La psychanalyse en groupe, une analyse résolument contemporaine bénéfique à chacun de nous

Une société qui est fondée sur le lien et la collaboration pour dépasser des réalités complexes (le progres destructeur, la mondialisation et ses interdépendances, la guerre continue et les migrations) suscite des phenomenes de groupe très profonds qu’il est possible d’analyser autrement que jusqu’ici cela a ete fait, par des constat constats et des modèles scientistes, passifs. La psychanalyse de groupe nous concerne tous.

DG de l’association ASM13, Françoise Moggio ouvre le 1er colloque sur le thème de l’analyse ultime du groupe, de ses soubassements psychiques et affectifs, à niveau international, avec la participation de praticiens éminents de la Tavistok Clinic de Londres et du Centre homologue d’Athènes dont l’intervenant auteur de l’introduction qui va suivre est issu.Le partage est mené sous la forme de la Confrontation clinique, de l’analyse de cas et de la controverse professionnelle qu’ils suscitent. En psychanalyse, la clinique, la pratique, produit le matériau à partir duquel se construit la théorie.

L’Essor de la psychanalyse en groupe répond au besoin de représentations de l’organisation personnelle et collective.

Une société où dominent les projections et la mise en acte rend de plus en plus difficile l’analyse du transfert, de l’affect et des fantasmes, en rencontre interpersonnelle, en psychanalyse intime. L’expérience multi-personnelle sert à la compréhension de chacun.

Une société qui est fondée sur le lien et la collaboration pour dépasser des réalités complexes (le progres destructeur, la mondialisation et ses interdépendances, la guerre continue et les migrations) suscite des phenomenes de groupe très profonds qu’il est possible d’analyser autrement que jusqu’ici cela a ete fait, par des constat constats et des modèles scientistes, passifs.

La psychanalyse de groupe nous concerne tous.

Table ronde Intérêt et limites de la psychanalyse de groupe un siècle après sa création

Klimis Navridis aborde le cadre historique et le retour d’expérience.

Intérêt et limites pratiques groupales en milieu institutionnel

Grandes réformes psychiatriques du XX éme siècle – fondateurs

Le Petit groupe apparaît dès les fondations de la psychanalyse.
Initialement dans le Cadre psychiatrique hospitalier.
Bion et Foulkes, Ezriel en Europe.
Pichon Rivière Buenos aires.
La théorie psychanalytique se met à l épreuve du social et du préœdipien.

Bion et Foulkes, les pionniers :

Stupéfaits par leurs découvertes lors de l’expérience de Northfield pour la rééducation et la réinsertion des trans traumatisés de la Grande guerre.
La Composition multipersonnelle :

– Fait apparaître toute la complexité et la conflictualité de la réalité intrapsychique
– Genère des Phénomènes et dynamiques complexes

Il fallait une « extension », selon le terme finalement adopté par Käes, de l’ecole française, avec la révision de certaines notions et la création de nouvelles notions.
Les notions revisitées ont été celles de Transfert, objet, lien. Le transfert s’adressait à une figure de référence, prise pour les figures d’originé maternelle et paternelle. Ces figures sont des « objets psychiques » pour le sujet. Le lien est un lien affectif et cognitif, une demande d’amour et de savoir essentiellement « qui je suis ».

Le changement de cadre obligé à revoir des notions émergées dans un cadre différent.

Le dispositif groupal peut permettre de revivre des expériences refoulées et des émotions intenses. Il convoque un Affectif immédiat et pas uniquement un narratif qui ouvre sur cet affectif.

Dans la cure-type, unipersonnelle, l’Analyste reçoit des parties clivées du monde interne. Niées et pourtant agissantes au quotidien. L’interprétation permet à l’analysant de se les reapproprier.

Dans le groupe d’autres expriment verbalement ou dans l’acte des parties de l’émotion refoulée de chacun.

L’Objet interne est présent en tant qu’objet externe. Ceci met en difficulté certains participants qui seulement par la persévérance dans le lien pourront se reapproprier leurs pensées et leurs émois enfin réorganisés. Les nouveaux concepts sont ceux des enveloppes psychiques successives, du moi, de nous, du meta-cadre qu’est l’institution ou l’entreprise, et ceux des organisateurs que sont essentiellement les fantasmes qui agissent le groupe et qu’il va être possible de déplier dans le temps pourvu que le lien tienne. Le rôle de l’analyste, des co-analystes souvent, et d’encadrer le processus qui permet un tel dépliage plutôt que de laisser le fantasme envahir et détruire aussitôt.

 

Points clés de la spécificité de cette offre

1 Un cadre fiable et solide de réunions régulières permettant effectivement une sécurité et une liberté de parole avec l’accueil inopiné de transferts dissociés, agressifs et symbiotiques.
2 La possibilité de diffraction de ces affects sur les différents protagonistes y compris le groupe entier sans que personne s’en défende durablement.
Les mouvements transférentiels, les déplacements d’affects permettent la co thérapie, provoquent un travail de liaison intrapsychique progressive entre parties qui jusque là s’ignoraient.
3 ) Un lieu de reconstruction ou construction subjective par le dépassement des menaces et des angoisses surgissant des incorporats archaïques d’intrusion et d’effraction (vécu lors des premiers soins). Un lieu de dépôt en somme des parties non symbolisées de la psyché.

Des difficultés surgissent aussi. Le groupe n’est pas seulement matriciel, réceptacle, comme le voyaient Foulkes et Anzieu au prolongent du moi peau théorisé par ce dernier. Il est stimulateur comme l’ont su Kaes et Bion. Il est excitant. La présence réelle des menaces imaginées réveille de l’excitation ou bien paralyse, fige et retranche derrière des résistances.

Crainte de dépossession de la conduite
Crainte de la déstabilisation de la déstructuration psychique
Résistance à entrer dans un travail transférentiel dans lequel chacun est concerné, sans dérogation

De plus le groupe est lui même un incorporat au sein du cadre plus large économique et sociétal. Il est une crainte de devenir et demeurer un objet étranger non intégrable.

Comment concilier liberté expression et confidentialité sécurité

L’Animateur a aussi ce rôle d’interface, un rôle pas tant secret que discret, partageable. Nul besoin de leaders, besoin de médiateurs. Il s’agit de permettre tout un travail de pensée entre enveloppes emboîtées, entre parties clivées, dans un climat affectif primaire de persécution, de dépendance, plus que jamais. Sans une guidante, une prescience.

Learning from experience, apprendre par l »expérience selon Wilfred Bion.
Apprendre la psychologie. Développer nos capacités psychiques ainsi.
Ne pas développer en toute inconscience une Psychopathologie partagée, un lien par l’adversité comme celui des Gilets Jaunes, des femmes réunies en Metoo réducteur.

Reconnaitre individuellement la difficulté d’être humain auprès d’autres humains auxquels reconnaître l’humanité imparfaite.

Les animateurs, médiateurs, fournissent un travail inter-séances de groupe effectivement réuni, de corps et d’esprit, un travail d’analyse sincère de leurs propres affects croisés. Les vrais leaders d’une société contemporaine sont ceux capables de se livrer entre eux sur leurs responsabilités considérables et si réduites a la fois a l’échelle d’un seul.

Les nœuds institutionnels, quel dénouement qui ne serait pas de tomber dans les nœuds d’un autre ? D’une institution à l’autre il n’y a pas de singulier triomphant.

Bien enfoncer le ballon dans le but sans filet et sans cadre en même temps : – Je vous entends parler en tant que coachés et je veux saluer votre culture du coaching : vous en parlez comme nous le faisons.

On les a rassurés : – Vous pouvez parler comme cela vous vient. Les hésitations seront gommées au montage. Les blancs seront supprimés. S’il y a des incohérences dans le discours nous le réagencerons dans le bon ordre pour faire un Story telling parfait. D’abord nous allons filmer quelques plans d’ambiance de vous faire tous autour de la table. Vous pouvez parler de votre week end. La musique portera le message du travail décontracté. Ensuite chaque coach interviewera son coaché à propos des bénéfices du coaching. Nous viendrons aux plans serrés et aux plans croisés. Votre collaboration sera palpable dans cet échange de regards et de bons mots.

Ce sont des professionnels de l’audiovisuel. Jingle d’ouverture aux couleurs d’une grande association de coachs qui a dû les mandater pour l’occasion. Scènes de groupe où chacun apparaît hilare tout en baissant les yeux. Et cet enchaînement de feed-back que les coachs aiment tant alors que ce n’est pas l’objectif de résultats qui prévaut dans la profession, et que le seul moment de vérité peut être la supervision.

Le Président de l’antenne française de la Fédération ne peut pas s’empêcher de faire son Macron et il prend la parole au milieu de ces passes décisives pour bien enfoncer le ballon dans le but sans filet et sans cadre en même temps : – Je vous entends parler en tant que coachés et je veux saluer votre culture du coaching : vous en parlez comme nous le faisons.

Vous, nous, qu’est-ce que cette ségrégation dans l’univers de l’humain partagé qui culmine dans la confusion des places comme cela avait été bien préparé ?

Et je pense de suite à la même entreprise entre coach analystes et son groupe-analyse puisque jamais dans cette configuration on prendrait l’un pour le tout ni le tout pour un seul. Il n’y aurait pas de montage. Les blancs, les discours de traverse et les incompréhensions seraient le sel de la terre. Les participants se parleraient entre eux et nullement à l’adresse des analystes, au moins deux. Ils permettent cette parole libre. Ils respectent les soubassements difficiles pour chacun. Rien ne change. Tout paraît, et aussitôt disparaît. Chacun garde pour soi-même ce qui lui aura semblé être vrai. Et les analystes font de même, en ce qui les concerne, eux. La vidéo est sans intérêt. Il n’y a pas une longue liste de Name droping ni des félicitations par milliers, mais derrière son écran l’un ou l’autre envoie un message en privé à l’un ou l’autre des analystes « animateurs » de ce qui est un groupe suivi, engagé : – Je suis un peu comme vous tous et pour beaucoup je ne sais pas bien. Quelles sont les conditions pour vous rejoindre ?

Un fil de dates, un lieu de rendez-vous et un prix à payer pour ne pas rester en dette avec chacun comme les parents nous ont laissés. En vie. Vivants c’est moins sûr. Jamais coachés. Analysants.

– Vous vous trompez, me reprend l’un d’entre eux. L’analysante c’est vous.
– Vivant, analysant, c’est chacun. Mon métier est celui d’analyste. J’ai été et je suis analysante en ce qui me concerne. Jamais en ce qui concerne l’inaliénable autre. Promesse de ma liberté et de la vôtre.

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– Vous aussi vous êtes organisés en associations pourtant.

On ne m’y reprendra pas. Quinze années en multinationale m’ont appris davantage que tout coaching ou formation. Les associations de psychanalystes et de psychosociologues sont nombreuses. Diverses. Régionales. Locales. Au plus près des analysants. En échec permanent sur leurs lignes de défense. Aussi bien internes que sociétales. Instituantes plutôt qu’instituées. Le psychanalyste est celui qui ne peut compter que sur lui-même. Les nœuds institutionnels lui rappellent les siens. Et il tient par ce bout à l’une ou l’autre de ces communautés de chercheurs avant tout et pour un temps. Le dénouement est toujours proche pour chacun. Le singulier est alors une évidence de chaque instant.

Travailler en groupe d’analyse de pratiques d’accompagnement de pratiques de transformation

Appréhender la transformation c’est d’abord appréhender sa propre transformation en lien avec les autres. Le groupe de pratiques de transformation d’entreprise s’adresse à tout professionnel, interne à l’entreprise ou en tant que consultant externe, souhaitant prendre l’envergure que l’entreprise et plus largement aujourd’hui l’éco-système requiert.

Il y a peu de formations pratiques pour le coaching d’organisation, les projets de transformation ou la conduite de démarches d’innovation. Mais il y a un groupe de développement et d’analyse de pratiques animé par deux analystes et dédié aux professionnels de différents métiers : directeurs de la transformation, de l’innovation, consultants, coaches, responsables RH. Si vous en êtes c’est le moment du renouveau.

André de Châteauvieux et moi aimons à la fois intervenir en duo au cœur du changement institutionnel et former tous les acteurs, les initier à la complexité de la nature humaine et à ses ressources naturelles. Nous sommes chargés d’enseignement à l’université dans ces domaines : D.U. Executive Coaching à Cergy, Master Coaching à Paris 2, HEC Executive Education Coaching d’organisation.

Cela fait une année que nous formons des coaches et des consultants à constituer et animer des équipes intervenantes plus à propos pour ces interventions d’essence collective, et nous supervisons aujourd’hui les équipes qu’ils ont su constituer.

Nous sommes ainsi heureux d’ouvrir un groupe dédié au développement et à la supervision de tout professionnel, interne à l’entreprise ou en tant que consultant externe, souhaitant prendre l’envergure que l’entreprise et plus largement aujourd’hui l’éco-système requiert de nous, les acteurs de l’humain à la fois singulier et socialement engagé.

 

« Quel est le meilleur gouvernement ? Celui qui nous enseigne à nous gouverner nous-mêmes. »

Goethe

 

GROUPE D’ANALYSE DE PRATIQUES DE TRANSFORMATION D’ENTREPRISE Eva Matesanz & André de Châteauvieux

 

Pourquoi rejoindre un groupe d’analyse des pratiques de la transformation en entreprise ?

Plusieurs métiers sont concernés par l’accompagnement du développement solide et durable des organisations :

– Ceux qui font partie de la structure comme la fonction ressources humaines en tant que partenaire stratégique, les responsables et les directeurs de l’organisation, de l’innovation, de la transformation et, plus récemment, du “change”.

– Ceux qui font partie d’un éco-système, qui assument les fonctions de soutien des fonctions clés de l’excellence opérationnelle, du recrutement et de développement des talents, des « relations publics », sur les réseaux et en plateformes d’usagers et clients, véritables accélérateurs d’une transformation plus vaste.

– Ceux missionnés pour une exploration de terrain, les sociologues, les coaches et conseils en organisation, formés aux modèles scientifiques ou libérés, dont les interventions peuvent s’étendre de l’accompagnement de direction, de la restructuration, du plan social strict aux démarches participatives ; de plus en plus souvent sollicités pour accompagner une transformation suivie, rayonnante, en lien avec les acteurs internes et les partenaires naturels.

Si vous faites partie de l’un ou l’autre de ces collectifs d’appartenance au premier degré et que vous avez saisi l’enjeu de la collaboration, vous conviendrez de l’opportunité de rejoindre un groupe de partage de pratiques de transformation comme référent naturel.

 

Qui sommes-nous et pourquoi sommes-nous à l’initiative de ce groupe ?

Eva Matesanz et André de Châteauvieux, nous sommes à la fois analystes institutionnels, analystes de groupe et coaches de dirigeants et de leurs équipes. Nous sommes enseignants à l’Université et à HEC, en formation continue d’accompagnateurs professionnels issus des différents niveaux d’intervention cités. Nous avons ainsi, aussi bien une pratique de terrain, en constante évolution, des références épistémologiques en activité également – celles de la socio-analyse et de la psychanalyse contemporaines – et une pédagogie éprouvée, une capacité de transmission mais surtout, d’animation du savoir contenu et échangé au sein d’un groupe de professionnels : un savoir-faire et un savoir être intimément reliés puisqu’amenés à être pensés et incarnés, ce qui est le propre de l’analyse.

Nous publions régulièrement sur les avancées constatées et les recherches qui suscitent des vocations partagées. La pensée managériale et celle de son accompagnement nous semblent être bien pauvres si nous la laissons aux gourous d’un autre temps, comme le soulignent bien de penseurs que nous suivons et qui se renouvellent actuellement dans la pensée du sujet intimément relié à la pensée du social : François Dupuy, Vincent de Gaulejac, Roland Gori, Serge Tisseron et Elsa Godart.

 

Pour quels objectifs ?

  • Appréhender dans vos élaborations et vos comportements actualisés, vos “réflexes”, – souvent défensifs -, face à un collectif dans des situations sensibles pour vous.
  • Mieux comprendre pourquoi et comment vos outils d’intervention répondent ou non aux besoins du groupe en présence et aux besoins de l’institution.
  • Travailler avec les scénarios de base à l’œuvre dans chaque groupe et avec les ressorts des institués et de l’instituant à l’échelle de l’organisation ou de l’éco-système.

 

Selon quelles modalités ?

  • Travail expérientiel à partir des situations apportées par chacun ou suscitées par la dynamique de groupe.
  • Eclairages et apports théoriques centrés sur ces situations et à partir du travail d’analyse du groupe (pour mettre en évidence la compétence du groupe, favoriser d’autres modalités plus créatives).
  • Un parcours dans la durée et des sessions courtes (10 * 2 heures annuelles) et pour accentuer la prise de recul et la réflexivité (poursuite du travail sur soi entre les séances).

Le calendrier

  • 10 séances de 2 heures, d’avril 2018 à avril 2019 : 27 avril, 25 mai, 6 juillet, 14 septembre, 19 octobre, 23 novembre, 11 janvier, 15 février, 15 mars et 12 avril.
  • Horaires : 10h30 à 12h30

L’investissement et les modalités de paiement

  • Forfait annuel: 2 000 € TTC
  • Inscription sur règlement effectif. Places limitées. Travail en groupe restreint.

Le lieu

  • L’Atelier de l’Art de Changer – 5 bis, rue Chaptal – 75009 Paris.

Les références détaillées des intervenants

Ce cursus est animé en duo par André de Châteauvieux et Eva Matesanz. Tous deux accompagnent ceux qui dirigent, qui forment et qui soignent, les « métiers impossibles » selon l’expression consacrée. Leurs sources sont l’analyse institutionnelle et la systémique originelle, familiale. Ils enseignent à l’université pour des formations clés auprès des accompagnateurs et prescripteurs de coaching : Master 2 coaching et développement personnel à Paris 2, DU Executive coaching, individuel et d’équipes, à Cergy et HEC Executive Education CESA coaching d’entreprise.

Ils créent et animent en duo des cursus singuliers pour accompagner plus « au naturel » : « érotiser votre entreprise » ou la place des pulsions, des fantasmes et des interdits dans l’accompagnement professionnel via une supervision au plus personnel, telle qu’elle a été présentée lors de l’interview paru dans Psychologies magazine, Dossier « Coaching et psy », février 2018. Ils partagent enfin sur leurs travaux et leurs pratiques par l’écriture en continu d’ouvrages didactiques et de contributions à des ouvrages collectifs :

  • Dans l’intimité du coaching(Démos 2008), Le grand livre de la supervision (Eyrolles 2010), Le livre d’or du coaching (Eyrolles, 2013) par André de Châteauvieux.
  • Cent secrets des managers qui réussissent(Kawa 2013), L’art du lien (Kawa 2014), La psychologie du collaboratif (L’Harmattan 2017) par Eva Matesanz.
  • Erotiser l’entreprise, pour des rapports professionnels sans complexes(L’Harmattan 2018) par Eva Matesanz et André de Châteauvieux.

ART DE CHANGER                                                 L’ESPRIT LIBRE

André de Châteauvieux                                                Eva Matesanz

5 bis, rue Chaptal                                                          21, bd Haussmann

75009 PARIS                                                                 75009 PARIS

www.art-de-changer.com                                           www.ever-mind.fr

adechateauvieux@art-de-changer.com                   evamatesanz@ever-mind.fr

L’analyse institutionnelle et en équipe intervenante telle qu’elle a été démontrée pour et par HEC coaching d’organisation

Un atelier d’application à l’institution HEC, à l’équipe intervenante de l’enseignement en coaching d’organisation, à l’apprentissage expérientiel de la promotion 2018. Merci à eux tous et à bientôt.

C’est alors pour traiter la folie de la guerre des civilisations qui se perpétue aujourd’hui sur les terrains économique, écologique et social que l’analyse a été introduite dans les institutions, les assylum d’abord, les asiles de développement et de protection, puis les administrations et quelques entreprises ont vite saisi les équipes Cegos et ARIP d’intervention. Très vite vite aussi le constat est venu d’une guerre civile au sein même des institutions.

Si le personnel d’encadrement ne se soumet pas à un questionnement de ses pratiques et de son vécu, ce sont les patients, les employés, les clients qui s’épuisent contre la violence institutionnelle davantage qu’ils ne vivent la transformation qu’ils portent en eux.

Photo de couverture Paul Eluard à Saint Alban du temps de Francesc Tosquells

Ainsi, lors de mon intervention au près des apprenants de HEC j’ai posé deux questions simples : quel était votre fantasme en rejoignant cet établissement d’élite et pour le plus ambitieux des coachings, celui de l’organisation ?

Les réponses n’ont pas été très surprenantes. Chacun a pu évoquer son inconscience et la difficulté du parcours académique très intense (j’arrive en fin de parcours avec cette question des processus inconscients).

Comme dans bien d’autres formations de coaching certains réalisent leur propre détresse qui les pousse à s’armer de galons et de connaissances pour agir sur le terrain de l’entreprise au lieu de sur le terrain intime. Ou plutôt, dans une inversion de priorités puisque le terrain intime est labouré dans l’obligation professionnelle qui les tient.

Et ma deuxième question une fois que chacun se dépouille de manières et contre-façons : à votre avis, de ce que chacun de vous vient d’entendre ou n’a pas voulu entendre des autres participants, quel serait l’idéal du groupe que vous formez ?

Du fantasme à l’idéal, c’est le travail que je préfère, surtout à ce moment même où le groupe semble disloqué, chacun penché sur sa blessure ou dressé sur sa résistance.

L’une mentionne le rire – c’est la première construction idéale de l’enfant, elle ne le sait pas mais elle touche juste dans l’apprentissage que je leur suggère, j’aime bien rire moi-même -, l’autre mentionne le lien et les autres rêvent de passer à travers les cadres, l’un dit même qu’une fenêtre s’est ouverte. En ce soir pluvieux de mars, des rayons de soleil et de bises d’air encore frais alternent dans l’assemblée.

Ils se mettent à tisser ensemble déjà ce qu’ils pourraient être ensemble mais le temps imparti nous retient de développer comme je l’avais annoncé. « Vous aurez tout le temps de vous-mêmes, sans témoins institutionnels directs ». Ils vont initier en effet leur intervention grandeur réelle dans des institutions qui les accueillent en tant qu’équipes intervenantes. Il s’agit du stage requis pour obtenir le précieux label HEC Executive Coaching. Ils font institution désormais, équipe intervenante après avoir été équipe apprenante face aux intervenants variés dont je suis la plus externe.

Et je me tourne vers leur responsable pédagogique qui a assisté à la conférence et qui a ponctué avec soin jusqu’ici mes apports. Je lui avais demandé de rester comme moi à l’écoute de cette séquence d’analyse individuelle en groupe. Pour compléter l’analyse, nos interprétations d’équipe institutionnelle et intervenante sont précieuses. Il est nécessaire que quelque chose bouge en nous, en lui en moi dans nos liens, pour que quelque chose bouge dans le collectif adressé.

Avec Patrick, nous nous connaissons à peine. Je lui précisé de bien s’adresser à moi, c’est du relatif à moi qu’il s’agit. Qu’est-ce qu’il aurait vécu par rapport à moi pendant que les participants tissaient leur réseau associatif en toute liberté ?

Il me fait part de son trouble. De la surprise, le choc même qu’il a ressenti dans le ventre, de me voir recueillir des sentiments si profonds. « Je ne pensais pas ignorer à un tel point leurs attentes et leurs sentiments en étant exigeant puisque c’est à l’exigence rêvée HEC que je répondais et que je tente d’y répondre depuis déjà huit promotions !  »

Je lui fait part de ma gêne en ce même sens. Je suis souriante avec lui et me découvre conciliante. Je précise que dans d’autres conditions d’intervention où je suis davantage en confiance avec mon ou mes co-animateurs mon ressenti aurait été moins compréhensif, moins dans l’acceptation d’une telle divergence de sensibilité face à un groupe dont je suis venue chercher les sentiments derrière l’hostilité ou la lassitude que je percevais tout aussi bien.

Je me tourne vers « nos clients » et je ne leur demande pas de s’exprimer au sujet des faits intimes, par opposition aux faits externes traitées en Systémie et en TCC, échangés et qui auraient pu, qui auraient dû l’être hors scène de travail collectif.

C’est dans un souci de démonstration de ce qui peut être leur travail en équipe intervenante que j’ai fait ce choix de « quatrième mur » comme l’appelait Montaigne : laisser le public assister à la représentation qui le représente, prendre sa part sans rire, pleurer et s’en rager en se croyant indemne aussi bien de la société que de ses marginaux.

Mais c’est sur nous qu’ils vont faire les liens qui libèrent et dans un miroir de sorcière, rétréci et grandissant.

Dans un mouvement d’extrême lucidité chacun exprime sa gêne : c’est très apprenant mais j’avais l’impression d’assister à un échange intime en effet ; je me suis cru dans la chambre des parents ; moi dans celle de mes ados ! Je n’avais qu’une envie, c’était de passer de l’autre côté de la porte de cette salle et ne plus vous entendre.

Ils poursuivent encore cet échange « horrifié », habité tout simplement de « l’inquiétante étrangeté » que nous nous reconnaissons difficilement les uns les autres tellement nous magnifions ce qui nous ressemble et rassemble, alors que nos parents et nos enfants sont eux aussi faits de tout autre.

Patrick demande un dernier mot de feed back cette fois ci sur mes apports et sur le travail accompli. Il y a du soulagement bienvenu, de la reconnaissance pour la transmission puissante une fois la gêne partie et aussi de la perplexité chez certains que l’échange final n’a pas pu dissiper. Et ils le regrettent ou pas encore.

– C’est une question de temps et des fois c’est une question tout court. Merci. Je suis heureuse du travail accompli. – Je leur dis.

Patrick s’inquiète encore un instant, en me raccompagnant, de la compréhension et de l’acceptation de cet apport inédit à la formation très construite du coaching d’organisation, de l’analyse institutionnelle que je porte à l’entreprise comme cela est peu exposé et c’est dommage et il en a le goût aussi. L’inquiétude suscitée sur la formation impartie jusqu’ici vient de se déplacer vers une inquiétude sur moi et sur mon apport. Les intervenants Cegos et ARIP de jadis, qui ont cessé leurs interventions mal comprises pour faire le jeu de la continuité de l’entreprise, connaissent bien ce bannissement.

L’analyse institutionnelle c’est toutefois à pied d’œuvre comme nous venons de le faire que cela peut s’ancrer dans le terreau des accompagnements. Laissons faire le temps et laissons en suspens la question. Je viendrai ne pas y répondre régulièrement. C’est le processus qui compte et celui-ci est inconscient.

Le désir de masculin féminin en entreprise, triomphera-t-il de l’obscurantisme dans lequel plonge notre société, en ce point aussi désespérément globalisée ?

C’est sur la crête du double versant de ma recherche de la psychanalyse des limites, état-limites qui ont pris la place des hystériques du siècle dernier, et des limites institutionnelles, pour lesquelles il s’était développée une analyse institutionnelle qui se poursuit par la sociologie du changement (cf François Dupuis) et le coaching d’organisation, le fleuron du coaching HEC, que j’y réponds.

En cette période troublée, encore aujourd’hui endeuillée, j’apprécie qu’un très grand groupe français me consulte pour un colloque en date du 8 mars, à l’adresse de ses cadres, et au sujet du masculin-féminin en entreprise, de la mixité et de comment « érotiser l’entreprise » sans encourir dans le simple décompte. Et je prends le thème de front et en profondeur en quelques mots pour laisser place aux questions et aux situations. La nature humaine, le psychisme du sujet, et le cadre institutionnel, symbolique qui stimule et qui contient l’imaginaire collectif, ont tellement à se dire. Fertilisation croisée.

C’est alors sur la crête du double versant de :

  • ma recherche sur le terrain de la psychanalyse des limites, état-limites qui ont pris la place des hystériques du siècle dernier,
  • et des limites institutionnelles, pour lesquelles il s’était développée une analyse institutionnelle qui se poursuit par la sociologie du changement (cf François Dupuis) et le coaching d’organisation, le fleuron du coaching HEC,

que je réponds à cet appel à contribution comme cela suit.

 

« Sans la liberté de blâmer il n’est pas d’éloge flatteur. »

Ce mot d’esprit de Beaumarchais a porté la liberté de presse et la porte encore, en première page du Figaro longtemps dirigé par Jean d’Ormesson que j’associe dans mon hommage à ce bon mot. Les bons mots, les éclairs de génie, les Witz en langue allemande, la langue de travail de Freud, nous viennent tout droit de l’inconscient. Et en cela, ils portent notre désir haut et fort. Sur des sujets de société, empreints de gravité, ceux qui élèvent notre humanité partagée, ils donnent de la chair aux propos. Ils ouvrent l’esprit de chacun et transforment la communauté.

Les choses se compliquent lorsque les sujets de société partent du corps lui-même et plus précisément du bas du corps.

« La liberté d’importuner » comme un préalable heureux au rapprochement homme-femme et laisser à chacun ensuite le soin de prendre ses responsabilités ou ignorer ses vices, le doute aussi, bienheureux soit le doute, sur la seule question qui vaille – mais qui a commencé ? – annulent toute pensée. Les passions prennent le pouvoir et le discours devient radical, étriqué, comme pour étouffer ce qui n’a pas lieu d’exister : le sexe entre l’autre et soi. Et ce faisant on ne voit que ça. Et ça reste en bas.

Pour envisager le masculin-féminin dans l’entreprise comme dans la société, il me semble moi, femme et psychanalyste, ancien cadre dirigeant et analyste aujourd’hui des institutions, il me semble incontournable de poser d’abord la génitalité. La génitalité est le stade le plus avancé de notre psyché. Ça ne reste pas en bas.

Oralité, analité, phallocratie et génitalité ! Ce sont les stades psycho-affectifs et l’entreprise est la scène de l’affectio societatis, de la communauté d’affects. Même en voulant y rester chacun à sa technicité, reconnaissez que l’outil de l’autre ne vous laisse pas insensible.

Qu’est-ce alors que la génialité de vivre ensemble et entre sexes opposés ? Qu’est-ce très concrètement que la génitalité ?

L’enfant humain né prématuré et hautement érogène de ce même fait. Ce sont l’ensemble des organes en contact avec l’extérieur qui l’informent sur ses besoins : le nez qui permet le fouissement du corps de la mère, la bouche pour téter, les sphincters pour digérer et évacuer, puis la bouche se spécialise pour parler et les oreilles pour faire davantage qu’entendre, écouter, les yeux, pour tout comprendre à l’entour et pouvoir agir, avoir une vision, partielle, et une visée, humaine, susceptible d’être partagée.

Ce n’est qu’à l’âge de raison que l’enfant accède enfin à des représentations abstraites qui peuvent perdurer et à des sentiments complexes auxquels il va pouvoir donner une forme sociale et obtenir une satisfaction relative mais certaine. Il laisse derrière lui toute cette profusion de pulsions autant « sexuelles », de quête d’un autre, que « narcissiques », d’auto-conservation.

Le corps pulsionnel s’apaise temporairement. Cette période est dite de latence. Plus ou moins écourtée de notre temps par les multiples sollicitations d’une société de la performance et de la consommation.

Le corps sexuel s’éveillera à l’adolescence, à nouveau dans une dispersion des sensations jusqu’à atteindre la jouissance génitale, celle de l’organe sexuel, le pénis ou son fourreau. J’emploie à dessein ce terme pour le sexe féminin qui n’est qu’un pénis retourné comme le démontre si bien l’opération de l’orange* par Louise Bourgeois. L’art donne à voir notre savoir inconscient. L’art de la sublimation.

Ceci étant, l’un est pénétré l’autre est pénétrant. Mais aussi, l’une est réceptacle et l’autre est enfermé. Comment accepter l’autre en soi ou autour de soi au plus fort de l’autre et de soi-même ? Au plus plein, chacun.

Les malentendus actuels sont basés sur les pulsions partielles : l’autre me regarde, me touche, elle me donne à voir ses jambes, son décolleté, sa rage. Il n’y a pas de rencontre sexuelle. J’exclus le viol, c’est certain. Le meurtre aussi. C’est à la base de la civilisation de trouver d’autres expressions à nos oppositions dans la balance du désir : le sport, la danse, l’intelligence, la création.

Ce qui en entreprise ne peut surtout pas s’exprimer par les corps est fortement présent dans les psychismes, toujours latent dans l’inconscient qui occupe 90% de leur activité quotidienne.

Les jeux de pouvoir comme ceux de parité ne laissent pas de place à l’expression de cette véritable altérité que je tente d’évoquer. De plus, il y a en contexte institutionnel une difficulté macro-structurelle par rapport aux difficultés « micro » des relations professionnelles : l’institution elle-même est un acte de domination.

Chacun se soumet à une organisation, à un objet social aussi bien rentable qu’idéal, à une histoire qui influence l’activité présente qu’elle soit connue de chacun ou qu’elle le soit mal. Surtout si elle ne l’est pas.

Dans ce contexte, l’analyse institutionnelle nous apprend que nous sommes tous tentés par des actes de pouvoir comme des bouffées d’air, des vraies soupapes à la pression atmosphérique partagée, les cadres comme les collaborateurs. Le harcèlement inversé, je peux imaginer que nombre d’entre vous connaissent. Rien de plus violent qu’une victime, rien de plus fragile qu’un décideur. Hommes et femmes tous les deux.

L’analyse institutionnelle nous apprend aussi qu’il n’y a absolument aucune incidence dans la mixité des équipes. La bisexualité psychique à laquelle j’ai fait rapidement référence nous assure une répartition toujours équilibrée entre le « masculin » et le « féminin ».

Je suis moi même intervenue auprès d’un « vieux » Codir dans une institution financière vénérable à l’étranger, composé exclusivement d’hommes de tous âges mais avec un âge moyen plutôt élevé et l’enfant créatif et la femme y étaient aussi bien représentés que le mâle et la prudence bien installée.

Aussi, ne vous aveuglez pas de choix de façade pour produire des statistiques, de répartition des genres sur le terrain et à tous les échelons, rassurantes et/ou performantes, à nouveau « consommatrices » de ce que notre époque attend. Si vous parvenez à faire danser la diversité dans vos équipes et que vous faites des choix d’avancement, indépendamment des organes génitaux, la mixité suivra.

Comme dans la vie « réelle » nous nous brassons sans y prendre garde, ce serait de l’illusion institutionnelle que de croire à l’évangile de Saint Matthieu qui prône que Marie « ne connai(t) point l’homme ». Hommes et femmes s’y rencontrent sans but sexuel mais avec un but créateur pour peu que l’activité soutenue ensemble le soit de leurs affects individuels.

Il y aura des hommes et des femmes et chacun vivra à plein, comme dans les draps du couple génital il n’est pas question d’un « qu’est ce qu’on me fait ». Cela danse, dans les têtes et dans les cœurs. Cela s’ébat davantage que cela ne débat. Et la vie va…

 

*L’opération de l’orange de la main de la géniale plasticienne Louise Bourgeois

« Mais qui est-ce ? » disait son père, « est-ce que c’est Louise, est-ce que c’est Louison ? » alors qu’avec une peau d’orange savamment découpée il dessinait les formes d’un corps de femme et que, la peau détachée étant ouverte, brusquement surgissait, à l’endroit du sexe, l’axe blanc du pédoncule interne de l’orange formant un phallus qui transformait la femme en homme. Et le père s’esclaffait alors : « Mais non ce n’est pas Louise, ça n’est pas possible, Louise, elle, n’a rien là ! » (Louise Bourgeois, femme maison par Jean Frémont, L’Échoppe, p. 41)

Crédit images Kate Parker Photography comme à l’accoutumé