Rêve de rentrée

Elle rêve. Entre draps en fleur de coton, elle traverse les nuits d’été au plus doux d’elle. Il sera temps, à la rentrée, de reprendre l’arme blanche de l’étrangère. Celui ou celle qui fraye chemins et jamais ne les fréquente.

 
Elle songe. C’est un mirage de lieu où sont barrées les dépendances. Seul le séjour est vaste et ouvert, et une douche le trompe. 
A l’italienne, au beau mi-lieu de l’instance.
 
A nu elle apparaît alors.
 
D’étoiles d’eau, de brumes et d’huiles, elle se prolonge. Longtemps, longtemps. 
 
Le regard baissé elle découvre au sol les poils et les plumes… De quoi et de quand ?
 
A la réalisation de son rêve, elle retourne alors. Et elle demande au cadreur des explications. Et depuis le poste de tournage, elle saisit l’étendue de la floraison. Rien de tel à son arrivée en ce lieu inventé ! Serait-ce dont elle qui aurait ici mué ?
 
La honte la saisit un court instant.
 
L’élan de tout effacer, de rendre propres les murs… d’un songe ?
 
image
 
Elle est encore nue quand elle quitte la pièce sans plus d’hésitation. En son rêve d’après elle s’en va chercher quelque habillement : – Ce n’est pas en vente Madame, ce lot, chemisier à fleurs et en lin. Celui qui l’a déposé n’a pas pris le temps de contractualiser son engagement.
 
Elle se réveille. Elle est nue toujours, entre draps en fleur de coton. Et lui aussi est nu. Et il dort. 
 
Sans les plumes ni les sceaux. Sans protocole gisants.
 
Et à la rentrée, qui sait… L’envol ?
 
 
 
Ryan Pickart is a painter from Lowell, IN, U.S.A. His work features portraits in oil bridging the gap between abstract and realism.

 

Sur la pointe des pieds

imageIl porte des chauve souris accrochées à sa poche avant. Et un sourire éclatant.

– Dis Eva, c’est comment quand on n’aime plus et qu’on aime encore ?
 
Je porte haut mes seize ans, pour lui qui, garçon de treize, ne voit pas le bout de l’éclosion.
 
– Dis Eva, l’oublieras-tu ?
 
Entremetteur du premier instant, il soigne le dernier tout autant.
 
– Dis Eva, et moi ? M’aimes-tu ?
 
Celui qui réconcilie à l’entour, voudrait tant être casseur et voyou.
 
– Dis Eva, ce que tu voudras, mais dis-le moi.
 
– Vingt-sept années plus tard je t’écris toi.