Arrêt sur l’image de la disrupture originelle pour mieux ressourcer disruptures d’aujourd’hui et d’avenir

La disruption est un mot barbare, ni grec ni francais, passablement anglais mais au sens dénaturé.

La disrupture serait plus juste et il en est à ce titre un bouquin tout frais aux Editions Kawa qui sont les miennes, mais auquel je n’ai pas ici besoin de me référer.

Je préfère vous écrire depuis ma sensibilité. Comme j’aime et comme depuis longtemps vous me lisez.

La première disrupture alors que nous avons tous partagée, dont nous sommes chacun imagede nous le héros certain, est la rupture de la poche des eaux qui au sein de la mère jusque là nous contenait. Et c’était une disrupture car aussitôt il y avait séparation, la dispersion, dont le préfixe grec ancien, la part noble rescapée, s’en souvient.

C’est à partir de ce constat original que nous aimons accompagner, André de Châteauvieux et moi même, des joboutistes, des startupper, et d’autres qui s’essayent à percer le monde extérieur de leur existence singulière et jusque là peut être cachée.

En TPGR, tout-petit-groupe-restreint, ou tout petit chemin de grande randonnée, sans velléités performantes ni réseautage acharné, ils devaient être quatre participants à cette nouvelle saison I : le vendredi 17 avril, à Sens, en atelier de campagne de nous deux.

Ils étaient trois et en étoile ils nous ont dessiné leurs trajectoires et leurs visées. Avec l’espoir de les infléchir ensemble. Très demandeurs tous les trois d’interventionnisme de notre part. L’une me semblait hurler à la césarienne, l’autre offrait son crâne au forceps et le tout dernier semblait attendre d’une sage femme qu’elle caresse sa venue, « sinon je reste embusqué ».

Ils s’en sont allés alors en deuxième partie d’atelier, en l’absence de notre tant désirée intervention, se réclamer les uns les autres d’un « ou à trois trimeaux naissons, ou à trois nous périssons ». J’ai aimé moi observer comme chacun revenait à lui dans un dernier sursaut. Et que chacun reprenait le train du retour séparément.

S’ils ont appris la disrupture, s’ils ont réappris à vivre, ce sera à suivre sur ce fil. Car, cela oui, nous accompagnons ceux qui séparés de nous, et séparés leurs retenues ils voguent. Longtemps longtemps.

Mais de quoi est ce que cela retournait pour chacun ? Qu’aurais-je envie d’accompagner avec et si loin d’André ?

– La femme qui perce en elle. Capitaine, au lieu de fille espiègle souvent châtiée, d’un nouveau réseau de services jusque là underground et pourtant, grand méritant d’éclore au grand jour, je me prends à imaginer…

– La douceur qu’en lui se retient. Homme de sensibilité auprès des grands de ce monde dont le masque il viendrait à respecter. Et danser ensemble en guerriers massai, pour la fête davantage que pour le sang échangé. C’est mon sentiment entier.

– La parole courte et juste que personne ne lui reconnaît. Vétéran d’actes courageux, médaillé peut être mais pas vraiment aimé. Il est temps de nous transmettre ce qu’ont pu voir ses yeux, toucher ses mains. Et apprendre autre chose que des connaissances. Appréhender au sens premier : s’en saisir physiquement. Et pourtant avec lui l’âme est libérée. J’aimerais qu’il apporte cela comme disrupture à notre humanité.

Proches et libres, volontaires et joyeux, reliés et si éloignés. Ces trois disrupteurs nous rendraient l’un et l’autre et tout à la fois. Parce que leur dispersion s’accomplit, parce qu’ils restent entiers dans le vide qui nous contient. Après la mère. Avant d’y retourner. Longtemps longtemps après.

Sur ce fil du temps les accompagner.

Eva Matesanz
A propos

Eva Matesanz est Psychanalyste et Coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation des penseurs de l'inconscient. Eva Matesanz co-anime avec André de Chateauvieux des espaces de réflexion et d'action collectives inédites : Mars et Venus sur le divan, au sujet du masculin-féminin, L'accompagnement collaboratif, car comment accompagner les collectif sans s'y astreindre soi-même en équipe de consultants, de managers ou de coachs. Et Érotiser l'entreprise, à l'adresse des RH des entreprises collectives. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. Coach accrédité Senior de la fédération CNC. Chargée d'enseignement universitaire et auteure d'ouvrages de management. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

Publié dans Slide Home, Whatever Works

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