Psy choses d’humaine importance pour soutenir le narcissisme

Je me forme à la psychiatrie car les cas référence sont une guidance dans l’accompagnement des égarements ponctuels mais de nos jours diablement persistants des bien-portants dits en langage médical normalement névrosés par opposition aux psychotiques. Les uns et les autres ont en partage le narcissisme. Pour eux, mon travail d’accompagnement. Pour vous, en partage, un brin de formation. À votre écoute pour des développements.

Journée étude auprès de

Didier Mion
Psychiatre

L’apport de la psychanalyse au traitement des psychoses
Séminaire Psychanalytique de Paris d’été 2018

Traits communs aux psychoses

Trois pour Freud

Le psychotique se défend d’une représentation inanalysable
Le délire est une tentative d’auto guérison
Le repli narcissique conduit à la perte de réalité

Une structure latente de forclusion pour Lacan

Repères psychiatriques :

Le terme est né en 1845
Pinel en 1800 parlait de manie
Esquirolle avançait une causalité : la monomanie
L’expression : le délire de persécution
En 1863 est répertoriée la catatonie comme étant une perte de contact global
Puis le Syndrome d’automatisme mental et l’erotomanie
Se précisent la Folie maniaco dépressive, démence précoce et paranoïa
Schizophrène esprit fendu dislocation Spaltun dissociation

Au niveau des théories psychanalytiques :

Pour Freud il n’y a pas de transfert d’où le traité paradigmatique que constituer le cas Schereber raconté par lui-même. Le récit détaillé de la paranoïa.
C’est la référence pour les Psychonévroses narcissiques différentes de celles habituelles de la phobie, l’hystérie et l’obsession.
Le moi s’est défendu d’une représentation insupportable et de son affect et se comporte comme si la représentation n’était jamais parvenue jusqu’à lui.
Cette défense est plus forte et efficace que la névrose car elle entraîne l’affect. La paranoïa projète le contenu de la représentation inconciliable dans le monde extérieur.

Schereber devient le President de la Cour d’appel de Dresde. Sa nomination le précipite dans l’asile psychiatrique.
« Mémoires d’un névropathe » est son témoignage écrit.
Il est écrivain mais pas poète, il n’y a pas de création d’un sujet.
Témoignage rédempteur selon Freud.
Témoignage nécessaire de ce qui le traverse.
8 années d internement aboutissent grâce à cet écrit à années 4 de liberté. Il sera ensuite interné jusque sa mort.

Il développe un vécu de persécution après une période de vénération du substitut paternel.
Il subit des accès d hypocondrie, de craintes corporelles.
Il vit un effondrement, il se voit mort, en cours de putréfaction.
Il se vit changée en femme qui se donne à Dieu.
L’esprit assassiné de Morton Schartzman rend compte de la personnalité et de l’œuvre du père a l’origine d’une méthode éducative incluant des instruments corporels pour interdire la masturbation.

Freud envisagé que Schereber se défend d’un désir homosexuel qui le rapproche de ce père qu’il idéalise. Les idées délirantes déversées dans ses écrits permettent de rester dans le lien de parole, cela évite la maladie.

Freud insiste sur le retrait libidinal de désinvestissement des objets extérieurs dans les psychoses, d’où l’impossibilité de prise en charge du transfert chez les patients psychotiques.

La question de l’homosexualité provoque une régression narcissique.

Description grammaticale du processus :

Je l’aime, un homme : le père puis le professeur vénèré qui déclenche la maladie.
De suite, je le hais : amour et haine sont imbriquées, mais comme cela est inacceptable…
C’est lui qui me hait : d’où le vécu de persécution et la peur.

Freud :

 » Le sentiment réprimé au dedans fut projetté.
Ce qui est aboli du dedans revient du dehors.  »

Ce qui n’a pas été symbolisé est agi.

Il ne s’agit pas vraiment d’un cas de paranoia mais d’une cascade de remaniement schizophrène. Par automatisme mental qqch de mécanique commande la pensée.

Le sujet psychotique n’est pas maître du cours de la pensée.

Elle débouche sur une impression de fin du monde, de son monde, projettée dans une fin du monde extérieur.

Dans les Psychonévroses narcissiques il y a un tel repli sur soi que le transfert se conçoit différemment.

Les éléments symboliques et imaginaires du fantasme du névrosé permettent de réaliser le monde interne. Chez le sujet psychotique ou dans le noyau psychotique du névrosé il s’agit d’intrusions.

Cas de l’homme aux loups

L’homme aux loups fait état d’une Hallucination du doigt coupé. Il s’agit d’une vision hallucinatoire fugace. Aussitôt il récupère la vision de son doigt complet.
Le patient avait observé un rapport sexuel entre ses parents et avait constaté l’absence de penis chez la mère alors que son père était situé derrière elle. Dans son rêve il retrouve un loup perché la queue arrachée.

Il se produit l’absence d’inscription dans le symbolique de l’image vécue ou fantasmée. Il y aura forclusion comme le nomme Lacan.
Dans la Névrose un thème comme cela peut se travailler dans le transfert qui produit la levée du refoulé et permet l’élaboration.
Dans la Psychose l’image fait retour sous forme hallucinatoire. Il y a déni sans refoulement.

La Phase squizoparanoide du tres jeune enfant fait clivage nous explique Mélanie Klein. Ce clivage constitue le noyau psychotique adulte.
Le patient peut intégrer ces clivages à travers le thérapeute.

Selon Winnicott la régression permet le retour à une situation de carence.
La première transition, la partie inséparable de l’enfant, qui n’est pas lui mais qui fait transition a échoué.
Le sujet psychotique n’accepte pas la transitionnalité : il présente le vécu brut ou son absence totale.

Winnicott développe un espace temps transitionnel de telle sorte que la séparation ne soit pas vécue comme un effondrement.
Agonie primitive : détresse oubliée
Squiggle dessin espace de transitionnalité partagé entre le patient et le psychanalyste.

Les Thérapies familiales systémiques rendent compte de cette difficulté à se séparer sous l’injonction paradoxale de le faire sans se quitter. Le film family Life de Ken Loach en donne la représentation fidèle.

Il n’y a pas de Lien entre partie et totalité chez le schizophrène, entre le sens et la vie.
Altération dans image du corps, de la structure familiale.

Trois générations pour que la psychose survienne – les non-dits transgenerationnels cristallisent à la troisième génération.

Lacan a apporté des outils de traitement : le non centrement.
D’abord via sa thèse écrite en 1932

Marguerite Anzieu – Aymée donne un Coup de couteau à une comédienne à la sortie de sa pièce « tout va bien ».
Elle est Internée à Saint Anne.
Elle se découvre être une enfantt de remplacement après le décès de sa sœur qui portait le même prénom. Une voisine aurait tué la première. Ceci est un délire à deux, entre la mère et la fille.

Dans le délire à deux un inducteur induit chez l autre des idées délirantes, ici la mère qui se défend d’avoir tué son enfant ou éventuellement négligé. Le sujet déplace l’hostilité primitive dans une autre tête. Le sujet agit en attaquant le mauvais objet qui n’est autre que la mauvaise image qu’il a de lui même.
La Cantatrice image de la femme libérée représente l’idéal de Marguerite. Le retournement dans la haine explique l’acte.

Pour ce qui est de l’Automatisme mental, des pensées dictées par une mécanique autonome, Lacan conteste ce phénomène élémentaire.
L’origine de la démence se trouve dans l’Histoire de la personne, dans la construction de la personnalité.
Aymée se sentait fautive vis à vis de sa mère.
Le Stade miroir est une mise à distance de l’autre, tu n’es pas moi, pour une réintroduction postérieure.
Le geste agressif est le stade du miroir qui revient dans une confusion où l’altérité mal discernée reste à établir. Le geste se comprend par rapport au milieu de vie.

Rayons divins parlent une langue de fond qui concerne le meurtre d’âme
Néologismes ritournelles cascades de remaniements des signifiants chez Schereber

Dans les discours non psychotiques le contexte et la fin du discours dans l’après coup donne le sens au propos. La stabilisation phallique est au service d’une intention première qui est de se faire entendre.
Il n’y a pas de remaniement constant, pas de déstructuration.

Séminaire de la Psychose de Lacan

La Forclusion est littéralement la déchéance d’un droit non exercé. Elle a valeur juridique. Pour Lacan il s’agit d’un défaut d’inscription dans l’inconscient d’un élément fondateur et symbolique.
Assumer son sexe : sexe et section.
Acception d’une réalité.

Le Danger du souvenir de la castration se solde par un phénomène psychique de :

Substitution dans la névrose : symptôme névrotique
Dissociation radicale du moi et de la représentation dans la psychose

Message du père qui lui revient sous forme hallucinatoire : putain pour femme de famille traditionnelle

Il y a Forclusion plutôt que projection utilisée abusivement

Le nom du père est la fonction paternelle intériorisée.
Toute expression symbolique produite par la mère ou l’enfant lui même faisant référence à une instance tierce (parents de la mère, etc) produit du nom du père.

Cette Fonction symboligène permet la coupure du lien mère enfant. L’enfant refuse d’être le phallus de sa mère et cela lui permet d’advenir en tant que sujet.

S’ensuit une confrontation avec le père et non une Relation de fraternité avec le père sans confrontation, néfaste pour l’achèvement du sujet.
– Schereber choisit père, professeur, objet d amour, relation narcissique à la réalité sans confrontation
Ceci marque l’arrêt de son développement au stade du complexe fraternel.

L’Identification imaginaire fusionnelle avec un parent forme la structure psychotique. L’introduction d’un tiers fait appel dans la structure. Dans le cas Schreber c’est la position idéale de masculinité du professeur vénèré qui fait appel. Son épouse avait disposé sa photo sur la table de chevet. Au moment de la décompensation le President Schereber pensait aussi à devenir père.

Le signifiant être père n’a pas de sens pour lui. Le sujet psychotique se sent aspiré par la femme toute. Les femmes dans leur diversité n’existent pas.

Le tiers vient couper ce lien fusionnel à l’autre : cela peut être l’enfant pour la femme, le beau père pour l’homme. Quelque chose de symbolique survient.

Ceci est le cas dans les débuts d’une analyse. Les entretiens préliminaires permettent de tester cet appel à la structure et ses possibilités d’engager un travail durable et en profondeur, de dépasser les blocages narcissiques de toute névrose souffrante faisant trop facilement appel à du coaching et tout autre dispositif de conseil ou d’accompagnement ponctuel qui fait de nos jours florès et qui s’intègre dans l’outplacement, nouveau placement en famille d’accueil d’enfants à nouveau négligés.

Eva Matesanz
A propos

Eva Matesanz est Psychanalyste et Coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation des penseurs de l'inconscient. Eva Matesanz co-anime avec André de Chateauvieux des espaces de réflexion et d'action collectives inédites : Mars et Venus sur le divan, au sujet du masculin-féminin, L'accompagnement collaboratif, car comment accompagner les collectif sans s'y astreindre soi-même en équipe de consultants, de managers ou de coachs. Et Érotiser l'entreprise, à l'adresse des RH des entreprises collectives. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. Coach accrédité Senior de la fédération CNC. Chargée d'enseignement universitaire et auteure d'ouvrages de management. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

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Publié dans Slide Home, Whatever Works

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