L’écran total sur la peau

Nous faisions jusqu’ici, encore pas mal d’entre-nous, la nette différence, ou en tout cas, nous marquions une séparation choisie entre une vie réelle et une vie virtuelle, entre notre quotidien professionnel et privé et notre présence plus ou moins assidue sur les réseaux.

Le mouvement inimaginable, impensable il y a quelques mois seulement, du confinement et du déconfinement semble avoir rassemblé, réunifié, nos états publics et privés, ainsi que nos relations avec nos proches et notre réseau.

Des analyses psychosociologiques confirment une acceptation naturelle des écrans comme d’une nouvelle peau. Ceci nous apporte un équilibre difficile à trouver en nous-mêmes, clivés, refoulés et même déniés souvent de nous-mêmes.

Les selfie traduisaient ce besoin de nous voir, de nous regarder et de nous trouver. C’est de nous penser dont nous avons besoin désormais. D’exister parmi, pour et contre l’humanité. Reprendre place, rejoindre le seul destin qui n’a pas pu être ôté : celui de l’être ensemble, se vivre, se parler, s’émouvoir, se toucher, se chanter, se donner rendez-vous demain.

Le we-me devient le « wiki » de nos existences en lien, ou nous ne sommes plus rien. Et nous en connaissons désormais la portée.

Auteur/autrice : Eva Matesanz

Eva Matesanz est psycho-socio-économiste de par ses formations successives. Accréditée pour intervenir en entreprise en tant que coach professionnel, auteure et chargée d'enseignement universitaire, elle anime la psychodynamique du travail depuis la création de sa structure E V E R M I N D en mai 2010. Donner la parole et faciliter la place et la contribution singulière de chacun à la vie commune est son plus beau dessin. Fait d'étayage sur fond de soleil.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

1 × un =