les évolutions vers

  • l’effort d’amour, ou du moins de respect de la différence,
  • de culpabilité et de son corollaire qui vaincra de la victimisation sans fin, la responsabilité
  • et d’incertitude assumée, d’angoisse sans les reproches alter ou auto infligées,

sont les gages de notre véritable développement personnel et du développement harmonieux de notre société, côté culture et nature du même pied.

D’autres éclairages à suivre dans ces partages ou en groupe présentiel dans les limites des places disponibles.

Nos 7 formes d’intelligence

Le nouvel ouvrage de Jean Louis Muller préfacé par Eva Matesanz et André de Chateauvieux

Vous ne vous rappelez pas mais, dès les tous premiers instants de votre vie, il vous fallait beaucoup d’intelligences. Oui, dès l’origine de votre monde, qu’il s’agisse d’exprimer vos émotions, créer des liens, imaginer des stratégies, casser les codes, il vous fallait de multiples talents pour composer avec votre milieu et inventer votre vie. Parce que c’était déjà hautement complexe, bouleversant et incertain. 


Tout ceci était là donc, en vous-même et au naturel, mais c’est comme si, au fil du temps et pour des raisons qui échappent à la raison, vous aviez limité ou délaissé l’une ou l’autre de ces formes d’intelligence. 

Elles sont pourtant toujours là et bien là ces multiples formes. Et le talent de les développer et de les combiner n’est pas un don qu’on reçoit passivement, c’est un désir de jeunesse sans cesse renouvelé. Un désir de vivre ensemble, avec ceux qui nous précèdent et ceux qui commencent à nous succéder et qui, à leur tour, accèdent à d’autres intelligences, à des formes virtuelles et réelles de repenser le monde.

Alors, il vient à point nommé ce livre pour sortir de nos routines et plonger dans le plaisir de renouer avec chacune de nos ressources. Et c’est comme un jeu d’enfant. Sentir, toucher une forme et puis une autre, les assembler, les bricoler ensemble. Ce livre-là offre bien des outils et plein de matière à penser. Pour soi-même et avec les autres. En amour et en famille, en amitié et au bureau. Au quotidien et pour le futur.

Lorsque son auteur nous demande de le préfacer, à deux, nous entrelaçons nos lignes avec la simplicité de ceux qui vivent et travaillent ensemble, dans un métier qui est de penser l’impensable : la nature humaine et ses liens à la fois bien réels, imaginaires et symboliques à soi et aux autres. Nous sommes psychanalystes après voir été, comme lui, manager er consultant. Nous entrelaçons nos lignes autour de l’ouvrage. Nous reprenons chacun notre fil auprès de l’auteur.

Car c’est au contact de la bêtise humaine, dans ce qu’elle a de terrifiant et d’imparable dans les passages à l’acte, que l’auteur a su s’élever ; et moi, Eva, je partage avec Jean-Louis Muller les origines espagnoles, l’épisode incompréhensible d’une guerre civile épouvantable, de la longue et terrible dictature militaire qui abat l’ordre démocratique légitime et à peine naissant, mais riche de controverse et de bouillonnement intellectuel et sensible. Jean-Louis incarne la vivacité d’esprit, inébranlable.

Et il capitalise l’aventure humaine qu’il a servie pendant toute sa carrière chez le leader de la formation en France. Et moi, André, c’est là que j’ai rencontré Jean-Louis. On travaillait sur les manières de retrouver des potentiels, de les activer, dans les groupes et les équipes. Et aussi sur tout ce qui fait obstacle au fond. De tous ces apprentissages il sait faire la transmission.

Jean-Louis Muller est un pédagogue, il sait vous glisser à l’oreille, comme il glisse ici entre les lignes, quelques mots simples et vrais pour comprendre ce que vous saviez, pour ne plus oublier qui vous êtes et pourquoi la vie a besoin de vous, de vos pensées et de votre engagement renouvelé. Il en appelle à l’intelligence du lecteur. Ce livre vous donne rendez-vous avec vous-même et avec un temps, notre temps, qui a bien besoin de nous.

Eva Matesanz et André de Chateauvieux

En préface de Nos 7 formes d’intelligence publié chez Jouvence par Jean-Louis Muller

En groupe de confiance

Nous aimons poursuivre en 2020, André de Chateauvieux et moi-même, le travail d’analyse de pratiques professionnelles en petit groupe, que nous animons en duo et que nous avons initié il y a maintenant 8 ans. Cette forme de travail en groupe restreint (4 à 6 participants engagés) continue de traverser les modèles et les modes. Oui, parce que cela permet à chacun – coach, consultant, formateur, RH – de vivre et de saisir par l’expérience, au fil des séances, ce que chacun de nous s’efforce de réprimer ou bloquer et qui alors nous déborde ou même nous échappe en situation professionnelle.

Les professionnels de l’humain que nous sommes connaissons plutôt bien les traits particuliers de notre savoir-faire et de notre savoir-être, nos singularités intimes, acquises au fil de notre histoire et par la formation et l’expérience. Mais, à y regarder de plus près, nous avons aussi, entremêlés avec ça, des comportements répétitifs et des croyances qui sont parfois bloquants et hors de propos face à la différence fondamentale de ceux que nous accompagnons.

Et tout ça est profondément ancré, incorporé à travers des affects personnels qui ne peuvent se déplier qu’en groupe de confiance. Aussi, pour les éprouver et les mettre à jour, est-il important de pouvoir compter sur bien plus qu’un animateur de groupe, serait-il le plus vif, intelligent et expérimenté de tous nos pairs, ce qui est la figure traditionnelle du maître ou sa version moderne (co-développement, facilitation…).
Nous avons choisi de travailler en duo avec les groupes et les équipes parce que le collectif amplifie et démultiplie toujours ces affects sous la forme de « passions dominantes », véritables énergies excitantes, grisantes et agissantes dans un sens qui, sur le coup, nous échappe toujours.


Nous pouvons accompagner ainsi en duo parce que, d’un côté, chacun de nous a son espace personnel d’analyse, incontournable, toutes les semaines, et de l’autre côté, après chaque séance de groupe, nous confrontons ce qui, du groupe et de ses participants, nous déroute ou nous met à l’épreuve. Intimement, singulièrement. Ceci crée un cadre interne qui permet d’accueillir et contenir les élans et les besoins de chacun, mais aussi de les analyser ensemble sans les rapports de pouvoir qui caractérisent les dispositifs tendus vers l’entente a priori et la résolution immédiate, à chaque séance, de situations profondément complexes.

Le changement est un processus long et l’accompagnement ne peut se résumer à des fulgurances : il se déroule en traversant des quiproquos et des conflits qui ne peuvent se dénouer qu’au fil du temps par la compréhension mutuelle, sincère et l’apaisement des tensions sous-jacentes.

Ainsi, notre promesse d’accompagnement est une réalité vécue par plusieurs générations de professionnels qui se sentent aujourd’hui bien dans leur métier singulier et dans leur vie ; ils ont effectué leur transformation au cours d’un travail d’une ou deux années et ils sont parfois, aujourd’hui encore, partie prenante d’un parcours qui les confronte en continu à bien d’autres qu’eux-mêmes pour faire évoluer leurs pratiques en continu et au plus naturel.
Venez les rejoindre, tout simplement !

Eva Matesanz et André de Chateauvieux, praticiens en libéral et tout autant sur le terrain de l’entreprise, chargés d’enseignement à l’université, chercheurs, conférenciers et auteurs. Et un ouvrage collectif en préparation : Ecosystemics.

Le calendrier 2020 : 8 janvier, 5 février, 11 mars, 8 avril, 13 mai, 10 juin, 16 septembre, 14 octobre et 18 novembre 2020,
le mercredi de 18h30 à 20h.

Le lieu : 5 bis – 7 rue Chaptal – 75009 ParisLe tarif : Entreprise : 2700 € HT ; Indépendant : 1800 € TTC pour le cycle des 9 séances.

Le transfert en coaching ou l’approche psychodynamique de toute forme d’accompagnement humain, individuel et collectif

Longue vie à la promotion 9 du Diplôme Universitaire Executive Coaching de Paris Cergy auprès de laquelle j’ai mené l’enseignement ici résumé d’une approche psychodynamique incontournable.

Psychogėnèse du transfert d’affect,
génèse des transferts d’affects

« Le bébé, tel que Kohut le voit, est un être fort – jamais faible – qui naît dans une matrice psychologique d’objets-soi qui répondent aux besoins. Il existe simultanément à l’intérieur et à l’extérieur des objets-soi, tout comme l’oxygène qu’il respire existe simultanément à l’intérieur et à l’extérieur de son corps. Réfléchi dans les objets-soi (effet de miroir), capable de fusionner avec leur sérénité et avec leur puissance (idéalisation), ressentant la présence silencieuse de leur similitude (gémellité), le bébé est fort, sain et vigoureux. »

Reflets en miroir, facteur thérapeutique en groupe analyse, Malcolm Pines, psychanalyste de la Tavistock Clinic, présidentde l’Association Internationale de Psychothérapie de Groupe, 1983

Et le petit d’homme croît et la séparation s’organise entre le dedans et le dehors, entre le mauvais et le bon. Il devient « le sujet divisé » dont il nie la division, bien enfouie dans l’inconscient mais qui lui revient par en dessous et bien au-dessus de lui, dans ses rapports avec autrui.

La petite d’homme grandit aussi. Mais elle crie de tout son corps, de tout l’amour qui la traverse, le conflit qui l’habite. L’« hystérie » féminine a éclairé notre inconscient.

« Une femme possède deux images d’elle-même. Il y a la personne magique perçue ou rappelée par ceux qui l’aiment et dont les qualités suprêmes sont la chair et l’esprit éclairé. Elle connaît elle-même ce soit idéal ; elle le projette tant qu’elle reste confiante en elle-même ; ou elle le produit dans ses rêveries ; ou encore elle le perçoit avec reconnaissance dans le regard admiratif des autres.

Il existe en même temps une seconde image ; la femme telle qu’elle est perçue par ceux qui n’ont pas d’amour pour elle ou la craignent. Cette image cruelle trouve un miroir d’une puissance extrême dans sa propre idée négative d’elle-même. C’est avec crainte qu’elle voit ses propres pulsions ravageuses et, ce qui est encore plus pénible, une image disgracieuse, monstrueuse et indigne de tout amour sur son soi physique.

Tel était le miroir que ses parents avaient tendu devant Edith. Ses frères la voyaient avec amour. Quant à elle, elle connaissait les deux images. Sa vie et sa poésie constituaient une fuite devant la seconde. »

Extrait par Malcom Pines dans l’article cité précédemment qui est recueilli dans le no. 41 de la revue psychosociologie parue dans la collection Connexions EPI de « Edith Sitwell, une biographie » par Victoria Glendinning, Weidenfield and Nicholson, Londres 1981, p. 35

L’accompagnement, un processus de transferts successifs d’affects depuis l’angoisse jusqu’aux émotions

Le transfert narcissique dans un premier temps, un transfert de l’expérience la plus précoce de l’enfant ; un transfert de dépression comme transition vers un transfert dit « névrotique », de véritable mise en relation de deux personnalités structurées, différemment. En 4 étapes, cela donne un processus type comme suit, avec des itérations possibles sur le temps long.

1ère étape : nouer le transfert

L’accompagné transfère dans la relation d’accompagnement son mode relationnel habituel qui est basé sur son expérience de la vie et de la relation, depuis qu’il existe. Pour la part qu’il ne connaît pas, celle de la prime enfance, c’est un fantasme qu’il garde enfoui mais c’est un fantasme universel dont il perçoit mal comme il s’applique aussi à lui. Les nouveaux nés, tous les nouveaux nés, sont sur une position psychique squizo-paranoïde : ils séparent, comme cela les arrange, les images de leurs vécus multiples entre ce qui est de l’ordre du bon et qui est de l’ordre du mauvais. Ils ont des besoins et ils éprouvent autour d’eux une tension qui les stimule, une excitation qui est pulsion de vie, et un manque qui les abat, qui les fait percevoir le danger de mort imminente.

Dans leur représentation, purement imaginaire, ils dissocient des attaques et une vaillance. Les attaques correspondent à une issue paranoïde, qui isole le danger. La vaillance produit le narcissisme primaire. À partir de deux mois de vie la présence extérieure de la mère se fait enfin clairement sentir.

De deux mois à huit mois, l’âge où ils expriment pour la toute première fois leur angoisse de séparation, les nourrissons prennent pour objet la mère : les attaques et l’effort de soutien sont tous les deux « externalisés ». La mère qui n’est pas un objet psychique mais un sujet à son tour reçoit de l’enfant lui-même des attaques et des satisfactions. La relation est née et avec elle le quiproquo.

L’amour de la mère lui permet de faire un effort. De dépasser les inévitables des-accordages.

L’enfant lui-même, en grandissant, parvient à contrecarrer l’angoisse par d’autres moyens que son imaginaire tout-puissant. L’enfant joueur de un an à deux ans peut commencer à se représenter dans la manipulation d’objets extérieurs la disparition et la réapparition, la destruction et la reconstruction. Cet enfant peut prendre une part active dans le soutien d’une mère défaillante. L’amour lui est aussi possible, l’amour de lui, l’amour de la vie, l’amour de l’autre. Il garde en lui les traces d’une agressivité qu’il a pu exercer : soit avec la mère, soit avec les objets, soit au moins dans son imaginaire ce qui est notre privilège d’humains. Cette agressivité est intimement liée à l’angoisse de cette période, à l’insécurité nécessaire pour trouver le chemin de la dépendance qui nous est naturelle à l’indépendance, à l’individuation et à la subjectivité qui nous est tout autant naturelle, qui font notre humanité. L’accompagnateur reçoit, aussi et souvent, dans un premier temps, le transfert des restes affectifs de cette expérience précoce. Ainsi, le transfert initial peut être très positif parce qu’idéalisé, empreint d’un imaginaire très infantile, ou, de plus en plus souvent, dans les cas d’un accompagnement par prescription, un transfert négatif, celui d’une grande déception, d’une profonde colère contre soi-même avant tout.

Nous nous en voulons, sans le savoir, de cette agressivité que nous avons dû déployer quoi qu’il arrive, pour suppléer au maternel, pour nous séparer de ses bienfaits. Dans les deux cas, l’agressivité est nécessaire. Lorsqu’elle est transféré dans la relation aux autres et dans la relation d’accompagnement elle prend des formes sauvages puisqu’elle date d’un temps qui ne contient pas de traces verbales. L’agressivité est impensable, indicible et pourtant très présente.

Si la rencontre est désirante aussi bien l’accompagné que l’accompagnateur vont pouvoir mettre de côté leur narcissisme et leurs projections pour se parler, peu à peu, en faisant confiance au temps qu’ils s’accordent dans le cadre d’un accompagnement processuel, transformateur.

2ème temps : la rectification subjective

Lorsque le transfert s’installe, il prend ainsi d’abord une dimension essentiellement imaginaire qui touche davantage au personnage qu’incarne le thérapeute que à ce qui se met en scène dans la cure, à une capacité d’observation et de réflexion sereine en somme. Il est nécessaire de veiller à installer le contre-transfert sans qu’il soit une réponse massive au transfert de l’accompagné : l’accompagnateur se trouverait sous différentes formes d’emprise.

Il est nécessaire de greffer un savoir-faire d’accompagnateur, une réminiscence d’assez bonne mère, ni parfaite, pour permettre à l’autre de vivre son agressivité de la déplier, ni absente ou défaillante pour lui permettre de vivre aussi ses difficultés avec la confiance d’un soutien. Il n’y aura pas de réponse totale ni à la demande explicite, à l’objet de l’accompagnement, ni à la demande affective qui le sous-tend. Le transfert d’affects dans la relation a son propre objectif : rentrer dans une boucle relationnelle qui empêche le changement. Transfert et demande doivent rester séparés pour échapper à la fois à la toute-puissance et à l’impuissance. S’ils se superposent c’est une transformation impossible qui s’avance. La demande reste toujours du côté de l’accompagné, c’est la garantie de son existence en tant que sujet désirant. Le poids que le transfert donne à l’analyste lui sert à obtenir tout naturellement de l’accompagné qu’il redresse et qu’il assouplisse par la même occasion les jugements erronés qu’il porte sur lui-même ou sur l’analyste et qu’il renonce à la jouissance morbide, le reste d’une période périmée, qu’il entretient . Ce travail est un véritable sevrage qui impose au sujet de sortir de l’excitation sadomasochiste de ces premiers temps. D’une hyperactivité qui lutte contre la dépression nécessaire au lâcher prise de tout un imaginaire qui se réalise dans la relation.

3ème temps : la dépression de transfert

Lorsqu’il accepte de faire face à son angoisse, la réaction du sujet est une dépression qui le fait passer sur un plan différent et d’une manière originale par rapport à ce qu’il a pu vivre antérieurement lors d’épisodes d’épuisement et de suractivité. Le passage par la dépression de transfert est l’itinéraire le plus sûr, c’est celui du développement du nourrisson vers l’enfant, de l’enfant vers l’adolescent, d l’adolescent vers l’adulte. C’est un deuil qui a pu être une panne avec les autres sujets de l’environnement qui l’a vu grandir. Si le processus est maintenu, voire prolongé si davantage de temps est nécessaire et c’est la plupart du temps, que l’accompagnateur garde un désir d’accompagner cette personne sans la surprotéger ni la sur solliciter, il peut y avoir en effet une sortie de route ou une panne qu’on va pouvoir adresser. Attention aux arrêts maladie qu’il s’agit d’accompagner.

« C’est une expérience intense de travail psychique, un moment délicat au cours duquel le sujet doit pouvoir s’appuyer sur l’aide de son thérapeute pour élaborer les représentations qui lui permettront d’intégrer la violence des pulsions sadiques et masochique qui caractérisent la vie pré-oedipienne . » Olivier Bouvet de la Maisoneuve en Séminaire Psychanalytique du 21 juin 2019

La violence adressée à la mère est tempérée par la projection de cette figure sur l’analyste simple réceptacle du transfert imaginaire, tout en accueil et contenance. Son transfert à lui c’est cette construction qu’est l’amour, qu’est le savoir relatif et non tout-puissant.

4eme étape : le retour à l’équilibre névrotique, à une personnalité adulte structurée

L’efficacité de la réparation permet de sortir progressivement de la dimension imaginaire qui prévaut au départ pour introduire les deux autres dimensions de la vie humaine que sont le sens des réalités et le sens du symbole. L’accompagnateur peut trouver pleinement son rôle ; il n’est plus réduit à un support de projection. Un échange peut avoir lieu autour de ce qui fait l’objet de l’accompagnement, depuis les personnalités respectives des participants. Des scénarii de plainte plus précise, de colère motivée et de séduction reconnaissable parmi les arguties humaines vont pouvoir tourner et c’est dans un processus quaternaire et non triangulaire (bourreau, victime, sauveur) – le triangle reste fixé à l’Œdipe, au groupe d’origine – qu’ils vont pouvoir évoluer. La quatrième position est celle de l’effet de vérité (insight).

Le champ transférentiel

La vie sociale plonge chacun de nous dans des groupes dits secondaires pour les distinguer du groupe primaire qu’est la famille. Dans ces groupes il est un réseau d’identifications latérales. Les membres qui les composent peuvent aspirer à nouveau à un idéal qui peut être incarné par un leader ou bien attribué à l’intelligence collective de nos jours.

Le groupe va vivre dans ses échanges l’acceptation d’une dés-idéalisation et l’acceptation des différences qui les composent. Un « pacte dénégatif » en référence au terme employé par René Kaes, va s’employer dans un premier temps à nier leurs différences et les limites de leurs idéaux. Ce pacte permet la cohésion du groupe mais il fige son évolution et surtout sa production. Des effets de vérité vont surgir dans les rapports autres que la violence encore une fois et la séduction mutuelle, les deux formes du blocage d’un groupe, dans la complaisance et la fusion et l’adoration du ou des leaders ou dans l’opposition au contraire, et la destruction d’au moins l’un des membres, le bouc émissaire, ou du groupe entier sacrificiel.

Les groupes contenus dans une institution, ou encore mieux, dans un écosystème, permettent aux participants de vivre des appartenances multiples (métier, grade, statut, etc) et d’expérimenter directement les limites de leurs idéaux, la diversité des réalités et le caractère symbolique de leurs contributions. De leur impuissance individuelle naît un transfert vertueux d’affects et de parole échangée en continu et en action.

Le coaching d’équipe ou d’organisation permet à une équipe intervenante et même à une institution dans le cas d’un organisme de formation d’offrir des échanges nouveaux qui peuvent être d’abord sauvages et projectifs, plus ou moins explicités sous des contraintes techniques et sociales (modèle d’intervention, soumission des apprenants). Qui peuvent permettre ensuite, dans une reconnaissance sincère des difficultés, aussi bien matérielles qu’affectives, de venir à reconnaître ses propres difficultés et les adresser enfin. L’identification avancée ne fait pas une identité. Le transfert n’est pas direct. Comme à titre individuel, chacun peut se réattribuer ce qu’il cherchait à éviter : sa vérité disgracieuse, ou plutôt, belle de sa nudité. Sans les attributs et les honneurs.

Un écosystème vertueux forme une matrice psychologique d’objets-soi qui n’appartiennent à personne et c’est tant mieux. La vie y est forte, saine et pleine de vigueur.

Longue vie à la promotion 9 du Diplôme Universitaire Executive Coaching de Paris Cergy auprès de laquelle j’ai mené l’enseignement ici résumé d’une approche psychodynamique incontournable.

Mon conseil modernité des ressources humaines et du management diffusé sur les réseaux

Conseil RH et modernité : Le collaborateur ne doit se conformer à l’entreprise seulement sous certaines conditions. Toutefois, il faut veiller au développement professionnel et personnel de chacun dans cette innovation, afin que le collaborateur puisse se démarquer sereinement en entreprise

Doit-on se conformer à ce que l’entreprise attend de nous ?

Approchée au travers du réseau LinkedIn par le réseau RH Expectra pour répondre à cette question sur un positionnement bien tranché, j’ai choisi mon camp et j’ai développé au plus près de mon expérience à la fois stratégique et terrain.

Eva Matesanz

 » Une entreprise, qu’elle soit grande ou petite, est davantage qu’un groupe humain. Une entreprise est une institution. Elle institue des rôles et des rapports entre ses collaborateurs. Elle engrange une culture du fait de son histoire et de ses réalisations. Cette culture est celle d’un savoir vivre ensemble qui se développe pour réaliser le savoir-faire. Cela dit, il est contre-productif de vouloir engager des collaborateurs qui soient en conformité a priori avec l’institution.

Comme il ne faut pas empêcher les collaborateurs actuels d’évoluer comme évolue naturellement le vivant et de faire évoluer l’institution »

Eva Matesanz, chargée d’enseignement universitaire en psychodynamique, conseille les directions des ressources humaines et les directions générales d’entreprises.

Pour Eva, collaborateur comme entreprise doivent être innovants et non conservateurs. Si l’on s’en tient à ce que l’entreprise attend de nous, il est difficile d’avancer.

J’ai vécu des rachats, des transferts d’activité, des fusions, des restructurations. Ce sont les collaborateurs les moins attachés à leur statut, à l’historique ou à un mode de fonctionnement trop marqué par la « norme sociale » qui ont constitué mes équipes-projet d’accompagnement des transitions à partir de leur lieu de travail et sur le champ. Nous constituions un réseau soudé d’acteurs du changement au naturel ».

Face aux problèmes croissants de recrutement et aux transformations digitales, l’entreprise ne doit pas s’attendre à ce que le collaborateur se conforme à elle, elle doit plutôt s’adapter à lui.

Ce sont les écarts des collaborateurs qui permettent d’instituer, non seulement de nouveaux choix industriels ou de services, mais aussi de nouvelles formes de travail collaboratif. Les rapports directs du community manager avec les clients d’une grande marque étaient impensables il y a quelques années ! »

La conformité peut être un frein alors qu’en se complétant, collaborateurs et entreprises, peuvent y gagner beaucoup.

J’avais moi-même dans mon équipe une assistante qui faisait un travail formidable de codage spécifique autour des bases de données de l’entreprise. Elle manquait de tact, voire était rejetée des interlocuteurs qu’elle bousculait par son « mauvais caractère », d’après eux. J’ai pu mettre en évidence sa compréhension lucide et active du « business ». Je l’ai faite passer cadre et elle occupe aujourd’hui la direction de l’activité marketing d’une importante branche pharmaceutique ».

En somme, le collaborateur ne doit se conformer à l’entreprise seulement sous certaines conditions. Toutefois, il faut veiller au développement professionnel et personnel de chacun dans cette innovation, afin que le collaborateur puisse se démarquer sereinement en entreprise.

L’Oedipe, ça marche, pour une transition humaine

L’Œdipe ramène à la difficulté majeure d’accepter la responsabilité du choix inconscient, à chaque pas, à chaque réorientation. Comme l’écrit le grand patron de notre temps, Emamnuel Faber, dans son ouvrage « Chemins de traverse » pourquoi nous plaignons nous de l’embouteillage alors que nous sommes en voiture ? Nous sommes l’embouteillage ! Nous sommes la l’entreprise et la famille éclatée, la planète exsangue, le manque de solidarité y compris avec les proches. L’EHPAD, la PMA et d’autres démissions créatives de notre actualité récente.

Si la naissance, la venue au vaste monde, ouvert et divers, à partir du corps unique et fermé de la mère, est vulgairement considéré comme le prototype de la séparation et d’un début d’existence humaine, singulière, les acquis du souffle propre, du cri et d’un début de motricité choisie ne suffisent pas à engager la séparation symbolique, l’individuation, la subjectivation. C’est l’épreuve de l’Œdipe, le traumatisme psychique, plutôt que celui de la séparation physique, qui permet à chacun de gagner son propre chemin. De se mettre debout en effet, tout pied bot qu’on est (le pied bot est l’étymologie vraie de l’Œdipe, ni violeur, ni meurtrier, ni aveuglé).

L’Œdipe est la réponse que trouve l’enfant, l’adolescent puis l’adulte, au sexuel étrange et source de sensation qu’il perçoit dans son corps. Car si c’est par le besoin que nous nous découvrons dans notre corporéité réelle – par la faim, le froid, la peur -, c’est par le plaisir et par le déplaisir que nous nous dirigeons vers la vitalité qui nous permet de pérenniser notre existence et déployer notre activité inaliénable et irremplaçable.

La réponse à ce sexuel étrange qui est d’abord vécu entre soi et soi sera en fait de sexualiser l’autre, le corps de l’autre, la mère, même pour la fille dans un premier temps.

L’Œdipe devient par la même occasion la figure de la rencontre, la figure du lien. Il s’agit d’une rencontre corporelle, sexuelle, sexualisée. La rencontre autistique, première, est celle que nous faisons avec notre propre corps et avec son éprouvé sexuel, l’un et l’autre sont perçus comme autres, avant d’être intégrés par l’autoérotisme, le narcissisme bien compris, l’amour de soi nécessaire à la vie. L’autisme, le trouble psychique le plus précoce s’installe lorsque l’aut(o-éro)isme s’avère difficile. Pour des raisons génétiques, toxiques ou/et relationnelles. L’hypersensibilité s’installe et rend difficile la suite du processus. Un accompagnement spécialisé peut soutenir l’éclosion. En effet, l’oisillon dans sa coquille est l’image d’un lien transitoire, entre mammifère et de couvaison.

Nos incubateurs, couveuses et autres dispositifs d’hébergement de nos transitions professionnelles dans l’écosystème ouvert qu’aujourd’hui nous fréquentons révèlent ce besoin qui resurgit de notre préhistoire. La psychanalyse de mes patients me donne à voir comment des troubles très précoces y trouvent un soutien complémentaire de la démarche d’accompagnement dans l’élucidation et la responsabilisation que j’offre.

Vient ensuite le temps de la rencontre du corps de la mère, du corps de tout autre, qui vient enfin réduire l’altérité de « l’étranger à l’intérieur » en le situant enfin à l’extérieur, chez un ou une autre. Ce mouvement communément désigné par le terme « projection » est un mouvement défensif.

Le névrosé, celui qui parvient à faire du complexe de l’Œdipe un symptôme, parvient à tisser une maladie imaginaire : en se représentant le mal que l’autre, tout autre,  peut faire sur son corps – c’est le cas de l’hystérie légendaire – ou bien dans sa pensée : c’est le cas de l’obsession qui a gagné du terrain depuis le siècle dernier, y compris du côté du féminin. La dépression et la manie occupent les esprits. Les accidents vasculaires et les poussées auto-immunes, qui s’attaquent littéralement au corps propre (cancers, multiples scléroses) remettent à l’intérieur ce qui a voulu être éjecté sans parfaire la rencontre. La misère sexuelle est la seule expression d’une quête œdipienne qui est effectivement errance, à l’image du mythe râté.

Car, plus que comme une réponse, Œdipe est à entendre comme une question, la question toujours ouverte. Il n’y a pas de disparition de l’Œdipe, il y a reconduction selon des modalités différentes.

L’Œdipe est la rencontre sexuelle avec l’autre inconscient, il est ouverture sur l’objet impossible, celui qui ne viendra jamais combler, assumer de l’extérieur, redonner paisiblement. La projection se complète d’une introjection tout aussi dévastatrice. L’autre est autre, il est sujet et non l’objet de nos besoins et nos envies. Il projette ses propres démons.

L’Œdipe en tant qu’interdit premier de confusion avec père et mère donne aussi bien l’élan vers l’autre, il est moteur, qu’il trace une frontière, qu’il met la limite. C’est aussi la ligne qui préserve l’intégrité du corps. Pour que la cohésion narcissique soit maintenue il est important d’établir un point d’impossible, un point d’exclusion. La « castration » évoquée en psychanalyse est avant tout une enveloppe psychique entre les corps et, de fait, entre les psychismes, chacun le sujet de sa pensée et de son action.

Les fantasmes légendaires de la psychanalyse – le viol de la mère, le meurtre du père et leurs correspondants introjectés, l’abus par la mère ou le père d’ailleurs, la mort qu’ils peuvent nous donner par négligence ou maltraitance,  – ne sont que des traversées imaginaires, très intenses, qui préservent le sens, la symbolique, d’une existence digne d’être vécue ; d’une transmission saine à notre tour.

Toutes les peurs de notre vie contemporaine – le harcèlement professionnel, le licenciement, le freelance, la faillite, le divorce, l’adolescence de nos enfants, les vraies maladies d’un corps fragile puis vieillissant, les conflits entre partenaires, les familles éclatées, les familles envahissantes, l’empoisonnement de la terre et de l’air et d’autres auxquelles vous ne pourrez pas échapper sauf à vivre dans le déni et dans l’illusion du pur consommateur – si elles ne sont pas moins ancrées dans le réel, ont des origines inconscientes.

L’Œdipe abordé dans la cure analytique ramène à la difficulté majeure d’accepter la responsabilité du choix inconscient, à chaque pas, à chaque réorientation. Comme l’écrit Emamnuel Faber, grand patron du géant Danone, dans son ouvrage préféré « Chemins de traverse » pourquoi nous plaignons nous de l’embouteillage alors que nous sommes en voiture ? Nous sommes l’embouteillage ! Nous sommes la famille et l’entreprise éclatée, la planète exsangue, le manque de solidarité y compris avec les proches. L’EHPAD et d’autres démissions créatives de notre actualité récente.

En lien avec personne, aliénés de nous-autres, l’autre ou les autres en nous.

Le psychanalyste confronte comme nul autre l’analysant. Avec lui-même.

« Curieuse libération qui ne se fait pas sans douleur et sans angoisse, d’aucuns se chargeront de le reprocher avec force à la psychanalyse. » – conclut Christian Pisani en Séminaire Psychanalytique mars 2019 m’ayant permis de revisiter l’Œdipe comme, peut-être, vous parviendrez à l’aimer. Sans folklore. Tel qu’il est. Tel que vous êtes : un seul, un autre et pourvu que vous fassiez avec, le temps d’une traversée. Avec d’autres. La vie, la vraie.

La latence d’une transformation collective

Faire groupe et faire ensemble même depuis la passivité la plus totale de nombre des participants à cet ensemble, ceci est un des délices de la période de latence. Ceci se vérifie aussi dans les transformations collectives des adultes en entreprise ou en institution.

Enfin, après les développements de la transition individuelle lors du partage précédent, s’il est quelque élan qui caractérise la part extremement active que prend la latence psychique ce sont les apprentissages cognitifs et comportementaux, au plus singulier de chacun mais en lien plus que jamais.

Le partage des apprentissages en groupe de pairs.

Les enfants veulent être avec des enfants. Ils apprennent pour la première fois à regarder le jeu auquel ils jouent ensemble, sans plus d’élan qui s’impose de vouloir participer ou la jouer individuel ! Faire groupe c’est découvrir et faire quelque chose ensemble y compris dans la passivité la plus totale de nombre de certains participants à cet ensemble : ceci est un des plus grands délices de cette période.

Ceci se vérifie dans les transformations collectives des adultes en entreprise ou en institution.

La voie naturelle de transformation permet le respect et la fierté de tous quel que soit le niveau d’engagement. Comme il est de plus en plus spécifié dans la réflexion du management : cessez de réclamer l’engagement et la fidélité à des personnes qui ont « juste » le besoin et l’envie, justes, de se développer par le travail et de vivre une expérience partagée.

Seuls les « déviants », les agitateurs, les excités, confondent le mouvement et le progrès. S’ils prennent le dessus, ils grippent le process naturel. Les enfants de la latence en sont perturbés, traumatisés comme jadis ils ont pu l’être.

Les projets de transformation font des dégâts lorsqu’ils servent de prétexte à la violence institutionnelle et individuelle ou, pour mieux dire, individualiste.

Faire fausse route, l’ancienne route

Les figures modélisées en analyse institutionnelle (par Wilfred Bion, selon la psychodynamique constatée en institution il y a un siècle) de :

– la dépendance réactivée,

– des alliances inconscientes pour servir les rapprochements purement libidinaux de quelques-uns,

– « la casse », la rébellion, la dissidence, la trahison,

font, de la transformation, un scénario de crise, et de la sortie de crise, un triomphe qui sonne faux.

Nous vivons actuellement un acte grandeur nature avec la crise des gilets jaunes, la contre-crise du faux débat et la seule fuite en avant et en d’autres lieux (les niches de l’initiative individuelle pas trop malmenée, du digital qui est autoporté, du solidaire et social qui perce seul) de ceux qui se transforment eux-mêmes en transformant leur univers.

Ces derniers pratiquent la résilience face au traumatisme infligé par ceux dont le scénario est régressif. Mais la résilience est le mouvement d’un instant pas une trajectoire, une durée.

Lorsque ceux-là ne supporteront plus de se conformer, de reprendre forme quelles que soient les attaques engrangées. Ce ne seront plus les ouvriers d’il y a un siècle, ni les bourgeois heureux de leur résidence secondaire et de leurs congés payés. La transformation aujourd’hui est continue voire permanente.  Elle prend la forme d’une économie circulaire et d’investissements personnels qui évoluent vers les affects les plus sincères bien davantage qu’ils ne composent avec des jours de mérite et des jours de jouissance.

L’après-latence

La nouvelle économie est en train de se faire toute autre que celle de la French Tech et de l’Etat plateforme. L’Etat en France n’est qu’administration en cours de dégraissement. Lean, là où le loan a failli. Le vivre à crédit et à  dédit.

Les décideurs d’entreprise croient peut-être encore à leurs séminaires de direction et aux formations inutiles que consomment leurs troupeaux – comme le président veut croire aux débats mis en scène dont il occupe son temps – mais les troupes « ma non troppo », les nouvelles générations, s’organisent désormais selon un principe de génération spontanée. Plus naturels que jamais.

La théorie de l’évolution évolue. Pas de forts, pas de faibles. Vulnérables ensemble. Créatifs à chaque instant. Adaptatifs en cela mais pas pour la survie, pour le sens d’une histoire qu’on ne leur volera plus, d’un espace qu’ils occupent de bout en bout, des liens qui les tiennent en continu.

Les enfants de la latence de nos jours sont les modestes artisans des jours latents à venir, inimaginables et nouveaux.

 

Happy Days Happy APP : la formation 100 % expérientielle à l’analyse de pratiques professionnelles

L’analyse de pratiques réunit des professionnels qui font un métier avec une forte composante relationnelle (manager, coach, consultant…) et qui détiennent un savoir-faire issu de l’expérience, en construction permanente.

Happy Days ! C’est un cycle d’Analyse de Pratiques professionnelles animées en duo et à la campagne. Trois journées en groupe apprenant, pour animer vos groupes plus au naturel.
L’analyse de pratiques réunit des professionnels qui font un métier avec une forte composante relationnelle (manager, coach, consultant…) et qui détiennent alors un savoir-faire issu de l’expérience : singulier, subjectif et toujours prêt à se déconstruire et se reconstruire au fil du temps et dans les situations critiques.
Aussi chaque praticien est-il invité à décrypter en petit groupe ses modes d’action et de décision pour les comprendre et les réintégrer, plus libre alors des doutes et des affects qui imprègnent sa pratique. Et il en résulte une réflexion toujours plus nuancée en situation et des ressentis plus justes qui participent aux accordages humains.

  • Le calendrier : 27 mai, 17 juin et 1er juillet 2019, de 10h00 à 17h00
  • Le lieu : l’Atelier des Jardiniers, près de Sens (à 1 heure de Paris-Bercy par le train)
  • Le tarif : 600 € HT. Règlement à l’inscription : Eva Matesanz & André de Chateauvieux

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Eva Matesanz et André de Chateauvieux, après des parcours de management d’équipes et de direction de projets en entreprise, accompagnent les groupes dans leurs démarches d’innovation, supervisent les coachs dans leurs pratiques professionnelles et enseignent à l’université pour des cursus de formation au coaching (Cergy-Paris et Paris 2 Assas). Ils animent des cursus singuliers (La Compagnie des superviseurs, Les groupes de pratiques collaboratives…), ils créent des ateliers pour les fédérations de coachs (EMCC International, SFCoach, ICF Nord) et ils publient en continu sur leurs travaux et leurs pratiques.