Dans Psychologies Magazine, entretien avec André de Châteauvieux et Eva Matesanz : le coaching

Coacher, c’est aussi se confronter aux pulsions des individus, à leur inconscient. La démarche « érotiser l’entreprise, pour des rapports professionnels sans complexes » va dans ce sens.

Extrait à propos d’un accompagnement en coaching d’entreprise et son décodage le plus intimiste. Avant d’introduire la supervision. Les limites du coaching sont celles du coach et de ses techniques. La nature humaine est, elle, riche.

 

Le coaching est une approche de « l’ici et maintenant », qui ne prétend pas explorer notre complexe d’Œdipe ni nos relations précoces avec nos parents et encore moins nos pulsions archaïques. Pourtant, quand il s’agit de coaching en entreprise, papa, maman et la violence fondamentale qui git au cœur du psychisme humain ne sont jamais très loin. Et les coachs ne sont pas toujours avertis de cette réalité.

Mathilde, 47 ans, cadre dans une entreprise de la région lyonnaise, peut en témoigner : «  Tout le service s’est retrouvé durant une journée dans une salle où nous avons été initiés à la Communication Non Violente, car il y avait de nombreux conflits entre nous. Notamment avec un collègue qui estimait que dialoguer était une perte de temps et que seule la productivité comptait. Je me suis sentie vraiment mal à l’aise, avec la sensation d’être infantilisée. Et à la fin de la journée, je n’avais plus envie de discuter mais de frapper. »

Comment interpréter un tel échec ? André de Châteauvieux, enseignant en coaching à l’université de Paris Dauphine et superviseur, ne s’en étonne pas : « Le premier groupe connu par chacun est la famille, et l’entreprise est le lieu privilégié pour rejouer les conflits familiaux non résolus. Aussi la violence qui y règne parfois doit être entendue, et non refoulée ou stigmatisée comme le font certaines techniques. Coacher, c’est aussi se confronter aux pulsions des individus, à leur inconscient.

Mais beaucoup de professionnels de l’accompagnement n’ont pas suffisamment exploré leur propre psychisme pour y faire face. » En conséquence, « ils peuvent facilement, à leur insu, enfermer les autres dans des pièges mentaux dont eux-mêmes sont captifs et se montrer infantilisants, voire maltraitants », constate Eva Matesanz, psychanalyste, coach de dirigeants et auteure de La Psychologie du collaboratif (L’Harmattan) et du tout nouvel ouvrage « Erotiser l’entreprise, pour des rapports professionnels sans complexes » en collaboration avec André de Châteauvieux.

Auteur : Eva Matesanz

Eva Matesanz est psychanalyste et socionalyste. Accréditée pour intervenir en entreprise en tant que coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique - la clinique c'est le cas par cas - au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation croisée des penseurs de l'inconscient et de ceux de la volonté. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

3 × 2 =