Le G7 biarrot aurait-il accomplit le désir ardent d’un écosystème politique et de son management ?

A l’heure où tous les pouvoirs politiques présents sur terre sont interconnectés et peuvent se retrouver côte à côte en temps reel quelles que soient les distances et les lieux de passage auparavant obligés, le multilatéralisme est mort. Les assemblées jadis convoitées, ONU, UE, OCDE, CSCE, ne tiennent plus que par leur idéologie désuète et leur structure technocratique bien ancrée en certains pays qui tolèrent leur siège comme on tolère un vieillard, sage et fini. Il est un retour surprenant et en même temps naturel des états nations et des états régions (la Catalogne toujours au corps à corps avec Madrid dans le cas espagnol). Chacun de nous se rapproche de son clocher, de sa langue, de ses terres, de son rythme, maintenant que tous les autres sont connus, comme au XIXe siècle, à la fois proches et tenus à l’écart : les grandes guerres du siècle dernier ont mis fin aux velléités d’annexion.

La domination mondiale organisée par sujets d’intérêts qui se juxtaposent aussi devient possible. Seulement, le G7 dans sa forme souple d’une conférence à plusieurs dont l’un se fait l’hôte à chaque fois comme une corvée partagée permettent autre chose que les échanges bilatéraux réguliers. Les tiers étant présents, et s’ils ne le sont pas, ils arrivent par le jet du lendemain, comme cela a été le cas d’Iran en cette rencontre biarrote, franche et décontractée, il est possible de se départager sur le champ et de se projeter dans le temps un peu, et ce peu de temps est precieux.

De plus, il est le terrain partagé où que l’on soit, d’où que l’on vienne et que l’on y retourne sans tarder, de cette planète bien davantage physiquement reliée qu’elle n’est virtuellement interconnectée, par le climat, par la guerre et la pauvreté, par les chaînages économiques et financiers. Il s’agit alors de ne faire plus qu’un, celui qui prend ses responsabilités.

Il est alors un écosystème politique, capable à la fois d’une dynamique et d’une solidité, d’un avenir et d’un ancrage, qui semble émerger. Et à la façon des écosystèmes d’entreprises il nécessite d’un management qui n’a plus grand chose à voir avec le pouvoir en terme de répartition des statuts, des rôles et des fonctions.

Emmanuel Macron l’a incarné ces quelques jours. Il a été défini déci delà comme étant le leader facilitateur du moment et de la situation. J’y ajouterais la fonction de synthèse pour sa capacité à puiser dans les expertises les plus variées l’essentiel, passer de l’une à l’autre et aussi les associer.

Il a su faire entendre à chacun ce qu’il voulait lui même faire comprendre aux autres sans vraiment le comprendre lui-même et de telle façon que les différentes ententes ne se trouvaient pas opposées. Cela ne l’empêche pas de se faire entendre lui-même, médiateur et partie à la fois. Cette capacité personnelle sous-tend à la fois son leadership et l’effacement que cela requiert d’intervenir en pur support.

L’écosystème politique, comme tous les écosystèmes, a besoin de « parasites » qui le traversent, de microorganismes qui font colonie. Ce serait, en définitive, le colon, le nom à donner au manager des écosystèmes humains en formation. Hâte de découvrir les capacités d’autres « bactéries » actives sur les rééquilibrages chacune à sa façon. Un véritable leadership mieux que tournant, concomitant. Après tout, les effets du caractère bon vivant, instinctuel et tueur, aussi beau parleur que mauvaise langue d’un Trump ont été aussi visibles à l’œil nu en cette colonie de vacances qui « a fait le job » comme cela ne le faisait plus. À suivre alors.

À suivre peut-être, mais surtout diffusez, commentez, complétez, soyons fous, hors norme révolue : faisons écosystème de pensée en mouvement.

Auteur : Eva Matesanz

Eva Matesanz est psychanalyste et socionalyste. Accréditée pour intervenir en entreprise en tant que coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique - la clinique c'est le cas par cas - au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation croisée des penseurs de l'inconscient et de ceux de la volonté. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

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