À l’ombre d’un coaching qui s’achève

Elle se sent « réengagée » par cet employeur qu’elle fantasmait de quitter. Et c’est comme si elle n’avait plus de quoi être accompagnée. Elle dresse alors le bilan du changement opéré. Puis, de ce qui ne changera… jamais.

Et comme légère de m’avoir fait comprendre que cela s’achève, elle partage sur ses vacances l’air d’un rien…

– J’étais entourée de mes sœurs et qu’est-ce qu’on a rit ! Et qu’est-ce que j’ai aussi souffert de les voir empêtrées, surtout mon frère, en leurs douleurs habituelles.

Puis, cette ancienne amie, qui m’écrit pour les vœux – très formelle -, avec toutefois un regret bien senti lâché et comme une invitation à renouer des liens familiers : « tu manques aux enfants, et après tout tu en es marraine ».

– Marraine…

– Je ne vous l’avais pas dit ? C’est Emmanuel-le cet enfant. Bizarre que je ne l’ai pas cité auparavant.

– Vous êtes marraine ? Deuxième mère… C’est très important.

Elle s’agite soudain.

– Enfin, bon, oui, c’est important. Mais pas pour moi. Je veux dire que moi aussi j’ai une marraine… Que je déteste ! Je veux dire… Que je détestais. Puis, que je détestais en fait sans raison. C’était moi qui la détestais. Elle ne faisait rien pour mérite ma détestation !

Il faut dire simplement qu’elle était seule, et triste et rigide, très rigide. Et je passais des vacances avec elle. Loin de ma mère. Sans mes sœurs dont elle n’était pas marraine. C’était cela le truc. Que nous passions du temps ensemble en relation privilégiée. Mais pour moi ce n’était pas un cadeau ! Je pleurais chaque soir…

– …

– Si j’en avais été consciente, de ce que je relie à ce mot et rôle de marraine je n’aurais peut être pas accepté ce garçon !

– Ah ! Parce qu’en plus, Emmanuel-le est un garçon !

– Oui. Emmanuel.

– Emmanuel, oui. À l’entendre entre Emmanuelle et Emmanuel ce n’était pas évident. Et je pensais à une fille… Vous m’étonnez d’être marraine et EN PLUS d’un garçon.

– Je ne vois pas quel peut en être le sens, mais j’accepte très bien votre réaction, car il me semble qu’il y aurait quelque chose derrière ce lien que je romps…

– Marraine à votre tour serait-ce devenir rigide, triste et seule ?

C’est quand coaching s’achève que commence naturel accompagnement.

Elle rejoint un groupe de supervision de pratiques professionnelles pour la réflexivité et la créativité au boulot. Que j’anime en duo. Et pour ce qui la travaille intimement nous prendrons le temps d’une psychanalyse en douceur, comme cela se relie chaotique ment en notre for intérieur.

Cet autre que je rejette n’est que l’ombre portée des multiples silhouettes dont je m’ignore porteuse.

 

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Auteur : Eva Matesanz

Eva Matesanz est psychanalyste et socionalyste. Accréditée pour intervenir en entreprise en tant que coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique - la clinique c'est le cas par cas - au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation croisée des penseurs de l'inconscient et de ceux de la volonté. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

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