La place de la latence dans l’accompagnement de transition individuelle

Ce temps de latence que les accompagnateurs de transition s empressent de combler est d’abord le leur qu’ils chercheraient à fuire.

La transition s’assimile souvent à une mise en mouvement, d’une situation à une autre.  Elle est, pourtant et avant tout, une pause psychique permettant une véritable réorganisation intime. Nous l’avons développé dans le post précédent. Chez chacun de nous cette pause a pour prototype celle effectivement engagée entre 6 et 12 ans : la période de latence.

En transition, vous vivez un équilibre manifeste tandis que vous vous formez, vous faites de nouvelles rencontres et vous découvrez des voies de sortie toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Mais il sera toujours temps. Le temps ici est à la pause.

Vous deviendrez indépendant ou employé à bon escient. Vous ferez le choix de l’expertise ou du management. De la grande, de la petite structure ou du réseau.

Tout semble possible à nouveau tant qu’une nouvelle adolescence, le choc de la réalité, le temps des renoncements et des responsabilités, ne mettra fin à cette latence retrouvée à l’occasion de l’échéance certaine d’une fin de droits ou de congé.

Ce qui vous permet et permet à chacun de dépasser ou du moins limiter l’angoisse du passé, l’anxiété d’un avenir incertain, c’est une position défensive engrangée entre 6 et 8 ans : le renversement en son contraire.

Le retournement possible d’un entre-deux

L’enfant qui a peur se montre courageux ; celui qui est timide, se laisse gagner par les rires et par le jeu ; les rivalités de la petite enfance contournent la pente de la jalousie haineuse à la faveur des complicités ; l’amour exclusif dévorant se mue en tendresse et fierté.

L’adulte qui a fondé sa vie professionnelle sur l’exécution et l’obéissance s’essaye à la créativité et devient activiste auprès de ses partenaires métier. Celui, fort contributeur en équipe, se lance sur un projet personnel, d’écriture, sportif, constructif. Mais c’est surtout au niveau de l’humeur que cela reprend la stratégie défensive d’une enfance contrariée car il faudra la quitter.

Les 8 à 12 ans redoublent d’obéissance et de docilité. Ils tiennent à plaire aux parents ou plutôt à éviter de déplaire.

L’envie de réussir n’est pas primordiale. La peur est de ne pas compter ne rien peser. Ceci en phase de transition adulte est l’ordinaire du quotidien évoqué. L’inconscient est envahi de tensions psychiques. L’exigence interne est bien plus forte que les exigences externes même si par projection on les rend démesurées : j’ai un mémoire à rendre, je ne suis pas sûr d’obtenir l’accréditation, les autres personnes en transition que je fréquente en réseau sont tellement plus intelligentes, mûres, sûres d’elles.

L’enfant se déprécie de l intérieur sans le dire. Il a besoin de paraître surtout devant lui même. Il ne veut pas de miroir fidèle. Il craint de perdre l’affection, la sympathie du moins de son accompagnateur présent lorsqu’il est adulte et enfant.

Comment permettre l’abandon de cette attitude de transition et retrouver toute la complexité  de la pensée et des sentiments ?

Les comportements sociaux peuvent devenir naturels, compatibles avec l’intime et inaliénable conviction, ou épuiser le sujet. Le succès du pur coaching s’ensuit de dépression. Seul l’accompagnement au plus près, la reconnaissance des difficultés soulage et prépare le temps des accomplissements. L’acceptation des erreurs, la confiance en des réalisations à venir au risque de déplaire enfin, et déplaire aujourd’hui déjà à l’accompagnateur choisi, tout ceci engage et réengage dans la vie. L’accompagnement assez bon est subtil, continu et léger à chaque instant.

Ce plaire et ce déplaire ne sont pas de l’ordre de la séduction. Ces modes de relation n’érotisent pas l’objet. L’objet sexuel de l’enfant du premier âge était le parent, celui qui subvient à ses besoins et qui lui apprend le plaisir et le déplaisir ce faisant. Le désir n’est plus le besoin.

Lorsque l’objet sexuel n’est plus sexuel il devient objet d’identification. Et le désir devient désir d’œuvrer et de créer comme d’autres le font.

Work in progress but work

L’enfant de la latence selon la référence qu’est le vocabulaire psychanalytique établi par Laplanche et Pontalis est l’enfant de la distance, de la pudeur, du dégoût qui s’installe pour refuser de son propre corps tout ce qui pourrait lui donner satisfaction libidinale. Cette période de latence sexuelle est une pause psychique entre deux périodes intenses : celles de la petite enfance et de la grande adolescence. L’immaturité biologique semble expliquer ce temps d’arrêt et la fin du désir œdipien.

« …l’absence persistante de la satisfaction espérée, la frustration perpétuée de l’enfant qu’il espère (enfanter), contraignent le petit amoureux à renoncer à un sentiment sans espoir  »

Il a été tout, il ne l’est plus et il ne peut pas offrir le tout au parent adoré. C’es dans une de ses lettres à Fliess que Freud se confie ainsi.

Secondairement, les formations sociales, l’éducation, les limites imposées par les parents qui vivent leur sexualité ailleurs qu’avec l’enfant, se conjuguent au petit surmoi de l’enfant, l’instance de régulation interne.

Rien de tel est nécessaire lors des latences adultes et pourtant elles se caractérisent de mon expérience clinique, au cas par cas, par une baisse de la libido, par une recherche de l’autre qui cherche avant tout à préfigurer l’autre en soi.

Que les accompagnateurs – coachs de transition mais aussi les professeurs de tant de professionnels réengagés dans une formation, les tuteurs de l’entreprise ou des organismes sociaux, RH et conseils – que ceux qui côtoient de près ou de loin ces aventuriers méditatifs ne se trompent pas. Ce n’est pas le manque d’envie qu’ils expriment dans le peu d’intérêt qu’ils leur dédient ou plutôt qu’ils dédient à leur personne. Il ne s’agit pas non plus d’une stratégie ou tactique de recherche d’un rapprochement physique à la hauteur de l’investissement intellectuel ou pragmatique ou les deux. Regardez vous en premier.

Tous, enfants de la latence

Ce temps de latence que les accompagnateurs s’empressent de combler est d’abord le leur, qu’ils chercheraient à fuir faute de l’avoir à leur tour retourné dans tous les sens qu’il permet. Ce temps de latence est bel et bien pour eux un temps de psycho analyse, de mise au point de leurs affects refoulés. Et s’ils renversent en son contraire dans une latence au contraire prolongée, dont ils ne sortent pas depuis l’âge indiqué, il est temps pour eux de revenir aux élans sexuels assumés pour les placer hors terrain professionnel.

Ceci n’est pas une critique ou même une attaque, agressive. Ceci est mon choix de superviseur sur le champ professionnel, différent de ma responsabilité de psychanalyste dans le privé. La psychanalyse est un choix inaliénable, la supervision est un devoir inaliénable aussi. Puissent ces quelques lignes éclairer les accompagnateurs et les accompagnés en transition ce qu’ils vivent intimement, et faciliter leurs relations, véritable moteur nécessairement affectif du changement.

Ne m’appelle pas

J’ai lu ce chapitre le soir de mon intervention auprès des coachs, thérapeutes et managers, tous Capitaine, qui seront issus de la promotion 9 du DU Exécutive Coaching de l’Université de Cergy Pontoise.

« Le passé, c’est pas un cadeau. Moi, je vis avec et j’ai appris depuis longtemps à le passer sous silence. Et voilà que tu arrives avec tes questions. Pour tuer le temps, et un diplôme dont tu n’as pas besoin. On en était où avant que tu piques ta colère ? Patiente un peu. Un jour, la vie, elle te donnera les vraies raisons de te mettre en colère. Et tu t’étonneras de la violence en toi. Regarde-toi. Tu es belle. Tout va bien dans ta vie. Jusqu’ici tu n’as connu que des contrariétés. De faux soucis. Des souffrances de conte de fées. Écris-le à ton directeur de programme qu’au pied du Morne Dédé habitaient les Sajou. Des gens bien. À la époque, il n’y avait ici que des gens bien. M. Sajou, il avait quatre femmes pour lui tout seul. La mère et ses trois filles qu’il violait chacune à leur tour. Puis est venue une cinquième. Jolie comme ses sœurs. Ce n’est pas toujours une chance de grandir en beauté. Les autres voyaient venir le père. Un soir, l’aînée s’est barricadée dans sa chambre avec la benjamine pour la protéger. Le père Sajou a défoncé la porte et il a distribué des baffes avant d’enlever son pantalon. Alors, tandis qu’il travaillait la petite, l’aînée lui a crevé le tympan avec un clou. Un de ces gros clous avec lesquels on fixait les tôles en prévision de la saison des cyclones. Puis elle est allée dans la chambre principale où pleurait la mère et elle l’a battue à mort. D’avoir trahi son propre ventre. La chair de sa chair. Avec un rouleau de pâtisserie. Celui qui servait à préparer les gâteaux pour les anniversaires et les fêtes de famille. Après les policiers sont venus et l’ont enfermée dans un asile où sa rage n’est jamais tombée. Jusqu’à sa mort, dans sa cellule, elle a continué à faire une bouillie du visage de sa mère. Voilà ce que c’est que la rage. Et le petit Edouard qui se faisait battre par ses condisciples tous les jours à l’école. Le père, un malchanceux qui n’a jamais pu faire mieux qu’assistant chef de service, se vantait d’avoir un ancêtre signataire de l’acte d’indépendance et venir d’une lignée qui n’admettait pas la lâcheté. La famille ne crevait pas de faim, mais ne menait pas grand train. Deux filles, un garçon, et l’épouse qui ne travaillait pas. Les repas étaient maigres et les chaussures usées. Ne restaient que la dignité et la légende de l’ancêtre qui avait vaincu les colons pour se donner de la valeur auprès des voisins. Les pleurnicheries du fils et les ragots rapportés par les gamins du quartier sur ses déboires quotidiens au collège des pères spiritains versaient de l’ombre sur la légende. Un jour, pour faire comprendre à ce fils poule mouillée qu’on ne doit pas salir une image, surtout quand c’est tout ce qu’il nous reste, le père Edouard a enfermé son rejeton dans une pièce, en ordonnant à sa femme de ne pas se mêler d’une affaire entre deux hommes, descendants d’un héros, et il lui a foutu la raclée de sa vie en lui criant qu’il ne se tuait pas au travail pour envoyer un tambour dans la meilleure école privée du pays, que lui n’avait pas eu cette chance et avait fait ses humanités dans un lycée public où l fallait se battre pour trouver une place sur un banc. Le petit Édouard n’a pas pleuré… Fanfan a bien su sa leçon… Et le lendemain il n’a pas pleuré quand usant d’un compas, il a crevé l’œil du premier condisciple à s’approcher de lui. Apres ce geste, même son père a eu peur de lui. Ça se voyait sur son visage qu’il avait la rage. Que sais-tu de la rage ? Le passé, le présent, là où sévit le manque, c’est l’histoire secrète de la rage. si tu ne peux pas entendre ça, ne reviens pas. T’es fausses vertus. La charité bien ordonnée que ta mère a bien dû t’enseigner. Ton Dieu, peut-être, avec lequel tu mènes une conversation personnelle qui ne t’engage à rien en ce qui concerne les autres. De là où tu viens, les autres n’existent que lorsque vous avez quelque chose à leur prendre. »

Ne m’appelle pas Capitaine, chapitre neuf, Lyonel Trouillot, Actes Sud 2018

Ce livre est dédié aux morts
et à toi,
comme à tous ceux qui eurent le choix
un soir entre faire vivre ou regarder
mourir

J’ai lu ce chapitre le soir de mon intervention auprès des coachs, thérapeutes et managers, tous Capitaine, qui seront issus de la promotion 9 du DU Exécutive Coaching de l’Université de Cergy Pontoise. Et je me suis dit, c’est cela que nous avons réappris ensemble, à accompagner la rage de vivre avant qu’elle ne nous dévore.

Pulsions, idéaux, mises en lien, en moi et en mot, les apprenants se reconnaîtront. Et moi je continue mon cycle en école libre « les invisibles », en before work les 4 et 18 avril, les 16 et 31 mai. Les inhibitions inconscientes sont la priorité après une première session 2019 en mars dédiée au « traumatisme ordinaire » et à la résilience.

Les métiers de l’humain mettent sur le métier l’humain en vous, toutes écoles de pensée confondues. Tant que ça palpite en dessous. Et que la patience de vivre irrigue ce cœur en chœur ensemble.

 

En image de couverture Port-au-Prince, Haïti où se déroule cette a-fiction.

Les nœuds institutionnels, quel dénouement qui ne serait pas de tomber dans les nœuds d’un autre ? D’une institution à l’autre il n’y a pas de singulier triomphant.

Bien enfoncer le ballon dans le but sans filet et sans cadre en même temps : – Je vous entends parler en tant que coachés et je veux saluer votre culture du coaching : vous en parlez comme nous le faisons.

On les a rassurés : – Vous pouvez parler comme cela vous vient. Les hésitations seront gommées au montage. Les blancs seront supprimés. S’il y a des incohérences dans le discours nous le réagencerons dans le bon ordre pour faire un Story telling parfait. D’abord nous allons filmer quelques plans d’ambiance de vous faire tous autour de la table. Vous pouvez parler de votre week end. La musique portera le message du travail décontracté. Ensuite chaque coach interviewera son coaché à propos des bénéfices du coaching. Nous viendrons aux plans serrés et aux plans croisés. Votre collaboration sera palpable dans cet échange de regards et de bons mots.

Ce sont des professionnels de l’audiovisuel. Jingle d’ouverture aux couleurs d’une grande association de coachs qui a dû les mandater pour l’occasion. Scènes de groupe où chacun apparaît hilare tout en baissant les yeux. Et cet enchaînement de feed-back que les coachs aiment tant alors que ce n’est pas l’objectif de résultats qui prévaut dans la profession, et que le seul moment de vérité peut être la supervision.

Le Président de l’antenne française de la Fédération ne peut pas s’empêcher de faire son Macron et il prend la parole au milieu de ces passes décisives pour bien enfoncer le ballon dans le but sans filet et sans cadre en même temps : – Je vous entends parler en tant que coachés et je veux saluer votre culture du coaching : vous en parlez comme nous le faisons.

Vous, nous, qu’est-ce que cette ségrégation dans l’univers de l’humain partagé qui culmine dans la confusion des places comme cela avait été bien préparé ?

Et je pense de suite à la même entreprise entre coach analystes et son groupe-analyse puisque jamais dans cette configuration on prendrait l’un pour le tout ni le tout pour un seul. Il n’y aurait pas de montage. Les blancs, les discours de traverse et les incompréhensions seraient le sel de la terre. Les participants se parleraient entre eux et nullement à l’adresse des analystes, au moins deux. Ils permettent cette parole libre. Ils respectent les soubassements difficiles pour chacun. Rien ne change. Tout paraît, et aussitôt disparaît. Chacun garde pour soi-même ce qui lui aura semblé être vrai. Et les analystes font de même, en ce qui les concerne, eux. La vidéo est sans intérêt. Il n’y a pas une longue liste de Name droping ni des félicitations par milliers, mais derrière son écran l’un ou l’autre envoie un message en privé à l’un ou l’autre des analystes « animateurs » de ce qui est un groupe suivi, engagé : – Je suis un peu comme vous tous et pour beaucoup je ne sais pas bien. Quelles sont les conditions pour vous rejoindre ?

Un fil de dates, un lieu de rendez-vous et un prix à payer pour ne pas rester en dette avec chacun comme les parents nous ont laissés. En vie. Vivants c’est moins sûr. Jamais coachés. Analysants.

– Vous vous trompez, me reprend l’un d’entre eux. L’analysante c’est vous.
– Vivant, analysant, c’est chacun. Mon métier est celui d’analyste. J’ai été et je suis analysante en ce qui me concerne. Jamais en ce qui concerne l’inaliénable autre. Promesse de ma liberté et de la vôtre.

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– Vous aussi vous êtes organisés en associations pourtant.

On ne m’y reprendra pas. Quinze années en multinationale m’ont appris davantage que tout coaching ou formation. Les associations de psychanalystes et de psychosociologues sont nombreuses. Diverses. Régionales. Locales. Au plus près des analysants. En échec permanent sur leurs lignes de défense. Aussi bien internes que sociétales. Instituantes plutôt qu’instituées. Le psychanalyste est celui qui ne peut compter que sur lui-même. Les nœuds institutionnels lui rappellent les siens. Et il tient par ce bout à l’une ou l’autre de ces communautés de chercheurs avant tout et pour un temps. Le dénouement est toujours proche pour chacun. Le singulier est alors une évidence de chaque instant.

Coach d’un seul, coach d’une organisation toujours. Toujours poursuivre sa professionnalisation

La transformation récente des administrations publiques, celle des très grandes entreprises qui elles connaissent par coeur l’intervention du coach savant, devenu formateur avec la poussée réglementaire, celle des nouvelles pousses qui réinvente l’économie et le social, font appel aux compétences, au savoir être cette fois, des quelques coachs analystes et psychanalystes groupalistes qui font un travail remarquable sans être remarqué. Aussi discret que durable et en réelle profondeur.

Coach d’un seul, intervenant en organisation

Le coaching est par essence individuel. Un sujet issu d’une organisation professionnelle adresse une demande de coaching à un autre sujet dont le métier est de l’accompagner afin qu’il trouve en lui-même la ou les réponses à sa demande. Nous précisons qu’il ne s’agit pas de parvenir à une ou des solutions comme il ne s’agit pas non plus de réaliser un inventaire des compétences ou plus largement des ressources du dénommé coaché.

Ce qui nous intéresse jusqu’ici est la rencontre de deux subjectivités dont seule une d’entre elles cherche satisfaction. Le coach trouve sa satisfaction dans sa rétribution le plus souvent à la charge d’un tiers : le mandataire, souvent le responsable hiérarchique. Le correspondant des ressources humaines à un rôle séparateur entre le coaché et le mandataire. Il est le prescripteur d’une démarche et d’un ou plusieurs professionnels. Il représente à la fois l’organisation et le métier de l’accompagnement.

Le coaching est un processus rythmé par les rencontres entre le coach et le coaché. Les tripartites ou quadripartites qui rassemblent l’ensemble des acteurs concernés s’entendent hors coaching individuel. Ce sont des effractions de la réalité dans une transformation qui est singulière et qui aboutira bien plus tard que n’aboutit la période de coaching.

Lier connaissance(s)

Le travail sur soi auprès d’un professionnel est un travail de mise en lien. Il s’agit d’abord de tisser et d’éprouver le lien à l’autre, étranger à la réalité aussi bien psychique qu’objective du coaché. Ce lien se manifeste dans l’échange, verbal, factuel, mais aussi « affectif » pour ne pas dire émotionnel. L’affect est justement le désir d’être en lien, sans coloration préalable. Il s’agit là du deuxième niveau de mise en lien : dans l’échange, un récit se tisse qui associe des représentations et des sentiments, mais, le plus important est qu’il existe en superposition le récit de la relation même entre le coach et le coaché à l’occasion du récit que nous pouvons nommer « de base » et qui est la prérogative pleine du coaché. Le coach, comme cela est souvent répété, n’a aucune prérogative sur le « contenu ». Sa compétence s’exerce sur le cadre et par conséquence sur le processus.

Il existe dans tout coaching des moments, nombreux, où le contenu souhaité par le coaché est celui de parler ou d’agir sur le cadre. Ceci permet leur rencontre frontale. Il est tentant de rappeler le contrat ou de faire appel aux tiers : le DRH ou le responsable qui a engagé ce cadre, qui consiste, en toute simplicité, en un nombre d’heures, une fréquence, un lieu et une rétribution, quelques axes pour objectifs éventuellement.

Le coaching est individuel, nous le rappelons : il s’agit d’un face à face entre deux sujets chacun se vivant comme un être individué en relation avec un autre être humain parfaitement singulier.

Commenter les objectifs, les modifier, en supprimer, en rajouter, cela est un travail sur la demande individuelle, mais aussi, les retards, les séances amputées ou rallongées, supprimées, déplacées, sont des demandes très singulières. La différence avec l’esprit du coaching est que dans ce cas le coaché adresse une demande au coach puisqu’il ne peut qu’accepter, refuser ou même ignorer des tels agissements le concernant.

Cela suscite en lui des représentations et des affects. Il verse un contenu, le sien propre, dans le processus. Il n’est plus « contenant » ce qui est le rôle de tout accompagnateur : il est lui-même le cadre, il offre des limites aux contenus de son client qui autrement seraient souverains. Ils annuleraient de leur force le jugement, le choix et l’action de leur « propriétaire » en « open source ». La nature humaine triomphe de tout. Il s’agit nonobstant de faire oeuvre de culture, de répondre au cadre social : l’entreprise ici, ou l’institution. C’est pourquoi le coach individuel ne peux limiter sa professionnalisation au coaching individuel, il se doit d’être à tout moment le coach d’un groupe et d’une organisation.

Il n’intervient pas forcément dans un cadre plus large que les séances individuelles. Les tripartites sont essentiellement des moments de circularisation de l’information.

Les échanges avec le responsable des ressources humaines ou avec le mandataire notamment dans le cas du coaching interne sont des échanges qui concernent leur relation avec le coach. Les coachs expérimentés ne sont pas dupes. C’est la condition de la longévité de leur référencement et de leur pratique tout simplement. Les coachs novices l’apprennent à leur dépens.

Les connaissances du coach

Le coach individuel doit pouvoir se représenter le groupe « interne », la représentation psychique que le coaché se fait des acteurs qui lui sont proches ou même des acteurs qui détiennent le pouvoir institutionnel, plus lointain. Ce sont ces représentations qui sont « projetées » sur la personne du coach, c’est face au conflit dans lequel lui-même se trouve que le coaché place inconsciemment c’est-à-dire, en dehors de toute volonté consciente, son accompagnateur. Il dépose toute sa confiance en sa capacité à « se tirer d’affaire ». Sauf que le coaché est à la fois l’instigateur du scénario et le bénéficiaire ou la « victime » des choix que peut faire le coach en toute subjectivité. Nous avons écarté l’objectivité de faire appel au cadre.

En tant que bénéficiaire, il peut se sentir coupable, en tant que victime, il peut se trouver en détresse et exprimer sa colère ou se replier dans la mélancolie. Le coach se retrouve à nouveau dans un face à face lui permettant d’accompagner ces états affectifs, des états qui correspondent au stade du développement psycho-affectif plus précisément et qui se sont fixés faute d’accompagnement premier, celui de la mère, du père, du groupe familial.

Le coach peut ainsi recueillir lors de la « crise » des « objets » psychiques précieux, les objets que manie le sujet pour comprendre le monde et l’aimer :

– Les éléments du conflit interne qui inhibe son client peuvent s’entrepercevoir dans le choix des éléments du cadre « attaqués ».

– Le choix défensif inconscient est patent dans la régression émotionnelle dont il est le témoin.

Bien entendu, pour pouvoir se représenter tous ces familles d’objets qui lui sont plus ou moins familiers il est nécessaire que le coach soit lui même assez familier de ses propres éléments cognitifs, comportementaux et affectifs inconscients.

La supervision psychanalytique offre ce double travail sur soi et sur le métier d’accompagnant. La formation à l’accompagnement des groupes en institution permet de connaître aussi les éléments objectifs et subjectifs qui y sont présents invariablement. Les psychanalystes groupalistes et institutionnels offrent ces différents niveaux d’intervention.

Le cadre du développement du coach

Cette pratique existe dès l’origine de la psychanalyse. Les institutions ont fait appel aux nouvelles compétences freudiennes très tôt. Des élèves des élèves de Freud sont intervenus dès la fin des années 20 aussi bien dans des institutions sociales, des santé que dans des entreprises aux prises avec les idéologies marxistes et capitalistes en forte évolution. Seuls les américains, éloignés du théâtre des opérations, aussi bien guerrières qu’économiques, sauf en leur bénéfice, ont poursuivi la tendance que Freud avait combattu : celle du scientisme des comportements humains par le simple recueil d’information et le traitement des données qu’un début d’accélération des mesures et des calculs permettait, et qui faisait suite aux grandes explorations du XIXème. Terra incognita avait disparu les deux siècles précédents. Ainsi, le « coaching » savant et réadaptatif – même si l’adaptation se fait de plus en plus à un changement souhaité qu’à une problématique qu’on préfère oublier – ce « coaching » pleinement anglo-saxon a tenté sa réintroduction en Europe lors des triomphantes années 80 et il persévère en nos années digitales et neuroscientifiques. Il en oublie aussi bien la singularité et l’imprévisibilité de la nature humaine que l’illusion groupale constatée qu’elles que soient les avancées civilisationnelles. L’esprit cartésien des Français s’y retrouve. Les quelques percées du bien-être et de la spiritualité ne font que renforcer la rationalité combattue à armes baissées.

La transformation récente des administrations publiques, celle des très grandes entreprises qui elles connaissent par coeur l’intervention du coach savant, devenu formateur avec la poussée réglementaire, celle des nouvelles pousses qui réinvente l’économie et le social, font appel aux compétences, au savoir être cette fois, des quelques coachs analystes et psychanalystes groupalistes qui font un travail remarquable sans être remarqué. Aussi discret que durable et en réelle profondeur.

C’est pour eux que nous animons des groupes d’analyse et de recherche action. Que nous enseignons à l’Université du coaching et du management. Et que nous publions régulièrement : « Dans l’intimité du coaching » (Demos 2010) et « Le livre d’or de la supervision » (Eyrolles 2012) par André de Chateauvieux ; « L’art du lien » (Kawa 2014) et « La psychologie du collaboratif » (L’Harmattan 2016) par Eva Matesanz, et « Erotiser l’entreprise, pour des rapports professionnels sans complexes » écrit à deux mains et publié chez L’Harmattan début 2018. « Les Transformateurs Inconscients » est le titre de l’Opus en préparation à l’adresse de l’organisation. Mais soyez en plutôt les acteurs. Rejoignez notre groupe à la rentrée.

Ces derniers jours en peuple coach, journée d’études ICF Nord

L’entreprise érotique du coach est une remise en question de son désir singulier et du désir du peuple coach. Face aux évolutions sociétales, semblait dire l’ICF : osons !

Ils se sont inscrits à cet atelier expérientiel, tout en émergences, sans transmission ni objectif clair, car ils n’avaient « pas envie de prise de tête », parce qu’ils préféraient « se laisser surprendre ». Nous sortons de la conférence en plénière (200 participants) de Thierry Chavel avec toutes les injonctions du monde : soyez les coachs subversifs que demande notre époque.
Face à l’immédiateté, aux solutions sur étagère et aux échanges virtuels, soyez présents, suspendez votre geste, ne sachez rien, ne laissez rien passer, pas de conformité. On ne peut qu’être d’accord mais alors pourquoi êtes vous resté si loin ? De nous, de ce jour, du thème qui nous réunit tous : coaching et évolutions sociétales. Les relations humaines sont invariables.
Osons alors, et autre chose que le balancement des corps proposé par la coach en énergies si peu sexuelles que nous nous tenons tous plus raides les uns que les autres en rejoignant les salons.
Au seuil de la journée ICF 2018, Eva et André

Au seuil de celui qui nous a été attribué, une affichette rappelle « La révolution du coach », un préalable aux évolutions du coaching, saisie à notre sens entre désirs et tabous.

Nous sommes en petit groupe. C’est alors un travail de groupe que nous avons articulé sans ambition aucune de produire un manifeste défensif ni d’introniser l’un d’entre nous en Ché Guevara d’un jour.

 

Deux présupposés de base :
  1. Tout groupe se solidarise autour d’un idéal commun : le plus petit commun dénominateur des fantasmes projetés. Il devient le contenant, l’enveloppe groupale qui  fait écran, face au monde extérieur – aux coaches qui se conforment ou qui brandissent leurs méthodes comme un délire assumé -, et aussi entre les membres du corps social institué.
  2. Tout groupe, en tant que corps social justement, présente des zones de stimulation. Le deuxième présupposé s’attend à des passages à l’acte. À des pulsions qui s’affichent et qui cherchent satisfaction : circuit court ou circuit long.
Petit salon du Centre du Haumont ICF Nord

Nous animons alors la phase des émergences avec deux questions simples et un exercice confondant qui finit de tromper la raison et l’injonction.

Nous demandons à chacun de prendre la parole s’il le souhaite au sujet de son coach imaginaire. Nous précisons qu’il ne s’agit pas d’un « tour de table », que c’est comme dans un rêve : celui qui perçoit des images et des sons s’il le souhaite les profère. Au fur et à mesure que d’autres en ont, ils les superposent en fondu enchaîné.
– Ne vous souciez pas de la cohérence, ni personnelle ni de l’ensemble, ne vous occupez pas de qui parle et reparle, de à qui chacun s’adresse, de qui reste en retrait comme on vous le répète. Si la psychanalyse permet une chaîne associative, le groupe fait en toute liberté un travail psychanalytique : d’exploration authentique. Le tissu associatif répond à la complexité en présence. Celui qui parle, parle d’un autre, celui qui tait, protège un tiers, et au final tout se dit de ce qui nous réunit. Avant d’y aller, puisque nous avons beaucoup parlé souhaitez vous parler de quelque chose d’autre ? Vous ne vous connaissez de rien. Voudriez vous dire toute autre chose ? Puisque c’est entre vous que vous allez ensuite parler pour rien.
– C’est le rêve cet atelier ! Il est participatif sans nous y obliger. Vous nous invitez à parler entre nous sans nous parler. À parler sans rien affirmer en quelque sorte ! Ça tranche avec la présentation précédente alors que le thème s’y apparente ! Ça change du corps compact que la plénière a fait bouger à l’unisson, pour rester les mêmes au fond…
Et c’est parti. Chacun y va de ce qu’il ose ou n’ose pas dans son métier d’après son imaginaire du bon coach, pompé de ses modèles ou des expériences de vie. Et ça se parle, et ça ajoute quelques précautions par moments, quelques emportements aussi. Vingt petite minutes et c’est fini.
– Sans tenir compte du récit tissé ensemble, comment représenteriez vous, d’une image – un smiley -, ou d’un bruitage – beurk ou hihihi -, votre vécu ? Nous sommes aux « faits intimes ». Limitez vous si on peut dire au constat de vos ressentis qui vous sont tout personnels, justes en cela, sans les attribuer à l’extérieur.
Les interdits sautent déjà. Cela prend une tournure conflictuelle. Chacun cherche l’autre, celui qui a provoqué le rire intérieur ou la gêne, la déception, l’ennui même.
Cette séquence est encore plus courte. La deuxième phase est déjà là.
– Par quel passage à l’acte rétabliriez vous votre équilibre groupal ?
Il s’agissait de l’élaborer par la parole comme jusqu’ici nous voulions que ce soit, mais là l’une pousse une chaise restée vide on-ne-sait-pas-pourquoi, l’autre ne veut plus faire face au mur et se retournera et un autre encore s’assoit à même le sol et se déclare au repos de tout ce bal. Celle qui était restée silencieuse parle pour dire qu’elle ne peut parler en restant assise dans son coin, que cela faisait un moment qu’elle voulait prendre la tangente en effet. Les circuits courts semblent être préférés. Ils s’imposent à chaque subjectivité.
Sur ce nous faisons la pause. Nous leur demandons de ne pas se regrouper hors séance pour permettre à chacun de faire le véritable travail d’analyse au retour. Le sens intime de ce qui est recherché ne peut pas se faire sur le coup mais seulement dans l’après-coup.
Ils s’exécutent sans résistance. C’est comme s’ils ne souhaitaient rien d’autre à ce stade que de perdre de vue le portrait chinois que le groupe compose.
Entre animateurs, nous nous disons nos « faits intimes » et nos envies de nouvelle séance. Nous changeons de place aussi, nous exprimons de la peur et de la joie autant qu’ils l’ont fait. Chacun a pu sortir le monstre qui l’habite et le groupe reste entier. Il est notre partenaire sans en douter.
Une seule question pour cette deuxième séance : en quoi chacun de vous s’est vu faire ou dire ou ressentir quelque chose de très familier pour lui ? Quelque chose parmi toutes ces motions imaginaires et corporelles qui pourrait aller jusqu’à être un trait distinctif de sa demande la plus intime depuis l’enfance…
Une précision : pas besoin d’aller jusqu’à l’enfance, quelque chose de très présent par ailleurs qui se serait invité ici alors que nous nous connaissons de rien « fera l’affaire ». La profondeur que l’on suppose à la psychologie se trouve dans l’écume de tous les jours.
Sans aucune résistance, soudain, chacun évoque quelque chose de très personnel qui semblerait avoir sous-tendu son engagement dans ce travail sans les formes.
– Que pourriez-vous alors vous dire d’autre que ce que vous avez partagé dans un premier temps ? Celui qui parle précise à qui il pense s’adresser et celui qui écoute précisé s’il souhaite écouter celui qui désire lui parler.
Et ils se disent tout autre chose que ce qui les avait tantôt réunit ou opposé. Et ils reconnaissent chez les autres ce qu’ils sembleraient ignorer.
– La révolution première est celle de soi. Seriez-vous prêts après ce travail d’authentique cohésion à prendre des engagements créatifs en lieu et place des engagements « répétitifs » que nous avons vécus dans un premier temps ?
Il est difficile de l’envisager. Le temps de l’atelier est épuisé et tout engagement ouvrirait une nouvelle boucle d’inconfort. C’est cela le cœur qui fait battre  notre animation. Pour qu’un groupe collabore qui plus est dans le cadre d’une institution – l’ICF dans l cas présent -, il ne peut avoir de barbares ni de cocon : le groupe est un nœud conflictuel qui se revitalise en parcourant les mille et un nouages qu’il abrite et qui sont aussi dans le filet de l’institution qui le porte un instant.
Ce petit groupe a initié une onde de choc comme nous l’appelions de nos vœux dans notre conducteur, conflictuel entre nous, attractif et fécond ! Merci de tout cœur aux courageux – quelqu’un l’a remarqué – participants !

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Patrick Viveret avait ouvert la journée (ICF coaching et évolutions sociétales) avec une invitation à l’éros. Il a avancé les prémisses d’une stratégie érotique sociétale dans laquelle notre invitation à érotiser l’entreprise (L’Harmattan 2018) se glisse précieusement. Les composantes de l’atelier tissé ensemble – les fantasmes, les pulsions et les conflits névrotiques – en sont.

Face aux évolutions sociétales, quelle est votre révolution du métier de coach ?

En journée études ICF 2018 nous vous proposons de rechercher ensemble des réponses incarnées et quelque chose de vraiment changé en chacun de nous par la mise en mouvement collective de cet atelier animé en duo André de Châteauvieux et Eva Matesanz

« Transformation digitale, articulation de l’individuel et du collectif, intergénérationnel, intelligence collective et intelligence artificielle, environnementale, autant de (r)évolutions qui interpellent, impactent nos modes de vie, nos habitudes et nos cultures en tant qu’individu, collectivement et dans les modes de management des organisations. »

C’est ainsi que l’antenne Nord de l’ICF pose les enjeux d’une transformation du monde du coaching face à tous les bouleversements en cours. Car ce sera le thème d’une nouvelle Journée d’Etude à Lille, le 20 janvier prochain.

Nous y tenons un atelier quelques pas plus loin ainsi sur le fil de nos créations singulières et en duo : « Mars & Venus sur le divan » en 2012 et puis après : « L’inconscient un ami qui vous veut du bien » (Neuroscience & Coaching) ; « En quête de sens, enquête de soi » (Performance et quête de sens) ; « Quel accompagnement des managers pour l’entreprise réinventée ? » (Entreprise libérée).

Révolution du coach et évolutions du coaching, entre désirs et tabous

Eva Matesanz & André de Châteauvieux, psychanalystes et superviseurs

L’humanité est à un point de bascule et le monde qui vient nous met face à des modes de vie et des règles que nous ne connaissons pas encore. Tous les métiers de la relation, managers et responsables des ressources humaines, formateurs, consultants et coachs, sont plus que jamais attendus pour prendre part et donner vie à ces transformations. Et cela dans le respect des personnes, des ressources naturelles et du bon usage des technologies.

Face à ces défis, qu’en est-il de notre capacité d’évolution personnelle et collective ? En quoi notre expérience intime, l’histoire de vie qui fait de nous des accompagnateurs, et aussi nos mythes et nos rites d’une pratique du siècle d’avant, nous entravent et nous préparent ? Que faisons-nous de nos dynamiques inconscientes, des pulsions, fantasmes et névroses entre nous, que nous rejouons sur la scène de l’entreprise pour que rien ne change ?

C’est à ce niveau que nous vous proposons de rechercher ensemble des réponses incarnées et quelque chose de vraiment changé en chacun de nous par la mise en mouvement dans le collectif de cet atelier animé en duo.

Psychanalystes et coachs d’entreprise, superviseurs, enseignants universitaires, Eva Matesanz et André de Châteauvieux accompagnent en face à face et en groupe les évolutions humaines au plus intime. Des dirigeants de grands groupes leur font confiance et des acteurs de l’accompagnement se forment et collaborent avec eux en donnant de leur personne.
André et Eva publient en continu sur leurs pratiques à  travers leurs blogs et dans des ouvrages qui contribuent à la transformation du coaching. Leurs nouvelles avancées seront disponibles en janvier, en avant-première à l’occasion de ce événement dans un essai écrit à deux : « Erotiser l’entreprise – Pour des rapports professionnels sans complexes« .
Et pour vous, en pratique, à cet atelier de co-construction.

Caution sur l’honneur d’être coach

Je suis Conseil en relations Humaines, profession libérale. J’interviens en tant que partenaire extérieur auprès de Dirigeants de la petite et de la grande entreprise, auprès de la Direction des Ressources Humaines le plus souvent dans ce deuxième cas. Auprès de quelques Dirigeants de l’Innovation, de l’Organisation, Technologiques toujours, Humaines lors qu’ils osent le pas. J’ai une formation Ecole de Commerce et j’ai obtenu un Master en Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine. Je peux intervenir indifferemment en trois langues : l’anglais, ma langue de travail pendant douze années de management en multinationale, le français, ma deuxième langue depuis l’enfance, et l’espagnol, ma langue maternelle. Je le fais rarement. Mais cela rassure tant. Ce qui rassure aussi, Depuis quelques années où le coaching a lâché la revendication d’être l’accompagnement des bien portants, c’est de pouvoir avancer, par delà les connaissances et l’experience du management et de la communication, une approche certifiée de la psychologie humaine, une pratique professionnelle de cette approche, supervisée, partagée, validée par une association professionnelle. En ce qui me concerne ma pratique de coach analyste Senior vient d’être reconnue par une association professionnelle indépendante issue des métiers de l’accompagnement proposés par le Centre National des Arts et Metiers (mediation, facilitation, validation des acquis d’experience etc)
Depuis cinq ans des grands employeurs comme des employés courageux – associés ou managers sur demande privée – me confient des missions de transformation sur le long terme. Individuelles et Collectives. Je n’ai pas à « courir » aprés des budgets d’heures ou de journées. C’est ce qui explique la regularité de mes revenus. Parmi ses grands noms quelques prénoms prêts à témoigner (que je ne reprends pas ici publiquement)
(…) Auteur aux Editions Kawa (100 secrets de managers qui reusissent en 2012, l’Art du lien ou d’un nouvel humanisme connecté en 2014, et en preparation pour 2016 l’Art du lien collectif) je suis un acteur de référence dans mon domaine des relations Humaines. La voie du bouche à oreille et de la recommandation élargissent ma portée auprès des moins lecteurs, des plus déconnectés.
Enfin, j’ai rejoint lors du cursus 2014-15 l’équipe pédagogique du DU Executive Coaching de l’Université de Cergy Pontoise et me suis engagée pour dispenser 24 heures de cours chaque année.
Au terme de cinq années de création et de développement de mon activité, j’investis dans mon propre Cabinet…

Et ceci est le courrier qui m’a été demande par ma Banque, comme une attestation sur l’honneur de mon engagement et d’une activité qu’ils connaissent florissante, qu’ils ont soutenu au quotidien et qu’ils seraient heureux de soutenir dans le dur, l’investissement immobilier, avec l’aide d’un tiers mutualiste cautionneur. Même ici je depends de père et mère, d’une loi et d’un soutien. A suivre… Je vous dirai… 😉

Accompagner, être aux voltiges d’un lien, de psyché en psyché

Aux impasses du coaching, le coach lui n’a pas de limites
Jouer de l’Instrument psychique qui accompagne au naturel
Être aux voltiges d’un lien, de psyché en psyché

A l’infini

 

Le travail, labeur, sur soi, labourer ses affects, cueillir ses pensées, les uns enfouis et comme des herbes folles souvent jaillissants sans le souhaiter ; les autres peu élaborées, peu personnelles, limitantes, périmées, pauvres restes d’un hier trop infantile et très peu enfantin.

Le questionnement personnel enfin, en présence et en partage avec celui qu’on a choisi pour accompagnateur. Lui même surgissant « sujet supposé accompagner » de son vécu inégalable de sujet ayant été accompagné, et l’étant encore et toujours, s’il en a la densité d’un être jamais complet.

De telle sorte que l’accompagnateur, d’accompagné, se trouve naturellement doté d’une malléabilité psychique capable d’accueillir l’expression libre de tous les psychismes qui lui sont parfaitement étrangers : ceux de ses accompagnés.

S’il croit les reconnaître, s’il croit les identifier, mimes de son propre passé, ou si pour s’en protéger, il cherche à les faire correspondre à des types pré-classés, pouvoir les remodeler à travers les techniques les plus éprouvées, ou bien si, plus modeste, en écoute bienveillante, peu éveillée, l’accompagnateur se laisse prendre au déclaratif de chacun, l’impossible empathe d’un « je vous comprends si bien », diseur de la parole attendue trop attendue, du « feedback » stéréotypé. Si tout ceci, ou un peu de ce, il déploie, en lieu et place de ce que vit en lui sa psyché, il gâche son don. Il vend du mortier, prêt à figer.

S’il ne laisse pas son psychisme, s’en aller, à la confusion, le choc, l’émerveillement, le doute, les sentiments contradictoires, les envies inavouées ; s’il ne laisse pas la corne de son âme s’épaissir à s’y frotter, à la peau de l’autre, le « moi peau », l’âme-corps qu’il est, autant refusé qu’offert ; s’il se perd aux impasses d’un « coaching » plutôt qu’aux voltiges d’un lien, être psyché contre psyché, et l’accompagnateur paraît.

En paysage ses accompagnés. Infini de lui-même. Inconscient. Autres, libres et légers.

 

Barbarian coach

Un coach est celui, contrairement au conseil ou au thérapeute, qui n’a pas d’apprentissage à transmettre ni d’intention pour l’autre. Il est juste « en chemin » avec lui. Comme les attelages d’antan que le mot désigne.
Alors celui qui se dit coach, et qui vend des séances pour « réussir en indépendant », ou celle qui fait de « retrouver un emploi » le contenu de ses animations en groupe de prétendants, de qui, par delà de quoi, sont ils coachs ?
Ils sont coachs de leurs manques propres, c’est un classique désolant : suis je « bonne à rien » se demande intimement celle qui cherche son bon emploi sur le dos de ses clients ; « venez sous ma dépendance » car seul jamais je n’ai appris à grandir, hurle silencieusement celui qui veut imageréussir son coming out en famille.
Si un coach vous reçoit sans programme et vous donne la parole longuement, qu’il vous offre aussi la sienne, ses manques comme les vôtres, sans vouloir en rien les changer, juste les regarder, retrouver l’éclat et les nuages, comme l’œuvre d’une vie qui continue – nous subissons tous des pertes au long de notre existence, en enfance les plus lourdes, en maturité les plus fortes, et ce, pour mieux garder l’essentiel -, si un coach vous reçoit comme un ciel, embrassez le.

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Ces coachs là se retrouvent dans le mouvement tout aussi naturel et célestiale initié par Les 100 barbares, pour une nouvelle France, des sans plus de mérite que d’être soi. Et ces coachs là sont à suivre dans un espace qui ensemble actuellement se désorganise, celui des flibustiers du lien, aventuriers de la relation libre et tissée serre, de coeur hacker.

D’un espace à l’autre vous pourrez me retrouver : www.flibustiersdulien.fr

Le coaching c’est comme un spray magique sur un joueur de foot blessé

[ Le spray ça sera pas suffisant ]
– Le coaching c’est comme un spray magique sur un joueur de foot blessé, je lui dis.
Je lui dis ça parce qu’il se plaint de ne pas avoir réussi ce coaching. Eva vient de lui dire que c’était vraiment complexe au fond cet accompagnement qu’il nous raconte. Comme pour le soulager peut-être. Mais il a continué de gémir, de raconter comment il s’est planté.
Et là, il me regarde comme s’il attendait la suite de cette histoire de spray magique.
– Je connais rien au foot mais…
– Mais moi je connais, il dit.
Ça me met un peu la pression ces mots-là.
– Vous pouvez y aller, il ajoute.
Alors je continue :
– Ce genre de spray, il paraît que ça pourrait être de la poudre de perlimpinpin ou même de l’eau froide, mais ça calme la douleur, ça anesthésie… Et la blessure reste intacte !
– Oui, mais c’est aussi de l’induction alors, il ajoute.
-… ?!
– Oui, il y a un jeu de transfert de l’entraîneur sur le joueur blessé, quand même, il ajoute.
– Et il paraît que le foot c’est 90 minutes de mecs qui gémissent et se la jouent genre grands blessés ! Alors qu’il n’ont rien au fond…
C’est Eva qui vient de prendre la suite, là. Et je découvre qu’elle s’y connaît aussi en foot. Et elle continue :
– Et le rugby c’est 80 minutes de match entre des mecs qui sont explosés, cassés, en sang même, mais qui mouftent pas.
Eva semble s’y connaître aussi en rugby. Et en face de nous, le coach ne dit plus rien, ne moufte pas non plus.
– Et votre client, même s’il se plaint pas, il a l’air vraiment blessé, elle ajoute.
Et le spray magique ça sera vraiment pas suffisant, on lui dit.