Sous cloche

Il est un siège qui reste inviolé.
Celui de créer.

imageBel enfant, elle vit a l’air, au ciel et au vert en ce temps d’été. Seule la pensée de septembre la détient.

 
Un soir, ce n’est plus une fine ligne de pensée, bandeau forcé, mais un étau, une torture au prolongement, le bondage du siège de la création. Elle ne peut plus jouer, ni sourire, ni parler. Elle grimace et désarticule des sons :

 
– Promets-moi ! Promets-le moi maman ! Que je n’aurai plus à retourner à cette école de sœurs qui n’en sont !
 
Elle a atteint l’âge de raison.
 
La mère en fait un caprice.
 
Le temps un élan.
 
Le père conduit à l’école. 
 
Ceci est aussi bon.
 
Cela ne dure que le temps de l’été indien. Ensuite c’est le retour à la ville, aux cars de ramassage, aux files bien rangées devant le réfectoire. Chaque matin. Et prières et chants pour éviter de bavarder.
 
Dans les salles de classe les bureaux sont isolées.
 
Chaque élève poussera seule ou sinon rien.
 
Mais elle par la fenêtre, personne ne peut le lui empêcher : elle envole sa pensée.