Formation-supervision avec Roland Brunner

Formation-supervision avec Roland Brunner pour accompagner par delà les façades et leurs craquelures en société.

La bocca de la verita

C’est le symbole que Roland a choisi en couverture de son dernier ouvrage, bien moins sage que ses prédécesseurs, portraits du narcisse, du dépressif et du manager.

« Psychanalyse des passions en entreprise », « Narcisse chez le psychanalyste » et « La psychologie du déprimé » en sont les titres officiels.

La bocca de la verita parle de Rome et de sa folie qui n’a dans la décadence que la perte de son humanité. Un peu comme notre monde actuel. « La folie à Rome » est un hommage à nos folies privées. Salutaires si engagées.

imageEt Roland me parle du film « Vacances Romaines’ pour quitter l’Antiquité et nous regarder encore mieux.

Sous ses allures de comédie légère, presqu’insignifiante, qu’il serait facile d’évacuer par une épithète de type film « plaisant », ou pire « gentil »), Vacances Romaines offre un regard pertinent sur l’artificialité des sociétés humaines d’aujourd’hui. Des entreprises aussi.

Ann et Joe, à leur manière, sont deux personnages ayant déjà échoué : elle ne connaît rien d’une vie qu’on a choisi pour elle – les premières images la montrent répétant inlassablement le même geste automatique -, tandis qu’il n’attend qu’une occasion pour s’extraire de sa situation, quitter ce travail trop léger de journaliste et quitter ce pays d’opérette.

imageLeur rencontre est en quelque sorte le point de convergence de deux fuites, et s’ils font office dans un premier temps de bouées de sauvetage l’un pour l’autre, il n’en demeure pas moins que leur relation se construit sur une succession d’apparences trompeuses, de mensonges et de faux-semblants : elle lui cache son identité par culpabilité, il ne la reconnaît que lorsque son patron le confronte à un autre mensonge mais décide alors d’utiliser avec opportunisme sa candeur pour obtenir un scoop, elle se fabrique une seconde identité (Smithy), il lui « vole » jusqu’à son image grâce à Son ami photographe.

Sans le vouloir, Ann finit même par confronter Joe à sa propre malhonnêteté lorsqu’elle lui assure qu’elle n’a jamais rencontré quelqu’un d’aussi « désintéressé », et le regard de celui-ci trahit alors ses dévorants cas de conscience.

D’une manière assez cruelle, quand bien même une affection bien réelle naît entre eux, ce n’est que l’image factice qu’ils se sont forgés de l’autre qu’ils aiment, et pour chacun d’entre eux, révéler sa véritable nature reviendrait à briser le charme. Leur escapade obéit donc presque à un réflexe de survie : la légèreté malgré tout, comme refuge ultime au désespoir.

Dans ses derniers instants, Vacances romaines atteint encore une autre dimension en refermant la parenthèse enchantée pour laisser le monde reprendre son cours. Si les rêves ne sont pas faits pour durer, la magie du moment, elle, persistera. Ann redevient cette princesse d’artifice, soumise au protocole ; Joe redevient ce journaliste un peu minable, incapable de s’extraire de sa situation… mais tous deux ont grandi d’entrapercevoir, quelque part, un bout de Paradis Perdu…

Amoureux ne peuvent pas s’entre-accompagner… Si vous accompagnez l’autre et que vous en êtes professionnel vous ne pouvez pas laisser passer l’instant où la cuirasse cède, l’instant où l’on touche à la profondeur humaine.

Pour ceci la connaissance des structures psychiques – névrotique comme le sont eux, pris entre ce qu’il faut et ce que je veux, mais aussi perverse et psychotique si des relations toxiques autour d’eux sont concernées – l’initiation aux fondations de nos comportements actuels et à venir, que non un profiling des comportements au plus banal comme le font les tests les plus courus, est à votre portée aussi !

Si vous avez déjà suivi une formation de psychopathologie et même avec Roland, pour ceux qui vous êtes formés à HEC, Paris 8 et Cergy, ce sont deux journées uniques que nous vous proposons ensemble, en petit groupe et en partage appliqué à nos cas en cours ou d’avant non élucidés. À vos cas à venir sans plus de doute, et accompagner sur des bases solides à votre tour.

Prenez place les 18 novembre et 16 décembre, au Centre de Paris, sous les gargouilles tout autant empreintes de vérité de Notre Dame.

De 10h à 17h et autour d’un déjeuner convivial.

Le forfait pour les deux journées est de 330 euros par participant. La réservation implique l’envoi d’un premier chèque de 165 euros. Le deuxième sera remis sur place lors de la session de novembre. Un booster accessible et réjouissant à vivre !

Soyez le bienvenus en cette vacance de tout ce que vous croyiez connaître, pour mieux connaître la vie.

Un peu, beaucoup, à la folie

Cela faisait un an qu’il m’avait envoyé ce curieux message par email : comment tu vas ? Moi j’écris sur la folie à Rome et Antique. Et j’avais trouvé cela chic. Aujourd’hui son livre est paru et il me l’offre, avec cette dédicace insolite : omnia vincit amor

La folie à Rome, Roland Brunner, L'Harmattan
La folie à Rome, Roland Brunner, L’Harmattan
Curieuse promesse alors qu’il est question, chapitre après chapitre, des maladies de l’âme et du corps pulsionnel archaïque, mais aussi de recherche et de civilisation. Les romains savaient déjà tout de l’inconscient. Si Roland dans son enquête a pu trouver tant de nous chez eux, c’est que Freud aussi l’avait fait. Mais Freud avait besoin d’une percée, plus scientifique qu’humaniste en son temps déboussolé, et il a sans doute préféré remonter de toutes pièces la machine à délirer. À partir de ses propres observations documentées. Puis ne pas parler d’amour, pas comme Roland le fait. Le réduire à l’emportement du transfert et du contretransfert et en analyser les effets. Le rapporter à des mythes plutôt qu’à l’humain trop humain.

Roland se prend à rêver, au bout du bout de ses lignes à un peu d’otium, fini le tedium vitae, au Palatin, un soir d’été. Et entre deux consultations de patients qui prennent leur temps pour ne jamais vraiment guérir, apprécier la présence d’une épouse qui lit Virgile auprès de lui, et avec qui il est si bon de ne pas mettre en péril le lien fragile…

Omnia vincit amor
L’amour triomphe de tout
Cédons à l’amour

Céder à la folie en coaching

« À Eva, Omnia vincit amor »

La folie à Rome, Roland Brunner, L'Harmattan
La folie à Rome, Roland Brunner, L’Harmattan

C’est la dédicace qu’il a écrit de sa main le jour même à l’endroit de mon cœur. C’est pourtant osé de m’offrir son tout dernier ouvrage dont l’intitulé « La folie à Rome » et la couverture en clairobscur de la bouche de vérité feraient frémir plus d’un.

La citation d’origine (Virgile, Bucoliques X, 69) est : Omnia vincit amor et nos cedamus amori.

L’amour triomphe de tout et cédons à l’amour.

Et c’est à une nouvelle collaboration avec lui que je vais céder, et oser apporter à nouveau en peuple coach apeuré d’humanité – toujours plus de grilles, d’outils et de temps compté : ce sera huit séances pas plus et vous suivrez mon protocole usé, pardon éprouvé -, ce que nous savons de tout temps et ce que l’homme est : folie pour être vrai.

Une folie, folia, feuilleté. La psyché s’organise par superposition d’affects et de pensées. Le feuilleté psychique pour être équilibré a autant besoin de se tenir que de s’aérer. Qu’il le fasse par la névrose, structure psychique de la « normalité » ou par la perversion ou même la psychose cela change tout à la vie.

Cultivons nos névroses, et celles de nos clients, comme des folies douces à souhait. Apprenons à discerner folies circulaires, relations toxiques et environnements mortiferes, pour nous et pour nos accompagnés.

C’est de la psychanalyse ! Diraient d’aucuns. L’ouvrage à venir de Roland Brunner toujours – Coaching & Psychanalyse -, devrait concilier le tout.

Et pour l’heure, lui qui se produit peu mais qui reste maître en pédagogie de l’âme humaine en toute bonne formation de coaching, Roland Brunner nous reçoit en son Cabinet pour deux jours où vous saurez alors tout. Et vos cas les plus épineux – actuels ou anciens non digérés -, en sortiront élucidés comme lui seul sait le faire.

Cédons à Roland.

Places très limitées. Réservez dès aujourd’hui. Paris Notre Dame le 21 Octobre et le 18 Novembre sont les dates pressenties. Merci.

 

illustration de couverture Don Quichotte par Éric Migom

À deux se perdre, à trois être chacun

 

Elle se perd dans la folie privée du père. À chaque fois qu’elle tente de l’approcher.

– Avant il me fallait au moins une semaine pour retrouver mon énergie après un échange avec lui, même téléphonique ! Aujourd’hui je sais que ma journée d’après sera  » sacrifiée « . Bientôt, peut être bien que, avec le travail sur moi qu’avec vous je fais, je parviendrai à m’exposer et rester entière.

C’est d’une angoisse de morcellement dont souffre le père…

Moi aussi j’ai été très  » puzzled « , du terme anglo-saxon qui illustre si bien la confusion, aux débuts de son accompagnement. Elle porte en elle la deliaison qu’elle honnît.

Aujourd’hui, je parviens à rester sur mon centre à moi, et à l’approcher avec moins de dispersion, de par mon propre travail de longtemps et de supervision de coach.

En somme parce que j’ai  » tertiarise ».

J’ai ouvert notre relation, susceptible pour l’une et l’autre d’archaïque fusion, en termes mère-fille, interdite pour la part du père qui aussi transite, à un tiers superviseur. Cela fait partie de l’hygiène de l’accompagnateur, de la déontologie de la profession, mais surtout d’un besoin humain fondateur et important : ce n’est qu’en triangle relationnel que l’on quitte l’opposition-perdition entre l’un et l’autre, et que la liberté de l’un et de l’autre jaillit.

L’enfant sépare père et mère autant qu’il ne les réunit. Père sépare mère et enfant et ainsi les réunit autrement. Mère donne au père sa place et la relativise en même temps. C’est le triangle relationnel originaire. C’est le triangle fondateur toute notre vie durant.

Ce triangle identificatoire se perpétue d’après moi davantage en triangle romanesque de René Girard, par les découvertes des neurosciences attesté, qu’en triangle dramatique de Karpman trop mécanique à mon goût de liberté.

La philosophie de René Girard fait place au désir de chacun qui peut s’exprimer à la vue du désir de l’autre pour un tiers. Neurones miroir connectées. Et créativité alors de tout un chacun pour faire vivre ce désir en acceptant ses propres limitations et la différence d’autrui.

En mon cas précisément, lorsque, de Katherina à mon superviseur, je parle « cela parle » à la fois d’elle, et de lui à qui je parle, et dont le « supposé de moi » module mes dires avant même qu’il n’en dise lui-même quoi que ce soit. Et bien souvent à l’encontre de ce qu’il me dira.

Ce qui « me dérange » en elle, est dérangement de moi. Ce à quoi, lui, il m’appellerait est exigence de moi.

Puisqu’en lui parlant d’elle et moi, de lui et moi, je ne lui parle QUE de moi pleine.

Aussi, lorsqu’elle Katherina, me parle du père, visiblement prise en un affect « limite » – au bord de sa folie privée à elle, et donc au bord de l’analyse -, elle se rassérène aussi. Et par les tours et détours de la libre association d’idées c’est à la relation à son frère lorsqu’ils étaient enfants, hors danger adulte violent et sexuel, qu’elle en vient.

Je saisis ce cheveu d’ange, pour expliciter ces affects, un-pensables et inter-dits, qui aujourd’hui encore la nouent à Lui. Le père.

– C’était comment physiquement entre votre frère ainé et vous ? Des bagarres ? Des mamours ?

– Ah non… Des câlins jamais. Des empoignades souvent. Nous aimions jouer ensemble au grand méchant…

Et c’est curieux, me vient de suite à l’esprit un souvenir enfoui. Était-je petite que sous le lavabo j’avais fini. Et en me relevant je me suis ouvert la tête. J’étais ouverte à lui.

Fantasme inconscient affleure et, confiante de la tertiarisation que l’accompagnement libre permet, elle poursuit :

– L’autre souvenir qui me vient correspond à l’adolescence et là je me suis ouvert la jambe contre le tranchant du lit.

– Seule ou en présence du frère ?

– En pleine bagarre aussi. Je le lui ai caché je crois. Il n’a rien vu j’espère. Cela saignait terriblement pourtant et je me suis soignée, en cachette toujours, là où points de suture, comme la première fois, auraient été bien nécessaires !

C’est ma mère qui, malgré mes effets de jupe ou peut être à cause de cela, a découvert la plaie quelques jours plus tard.

Tertiarisation originelle retrouvée et réussie peut apaiser la rencontre avec le père ; peut permettre la rencontre avec l’amant d’aujourd’hui.

Ces deux scènes, de l’enfance, et du sang d’adolescence, contiennent à elles seules Katherina face à Lui. Et Katherine face à Elle. Katherina femme pleine.

Et moi je vis, à travers eux deux, cliente et superviseur, père et mère, ma plénitude à moi aussi.

À suivre…