Le coaching c’est comme un spray magique sur un joueur de foot blessé

[ Le spray ça sera pas suffisant ]
– Le coaching c’est comme un spray magique sur un joueur de foot blessé, je lui dis.
Je lui dis ça parce qu’il se plaint de ne pas avoir réussi ce coaching. Eva vient de lui dire que c’était vraiment complexe au fond cet accompagnement qu’il nous raconte. Comme pour le soulager peut-être. Mais il a continué de gémir, de raconter comment il s’est planté.
Et là, il me regarde comme s’il attendait la suite de cette histoire de spray magique.
– Je connais rien au foot mais…
– Mais moi je connais, il dit.
Ça me met un peu la pression ces mots-là.
– Vous pouvez y aller, il ajoute.
Alors je continue :
– Ce genre de spray, il paraît que ça pourrait être de la poudre de perlimpinpin ou même de l’eau froide, mais ça calme la douleur, ça anesthésie… Et la blessure reste intacte !
– Oui, mais c’est aussi de l’induction alors, il ajoute.
-… ?!
– Oui, il y a un jeu de transfert de l’entraîneur sur le joueur blessé, quand même, il ajoute.
– Et il paraît que le foot c’est 90 minutes de mecs qui gémissent et se la jouent genre grands blessés ! Alors qu’il n’ont rien au fond…
C’est Eva qui vient de prendre la suite, là. Et je découvre qu’elle s’y connaît aussi en foot. Et elle continue :
– Et le rugby c’est 80 minutes de match entre des mecs qui sont explosés, cassés, en sang même, mais qui mouftent pas.
Eva semble s’y connaître aussi en rugby. Et en face de nous, le coach ne dit plus rien, ne moufte pas non plus.
– Et votre client, même s’il se plaint pas, il a l’air vraiment blessé, elle ajoute.
Et le spray magique ça sera vraiment pas suffisant, on lui dit.