Coaching et neurosciences, science et conscience et inconscient ami

« Ceux qui ont maîtrisé l’émotion avec l’aide d’un psychothérapeute, en faisant des récits et des théories pour tenter d’analyser les raisons de leur souffrance, sans ruminer, c’est-à-dire en prenant une distance et en établissant une relation affective avec un autre, ont appris à maîtriser leur malaise, peu à peu, mot à mot, affect après affect, molécule après molécule, ce qui a diminué leur taux de cortisol et évité de faire exploser les cellules de l’hippocampe.

Tout ce qui peut vaincre la biologie de la souffrance provoquée par une perception ou une représentation apaise les patients et agit sur leur déficit en BDNF (substance qui nourrit les cellules du cerveau). L’atrophie est donc réversible puisqu’en agissant en n’importe quel point du système relationnel, sur la cellule nerveuse, sur la manière de « voir les choses », ou sur l’entourage, on relance la sécrétion de ce facteur nourricier du cerveau. Quand la narration redonne cohérence au monde bouleversé, quand la relation instaure un lien sécurisant, la synaptisation est relancée.

L’effet magique de la parole s’explique par la biologie ! »

imageEt à ce même propos poursuit Boris Cyrulnik sa démonstration par les neurosciences étayée dans son ouvrage « De chair et d’âme », édité par Odile Jacob :

« Le grand problème à démêler sera celui de la différence entre l’inconscient des psychanalystes et le non-conscient des cognitivistes. Dans le modèle hydraulique freudien les forces bouillonnantes venues des pulsions du ça sont insupportables pour le sujet parce qu’elles sont inacceptables par son milieu. Alors, il les verrouille grâce au Surmoi, et c’est de cette régression que naissent les symptômes qui s’échappent par la soupape du Moi.

Le non-conscient de l’attachement ne vient pas d’un conflit intrapsychique. Il s’enracine dans un couple d’opposés où la peur du monde extérieur inconnu souligne l’effet apaisant d’une figure connue et provoque l’attachement. Sans frayeur de l’inconnu associé à la familiarité sécurisante, l’attachement ne se tisse pas. Un enfant privé de base de sécurité n’a personne à qui s’attacher. Tout comme celui qui est privé de frayeur n’a pas raison de s’attacher. Le conflit n’est pas intrapsychique, la guerre se joue entre un monde extérieur qui s’imprègne sous forme de traces cérébrales dans le monde intime du sujet. Cette mémoire sans souvenirs crée en nous des sensibilités préférentielles et des habiletés relationnelles non conscientes, une sorte de mémoire du corps.

On peut considérer que ces traces, le premier frayage dont parlait Freud, sont « de type effractif, traumatique. Il s’effectue par l’action d’excitations fortes venues du dehors ». Cette mémoire préhistorique n’a pas besoin de refoulement pour empêcher les souvenirs. Les évocations ne sont pas interdites de venir en conscience puisque, à ce stade du développement, l’empreinte est synaptique, en pleine matière cérébrale.

Proche de ce que les neurologues appellent aujourd’hui « mémoire implicite » ou préconsciente, c’est une mémoire biologique à laquelle Freud ne serait pas hostile, lui qui a clairement parlé de « l’enfouissement des perceptions (où) la surface première d’inscription devient le noyau du psychisme » (Au delà du principe de plaisir, 1920). Le contexte scientifique du début du XXème siècle ne lui apportait pas la notion de synapse qui l’aurait aidé à préciser sa pensée. Mais ses connaissances en neurologie et ses lectures de Darwin lui permettaient de cotôyer la notion d’empreinte où : « Pour le psychisme, la biologie joue le rôle du roc en dessous… »

Il y a donc deux types de mémoires inconscientes : l’une sans souvenirs possibles, l’autre sans souvenirs rappelés. Une mémoire imprégnée dans le roc du biologique caractérise l’inconscient cognitif. Elle est constituée de traces mnésiques venues d’informations extérieures, elle donne au monde perçu une connotation affective, elle est prépsychanalytique. L’autre mémoire est constituée de souvenirs non utilisés afin de ne pas altérer l’image de soi et de ne pas risquer le rejet relationnel. Elle est psychanalytique et pourrait définir le refoulement.

L’inconscient cognitif donne un goût au monde, et l’inconscient freudien, en empêchant certains souvenirs de venir en conscience, explique pourquoi un grand nombre de personnes sont soumises à la répétition.

Il s’agit de deux logiques d’inscription différentes qui pourtant participent à la construction du monde psychique d’une même personne.

(Ce sont) les chevaux opposés.

Le problème maintenant consiste à se demander comment ces deux inconscients parviennent à se coordonner pour tirer un même chariot.

(…) Pas de doute, « pour le psychisme, le biologique joue le rôle de roc en dessous ». Ce n’est qu’à partir du biologique qu’on peut fonder la condition humaine et affirmer que ces deux inconscients de nature différente tirent ensemble le même attelage : « Viendra un jour où la psychologie des fonctions cognitives et la psychanalyse seront obligés de fusionner en une théorie générale qui les améliorera toutes deux… »  (Piaget dans le no. 19 de la revue Raison présente en 1971).

 

Ceci pour les bases conceptuelles, pour en faire l’expérience venez à la journée étude de l’ International Coach Fédération Nord le samedi 18 janvier.

André de Châteauvieux et moi-même vous présentons un ami de nous cher : l’inconscient.

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Coaching & Neurosciences

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Antenne Nord

Eva Matesanz
A propos

Eva Matesanz est Psychanalyste et Coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation des penseurs de l'inconscient. Eva Matesanz co-anime avec André de Chateauvieux des espaces de réflexion et d'action collectives inédites : Mars et Venus sur le divan, au sujet du masculin-féminin, L'accompagnement collaboratif, car comment accompagner les collectif sans s'y astreindre soi-même en équipe de consultants, de managers ou de coachs. Et Érotiser l'entreprise, à l'adresse des RH des entreprises collectives. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. Coach accrédité Senior de la fédération CNC. Chargée d'enseignement universitaire et auteure d'ouvrages de management. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

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