Écosystémiciens du monde

Je vis à la campagne depuis quelques années. C’est ce qui m’a fait réfléchir à l’écosystémie nécessaire au genre humain. Bien loin des écosystèmes vantés dans le cadre de la French Tech et de bien d’autres nouveaux modèles d’exploitation de l’homme par l’homme. Ici, il est un véritable territoire à partager. Au sein de ce territoire le monde minéral, végétal, animal et social s’interpénètre sans que jamais cela puisse être l’exploit d’un seul ou d’une communauté. Chacun gagne, chacun cède. La mort fait partie de la vie. La mort de tout ou partie d’un être. Avez vous remarqué comme un arbre s’accommode de la foudre qui le scinde en deux ? Comme un rongeur traîne sa patte nécrosée sans l’oublier ? Chacun réapprend à vivre avec ce qu’il est à chaque instant, là où il est. La symbiose aussi est prodigieuse. Les êtres et les milieux se complètent. En temps réel. Pas de projet ni de levée de fonds miraculeuse qui se termine en vente lâche ou en croissance traître. C’est ce qui m’a donné envie d’écrire, avec quelques autres qui se joignent à moi, sur cette chance qui est la nôtre de réintégrer l’écosystème plutôt que de continuer de dresser les forteresses humaines qui s’érodent sous le soleil et les cyclones. À suivre si vous êtes des nôtres.

L’écologie de l’esprit

un Benalla sans limites, un Hulot privé de dynamique, un Gérard Collomb irresponsable, une Murielle Penicaud impassible, une Marlène Chiappa colérique, les mille et un visages de Macron se projettent trop fort dans ses équipes. Bienvenue soit la bombe écologique pour une écologie de l’esprit.

Tristement prévisible d’un point de vue psychosociologique cette affaire Benalla qui est une affaire de limites. Peu de choses à dire et encore moins à écrire et c’est alors d’une vidéo que l’affaire a été conclue.

Mais aujourd’hui une nouvelle bombe à retardement, la présence de Nicolas Hulot au gouvernement de la France livre son particulier feu d’artifice. L’homme n’est pas un enfant, l’homme ne manque pas de limites. L’homme se retrouve dans ce qu’il dit lui-même être un dilemme, un conflit intime. C’est si rare de nos jours de trouver dans la névrose du dirigeant, l’adulte dans son temps, le sens de l’histoire collective ! Ket de Vries lui aurait peut-être fait le portrait clinique. Pour ma part j’enseigne le questionnement tant du cas en présence que du transfert d’affects qu’il suscite : les identifications projectives ou créatrices.

Une place au gouvernement apporte une jouissance narcissique. L’impuissance au quotidien apporte une frustration qui peut-être bénéfique. C’est la recherche de solutions de compromis (Notre Dame des Landes, la Constitution, Aquarius) qui a animé l’action d’une première année sans grâce. Mais de rien ne sert d’affronter un à un et seul à seul les défis écologiques.

« Il me faut une équipe. »

C’était la demande princeps, une demande peu narcissique, l’acte fondateur d’une transmission politique. Cela est la demande qui clôt l’aventure d’un Ulysse.

 

Et je me dis à nouveau – un Benalla sans limites, un Hulot privé de dynamique, un Gérard Collomb irresponsable, une Murielle Penicaud impassible, une Marlène Chiappa colérique, aucune force collective – que les mille et un visages de Macron se projettent trop fort dans ses équipes. Une mère primitive et eux en identification projective ? Vivement le gouvernement libre d’Edouard Philippe – celui qu’il nommera cette fois ci avec un peu plus de sens politique, le sens de la cité et non d’un parti mort-né – et que la figure de père qui manque à Macron refasse irruption dans la vie publique qui a tant changé. Plus vite que ses représentants infantilisés.

Mais c’est peut-être Nicolas Hulot qui forme gouvernement ou en tout cas une certaine écologie de l’esprit.