Coaching de rêve

imageLa terre à nos pieds est comme une demie lune, en pente douce, puis dressée, et que tombent les enfants qu’en mon rêve j’ai enfantés. Mais dans la lune de mes rêves les creux sont aussi en creux, de cette façade sombre qui lui donne l’air dressée.

Un enfant s’arrête alors, en sa chute, tout contre ce creux pierreux, qui devient alors muret. Une frontière et un garde fou intérieur.

Un homme, un fou ? Je vois qu’il se rapproche de lui. J’ai peur de l’homme mais j’ai peur aussi qu’il ne soit trop tard pour l’enfant. Qu’il ne soit pas sonné mais tu. Mais non. L’enfant est vivant. Sonné vivant. Et sa tête est transpercée de creux comme une lune dans la lune aurait poussé.

Je me dis que ce sont les coups que la vie en lui a portés. Je me dis que c’est le mur de pierres troué qu’il a traversé. Et c’est les deux. Ce sont des trous, des manques de chair, qui ne saignent pas. Comme si l’accident sur terrain accidenté avait eu lieu il y a longtemps mais que l’accident chaque nuit se répétait peut être parce que les séquelles y étaient toujours en journée.

Soudain, l’un de ces trous, ces clous qui rattachent à l’hier, tout au dessus de la tête se met à saigner. Fort. Épais. fort, Et à y regarder de plus près c’est qu’un coin de livre, mon livre de chevet entre mes draps oublié, s’acharne à lui rentrer dedans, ou plutôt c’est l’homme venu à son secours qui lui inflige la torture si connue.

Je pense à nouveau que l’enfant, un beau garçon blond, n’y survivra pas, mais la sensation du rêve est qu’il échappe comme je échappe à mon rêve en me réveillant sereine et heureuse de cette nouvelle avancée. Ma psyché libère ses liens.

Je me rendors.

J’ai oublié le rêve d’après dont je me rappelais au réveil nettement et qui me semblait clairement porter les mêmes symboles que le précédent. Avec des grandes peluches qui tombent de haut et s’endorment à terre sans plus et mollement.

J’ai souvenir d’une queue de rêve en sortie de la nuit, toujours le même, vous le saurez : nous faisons toujours le même rêve la même nuit.

Une longue dent, courbe comme une canine, ou c’est peut être un ongle, a poussé démesurément sur mon corps. Je vois que c’est assez fragile et que je peux simplement la briser en la pliant. Je le fais. La coupure n’est pas nette et cela m’inquiète. Elle pourrait blesser. Et désormais comme un fruit de mer la corne laisse apercevoir une langue de chair.

Dans le rêve j’ai confiance pour que la corne s’use avec le temps, et la chair délicieuse alors.

– Savez-vous que le sexe de l’homme peut ne pas vous être dur ? Peu à peu, même très doux. – Ce sont les mots de mon psychanalyste qui me reviennent d’un coup…

Et je pense aussi à ces femmes, que j’accompagne, et qui me disent c’est dur.

– Dur dur c’est de rêver…

– Tant que vous ne décachetez pas le rêve il vous pointe comme un fou. Jouissance de l’autre sur vous.

Et elles persévèrent en séances à lever tant de défenses comme elles ont dressées contre Lui. Tout contre Lui. Si Elle s’en écarte, Elle se retrouve. Et avec Lui.

Mon coaching de rêve est de cette nature. En référence à comment nous ne sommes, comme dans notre pire cauchemar, « que le lit de la jouissance de l’autre ». A la ville comme en business, dans nos draps et entre ses bras, entre nos jambes et dans nos têtes il est temps d’être soi….

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Retour savant et sensible sur ce que c’est Cauchemar

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« Je ne songe pas un instant à en élu­der la dimension principale, l’angoisse de cauchemar est éprouvée à propre­ment parler comme celle de là jouissance de l’Autre. Le corrélatif du cau­chemar, c’est l’incube ou le succube, c’est cet être qui pèse de tout son poids opaque de jouissance étrangère sur votre poitrine, qui vous écrase sous sa jouissance. »

Lacan Séminaire L’angoisse 1962

Quant à la première partie de tous ces noms de Chasse-mare, de Cauche-mar, de Chauce-paille et de Chauche-vieille, elle peut se lire sans plus d’efforts de l’ancien mot français Chaucer, qui veut dire fouler. Ce malaise est appelé partout de son action de fouler, de peser, d’écraser en se couchant : c’est pourquoi les Grecs le nommaient Ephialtès, qui saute par dessus ; les Latins Incubus, qui se couche sur ; c’est aussi pourquoi les Espagnols lui donnent le nom de Pesadilla ; les Italiens celui de Pesaruolo ; les habitants de quelques provinces de France ceux d’Appesant, d’Appesard , de Foulon et peut-être de Follet.
Ainsi donc notre chauce-paille, c’est la fouleuse au pâle visage, et la chauche vieille, c’est la vieille qui foule.
Il est bon maintenant de dire un mot de ses prouesses.
A minuit de Noël, la vieille incube va méchamment se coucher sur ceux qui, au lieu d’assister à la messe de minuit, se permettent d’aller jouir des douceurs du sommeil dans leurs draps, peu soucieux de laisser la maison livrée à l’invasion des mauvais Esprits, qui s’y précipitent dans ce moment solennel.

Dans tout l’Occident, on prononce mar, mais dans tout l’Orient de l’Europe on prononce mor. Ainsi les élèves de Notogorod avaient une déesse des songes appelée Kikimora dont ils faisaient un spectre horrible, où l’on reconnaît aisément le cauchemar divinisé. Smora, Mory, Mora, Mor sont l’expression de la même angoisse dans l’Illyrie, la Croatie et la Hongrie.

Histoire de la folie

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Eva Matesanz
A propos

Eva Matesanz est Psychanalyste et Coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation des penseurs de l'inconscient. Eva Matesanz co-anime avec André de Chateauvieux des espaces de réflexion et d'action collectives inédites : Mars et Venus sur le divan, au sujet du masculin-féminin, L'accompagnement collaboratif, car comment accompagner les collectif sans s'y astreindre soi-même en équipe de consultants, de managers ou de coachs. Et Érotiser l'entreprise, à l'adresse des RH des entreprises collectives. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. Coach accrédité Senior de la fédération CNC. Chargée d'enseignement universitaire et auteure d'ouvrages de management. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

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Publié dans Slide Home, Whatever Works

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