L’entreprise de la haine

Ces notes – celles-ci ici même, et les notes de blog qui suivront -, sont issues de la conférence du 19 novembre 2016 à l’Université de Paris Diderot organisée par l’UFR Corps, pratiques sociales et anthropologie psychanalytique.

J’aime ainsi poursuivre ma recherche-action, accorder mon instrument, l’inconscient, et préparer mon prochain ouvrage, avec André de Châteauvieux en duo.

Après « l’art du lien » (à deux bouts), édité par Kawa en 2014, « la psychologie du collaboratif », à paraître en 2017 chez l’Harmattan, viendra la clinique de l’entreprise telle que ce corps social se montre au plus humain : un labyrinthe de passions. En pâtir ou en jouir ? Une troisième voie est possible. Nous la cherchons et l’agissons au creux des tissages des inconscients.

Le présupposé de l’équipe d’enseignants, de doctorés et de doctorants, de l’UFR Corps, pratiques sociales et anthropologie psychanalytique est justement qu’il y a dans la pensée de la psychanalyse des éléments pour produire une théorie sociale. Et qu’il est possible et souhaitable de prendre en compte la culture dans la clinique psychanalytique.

Toute l’ambition Freudienne se joue sur le terrain social. Les œuvres de Freud qui en témoignent très directement sont : Totem et Tabou, La psychologie des foules et l’analyse du moi, L’avenir d’une illusion et Malaise dans la civilisation.

Le social forme le symptôme.
Le sujet névrosé est un symptôme du malaise dans la culture par delà le subjectif.

Le féminin est l’envers et l’épreuve de vérité de l’anthropos. Le moment de vérité du rapport sexuel, du lien social, des effets liants et déliants.

Pourquoi la haine ? Et cette haine au féminin, quelle est sa cause, sa forme et son sens ? Telle est alors une de leurs questions, initiée par Freud, d’un « que veulent-elles au juste ? » laissé en suspens. Laissant toute la liberté à celles et à ceux qui l’incarneront.

Ne pas y répondre. Poser « le problème » c’est avant tout honorer le vivant. C’est tout ce que j’aime en psychanalyse : l’exigence de la pensée, au plus ouverte, et la non résolution.

 » La Haine au Féminin : figures cliniques et anthropologiques. »

Tel est le sujet de la conférence 2016 de l’UFR. Et ceci est l’introduction formulée par Laurent-Paul Assoun

Le rapport entre l’homme, le masculin, et l’agressivité est évident.

Certaines formes de la haine des hommes renvoient au féminin. Il est important de différencier l’homme et la femme du masculin et féminin. Ceci est une prémisse. Pour les besoins de l’exposé la mention de la femme correspondra ici au féminin et le féminin sera celui de la femme et des hommes.

Le rapport du féminin à la haine est secret, à l’image du corps féminin.

La femme est la manifestation du « hors la loi ». Le crime au féminin est moins fréquent mais aussi plus naturel.

Qu’en est-il des fonctions inconscientes de la haine ? La haine est trans-genre. C’est le noeud de la question restée sans réponse pour Freud, et encore aujourd’hui : que veut la femme ?

Nous allons rentrer dans cette question par la porte de la haine, destructrice mais qui donne la mesure des passions humaines. Les destins sont divers et riches alors.

Nous nous intéressons au réel inconscient de la haine. La haine est un versant du réel humain. De l’étendue de notre psyché. Parés pour le civile, l’attraction de l’horreur reste manifeste.

Ce qui nous intéresse c’est cette haine dont une femme s’avère très directement capable et coupable. Son mythe, est aussi, d’après Lacan, un mi-dire : il ne dit pas toute la vérité mais ce qu’il en dit l’est bel et bien.

La haine a-t-elle un genre ?

Tout le genre humain !

La haine est tout autant humanisante et vivifiante, originelle, que la porte ouverte aux pulsions de mort. Nous y reviendrons.

Je m’y intéresse depuis le tout début de ma pratique, dans une intuition féroce. Mon premier groupe de supervision en garde quelques traces. Les actuels, avec André gagné à cette cause, à force, et à coeur – merci de ta confiance –  s’ébattent aux mieux,  se débattent au plus résistant, pour l’un d’entre eux éclate en vol – l’un parmi eux aura choisi la destruction.

Et c’est ainsi que nous réfléchissons et intervenons en Entreprise, foyer civile de la haine à raviver aux fondements :

  • mettre de côté les rapports de force superficiels et stériles,
  • aller aux braises de chacun, que nous partageons.

Et que cette porte-fenêtre de la haine sur la mort, devienne giratoire, plutôt que battants ; qu’elle ventile nos ardeurs, lève les cœurs et provoque l’étincelle de la création. A nouveau.

À suivre aux billets suivants

Illustration Sorolla à Paris actuellement au Prado de Madrid

Eva Matesanz
A propos

Eva Matesanz est Psychanalyste et Coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation des penseurs de l'inconscient. Eva Matesanz co-anime avec André de Chateauvieux des espaces de réflexion et d'action collectives inédites : Mars et Venus sur le divan, au sujet du masculin-féminin, L'accompagnement collaboratif, car comment accompagner les collectif sans s'y astreindre soi-même en équipe de consultants, de managers ou de coachs. Et Érotiser l'entreprise, à l'adresse des RH des entreprises collectives. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. Coach accrédité Senior de la fédération CNC. Chargée d'enseignement universitaire et auteure d'ouvrages de management. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

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