Premiers pas peut-être d’un coaching institutionnel, dans la Compagnie des Superviseurs

Dans la Compagnie des Superviseurs la fonction publique et le coaching institutionnel sont bien représentés. Elle s’appelle Corinne et elle est coach interne au Ministère. Il s’appelle Lionel et il supervise des missions interministérielles dans le domaine de la Santé. Ils aiment ce travail en groupe Balint*, eux qui sans être médecins accompagnent les équipes de soignants et leurs personnels support.
Et lors de cette session, elle, Corinne, laisse au groupe tisser le fil du jour. Elle a juste posé en arrivant qu’elle « sortait » d’un quiproquo entre coachs internes à propos d’un cas qui « tourne » entre elles, quand soudain je me tourne vers elle :
– Ce n’est pas cela chez vous ? Fabienne évoque ces coachs avec lesquels elle coopère et il en ressort que le collectif opère.
– Nous sommes un collectif, mais c’est individuellement que nous opérons si c’est cela la question.
– Cela pourrait être du ressort de l’institution, tu sais ? Comme Jean Oury ou Jean Claude Rouchy l’ont conçu pour ce qui est de la thérapie institutionnelle. Ce n’est pas l’individu qui soigne mais la structure soutenante qu’il forme avec d’autres, tant internes qu’internés !
– Cela m’est familier, j’en ai la connaissance, mais pas du tout la pratique… Au Ministère les cas sont assignés et le secret les protège. Sauf des fois comme là, lorsqu’un cas s’assigne à plusieurs endroits ! Tout ça parce que suivie individuellement, cette femme s’est inscrite à une formation pour son projet de carrière et elle a ensuite fait appel autant à chacune des deux formatrices qu’à l’accompagnatrice que je suis. Et elle a perturbé le groupe de ses difficultés bien lourdes ! Enfin, c’est ce qu’en pense une des formatrices, l’autre est satisfaite, et dans le groupe il y en a qui l’apprécient et se reconnaissent dans sa dérive.
– C’est ce qu’elle vous renvoie. Votre éclatement en tant qu’institution soignante lui permet d’être exposer ses facettes les plus tranchantes. Pourquoi ne travailleriez vous pas ensemble celles qu’elle a choisie ou qui l’ont choisie, et recomposer le miroir de celle qui n’a rien d’un monstre ? Juste autant que nous le sommes nous autres…

Le coaching institutionnel, dans la fonction publique comme ici, ou en libre entreprise qui référence ses équipes de coaching sans qu’elles fassent équipe si ce coaching ci n’est pas dit institutionnel à priori, ce coaching là, dans les mutations profondes des appareils publics comme privés – nouveaux temps, nouvelles technologies et nouvelles gouvernances intergenerationnelles ou perdues – ce coaching là qu’attendons nous pour le bâtir ? Hors fédérations, écoles et techniques de coaching. Superflues. Autant que les Syndicats et Patronnats d’aujourd’hui. Le coaching des coachs qui se relient, sur le terrain, autour de ceux qui, ensemble à leur tour, rendent service, public, offrent des services, marchands. Marchons
Ainsi.

 » C’est à l’hôpital de Saint-Alban, (après la guerre et sa folie meurtrière), un des foyers de ce mouvement (qui sera dit ensuite de thérapie institutionnelle), que Jean Oury, arrivé là quasiment par hasard, fit une rencontre essentielle, qui infléchit durablement le cours de son cheminement clinique et personnel : celle du psychiatre catalan François Tosquelles, réfugié politique. Très vite, il leur apparaît à tous deux dérisoire de vouloir soigner les patients hospitalisés si l’institution elle-même est malade, c’est-à-dire, par exemple, si les enjeux de pouvoir qui inévitablement la partagent, prennent le pas, structurent, corsettent la relation à l’autre souffrant. Cela supposait donc, avec les outils que la phénoménologie, la psychanalyse et les études marxistes, alors florissantes, mettaient à leur disposition, de pratiquer, simultanément à un travail thérapeutique, une analyse institutionnelle permanente. »


C’est ce qu’il appliqua jusqu’à la fin de sa vie dans sa clinique de La Borde. Et en photo ici notre La Borde à nous, notre espace de rencontre entre coach-analystes, institution émergeante, pour accompagner notre monde.

La Borde, Sens

La Borde, Sens

http://le-cercle-psy.scienceshumaines.com/la-psychotherapie-institutionnelle-de-jean-oury_sh_32472

Eva Matesanz
A propos

Eva Matesanz est Psychanalyste et Coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation des penseurs de l'inconscient. Eva Matesanz co-anime avec André de Chateauvieux des espaces de réflexion et d'action collectives inédites : Mars et Venus sur le divan, au sujet du masculin-féminin, L'accompagnement collaboratif, car comment accompagner les collectif sans s'y astreindre soi-même en équipe de consultants, de managers ou de coachs. Et Érotiser l'entreprise, à l'adresse des RH des entreprises collectives. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. Coach accrédité Senior de la fédération CNC. Chargée d'enseignement universitaire et auteure d'ouvrages de management. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

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