Préserver la nature d’aimer

Nous avions emprunté, de la côte, un chemin de douanes. De ceux qui creusent la terre au plus près de son bord. D’abord, ce furent des marches nettes, puis, une légère pente au bout perdu, dans quelques nuages et un rayon farfelu. Et j’aimais cette sensation, d’avec elle monter au ciel, sans prétention d’y rester.

En haut de la falaise, les herbes folles se couchaient au vent. Et c’est ce que nous fîmes. Elle, souche, et moi, de mes cheveux de vert et de bleu, la ramure improvisée.

Regarde le phare… – Lui dis-je un instant. Il était posé au centre de la anse, comme une bougie qui, de notre rencontre, célébrerait l’étendue. Si nous l’avions su. Que nous nous aimions depuis presque un an. Et peut être plus. Mais, hésitants, à l’aventure d’une saison encore nous croyions.

Août 2011

Et puis, depuis, quatre ans et demie.

C’est d’aventure que dure le duo. Mais le couple, oh, le couple, c’est de notre lanterne que nous le préservons. Chacun, ensemble. Et elle brûle doucement. Vacillante. Brave. Vivante de notre vivant.

Le collier rouge

imageIl m’avait dédicacé son Grand Coeur. J’avais pour cela rapporté en librairie mon exemplaire, neuf d’une semaine à peine, et il avait été impressionné par le nombre de pages cornées.

– Je corne les passages que j’aime…
– Vous avez alors beaucoup aimé !

Je viens de lire Le collier rouge, sorti comme alors, au printemps.

Je referme l’ouvrage et je n’ai pas corné une seule page. Désormais lorsque j’aime Rufin, je l’aime entièrement. Comme j’aime aimer dorénavant.

http://www.lexpress.fr/culture/livre/avec-le-collier-rouge-jean-christophe-rufin-fait-mouche_1503454.html