Les nœuds institutionnels, quel dénouement qui ne serait pas de tomber dans les nœuds d’un autre ? D’une institution à l’autre il n’y a pas de singulier triomphant.

Bien enfoncer le ballon dans le but sans filet et sans cadre en même temps : – Je vous entends parler en tant que coachés et je veux saluer votre culture du coaching : vous en parlez comme nous le faisons.

On les a rassurés : – Vous pouvez parler comme cela vous vient. Les hésitations seront gommées au montage. Les blancs seront supprimés. S’il y a des incohérences dans le discours nous le réagencerons dans le bon ordre pour faire un Story telling parfait. D’abord nous allons filmer quelques plans d’ambiance de vous faire tous autour de la table. Vous pouvez parler de votre week end. La musique portera le message du travail décontracté. Ensuite chaque coach interviewera son coaché à propos des bénéfices du coaching. Nous viendrons aux plans serrés et aux plans croisés. Votre collaboration sera palpable dans cet échange de regards et de bons mots.

Ce sont des professionnels de l’audiovisuel. Jingle d’ouverture aux couleurs d’une grande association de coachs qui a dû les mandater pour l’occasion. Scènes de groupe où chacun apparaît hilare tout en baissant les yeux. Et cet enchaînement de feed-back que les coachs aiment tant alors que ce n’est pas l’objectif de résultats qui prévaut dans la profession, et que le seul moment de vérité peut être la supervision.

Le Président de l’antenne française de la Fédération ne peut pas s’empêcher de faire son Macron et il prend la parole au milieu de ces passes décisives pour bien enfoncer le ballon dans le but sans filet et sans cadre en même temps : – Je vous entends parler en tant que coachés et je veux saluer votre culture du coaching : vous en parlez comme nous le faisons.

Vous, nous, qu’est-ce que cette ségrégation dans l’univers de l’humain partagé qui culmine dans la confusion des places comme cela avait été bien préparé ?

Et je pense de suite à la même entreprise entre coach analystes et son groupe-analyse puisque jamais dans cette configuration on prendrait l’un pour le tout ni le tout pour un seul. Il n’y aurait pas de montage. Les blancs, les discours de traverse et les incompréhensions seraient le sel de la terre. Les participants se parleraient entre eux et nullement à l’adresse des analystes, au moins deux. Ils permettent cette parole libre. Ils respectent les soubassements difficiles pour chacun. Rien ne change. Tout paraît, et aussitôt disparaît. Chacun garde pour soi-même ce qui lui aura semblé être vrai. Et les analystes font de même, en ce qui les concerne, eux. La vidéo est sans intérêt. Il n’y a pas une longue liste de Name droping ni des félicitations par milliers, mais derrière son écran l’un ou l’autre envoie un message en privé à l’un ou l’autre des analystes « animateurs » de ce qui est un groupe suivi, engagé : – Je suis un peu comme vous tous et pour beaucoup je ne sais pas bien. Quelles sont les conditions pour vous rejoindre ?

Un fil de dates, un lieu de rendez-vous et un prix à payer pour ne pas rester en dette avec chacun comme les parents nous ont laissés. En vie. Vivants c’est moins sûr. Jamais coachés. Analysants.

– Vous vous trompez, me reprend l’un d’entre eux. L’analysante c’est vous.
– Vivant, analysant, c’est chacun. Mon métier est celui d’analyste. J’ai été et je suis analysante en ce qui me concerne. Jamais en ce qui concerne l’inaliénable autre. Promesse de ma liberté et de la vôtre.

**

– Vous aussi vous êtes organisés en associations pourtant.

On ne m’y reprendra pas. Quinze années en multinationale m’ont appris davantage que tout coaching ou formation. Les associations de psychanalystes et de psychosociologues sont nombreuses. Diverses. Régionales. Locales. Au plus près des analysants. En échec permanent sur leurs lignes de défense. Aussi bien internes que sociétales. Instituantes plutôt qu’instituées. Le psychanalyste est celui qui ne peut compter que sur lui-même. Les nœuds institutionnels lui rappellent les siens. Et il tient par ce bout à l’une ou l’autre de ces communautés de chercheurs avant tout et pour un temps. Le dénouement est toujours proche pour chacun. Le singulier est alors une évidence de chaque instant.

Comment travaille un psychanalyste en 2016 ?

Comment Travaille un psychanalyste en 2016 ?
D’après J.D. Nasio en Séminaire Psychanalytique de Paris, le 16 février 2016

Une présentation toute personnelle – la sienne, la mienne puisque mes notes d’après ma propre expérience la modèlent – et à laquelle du déroulement de la cure côté psychanalyste : l’accompagnant se sert de son inconscient pour soulager durablement la souffrance du patient.

Grâce à qui il est inconsciemment. Ce qu il est au plus profond et qu il ignore. Bien avant ce qu’il dit et ce qu’il fait, qu’il choisit de partager en conscience.

L’inconscient de l’analyste est pétri par sa propre analyse, puis celles des autres. L’analyse en groupe de pairs, la poursuite de l’analyse de son contre-transfert avec son superviseur. Ses recherches, ses lectures.

L’inconscient est assoupli, réceptif, contenant, relieur, créateur.

Comment travaillons nous avec cet inconscient ?

L’hypothèse d’une écoute analytique au delà des dires et des faits, sur le fil de l’émotion du patient, permet au psychanalyste de capter l’inconscient pétri lui de résistances, à l’aide de son inconscient capteur.

La captation est suivie d’une pensée singulière et d’une parole décisive : l’interprétation.

Ni l écoute ni l interprétation n auront de valeur que si elles apportent un soulagement

Écouter son patient n’est pas une disposition de l’esprit. L’expression d’écoute flottante correspond davantage à une écoute libérée, point passive mais bien active autour de ce qui est dit, d’aller au delà des mots, et surtout, sentir en soi l’émotion consciente et inconsciente qui sourde sous la parole.

Lorsque nous écoutons nous n’entendons plus rien, au delà des sons et des sens.
Nous entendons les mots mais nous écoutons l inconscient.

Étapes de l écoute

1) Bien avant que le patient émette le moindre son, le psychanalyste observe ses attitudes et ses comportements ; l’analyste est réceptif à tous les signes avec lesquels le patient communique.

2) Vient très vite la compréhension ou pas des paroles entendues : Quel fil tirer ? Est alors l’embarras. Un détail – impossible de savoir pourquoi celui ci et pourquoi là – attire l’attention de l’analyste. Il fait surtout silence en soi : il repousse ses états personnels, les éventuelles considérations théoriques. La concentration est une force d’inhibition et de déploiement d’énergie en un seul geste : celui au service du patient, en dépit de soi-même.

3) La pleine écoute : il s’agit de percevoir au sein de son silence intérieur (ayant quitté le moi de l’analyste) ce qui s impose : une scène, une situation scénique, une scène imagée venant de l’inconscient de l’autre. Plongé dans cette scène, le professionnel parvient dans une chaîne dissociative à ressentir en même temps qu’il est absent à lui même, ce qu’il éprouve en présence d’autre que soi. Absorbé en soi et en même temps conscient, lucide de ce qui se passe dans l’échange. Cet état dissocié du praticien, mélange de dépersonnalisation et extrême lucidité a été défini par Freud en 1923 :  » le psychanalyste se comporte de la façon la plus adéquate s’il s abandonne à lui même, s’il s’abandonne a sa propre activité inconsciente, évite le plus possible de réfléchir et d’élaborer des approches conscientes et capte l’inconscient du patient avec son propre inconscient. »

Il relève la trace d’une scène traumatique réelle ou imaginaire que le patient a oublié. Enfant battu, abusé, abandonné. Adolescent égaré dans son monde. C’est un fantasme qui surgit et qui exprime chez l’analyste l’inconscient de son patient. Le psychanalyste capte en lui même le fantasme. Il n y a pas de pont, de lien avec l’autre. Ce n’est toutefois pas de lui mais de l’autre.

C’est la réaction de surprise, le sentiment de dépersonnalisation à son tour et le silence dense du patient avant de commencer d’admettre : je n y avais jamais pensé. Et pourtant à l’instant il le pense !

4) C’est par ce qu’il y a eu identification, non par la connaissance mais par le ressenti émotionnel, une forme de double empathie envers l’émotion cachée du patient et celle manifeste dans le for intérieur du professionnel libéré du patient étant enfant : l’émotion inconsciente non reconnue par le patient. La rage souvent derrière la tristesse de l’adulte : la méchante tristesse de tant d’adultes. L’analyste s’identifie à sa créature imaginaire. Toujours pas au patient. Pas de lien, pas de pont.

5) L’analyste entre enfin en lien. Il interprète, produit la pensée de l’impensable et communique à l’analysant l’émotion qu’il vient de ressentir, au moyen de mots simples, clairs. Ou alors, c’est le choix du silence. Un choix de temporisation. Ce n’est pas que le praticien ne trouve rien à dire mais bien au contraire qu’il y a tant à dire et que ce sera progressivement. Afin de laisser au patient la protection et la liberté de son propre cheminement psychique.

Pour résumer le mouvement de l’écoute en quelques lignes :
Je fais silence en moi.
Je suis sensible à mon inconscient, à tout ce qui surgit en moi de différent.
Mon inconscient capte l’inconscient du patient.
L’inconscient de l’analysant m’apparaît comme un fantasme, dans lequel je choisis de rentrer, dont je ravive les traces, que je dramatise et que j’interprète ou traduis en un court récit que je communique au patient.

Interpréter c’est dire clairement a l’autre, dans un langage incarné, ce qu’il sait déjà mais confusément. Dans un langage désincarné. Sa parole d’enfant retenue, tue, mutilée, niée.

Pour qu’une écoute s’engage il faut avoir la volonté authentique de connaître le patient de l’ intérieur, tel qu’il s apparaît à lui même, ce qu’il ignore, ce qu’il vit, ce qu’il refoule. Je veux le connaître du dedans plus qu’il ne se connaît lui-même et de toute mon innocence.

Cette expérience de l’écoute ne se produit pas avec tous les patients ni à toutes les séances.

L’état d’écoute vient avec les années de travail. Avec des années d’écoute d’Autres, beaucoup d’autre que soi. Qui sont l’autre en soi,

Il n’y a le plus souvent pas de scène traumatique unique.

Il y a des scènes, une suite de micro traumatismes

L’enfant abusé souffre d’un excès de plaisir qu’il n’a pas pu vivre et qui lui confère sa névrose, Hystérique.

L’enfant maltraité a engrangé un excès de douleur qui lui confère sa névrose, Obsessionnelle.

L’enfant abandonné vit avec un excès de tristesse qui lui confère la Phobie de l’autre…

Caution sur l’honneur d’être coach

Je suis Conseil en relations Humaines, profession libérale. J’interviens en tant que partenaire extérieur auprès de Dirigeants de la petite et de la grande entreprise, auprès de la Direction des Ressources Humaines le plus souvent dans ce deuxième cas. Auprès de quelques Dirigeants de l’Innovation, de l’Organisation, Technologiques toujours, Humaines lors qu’ils osent le pas. J’ai une formation Ecole de Commerce et j’ai obtenu un Master en Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine. Je peux intervenir indifferemment en trois langues : l’anglais, ma langue de travail pendant douze années de management en multinationale, le français, ma deuxième langue depuis l’enfance, et l’espagnol, ma langue maternelle. Je le fais rarement. Mais cela rassure tant. Ce qui rassure aussi, Depuis quelques années où le coaching a lâché la revendication d’être l’accompagnement des bien portants, c’est de pouvoir avancer, par delà les connaissances et l’experience du management et de la communication, une approche certifiée de la psychologie humaine, une pratique professionnelle de cette approche, supervisée, partagée, validée par une association professionnelle. En ce qui me concerne ma pratique de coach analyste Senior vient d’être reconnue par une association professionnelle indépendante issue des métiers de l’accompagnement proposés par le Centre National des Arts et Metiers (mediation, facilitation, validation des acquis d’experience etc)
Depuis cinq ans des grands employeurs comme des employés courageux – associés ou managers sur demande privée – me confient des missions de transformation sur le long terme. Individuelles et Collectives. Je n’ai pas à « courir » aprés des budgets d’heures ou de journées. C’est ce qui explique la regularité de mes revenus. Parmi ses grands noms quelques prénoms prêts à témoigner (que je ne reprends pas ici publiquement)
(…) Auteur aux Editions Kawa (100 secrets de managers qui reusissent en 2012, l’Art du lien ou d’un nouvel humanisme connecté en 2014, et en preparation pour 2016 l’Art du lien collectif) je suis un acteur de référence dans mon domaine des relations Humaines. La voie du bouche à oreille et de la recommandation élargissent ma portée auprès des moins lecteurs, des plus déconnectés.
Enfin, j’ai rejoint lors du cursus 2014-15 l’équipe pédagogique du DU Executive Coaching de l’Université de Cergy Pontoise et me suis engagée pour dispenser 24 heures de cours chaque année.
Au terme de cinq années de création et de développement de mon activité, j’investis dans mon propre Cabinet…

Et ceci est le courrier qui m’a été demande par ma Banque, comme une attestation sur l’honneur de mon engagement et d’une activité qu’ils connaissent florissante, qu’ils ont soutenu au quotidien et qu’ils seraient heureux de soutenir dans le dur, l’investissement immobilier, avec l’aide d’un tiers mutualiste cautionneur. Même ici je depends de père et mère, d’une loi et d’un soutien. A suivre… Je vous dirai… 😉

la Compagnie des Superviseurs ou comment devenir coach-analyste

La Compagnie des Superviseurs, là c’est parti !
La première séance en groupe c’était mercredi dernier ; avec quelques défenses massives, genre « position méta », « jeux de rôle » ou « je vais te tirer les vers du nez »… Mais tout ça sans être dupe.

Cette compagnie-là n’existe nulle part ailleurs ; c’est loin des référentiels de compétences et de la bienséance, c’est comme une base de vie pour les compagnons de la supervision.
C’est pour tisser des liens entre psychanalyse et coaching, toujours ; et c’est l’un des parcours que, Eva & moi, on aime animer pour les Coachs-Analyste.

Et là, en partage, quelques indications pour faire route ensemble.

Bonjour,

Et merci à chacune et à chacun de votre intérêt pour cette compagnie-là qui ouvre un espace inédit pour le « métier impossible » qu’est celui de superviseur, tout comme ceux qui font profession de « gouverner, soigner ou enseigner » ; impossible car « garanti d’emblée d’un succès insuffisant », disait Freud.

Ce groupe est ouvert :

• à ceux qui animent des ateliers d’analyse de pratiques ou des groupes de co-développement, et ainsi supervisent déjà à leur manière, et qui souhaitent revenir aux sources de notre métier, s’inspirer de la psychanalyse et intégrer en particulier les jeux de transfert et de contre-transfert dans leur pratique ;

• à ceux qui supervisent un confrère moins expérimenté, ponctuellement ou comme mentor, et qui sentent bien alors le besoin de gagner en liberté pour offrir ça aussi à d’autres coachs ;

• à ceux qui démarrent ou créent une activité de supervision, en individuel ou en groupe, et qui souhaitent se former au contact, en situation, et toujours aux sources de l’accompagnement ;

• et aussi à des superviseurs déjà installés et heureux de pouvoir se frotter en groupe de pairs et se développer comme coach-analyste.

Notre ambition est de tisser ensemble des liens créatifs entre coaching et psychanalyse, et aussi, comme cela a surgi en première séance de groupe, d’animer une « salle de garde », comme les médecins, pour notre « hygiène » personnelle et comme une « caisse de résonance » sur des questions souvent taboues dans notre métier ; et puis, pourquoi pas, partager aussi nos travaux au fil de l’eau avec d’autres accompagnateurs sous la forme de questionnements ouverts.

Ce qui nous réunit pour l’instant c’est un fil de 9 séances sur l’année scolaire 2015-2016, avec aussi les différentes thématiques qui surgiront. Et, comme évoqué mercredi dernier, pour susciter la dynamique, nous avons pressenti quelques premiers thèmes :

• La « supervision sauvage », celle qu’on pratique sans lui donner encore le nom ni la forme d’une supervision, et qui est riche de révélations sur comment nous supervisons naturellement, avec la part d’idéalisation et d’inhibition qui corsète la pratique aussi. Et ne garder que le naturel alors.

• « La rivalité » ou sa facette plus glamour, l’idéalisation entre confrères et toutes les inhibitions alors ; parce que superviser celui qui fait le même métier que soi-même ne peut pas laisser indifférent au fond.

• « L’amitié » : pour les coachs qui demandent à leur superviseur de devenir leur ami pendant ou à la fin d’un parcours de supervision, et comme une manière alors de sortir de l’asymétrie de la relation.

Nous aurons le souci de laisser la place à chacun et sur tous les thèmes, nous travaillerons toujours sur du spécifique, sur l’analyse de la pratique et sur la singularité de chaque superviseur de la Compagnie.
L’investissement pour ce parcours est de 1500 € TTC. Cette somme sera réglée soit en totalité, lors de la prochaine séance en novembre, soit en deux fois : 500 € en novembre et 1000 € à la séance de janvier. Dans les deux cas, deux règlements seront faits pour moitié et pour chaque animateur : Eva et André.

Voici le calendrier des séances : 7 octobre, 18 novembre et 9 décembre 2015 ; 20 janvier, 24 février, 30 mars, 20 avril, 18 mai et 15 juin 2016.
Ce sera à l’atelier de 18h00 à 20h00.

La présence de chacun est requise pour l’ensemble du parcours. Toute absence sera remplacée par une séance individuelle et en duo avec nous pour préserver la continuité du travail, avec un supplément symbolique alors. Vous pouvez aussi introduire des séances individuelles en complément de la Compagnie si vous sentez que des situations sensibles n’ont pas de place dans le groupe.

La Compagnie des Superviseurs n’est pas un lieu de supervision de coachs ; alors chacun est invité à continuer d’être accompagné par ailleurs. Si vous souhaitez approfondir la pratique clinique psychanalytique, vous pouvez aussi rejoindre un groupe de supervision que nous animons en duo.

Vos dernières questions et règlements peuvent intervenir, brièvement, en ouverture de la séance du 18 novembre, et place au travail entre nous aussitôt !

Bienvenue à vous en bonne compagnie alors ; nous l’aurons aussi « mauvaise » parfois ; et au naturel toujours de notre accompagnement.

André & Eva

Cette compagnie-là n’existait nulle part ! Pour aller loin des référentiels de compétences, construire une base de vie pour les compagnons de la supervision. Wellcome on Board !