L’Oedipe, ça marche, pour une transition humaine

L’Œdipe ramène à la difficulté majeure d’accepter la responsabilité du choix inconscient, à chaque pas, à chaque réorientation. Comme l’écrit le grand patron de notre temps, Emamnuel Faber, dans son ouvrage « Chemins de traverse » pourquoi nous plaignons nous de l’embouteillage alors que nous sommes en voiture ? Nous sommes l’embouteillage ! Nous sommes la l’entreprise et la famille éclatée, la planète exsangue, le manque de solidarité y compris avec les proches. L’EHPAD, la PMA et d’autres démissions créatives de notre actualité récente.

Si la naissance, la venue au vaste monde, ouvert et divers, à partir du corps unique et fermé de la mère, est vulgairement considéré comme le prototype de la séparation et d’un début d’existence humaine, singulière, les acquis du souffle propre, du cri et d’un début de motricité choisie ne suffisent pas à engager la séparation symbolique, l’individuation, la subjectivation. C’est l’épreuve de l’Œdipe, le traumatisme psychique, plutôt que celui de la séparation physique, qui permet à chacun de gagner son propre chemin. De se mettre debout en effet, tout pied bot qu’on est (le pied bot est l’étymologie vraie de l’Œdipe, ni violeur, ni meurtrier, ni aveuglé).

L’Œdipe est la réponse que trouve l’enfant, l’adolescent puis l’adulte, au sexuel étrange et source de sensation qu’il perçoit dans son corps. Car si c’est par le besoin que nous nous découvrons dans notre corporéité réelle – par la faim, le froid, la peur -, c’est par le plaisir et par le déplaisir que nous nous dirigeons vers la vitalité qui nous permet de pérenniser notre existence et déployer notre activité inaliénable et irremplaçable.

La réponse à ce sexuel étrange qui est d’abord vécu entre soi et soi sera en fait de sexualiser l’autre, le corps de l’autre, la mère, même pour la fille dans un premier temps.

L’Œdipe devient par la même occasion la figure de la rencontre, la figure du lien. Il s’agit d’une rencontre corporelle, sexuelle, sexualisée. La rencontre autistique, première, est celle que nous faisons avec notre propre corps et avec son éprouvé sexuel, l’un et l’autre sont perçus comme autres, avant d’être intégrés par l’autoérotisme, le narcissisme bien compris, l’amour de soi nécessaire à la vie. L’autisme, le trouble psychique le plus précoce s’installe lorsque l’aut(o-éro)isme s’avère difficile. Pour des raisons génétiques, toxiques ou/et relationnelles. L’hypersensibilité s’installe et rend difficile la suite du processus. Un accompagnement spécialisé peut soutenir l’éclosion. En effet, l’oisillon dans sa coquille est l’image d’un lien transitoire, entre mammifère et de couvaison.

Nos incubateurs, couveuses et autres dispositifs d’hébergement de nos transitions professionnelles dans l’écosystème ouvert qu’aujourd’hui nous fréquentons révèlent ce besoin qui resurgit de notre préhistoire. La psychanalyse de mes patients me donne à voir comment des troubles très précoces y trouvent un soutien complémentaire de la démarche d’accompagnement dans l’élucidation et la responsabilisation que j’offre.

Vient ensuite le temps de la rencontre du corps de la mère, du corps de tout autre, qui vient enfin réduire l’altérité de « l’étranger à l’intérieur » en le situant enfin à l’extérieur, chez un ou une autre. Ce mouvement communément désigné par le terme « projection » est un mouvement défensif.

Le névrosé, celui qui parvient à faire du complexe de l’Œdipe un symptôme, parvient à tisser une maladie imaginaire : en se représentant le mal que l’autre, tout autre,  peut faire sur son corps – c’est le cas de l’hystérie légendaire – ou bien dans sa pensée : c’est le cas de l’obsession qui a gagné du terrain depuis le siècle dernier, y compris du côté du féminin. La dépression et la manie occupent les esprits. Les accidents vasculaires et les poussées auto-immunes, qui s’attaquent littéralement au corps propre (cancers, multiples scléroses) remettent à l’intérieur ce qui a voulu être éjecté sans parfaire la rencontre. La misère sexuelle est la seule expression d’une quête œdipienne qui est effectivement errance, à l’image du mythe râté.

Car, plus que comme une réponse, Œdipe est à entendre comme une question, la question toujours ouverte. Il n’y a pas de disparition de l’Œdipe, il y a reconduction selon des modalités différentes.

L’Œdipe est la rencontre sexuelle avec l’autre inconscient, il est ouverture sur l’objet impossible, celui qui ne viendra jamais combler, assumer de l’extérieur, redonner paisiblement. La projection se complète d’une introjection tout aussi dévastatrice. L’autre est autre, il est sujet et non l’objet de nos besoins et nos envies. Il projette ses propres démons.

L’Œdipe en tant qu’interdit premier de confusion avec père et mère donne aussi bien l’élan vers l’autre, il est moteur, qu’il trace une frontière, qu’il met la limite. C’est aussi la ligne qui préserve l’intégrité du corps. Pour que la cohésion narcissique soit maintenue il est important d’établir un point d’impossible, un point d’exclusion. La « castration » évoquée en psychanalyse est avant tout une enveloppe psychique entre les corps et, de fait, entre les psychismes, chacun le sujet de sa pensée et de son action.

Les fantasmes légendaires de la psychanalyse – le viol de la mère, le meurtre du père et leurs correspondants introjectés, l’abus par la mère ou le père d’ailleurs, la mort qu’ils peuvent nous donner par négligence ou maltraitance,  – ne sont que des traversées imaginaires, très intenses, qui préservent le sens, la symbolique, d’une existence digne d’être vécue ; d’une transmission saine à notre tour.

Toutes les peurs de notre vie contemporaine – le harcèlement professionnel, le licenciement, le freelance, la faillite, le divorce, l’adolescence de nos enfants, les vraies maladies d’un corps fragile puis vieillissant, les conflits entre partenaires, les familles éclatées, les familles envahissantes, l’empoisonnement de la terre et de l’air et d’autres auxquelles vous ne pourrez pas échapper sauf à vivre dans le déni et dans l’illusion du pur consommateur – si elles ne sont pas moins ancrées dans le réel, ont des origines inconscientes.

L’Œdipe abordé dans la cure analytique ramène à la difficulté majeure d’accepter la responsabilité du choix inconscient, à chaque pas, à chaque réorientation. Comme l’écrit Emamnuel Faber, grand patron du géant Danone, dans son ouvrage préféré « Chemins de traverse » pourquoi nous plaignons nous de l’embouteillage alors que nous sommes en voiture ? Nous sommes l’embouteillage ! Nous sommes la famille et l’entreprise éclatée, la planète exsangue, le manque de solidarité y compris avec les proches. L’EHPAD et d’autres démissions créatives de notre actualité récente.

En lien avec personne, aliénés de nous-autres, l’autre ou les autres en nous.

Le psychanalyste confronte comme nul autre l’analysant. Avec lui-même.

« Curieuse libération qui ne se fait pas sans douleur et sans angoisse, d’aucuns se chargeront de le reprocher avec force à la psychanalyse. » – conclut Christian Pisani en Séminaire Psychanalytique mars 2019 m’ayant permis de revisiter l’Œdipe comme, peut-être, vous parviendrez à l’aimer. Sans folklore. Tel qu’il est. Tel que vous êtes : un seul, un autre et pourvu que vous fassiez avec, le temps d’une traversée. Avec d’autres. La vie, la vraie.

Psy choses d’humaine importance pour soutenir le narcissisme

normalement névrosés par opposition aux psychotiques. Les uns et les autres ont en partage le narcissisme. Pour eux, mon travail d’accompagnement. Pour vous, en partage, un brin de formation.

Je me forme à la psychiatrie car les cas référence sont une guidance dans l’accompagnement des égarements ponctuels mais de nos jours diablement persistants des bien-portants dits en langage médical normalement névrosés par opposition aux psychotiques. Les uns et les autres ont en partage le narcissisme. Pour eux, mon travail d’accompagnement. Pour vous, en partage, un brin de formation. À votre écoute pour des développements.

Journée étude auprès de

Didier Mion
Psychiatre

L’apport de la psychanalyse au traitement des psychoses
Séminaire Psychanalytique de Paris d’été 2018

Traits communs aux psychoses

Trois pour Freud

Le psychotique se défend d’une représentation inanalysable
Le délire est une tentative d’auto guérison
Le repli narcissique conduit à la perte de réalité

Une structure latente de forclusion pour Lacan

Repères psychiatriques :

Le terme est né en 1845
Pinel en 1800 parlait de manie
Esquirolle avançait une causalité : la monomanie
L’expression : le délire de persécution
En 1863 est répertoriée la catatonie comme étant une perte de contact global
Puis le Syndrome d’automatisme mental et l’erotomanie
Se précisent la Folie maniaco dépressive, démence précoce et paranoïa
Schizophrène esprit fendu dislocation Spaltun dissociation

Au niveau des théories psychanalytiques :

Pour Freud il n’y a pas de transfert d’où le traité paradigmatique que constituer le cas Schereber raconté par lui-même. Le récit détaillé de la paranoïa.
C’est la référence pour les Psychonévroses narcissiques différentes de celles habituelles de la phobie, l’hystérie et l’obsession.
Le moi s’est défendu d’une représentation insupportable et de son affect et se comporte comme si la représentation n’était jamais parvenue jusqu’à lui.
Cette défense est plus forte et efficace que la névrose car elle entraîne l’affect. La paranoïa projète le contenu de la représentation inconciliable dans le monde extérieur.

Schereber devient le President de la Cour d’appel de Dresde. Sa nomination le précipite dans l’asile psychiatrique.
« Mémoires d’un névropathe » est son témoignage écrit.
Il est écrivain mais pas poète, il n’y a pas de création d’un sujet.
Témoignage rédempteur selon Freud.
Témoignage nécessaire de ce qui le traverse.
8 années d internement aboutissent grâce à cet écrit à années 4 de liberté. Il sera ensuite interné jusque sa mort.

Il développe un vécu de persécution après une période de vénération du substitut paternel.
Il subit des accès d hypocondrie, de craintes corporelles.
Il vit un effondrement, il se voit mort, en cours de putréfaction.
Il se vit changée en femme qui se donne à Dieu.
L’esprit assassiné de Morton Schartzman rend compte de la personnalité et de l’œuvre du père a l’origine d’une méthode éducative incluant des instruments corporels pour interdire la masturbation.

Freud envisagé que Schereber se défend d’un désir homosexuel qui le rapproche de ce père qu’il idéalise. Les idées délirantes déversées dans ses écrits permettent de rester dans le lien de parole, cela évite la maladie.

Freud insiste sur le retrait libidinal de désinvestissement des objets extérieurs dans les psychoses, d’où l’impossibilité de prise en charge du transfert chez les patients psychotiques.

La question de l’homosexualité provoque une régression narcissique.

Description grammaticale du processus :

Je l’aime, un homme : le père puis le professeur vénèré qui déclenche la maladie.
De suite, je le hais : amour et haine sont imbriquées, mais comme cela est inacceptable…
C’est lui qui me hait : d’où le vécu de persécution et la peur.

Freud :

 » Le sentiment réprimé au dedans fut projetté.
Ce qui est aboli du dedans revient du dehors.  »

Ce qui n’a pas été symbolisé est agi.

Il ne s’agit pas vraiment d’un cas de paranoia mais d’une cascade de remaniement schizophrène. Par automatisme mental qqch de mécanique commande la pensée.

Le sujet psychotique n’est pas maître du cours de la pensée.

Elle débouche sur une impression de fin du monde, de son monde, projettée dans une fin du monde extérieur.

Dans les Psychonévroses narcissiques il y a un tel repli sur soi que le transfert se conçoit différemment.

Les éléments symboliques et imaginaires du fantasme du névrosé permettent de réaliser le monde interne. Chez le sujet psychotique ou dans le noyau psychotique du névrosé il s’agit d’intrusions.

Cas de l’homme aux loups

L’homme aux loups fait état d’une Hallucination du doigt coupé. Il s’agit d’une vision hallucinatoire fugace. Aussitôt il récupère la vision de son doigt complet.
Le patient avait observé un rapport sexuel entre ses parents et avait constaté l’absence de penis chez la mère alors que son père était situé derrière elle. Dans son rêve il retrouve un loup perché la queue arrachée.

Il se produit l’absence d’inscription dans le symbolique de l’image vécue ou fantasmée. Il y aura forclusion comme le nomme Lacan.
Dans la Névrose un thème comme cela peut se travailler dans le transfert qui produit la levée du refoulé et permet l’élaboration.
Dans la Psychose l’image fait retour sous forme hallucinatoire. Il y a déni sans refoulement.

La Phase squizoparanoide du tres jeune enfant fait clivage nous explique Mélanie Klein. Ce clivage constitue le noyau psychotique adulte.
Le patient peut intégrer ces clivages à travers le thérapeute.

Selon Winnicott la régression permet le retour à une situation de carence.
La première transition, la partie inséparable de l’enfant, qui n’est pas lui mais qui fait transition a échoué.
Le sujet psychotique n’accepte pas la transitionnalité : il présente le vécu brut ou son absence totale.

Winnicott développe un espace temps transitionnel de telle sorte que la séparation ne soit pas vécue comme un effondrement.
Agonie primitive : détresse oubliée
Squiggle dessin espace de transitionnalité partagé entre le patient et le psychanalyste.

Les Thérapies familiales systémiques rendent compte de cette difficulté à se séparer sous l’injonction paradoxale de le faire sans se quitter. Le film family Life de Ken Loach en donne la représentation fidèle.

Il n’y a pas de Lien entre partie et totalité chez le schizophrène, entre le sens et la vie.
Altération dans image du corps, de la structure familiale.

Trois générations pour que la psychose survienne – les non-dits transgenerationnels cristallisent à la troisième génération.

Lacan a apporté des outils de traitement : le non centrement.
D’abord via sa thèse écrite en 1932

Marguerite Anzieu – Aymée donne un Coup de couteau à une comédienne à la sortie de sa pièce « tout va bien ».
Elle est Internée à Saint Anne.
Elle se découvre être une enfantt de remplacement après le décès de sa sœur qui portait le même prénom. Une voisine aurait tué la première. Ceci est un délire à deux, entre la mère et la fille.

Dans le délire à deux un inducteur induit chez l autre des idées délirantes, ici la mère qui se défend d’avoir tué son enfant ou éventuellement négligé. Le sujet déplace l’hostilité primitive dans une autre tête. Le sujet agit en attaquant le mauvais objet qui n’est autre que la mauvaise image qu’il a de lui même.
La Cantatrice image de la femme libérée représente l’idéal de Marguerite. Le retournement dans la haine explique l’acte.

Pour ce qui est de l’Automatisme mental, des pensées dictées par une mécanique autonome, Lacan conteste ce phénomène élémentaire.
L’origine de la démence se trouve dans l’Histoire de la personne, dans la construction de la personnalité.
Aymée se sentait fautive vis à vis de sa mère.
Le Stade miroir est une mise à distance de l’autre, tu n’es pas moi, pour une réintroduction postérieure.
Le geste agressif est le stade du miroir qui revient dans une confusion où l’altérité mal discernée reste à établir. Le geste se comprend par rapport au milieu de vie.

Rayons divins parlent une langue de fond qui concerne le meurtre d’âme
Néologismes ritournelles cascades de remaniements des signifiants chez Schereber

Dans les discours non psychotiques le contexte et la fin du discours dans l’après coup donne le sens au propos. La stabilisation phallique est au service d’une intention première qui est de se faire entendre.
Il n’y a pas de remaniement constant, pas de déstructuration.

Séminaire de la Psychose de Lacan

La Forclusion est littéralement la déchéance d’un droit non exercé. Elle a valeur juridique. Pour Lacan il s’agit d’un défaut d’inscription dans l’inconscient d’un élément fondateur et symbolique.
Assumer son sexe : sexe et section.
Acception d’une réalité.

Le Danger du souvenir de la castration se solde par un phénomène psychique de :

Substitution dans la névrose : symptôme névrotique
Dissociation radicale du moi et de la représentation dans la psychose

Message du père qui lui revient sous forme hallucinatoire : putain pour femme de famille traditionnelle

Il y a Forclusion plutôt que projection utilisée abusivement

Le nom du père est la fonction paternelle intériorisée.
Toute expression symbolique produite par la mère ou l’enfant lui même faisant référence à une instance tierce (parents de la mère, etc) produit du nom du père.

Cette Fonction symboligène permet la coupure du lien mère enfant. L’enfant refuse d’être le phallus de sa mère et cela lui permet d’advenir en tant que sujet.

S’ensuit une confrontation avec le père et non une Relation de fraternité avec le père sans confrontation, néfaste pour l’achèvement du sujet.
– Schereber choisit père, professeur, objet d amour, relation narcissique à la réalité sans confrontation
Ceci marque l’arrêt de son développement au stade du complexe fraternel.

L’Identification imaginaire fusionnelle avec un parent forme la structure psychotique. L’introduction d’un tiers fait appel dans la structure. Dans le cas Schreber c’est la position idéale de masculinité du professeur vénèré qui fait appel. Son épouse avait disposé sa photo sur la table de chevet. Au moment de la décompensation le President Schereber pensait aussi à devenir père.

Le signifiant être père n’a pas de sens pour lui. Le sujet psychotique se sent aspiré par la femme toute. Les femmes dans leur diversité n’existent pas.

Le tiers vient couper ce lien fusionnel à l’autre : cela peut être l’enfant pour la femme, le beau père pour l’homme. Quelque chose de symbolique survient.

Ceci est le cas dans les débuts d’une analyse. Les entretiens préliminaires permettent de tester cet appel à la structure et ses possibilités d’engager un travail durable et en profondeur, de dépasser les blocages narcissiques de toute névrose souffrante faisant trop facilement appel à du coaching et tout autre dispositif de conseil ou d’accompagnement ponctuel qui fait de nos jours florès et qui s’intègre dans l’outplacement, nouveau placement en famille d’accueil d’enfants à nouveau négligés.

La psychanalyse fait son « coming out »

La psychanalyse ne soigne plus, ni de surcroît ni de rébus. Le mal actuel n’est que trop bien.

À l’heure où nous ouvrons le premier cabinet de psychanalyse contemporaine sur rue, André de Chateauvieux et moi, pour de « l’accompagnement de projet » sans jamais le préempter et qu’il soit ciselé au détail près de vous, Elsa Godart publie son ouvrage le plus large d’audience et d’esprit, ouvert également à chacun et à tous.

La psychanalyse va-t-elle disparaître ? Editions Albin Michel

La psychanalyse ne se cache plus. Elle ne se tait plus. La psychanalyse s’affiche. Notre enseigne « Sens dessus dessous » s’ancre dans la ville qui l’accueille, dans la vie qui l’entoure.

Au pied de la Cathédrale de Sens, en se dirigeant vers la rue des métiers d’art qui ajoute à la Halle les nutriments de l’âme. La psychanalyse vous parle de vous. Nous sommes deux psychanalystes, femme et homme, à donner de la voix sur les réseaux et en institution (l’Université, HEC, les associations de professionnels de la relation).

Mais c’est à l’initiative privée que nous voulons nous adresser pour l’élan vital, le potentiel érotique – si nous reprenons la voie de notre aussi toute récente publication chez L’Harmattan, Erotiser l’entreprise – qu’elle porte en elle et qui la porte.

Elsa nous rapproche tous des lumières psychanalytiques. Cela reste éblouissant, en effet, depuis un peu plus d’un siècle, de découvrir non seulement l’inconscient qui sous d’autres formes a toujours été présent à l’Humanité consciente de sa condition mortelle, mais le conflit qui est en soi, la lutte permanente pour oublier la mort, la solitude, l’oubli lui-même auquel notre existence et ses quelques restes sont promis. Avec une certitude quasi parfaite cette fois-ci.

Au temps de la communication planétaire, du travail pour tous en écosystème, de la consommation possible de tout et surtout de l’autre, du sexuel, de la production sans entraves de la moindre idée – hop ! Une grosse levée de fonds, l’homme aime tant spéculer, ou même une cagnotte de proximité sur le web et l’illusion paraît, au moins le temps de l’émergence de celle d’après, serré sucré -, la femme et l’homme sont en quête de se rappeler à eux mêmes, de se percevoir finis.

L’époque n’est plus tellement aux névrosés, dont le conflit varie entre l’interdit et la pulsion, pour façonner leur désir ; la réalité et leur bon plaisir, ou alors le plus souffrant qu’ils ont aimé tout autant comme Freud nous l’apprend aussi dans Au delà du principe de plaisir ; le social et l’ego, qui se retrouvent parfaitement lorsqu’il y a Malaise dans la civilisation.

L’époque est aux mal nommés « états limites », sans limites fixes (SLF) ils vivent tout ceci tour à tour, et souvent « en même temps » comme nous le rappelle à souhait Emmanuel Macron, sans conflit finalement, et qui sont inconscients de ne rien vivre véritablement. En ces temps trop malaisés, plus viraux que sociaux, trop confortables du moins du côté de l’Occident, trop instantanés aussitôt.

Ce trop, ce « hyper » de l’hypermodernité mérite bien un peu plus de parole échangée, de façonnage d’un discours individuel et collectif.

Discourir n’est plus fuire. Discourir permet de vivre le lisse et le rugueux de chaque roche contournée, l’arrondi de chaque haut, la tranche de chaque bas, chaque crue et chaque embrasure.

Alors, psychanalystes de centre ville en hypermarché, petit hypermarché, city et citoyen, pourquoi pas vous et pourquoi ne pas assumer que nous ne soignons plus : le « mal » n’est que trop bien. Et accompagnons de notre rive le cours libre de chacun et leurs affluents par milliers. Et que tel est le projet : vivre la vie, l’ouvrager.

Pourquoi vous prenez-vous à moi ? Analyse.

Cela fait longtemps que je pense à me faire accompagner.

– Cela fait longtemps que je pense à me faire accompagner.
– Avez-vous rencontré des difficultés qui vous y ont fait penser ?
– Non. Je veux dire que j’ai rencontré des difficultés dans ma vie comme nous tous. Mais ce n’est pas à l’occasion de ces difficultés ou même encouragée d’un doux chalenge que j’ai pensé me faire aider.

Je fais silence. Elle poursuit seule lors de cette première rencontre.

– C’est comme aujourd’hui. C’est une période calme. Je ne rencontre pas de difficulté particulière et j’ai pensé à me faire accompagner. Juste comme ça. Pour moi. Sans rien devoir à personne ni répondre à un objectif. Sans échéance. Sans urgence. D’ailleurs, je peux commencer en mars. ( Nous sommes au mois de septembre). Je pars bientôt, fin octobre, pour une mission à l’étranger. Je reviens en décembre mais je repartirai aussitôt si tout va bien. Je serai enfin de retour au printemps.
– Vous partez en Octobre. Nous avons de quoi engager deux ou trois séances avant votre départ. Je vous dis ça parce que même si vous êtes demandeuse de l’accompagnement psychanalytique que j’offre et qui, en effet, ne s’embarrasse pas d’objectifs et des réussites, qui demande, cela oui, une assiduité, vous êtes aujourd’hui face à moi et nous ne sommes pas au mois de mars. Je vous invite à ne pas suspendre votre démarche à peine vous l’avez engagée.
– Je suis d’accord.

Je sors mon agenda et lui propose mon prochain créneau qu’elle prend. Et je la raccompagne au dehors. Pourquoi est-ce si difficile de rentrer dans la vie d’un autre ? Le seul « autre » que nous ayons investi sans y penser c’est la matrice maternelle. J’essaye d’accueillir les demandes que je reçois dans cet esprit. Mais je n’y reste pas. Surtout pas. Je suis tout autant « le père » qui nomme l’autre et lui dit « va ». Victoire pose d’emblée son nom singulier et son départ. Curieuse manière de se prendre à moi.

Victoire a un métier qu’elle exerce en équipe et en libéral. Elle est en couple et elle vit seule. Elle s’assume, comme on dit, depuis sa jeunesse. Elle veut être accompagnée. Elle veut se sentir mieux avec elle-même. Veut-elle donner à sentir sa propre essence au monde qui l’entoure ? C’est ce à quoi me fait penser cet accompagnement qui commence comme un échantillon, une empreinte laissée et s’effacer, voir si ça dure.

Un vécu précoce d’abandon peut laisser cette trace, ce mode paradoxal de rentrer en relation et faire en sorte qu’elle perdure dans la propre disparition. Rien ne dure davantage que ce qui a manqué ou qui a été perdu. Si. Ce qui n’a jamais été lâché. Se séparer.

– Elle est dure.
– C’est qui elle ?
– Ma mère.

Et nous commençons ensemble une suite de séances, et il y aura des suites alors. Jusqu’à ce qu’elle s’en prenne à moi, je le lui souhaite vivement. Et si elle et moi nous traversons cela, que l’analyse fait son œuvre, elle ne pensera plus à être accompagnée. Elle le sera pour toujours.

Retour d’expérience d’accompagnement en équipe d’une équipe dirigeante pour la rendre… accompagnante

Nous avons composé une équipe accompagnante face à l’équipe dirigeante plutôt qu’un duo classique de formateurs ou même un super formateur car nous souhaitions nous mettre nous mêmes à l’épreuve.

– J’ai aimé découvrir que mon collègue directeur, le même qui dans le cadre de sa mission met des entraves à la créativité de mes équipes, légitimement, en parfait accord avec sa fonction, a aussi beaucoup d’idées. J’apprécie qu’il les exprime avec autant de justesse qu’il exerce son rôle de contrôle et de prescription.

Puis, s’adressant à lui :

– Je t’écouterai désormais d’une autre oreille !

**

– J’ai aimé que l’on ne se pose plus la question du pourquoi face aux difficultés mais plutôt celle du possible, du plus petit possible pas que nous pouvons poser dès à présent, l’un ou l’autre, indépendamment de nos domaines de responsabilité. Celui qui peut, fait, essaye au moins, puis, il nous partage le résultat. Et ce résultat n’est pas l’échec ou le succès, la gloriole ou la frustration. Le résultat à chaque pas est ce qu’on en apprend, individuellement et collectivement.

Et s’adressant au jeune à haut potentiel chargé de soutenir son activité par la collection de données jusque là éparses et leur mise en rapport :

– Et toi j’ai vu que tu penses fort bien l’inquantifiable de ce que tu observes. J’ai envie de travailler avec toi plutôt qu’avec tes rapports aussi excellents soient-ils !

**

– Je me suis toujours demandé pourquoi je ne pouvais pas me débarrasser de mes jugements face aux personnalités que je rencontre et que j’ai du mal à appréhender. Par exemple, il y a un jugement assez répandu dans cette entreprise que je n’ai pas pu jusqu’ici m’empêcher de partager : « les managers sont nuls ».

Rires et invectives. Nicolas accompagne ce programme d’amélioration comme bien d’autres qui sont du ressort de « l’excellence opérationnelle ». Il est aussi, comme Christophe, une jeune recrue. Il poursuit son propos ainsi :

– Pas vous. Enfin, de vous je le pensais moins que des autres. Le premier jour je me suis dit toutefois : entre celui qui parle pas, celui qui rit de tout et celui qui ne sait visiblement pas pourquoi il est là, qu’allons-nous faire ensemble ? Et puis, je suis resté avec vous tout le long du travail, et j’en redemande. Je vous soutiendrai dans le déploiement de vos processus d’amélioration et je soutiendrai votre responsable dans la position du coach. Je vous avoue que j’avais pensé être là au début dans le cadre de ma fonction et m’éclipser dès que possible pris par d’autres obligations qui ne manquent pas. Je suis devenu accro à votre aventure humaine et j’en redemande.

Fini les rôles. Lorsque chacun prend place et part au processus le naturel revient, et la vie qui va avec.

**

– Oui, conclut le Directeur de tout ce petit monde et membre du Board, j’ai vu mes cadres dirigeants déposer leurs prérogatives et se parler comme jamais ils ne le font. Je me suis vu moi-même suspendre le geste de les diriger aussi. Je commence à accompagner leur évolution naturelle en tant qu’équipe de direction, avec leurs personnalités pleines et leurs compétences croisées. Nous continuerons ensemble loin de vous, notre équipe de consultants. C’est le moment de clore, de vous laisser partir car nous nous sentons prêts à chercher nos propres solutions chemin faisant.

Merci.

– Merci à vous de nous avoir permis de ne pas vous former, accompagner seulement la formation de votre équipe et de votre projet.

 

C’est à la demande d’un grand groupe industriel que nous avons composé une équipe accompagnante plutôt que de dérouler la formation de management « Lean », libéré en quelque sorte, unique en France que propose Vincent Lambert, Tactik Smart est sa marque. Dans cette démarche c’est le processus de management qui s’allège de lui-même. Nous avions l’intuition que les méthodes KATA d’amélioration et KATA de coaching que composent l’offre seraient facilement appréhendables et directement applicables à une des initiatives de l’équipe, une équipe jeune, qui travaillait déjà par ailleurs à sa cohésion et à sa dynamique.

Le KATA, comme dans l’art martial du même nom, permet de répéter un enchaînement de gestes simples jusqu’à ce que ces gestes et leur enchaînement deviennent naturels. La chaîne est celle bien connue du PDCA pour Plan – Do – Check – Act. Cette approche remplace avantageusement la démarche PD – PD qui implique de bien réfléchir en détail et au plus large, puis d’exécuter le plan. De réfléchir à nouveau bien plus tard.

Dans le PDCA la réflexion est un partage sur les conditions actuelles du travail effectué ensemble quel qu’il soit. Elle se complète d’une réflexion sur des conditions cible à très court terme, ceci dans le cadre d’un défi important et d’une temporalité plus large avec la part d’incertitude de toute projection importante. Des actions peuvent être imaginées et peuvent être testées sans délai par un ou plusieurs des membres de l’équipe. Elles peuvent être ensuite restitués au coach de l’équipe, leur hiérarchique ici dans un rôle d’accompagnement. Il s’agit pour chacun dans l’équipe d’explorer et de prendre des risques limités, de faire même les erreurs nécessaires pour trouver la voie de progrès. Lors de cette restitution qui prend la forme d’un « Check » les participants relèvent essentiellement ce qu’ils ont appris de l’expérience et prennent d’autres actions. Ainsi le A de bout de chaîne pour Act se complète d’un A d’apprentissage en français.

Ce serait ainsi à proprement parler en anglais du PDCAL, L pour Learn.

Nous avons composé une équipe accompagnante plutôt qu’un duo classique de formateurs ou même le super formateur de la méthode que Vincent peut être et qu’il est.  Dont il connaît les limites aussi. Aussi abyssales et vertigineuses dans la chute que dans la supériorité prétendue.

Nous souhaitions mettre nous-mêmes à l’épreuve la réflexion que nous avions eue et qui est : pour accompagner une équipe et lui apprendre à collaborer, autour d’un KATA, extrêmement porteur c’est vrai, mais surtout au coeur du sujet, leur style de collaboration et son développement, le mieux serait de collaborer face à eux en toute transparence autour problème qu’ils nous posent. De leur livrer ainsi notre élaboration conjointe, riche de facettes, mais surtout nos propres difficultés à échanger entre nous, à voir des choses si disparates, à vouloir résoudre à l’emporte pièce chacun selon ses facilités propres, à taire ou à dire ce qui gêne et tant d’autres vécus qui méritent la peine bien plus que les meilleures pratiques collaboratives.

Vincent a posé la méthode KATA au jour 1, l’équipe a été mise à l’épreuve de la collaboration sur un jeu, puis directement sur un de leurs enjeux pour l’exercice qui commence. J’y étais présente et j’apportais des éclairages légers. André de Châteauvieux nous a rejoint au jour 2 et nous avons ouvert la session par un exercice au sein de notre propre équipe accompagnante. L’équipe de direction et les deux experts fonctionnels sont devenus observateurs.

Lors de cette séquence André superviseur nous a questionné nous deux, Vincent et moi, sur là où nous étions, en comparaison à ce que nous attendions de notre première journée, sur ce que nous avions appris et sur ce que nous souhaitions explorer pour progresser avec l’équipe en demande. Cela prenait ainsi la forme familière en ce jour 2 pour eux du KATA appris la veille.

Nous avons parlé l’un et l’autre en élaborant à voix haute nos idées ce qui a permis à tous les participants de saisir nos cheminements, nos doutes, nos hésitations et notre volonté de changer quelque chose, chacun de nous, de notre approche afin de permettre à l’équipe d’enrichir son expérience. C’est, de leurs propres mots, posés ensuite, en nous voyant  échanger à coeur ouvert et avec rigueur, librement et dans l’exigence envers soi-même avant tout, qu’ils ont eu pour enjeu partagé, pour rêve même ce mot a aussi été posé, de reprendre leur propre tableau de bord, initié la veille, dans cet esprit. Ils ont pu en quelques minutes bâtir leur propre esprit collectif. Les jeunes en support apportaient les compléments nécessaires. Le « chef » devenu définitivement coach soutenait de son écoute et de quelques questions pertinentes, de quelques apports aussi pour les domaines dont il a la connaissance de par sa position de co-dirigeant d’entreprise et non seulement d’équipe.

Une image m’est venue pour résumer l’articulation trouvée à grands traits et même si elle est militaire on sait qu’il ne reste de grand esprit collectif poussé à bout dans notre société individualiste qu’à l’armée et dans les rangs de l’église. Et aussi peut-être comme ici à l’usine. Je la partage pour le symbole qui permet de maintenir dans le temps, de donner du sens, à la reliance.

 

« Il faut d’abord savoir ce que l’on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l’énergie de le faire. »

Georges Clemenceau

Vouloir une équipe, le dire et le faire ensemble c’est le tout premier petit pas vers tant d’autres voeux, rêves dirait Olivier, de tant d’autres mots, de Jérôme, précieux, de tant d’autres actions dont Patrick serait heureux. Le courage et l’énergie, avec Nicolas et Christophe, cela est renouvelable. Au coach Michel de déposer les attributs du chef le temps de cette danse tribale.

La fin des épiciers de l’humain

Le Pen – Macron. Et si chacun des deux avait réussi ce qui lui tenait à coeur, son désir, sans plus de préparateurs professionnels à la c… ?

Qu’est ce qu’ils aiment tous ces epiciers de savoir être – rentrer le ventre, sentir les pieds, meta-communiquer là où la parole est tout simplement empêchée mais jamais confisquée -, se reapproprier les soi disant recettes d’un succès au naturel. Ici en lien le décryptage forcé d’un débat présidentiel. J’ai aimé moi être le témoin d’une rencontre incarnée et d’un espoir de réalité.

Macron est quelqu’un qui ne s’est jamais embarrassé des convenances ou des railleries. Des réprimandes, des avilissements et des flatteries qui accueillent le nouveau, l’enfant puis l’adulte actif. Les unes et les autres le rappellent naturellement à son essentiel à lui, sur lequel il n’a jamais dérogé. C’était alors oui, du côté de la Le Pen une mauvaise « stratégie », mais aussi probablement a-t-elle été dépassée de son naturel à elle, de sa part d’humanité : quel plaisir que d’occuper toute une soirée, telle Cendrillon soudain, à se faire le petit jeune en grand public (poussée libidinale assurée), là où le vieux la tient dans son fantasme intime depuis qu’elle est née (morte-née ainsi).

Et si chacun des deux avait « réussi » ce qui lui tenait à coeur, son désir, sans plus de préparation « professionnelle » « à la c… » ?

Un de mes « meilleurs » patients, dans le sens de très patient pour se rencontrer lui-même avant tout à chaque parole et geste posé en société – il est cadre dirigeant – envoie aujourd’hui valser tous ces coachs qu’on lui assigne, coachs d’office, référencés, soumis, pour la moindre prise de parole sur l’écran ou sur le terrain des contestations sociales auxquelles il fait régulièrement face.

– Ce que j’ai à leur dire et comment le dire je le sais seulement lorsque je m’adresse à eux comme je n’ai jamais pu m’adresser à mes parents.

Ont-ils, tous ces préparateurs, préparé leur propre déni tout simplement sans se le dire ? Si les nouveaux acteurs s’en passent ils se retourneront à lui. Grand bien leur fasse et nous aussi.

 

Par beau temps entre professionnels de la relation

Quelques nouvelles, parmi tous ces billets d’humeur, des rencontres vivantes et par beau temps entre professionnels de la relation que nous animons.

Une visée essentielle, analytique vous le savez, pour :

(Re)trouver les bases de la (re)connaissance de la psyché, de la pensée humaine, largement abordée du point de vue cognitif en formation, de coachs, managers et consultants, beaucoup moins du point de vue de l’inconscient qui assure plus de 90% de nos actes et décisions en apparence libres, plutôt répétitifs d’un trauma serait-il une suite de micro-traumatismes, et qui nous touche sur deux versants : l’identité propre et la relation à l’autre.

Deux événements ce printemps :

  • Le classique de la formation aux structures psychiques autour de Roland Brunner, les 17 et 31 mai.
  • Le partage en groupe de pairs à la campagne, au naturel, sur cette élaboration psychique qui, préconsciente, se laisse appréhender : l’atelier « de fil en fil » à Sens le 20 mai

Modalités habituelles de 200 euros par journée. 80 euros en sus pour la journée résidentielle à Sens. Tout compris. Hors trajet. Horaires de 10h à 17h à chaque fois.

À votre écoute pour cettes ou d’autres rencontres. Les groupes de Supervision analytique de coachs et de consultants, travail sur l’identité et la relation (posture et contre-transfert) courent eux sur l’année mensuellement et sont pour certains ouverts à des nouveaux entrants.

Une journée de formation pour les coachs à l’accompagnement sans fin, de fil en fil

imageSur le métier à tisser de celui qui aime accompagner, au naturel et sans chichis, il y a le fil des séances, le fil de la relation, le fil des associations libres, le fil de l’inconscient et plein d’autres bouts de ficelle.
Et tous ces fils-là, c’est la même pelote au fond et c’est tout un art que d’aimer démêler et tricoter tout ça ensemble et en continu. Oui, aimer accompagner au long cours et pas à saute-mouton.

Et vous alors ? Oui, vous qui aimez nous fréquenter depuis un, deux ou trois ans, pourquoi vouloir réserver ça à la supervision ? Mais qu’est-ce qui peut bien vous empêcher de faire pareil avec vos clients ? De tenir un fil de séances qui n’est pas saucissonné ni coupé d’avance ? Où chacun tient le lien, surtout dans les moments où ça part en quenouille ? Et où la question de la fin n’est pas une question ?

Alors, c’est quoi vos démêlées familières avec les autres au fond ? Et votre art du lien à vous, singulier, sur les métiers à tisser de l’accompagnement ?
Rendez-vous le vendredi 20 mai pour une journée au naturel et en duo.

A l’atelier des jardiniers, à próximité de Sens (55 min de train de Paris Bercy).
Avec Eva Matesanz & André de Châteauvieux

Et cette journée-là est aussi ouverte à celles et ceux qui ont vraiment envie de commencer un accompagnement au naturel. Sur rencontre préalable.

Retisse moi un collectif individuel

 

Comme d’autres, nous avons succombé il y a deux ans à la tentation de constituer un réservoir d’idées et même d’actions – ledit Think and Do Tank -, et pour nous, il s’agissait de plancher sur le pourquoi, pour les uns, le comment, pour les autres, analystes, thérapeutes et coachs, accompagner autrement.

Comme d’autres, nous avons mis plusieurs sessions à donner de la voix individuelle, les uns dans la projection d’une ambition bien à part, les autres dans la retenue des protections qui leur seraient nécessaires, familières, et les uns et les autres certainement en se projetant tout autant profondément qu’en se protégeant, même si les voix qui s’élèvent préfèrent laisser l’expression de cette ambivalence à une polarisation confortable et vivante en deux factions extérieures.

Comme d’autres, nous avons, vite pour les uns et moins vite pour les autres, songé à l’ouverture de ce collectif restreint à la communauté plus large des accompagnateurs. Comme d’autres nous avons à la fois prévu des temps et des lieux, mais surtout temporisé et nous sommes restés dans un espace abstrait. Comme d’autres nous avons ouvert une web, à l’adresse inconnue. Peu d’entre nous l’avons partagée dans nos réseaux respectifs. Le premier effet d’un groupe est, pour chaque participant, la difficulté de ne pas se sentir en « porte à faux » – je n’ai jamais très bien compris cette expression d’une langue qui n’est pas la mienne, je l’ai souvent sentie à l’œuvre -, par rapport à bien d’autres groupes d’appartenance qui nous contiennent chacun – famille, école, etc – où toutes les protections ont déjà eu le temps de se développer, et de se croiser, où l’individu s’est fondu plus ou moins dans le groupe dans son propre intérêt.

Dans ce groupe, non, chacun ne s’est jamais senti vraiment à l’aise, et cela me fait du bien de le réaliser. Dans ce groupe personne a été convaincu par un autre ni par une majorité ni par une minorité. Dans ce groupe nous avons vite cessé de penser, de faire ensemble, nous n’avons jamais commencé.

Cela oui, chacun a pu agir, passer à l’acte son désir : là je viens, là je viens pas, là n’interagis à distance, là je ne me mouille pas, là je reprends les choses en main, là je suis fatigué et plus rien. C’est un groupe qui n’a pas fait illusion. Illusion groupale. Le groupe est un « surmoi » où chacun se plie au plus acceptable socialement. Ceci est un collectif inintelligent. Qui n’a rien produit. C’est un groupe dont chacun garde l’avantage. Et c’est alors vers chacun, séparément, que j’adresse aujourd’hui des liens singuliers.

Certains réclament toutefois, en cette fin de parcours, le doux sentiment du cocon, et retisser… Un Feel Tank ! Ou juste Doux avec ux et sans le Think d’abord ? Moi je quitte le réservoir. Pour mieux rencontrer de chacun l’animal pensant qui seulement dans la jungle est aux aguets et en chaleur en même temps ? Et vous tous accompagnateurs qui découvrez ce groupe tenté hors institutions et d’autres silos de notre métier de service aux entreprises, avez-vous le désir d’être chacun et ensemble autrement ? Antoine Brachet parle d’essaim pour « les 100 barbares », d’initiatives individuelles ou croisées connues et soutenues de loin. Chacun sa place. Chacun son vol. Moi je le regarde aussi lui animal pensant. Et je regarde bien d’autres. Et vous qui me regardez… Alors ? Quel collectif croyez vous qu’il serait possible de retisser et qu’il agisse individuellement et dans une trascendance peut être ?

L’accompagnement du monstre

« A la confluence de la misère et de la détresse, d’une idéologie malade et sans scrupule promettant une improbable divinité pour remplacer le parent, l’absent, le vide à supporter; dans le lit d’un système machinique qui doit tenir, quitte à broyer l’égalité, l’espoir et la pensée; là où les mots pour le dire s’effacent, désincarnés; là où l’affect n’est pas même une sensation, un vestige d’altérité; nulle parole aimante pour ranimer la vie, cicatriser l’abîmé. C’est là que naissent et vivent les monstres. C’est là qu’ils meurent aussi. »

Samuel Dock dans Huffington Post
Psychanalyste

Samuel Dock travaille au plus pres des jeunes en desherance, de sa présence et de sa capacité d’accueil de la parole, d’enseignement de la parole, à ceux qui n’ont pas appris à parler. En respectant les distances je trouve mon travaill proche du sien en ce que ceux qui font carrière en Entreprise apprennent à communiquer, et perdent ‘l’usage de la parole si tant est qu’ils l’aient eu un jour. Souvent, leur milieu d’enfance, fait de détresse mais point de misère, de transmission narcissique et toujours sans tendresse, préfigurait l’entreprise d’emprise, davantage que de conquête. Conquête individuelle avant d’être collective. Parole subjective avant d’être la clameur d’une foule inquiète. Inquiète selon l’acception de Cynthia Fleury. Engagée vers le progrès de la différence pérenne. Pour qu’ainsi naissent et meurent des hommes sans plus. Ou presque.

J’aime penser que dans chacune de mes séances je meurs un peu pour que d’autres vivent, et que le monstre que j’aurais pu être, sans être accompagnée et sans embrasser ce métier pour d’autres, ne dort que d’un oeil. Car c’est lui ma différence première et qui engendre celle des autres à partir de leur monstre même.