Entre deux

L’accompagnement des transitions est l’essentiel de notre métier de #coach #consultant #formateur
La méthode, sous différentes apparences prétendument libres et modèles protégés peut se résumer au constat d’un état actuel et d’un état désiré ou souhaitable suivi de l’évaluation des moyens ou des ressources mais aussi des manques et des pertes. Cet aspect émotionnel dit de deuil prend davantage de place dans les méthodes comportementales et cognitives qui jusque là se portaient vers l’avantage prétendu indiscutable du progrès et de l’efficacité. Le constat des petits pas effectués et de ceux faciles d’accès rythme ensuite l’accompagnement et valide sa réussite.

Pourtant, une transition naturelle nous est bien plus familière. Celle de nos apprentissages infantiles, celle de notre initiation à la vie adulte, celle de nos premiers choix professionnels et amoureux, celle de la paternité, celle de la prise de responsabilités ou d’initiatives créatives, celle de l’âge mûr, celle de la transmission accomplie. Nos clients et nous mêmes ne figeons pas d’une conception théorique et d’un suivi de projet ces véritables transitions.

Cassandre est maîtresse suppléante. Elle est appelée à remplacer la titulaire d’une classe double CM1 – CM2 dans la région toulousaine à l’issue du confinement. Elle prend de suite conscience de l’enjeu du passage au collège pour certains de ses étudiants. Pour les autres, après l’école à la maison, ces quelques semaines de classe sont l’occasion de retrouvailles et de quelques rappels des basiques de l’année en cours, pour se rassurer et partir en vacances en attendant le CM2, de retour dans le même établissement et les mêmes habitudes rassurantes.

Cassandre reconnaît la perte de repères des futurs collégiens, les doutes qui ont surgi pendant la période de crise sanitaire, les incompréhensions sur des sujets académiques rejoignent aisément les incompréhensions vitales et les incertitudes futures. L’enseignement varie peu mais cette reconnaissance et l’accueil de la parole, des questions, des représentations et des émotions aussi mouvants et divers, contradictoires et massifs soient-elles, modifie notablement sa mission.

Cassandre sait créer un espace et un temps transitionnels. L’école s’efface, le collège se dessine à grands traits, et ces enfants sont heureux de vivre au présent et non pas craintifs, colériques ou attristés dans cet entre-deux et peut-être à jamais.

entre les mains de Cassandre

Chacun dispose de ses propres « objets transitionnels » : ses rituels, ses besoins internes et relationnels, sa curiosité, son rythme. Imposer une méthode et un avancement collectifs nuit à l’intégration de ce passage. S’il n’est pas intégré, il n’a pas eu lieu et les prétendus retour arrière ou « élastiques » en langage coach ne sont que des fixations, intemporelles, d’aujourd’hui comme d’hier. De plus, il n’est pas de retour d’expérience mais une répétition de schémas installés sans esprit critique. Un nouvel environnement, d’autres outils, d’autres relations peuvent donner l’impression d’un changement. Mais en sixième à 11 ans ou à sa sixième mission à 41 ans tout en suivant à la lettre le programme, vous êtes malheureux au fond.

Avec André de Chateauvieux nous aimons nous saisir de cette période de transition généralisée, d’après covid, de prévision des effondrements successifs, économique, social, écologique et politique, dans le désordre, pour consacrer une journée atelier de vie et de formation à l’accompagnement de la transition, celle de nos métiers comme celle de ceux que nous accompagnons. Et si certains sont en CM1 ils peuvent toujours y assister. La transition est un état d’esprit qui bâtit une existence pleine, à chaque instant, avec nos proches, avec nos ressources et selon nos choix conscients et notre désir inconscient. Notre affectivité profonde s’exprime en continu sans tics et sans tocs, sans deuils insurmontables, sans choc. Chic alors ! Rejoindrez vous le mouvement ?

Le 31 août de 10h30 à 17h30 à une petite heure de Paris (50 minutes par le train de Bercy), en atelier de campagne buffet de midi compris. En duo d’animation masculin-féminin toujours. Participation financière individuelle de 240 euros.

La maison de famille

– Quand je vois Eva et que je lui parle et qu’elle me parle je ne te vois plus toi André. Et les fois où c’est au contraire toi que je vois, je l’ignore elle, et comment !
– C’est ce qui s’est passé lors de nos dernières séances…
– Oui. C’est ça.
– Et aujourd’hui je suis venue retrouver le Lilian d’avant.
– Comment ça ?
– Celui d’il y a deux ans. Celui qui parlait sans savoir ce qu’il allait dire. Celui qui quittait la Banque, mais pour quoi… Ce n’était pas une question. Celui qui retrouvait le terrain vague de son enfance, et de sa punition ensuite, à rester enfermé un bon moment ! Serait-ce ta répétition ?
– Je ne veux plus retourner et me retrouver comme il y a deux ans.
– André n’existait pas à tes yeux alors.
– Peut-être est ce mon défenseur aujourd’hui comme alors.
– Peut-être suis-je la tentation.

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– J’ai fait un black out. À la séance d’avant. Je ne sais pas où nous en étions dans mon échange avec André. Il ne m’en reste que la douleur au ventre et le vide au cerveau.
– Moi c’est mon fonctionnement. J’ai effacé des pans entier de mon histoire. Je n’ai par exemple aucun souvenir de mon temps d’enfant unique, avant l’arrivée de mon frère pour mes six ans.

Un coup dans le ventre de la mère assurément…

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– Et toi tu es l’aînée alors ! Moi je suis un entre-deux. Devant moi mon grand frère et derrière moi une petite mère, ma sœur je veux dire alors.
– Moi – ajoute le tiers pas absent -, je ne veux rien savoir de tous ceux qui arrivent après moi, pas qu’une sœur mais des cousins tous abimés d’étranges mots : l’alcoolisme, la violence, la démence, l’abandon…

Et ici c’est en fratrie qu’ils s’entendent à merveille sur le thème des « défenses naturelles » et de l’identité remarquable qu’ils partagent.

– Dites, pourquoi ne feriez-vous pas un Atelier de campagne en hiver ?
– Sur quel thème ?
– Peu importe. Pourvu qu’il y ait le feu à la cheminée…

Mieux que les défenses naturelles, l’étincelle de la vie ils nous ont appris.

Merci Sidonie, Victor et Lilian. Et à bientôt alors. Et d’autres comme vous.

Bienvenue dans « la maison de famille » que deviennent peu à peu cette longère et son verger dans lesquels nous vous accueillons, Andre de Chateauvieux et Eva Matesanz, à Sens. A un court rail de Paris. Loin devant sur le chemin de l’accompagnement. Au naturel. Vivement.

Il faut aussi être inconscient pour accompagner les dirigeants

magritte-inconscient-la-grande-guerre« Je me suis souvent senti plus petit parmi mes pairs. Mais au fond ma modestie m’a bien servi ici ! Et j’ai eu une belle progression dans le management… même si ça n’a pas toujours été choisi. »
Il est assis là, tout droit, au fond de son fauteuil ; il dirige une grosse équipe dans un business en développement et il déroule son histoire au coach :
– J’aimerais à présent prendre une Direction Générale sans plus me minorer. J’ai déjà des premières propositions. Mais j’ai peur de prendre le pouvoir. Et c’est là que j’ai besoin de vous… Mais déjà vous me faites un peu peur aussi…
Le coach, en écoute nomade, moitié ici, moitié ailleurs, sans autre outil que l’attention ultime à ses propres pulsions en présence du dirigeant. Et là, c’est un double élan qui l’anime : un désir de protection et, en même temps, de l’agressivité. Alors il aime questionner cette ambivalence :
– Vous m’avez dit tout à l’heure que votre mère était la secrétaire de votre père durant toute sa vie de patron et qu’alors il la malmenait sous vos yeux d’enfant.
– Oui… Et alors !?
– Et vous-même, aujourd’hui, vous devez avoir une secrétaire ?
– Oui ! Mais dans cette relation-là pas de répétition du passé ! Et il s’en étouffe un peu pourtant.
Il reprend sa respiration et poursuit  :
– Et cette femme-là est handicapée… Mais c’est vrai que je dois m’en séparer actuellement !
Et il y a alors sur ses lèvres tout à la fois l’esquisse d’un sourire et une grimace.

 

Lapsus ou pulsions qui affleurent, passages à l’acte ou évitements… C’est l’inconscient qui s’invite en séance ; et c’est cette matière-là, précieuse, indicible, vivante, qu’il s’agit d’oser nommer, pétrir, patiemment, doucement, avec chaque client.
Ainsi ce dirigeant-là a aimé progresser jusqu’alors en empruntant plutôt un rôle de soumission ; comme sa mère. Et s’il va plus ouvertement aujourd’hui vers son désir, s’il « prend le pouvoir », alors il a peur de devenir comme son père.
Mais au fond il est peut-être déjà l’un et l’autre !

 

Si vous êtes coachs expérimentés, superviseurs ou thérapeutes, alors Eva et moi on aime vous inviter à un atelier inédit et de rentrée :

 

L’inconscient, outil inné pour accompagner

Ce sera le vendredi 20 septembre à l’Atelier de l’Art de Changer à Paris 9.
Une journée ni clinique ni chamanique, dans un lieu propice au retour à soi, et animée sur le mode singulier de la supervision en groupe de pairs et en duo, pour prendre soin de ce que nos confrères psychanalystes nomment « l’inconscient instrumental ».

 

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Photo : L’inconscient selon Magritte, et ici « La grande guerre », 1964