Il n’y a plus de saisons

 

Ma première – à chaque rencontre préalable à coaching -, c’est la question du temps.

– Combien de temps faudra-t-il à mon accompagnement ?

Il m’est aisé d’y répondre :

– Les quatre saisons.

Comme une métaphore de la vie. Comme un parcours de ruisseau.

Et entre Elle qui ne passe pas la nuit, et Lui qui poursuit une, deux, trois années durant, il y a l’envie de vivre ou morbide empêchement.

– Je vais bien ! Vous êtes très efficace ! Je m’amuse à nouveau.
A Muselée, Elle descend. La fille de sa maman. C’est son choix.

– Je ne sais pas pourquoi, chaque saison appelle une nouvelle saison. Repères font chemin.
Père manquant. Il aime, Lui, en faire présent.

Libre à vous à chaque fois. Et j’aime, moi, en cette vacance parcourir avec Christiane Singer, « Les âges de la vie ».

Suspendre un court instant mon accompagnement même, qui se passe de saisons / raisons. Et me laisser bercer, au seul hamac, à livre ouvert, comme il était. Mon berceau.

Et à chaque âge sa petite musique. A l’enfance la clé de Sol… Lisons.

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Enfance

« Réapprendre à ne rien faire, à ne rien déranger. Se taire. Casser en soi cette radiophonie qui émet sans relâche, ce bavardage incoercible. S’abandonner à la dérive du silence. A cette discipline ancestrale des moines bouddhistes, nous excellions encore enfants.
– Quoi ! Tu ne fais rien !
Arraché à l’éperdue contemplation d’un nœud de bois dans la table, le petit de l’homme sursaute, pris en flagrant délit de méditation. »

Adolescence

« Avec les délices et les marasmes de l’aventure collective, les bonheurs et les dangers de la promiscuité, les chuchotis d’oreille à oreille où se mêlent l’imaginaire et le vécu, les affres du rapt et les fantasmes de l’évasion, c’est aussi le Temps qui se reconquiert – loin du magma immonde des trains trains civilisés – le Temps, le vrai, ponctué, rythmé, tout étoilé d’accents. »

Jeunesse

« Celui qui n’aura pas osé partir n’aura pas de patrie car, dans l’ordre du mythe, le plus court tracé qui joigne les deux points, notre quête et notre identité, est toujours une arabesque.
N’attendons aucune aide dans ce domaine de ceux qui nous aiment le mieux et nous sont les plus proches. Eux ne peuvent rien pour nous.
C’est loin, très loin, peut-être entre les deux éclats de rire d’un étranger, que nous apprendrons où se trouve enfoui le trésor de nos vies.
Ainsi, la longue et folle errance de la jeunesse se révèle-t-elle, pour finir, d’une énigmatique sagesse. »

Âge adulte

« (À quarante ans) je ne tente plus d’esquiver quoi que ce soit. Je ne rechigne devant rien. Le tragique, l’échec, la mélancolie, la maladie, la mort sont les inséparables siamois du bonheur, de la santé, de la jubilation et de la vie. Il n’y a plus de choix à faire. Il faut tout prendre. »

Vieillesse

« Dans la perpétuelle mouvance du monde, dans l’infinie fluctuation des apparences, dans le transfert permanent d’énergie et d’informations, l’être âgé ne cherche plus de poignée où se cramponner ni de patère où suspendre son chapeau. Dans une souveraine dérive, il se donne au flux, devient flux.
La vieillesse est une révolution mentale. »

« Un mot encore – avant de lever le camp – car notre route est encore longue…
Quitter l’enfance sans parler d’amour serait impardonnable. Tous les moules dans lesquels seront pris et formés nos attachements, nos inclinaisons, nos tendresses, nos passades et nos passions, c’est elle qui les façonne en sable, en terre, en songe et à cire perdue.
Aux formes qu’elle détermine alors, nous n’échapperons pas, nous n’échapperons pas plus que Jean Jacques Rousseau à la main habilement fesseuse de Mademoiselle Lambercier. Ce sont celles qui nous accompagneront jusqu’à la fin – en somme dans la seule fidélité à laquelle les plus infidèles parmi nous, aussi, seront tenus. Vouloir nier que leurs contours se sont précisés, alors, dans nos rêves et nos frôlements enfantins ne servirait à rien – et surtout pas à leur échapper.

Il est plus judicieux, plus humain, d’admettre leur pouvoir, d’en explorer les lois et les rouages, et d’acquérir, ce faisant, la seule liberté que nous concédèrent les dieux : en nous connaissant nous-mêmes, celle de collaborer avec eux à notre propre histoire. »

Quels contours l’Amour prend pour vous, depuis la nuit de votre Temps au jour qu’ensemble nous vivons ? Voici la seule quête de mon accompagnement. En quête analytique pour la liberté qu’offre la psychanalyse. Liberté d’une nuit pour Elle, d’années pour ce Lui qui y tient tant.

Eva Matesanz
A propos

Eva Matesanz est Psychanalyste et Coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation des penseurs de l'inconscient. Eva Matesanz co-anime avec André de Chateauvieux des espaces de réflexion et d'action collectives inédites : Mars et Venus sur le divan, au sujet du masculin-féminin, L'accompagnement collaboratif, car comment accompagner les collectif sans s'y astreindre soi-même en équipe de consultants, de managers ou de coachs. Et Érotiser l'entreprise, à l'adresse des RH des entreprises collectives. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. Coach accrédité Senior de la fédération CNC. Chargée d'enseignement universitaire et auteure d'ouvrages de management. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

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