Elle est à 100%

 
Elle tente d’épanouir son métier hors des murs étriqués de son employeur actuel. Mais elle ne se résout pas à le quitter.

Mégalo, il comble de sa petite personne fantasque la médiocrité réelle de son affaire. Et il semble la fasciner tant elle fait siens ses enjeux. Mais je sens que je ne peux rien en dire sans risquer d’être mesquine. Alors, encore un instant, je me tais. Et « l’instant d’analyse » arrive tout seul et à propos :

– Ce que je n’aime pas c’est le travail au rabais que je fais ; j’ai honte même d’y voir mon nom associé…

– Le nom du père… – Je lâche enfin. – Je veux dire… C’est une expression métapsychologique que je me excuse d’employer…

– Au contraire. Ne vous excusez pas. C’est justement son image qui me venait en tête en disant cette phrase là. Mais je ne sais pas pourquoi.

– Salir le père à obéir aveuglément… la mère !? – Je m’excuse à nouveau, car je ne sais pas d’où je sors pareille interprétation.

– C’est très juste, mon chef fait plutôt figure de mère tyrannique sans aucun contrepoids, et c’est peut être « mon père » que je joue avec lui…

Je ne commente pas ce qui la surprend déjà. Un peu plus tard enfin, elle parle « vacances » et elle fait le même conflit d’échelle qu’elle se pose pour son destin professionnel.

– Valentin veut d’un stage en voilier, et apprendre à le manœuvrer, mais moi je ne me sens pas prête pour un tour du monde avec lui et seuls !

– Attendez. Je ne comprends pas. Si vous parlez des actuelles vacances d’été, j’imagine que ce ne serait qu’une initiation, une formation encadrée, et avec un équipage au complet. Et vous pensez déjà au « tour du monde » et « en solitaire » ?!

Elle se fait toute petite de s’y reconnaître si bien. Et je tire alors joyeusement sur son nœud marin, et si « père-vers » par moments…

– Ce que j’en comprends c’est que, pour vous, choisir des vacances ou changer d’employeur prend les mêmes allures d’enrôlement auprès du roi ou rien ! Et si vous commenciez déjà par ce simple stage de voile ? Et si vous faisiez un tour de place professionnelle ?

– Ce que j’y comprends moi c’est qu’il y a pas de petit chantier pour moi ! Que des grands travaux insurmontables en une fois !

– Et lorsque vous étiez plus jeune tout était dans la démesure de la part de vos parents : vos devoirs d’école, en faire plus pour performer, vos activités extra scolaires teintées de compétition, votre taille et votre poids, d’enfant voulu si grand !!

Voici un endroit où père et mère se retrouvent face à elle à l’unisson. Et elle si seule. Et elle a 100%

– Vous voyez : venir ici, dans ce petit chantier de vous qu’est la séance, une petite heure par semaine, cela vous honore d’effort après effort, et de liens à taille humaine, avec moi et vos fantômes un par un.

Elle semble étonnée et fière d’elle, je crois. Et de suite, avant qu’elle ne minore ou démesure sa part, je la double encore un instant :

– C’est parce que je suis là vous allez me dire. Mais ce sera toujours cela. Vous ne serez pas seule, pas si seule que lorsque vous étiez enfant face aux colosses parents. Là-bas, sur le voilier, Valentin y sera. Et plus loin, un nouvel employeur, aussi petit que lui, aussi petit que moi, qui saura partager d’autres petits chantiers de vous et de lui à la fois. De vous, petits chantiers deviendront grands :

Vous épanouir dans votre métier, être heureuse dans votre couple et enfanter la vie, quels d’autres grands chantiers voyez-vous à la hauteur de ceux-ci ? Sûrement pas ceux de votre chef actuel que vous vous appropriez aujourd’hui. La séance est fini. Je vous retrouve en septembre. À 100%

Elle(s) rêve(nt)

De rêve, de contre-transfert et d’interprétation… Oups ! Je suis coach.

Noyer de l'Atelier des Jardiniers à Sens, la veille de cette séance
Noyer de l’Atelier des Jardiniers à Sens, la veille de cette séance

Le noyer creuse le ciel de ses doigts en sang…

Et aujourd’hui c’est en la forêt qu’est, en rêves, son père mort, qu’elle s’est internée en séance et la nuit d’avant.

– C’était sombre. C’était beau. C’était… voyez-vous ces feuillages sous la lumière déclinante du zénith ? Comme emportés vers le haut. Et moi engluée dans son ombre. encore et encore.

– Il serait peut être temps de relever le gant…

– Pardon !?

– C’est une expression que vous avez utilisée à plusieurs reprises, sur plusieurs séances…

Elle ne relève pas plus, mais moi je me dis, et le garde à nouveau : que le gant cache, peut être, autre chose, que des doigts d’enfant.

A l’Orient du coaching

L’analysant – et peut-être aussi votre client parfois – aime passer par des chemins étroits où jamais personne d’autre n’est passé ni ne passera. Il emprunte ces sentiers de contrebande, il braconne par-delà les frontières du familier. C’est son étrangèreté intime qu’il recherche ici et là et à l’insu ; tout ce qui surgit tout à coup de saugrenu ou de sauvage, d’incroyable ou d’incréé dans les contrées de sa psyché.
Et l’analyste aime se tapir et vagabonder sur ces chemins-là aussi, comme un douanier, un douanier volant. Et puis coincer le patient alors ; le coincer en flagrant désir d’étrangèreté.
D’ailleurs, l’une des origines du mot divan ce sont les douanes des comptoirs d’Orient…

 

C’était Jean-Marie von Kaenel, en Séminaire Psychanalyse & Coaching, Transfert & Interprétations, à l’Atelier des Jardiniers, vendredi 28 mars ; journée privilégiée et de délices au jardin.

 
Et pour ceux qui aiment, le 13 juin, on récidive sur ces sentiers de contrebande— à L’atelier des Jardiniers.

Contretransfert & Interprétations, en groupe et quatrième

L'atelier des jardiniers à Sens
L’atelier des jardiniers à Sens

Nous devions nous réunir en cette journée séminaire psychanalytique pour coachs, du 28 mars à Sens, autour de Jean Marie Von Kaenel, animateur de groupes de supervision comme nous, psychanalyste bien sûr, de ceux rares ayant traversé l’épreuve de l’analyse quatrième. Et nous l’avons fait avec force riches apprentissages autour du thème, du contre-transfert de l’accompagnateur et de ses interprétations :

– Le contretransfert de l’accompagnateur lui-même est préalable au transfert.

Il est composé de tout ce qui se dégage de nous malgré nous-mêmes, et que nous « déplaçons » en premier dans la relation, le client n’étant que réactionnel. En tant que coachs nous nous surprenons à découvrir que tout ce qui pour nous fait partie du cadre que nous créons soi-disant en toute objectivité et de nos apprentissages légitimé, n’est que transfert de nos affects « sur la porte » entre le client et nous. Jean Marie faisait référence à la porte évoquée par Balint et son épouse pour expliquer comme la rage d’un couple finit par claquer la porte et s’y déplace de fait.

Nos choix de durée de séance, la fréquence, les outils mis en pratique, tout ceci est déjà interprétation du besoin du client issue de notre contre-transfert lancinant.

– Le contre-transfert de l’accompagnateur ne prend sens que dans l’après-coup.

Il est impossible à prévoir en session de préparation même en supervision, il est impossible à déceler et soi-disant mettre de côté sur le moment, il est impossible à saisir en toute sa subtilité même une fois le client parti et en supervision à nouveau. Le contre-transfert est inconscient. Jean-Marie utilise volontiers en abordant un cas récent le terme « j’en suis encore encombré ». Nous ne percevons que ses effets. Une déstabilisation. Une étranger été. Le contre-transfert relève de tout ce en quoi le client nous est étranger et surtout nous sommes étrangers à nous mêmes. Bien loin du communément admis « d’en quoi le client me met et que je connais si bien et dont je ne veux pas avec lui ! « 

– Les interprétations sont alors tout ce qui m’échappe malgré moi en présence du client, et surtout ce en quoi je ne me reconnais pas ! Jean Marie aborde le cas de ce client qu’il n’a pas attendu comme à son habitude le temps de la séance. Il l’a donc croisé aux abords du Cabinet et lui a dit de venir le lendemain, et ainsi de suite : puisque la séance n’était pas respectée il aurait d’eux rendez-vous à chaque fois à la place d’un seul. Le lendemain son client était bien là et à l’heure et à pu lui parler longuement de son frère jumeau et de oh combien il lui manquait…

À une autre cliente j’ai moi-même avoué un jour qu’avec elle « j’avais peur de faire des bêtises. » À mon superviseur je suis ensuite allée avouer ce dérapage certain. D’inspiration psychanalytique intégrative en sa pratique de coach lui-même, il m’a au contraire encouragée à partager, avec soin, ce qui d’étranger en la séance apparaît. En la séance même, ou comme le rajoutait Jean Marie avec encore plus de soin, laisser l’après-coup se faire, et ne pas hésiter plus tard à utiliser cette connaissance rétrospective pour une prospective… Certaine !

Ma client en effet à depuis bien bénéficié de mon aveu : dans un premier temps toutes ses « bêtises » d’enfant sont remontées. Puis des zones moins connues comme son intransigeance actuelle et ses peurs à elle se detricotent en douceur. Jusqu’à mes limites à moi, d’accompagnatrices surtout.

Car c’est cela le grand enseignement de cette journée séminaire : comment il restera malgré tout, et surtout dû au contre-transfert de l’accompagnateur même, qu’elle que soit la hardiesse de ses interprétations, des angles morts, des résidus transférentiels à détricoter éventuellement en Groupe Quatrième ! Surtout ceux qui accompagnons.

 » Ainsi est-iil apparu que le travail de l’analyse quatrième réactualisait, remettait en cause et en chantier le transfert de l’analyste, et incluait donc nécessairement —quoique évidemment in absentia — l’analyste de l’analyste. »

C’est en quoi il est quatrième : il remonte de l’accompagnateur (un) qui le rejoint et son client « rapporté » (deux), puis de l’analyse en groupe qui fait tiers, à une quatrième échelle : l’évocation de l’analyste premier et en quoi il est encore présent et empêcheur !

Avec André, nous qui vous accompagnons aussi en groupe et en superviseurs, nous sommes vigilants à votre relation à votre thérapeute, qui a précédé votre vocation de coach ou qui est encore agissant. Ici nous le rendons explicite et peut être pourrons nous le travailler davantage après cet atelier apprenant :

Transfert & Contretransfert, Interprétations & Identifications

Pour en savoir encore davantage et à la source voici un texte issu du Quatrième Groupe d’Analystes auquel il est fait référence et dont Jean Marie fait partie. Nous rejoindre en prochain séminaire du 13 juin est se former avec lui puis pratiquer avec nous, le duo de superviseurs est possible aussi. Vous serez les bienvenus.

« Le concept d’analyse quatrième, qui est passé dans l’usage et le langage courants au sein de notre groupe correspond à une façon nouvelle d’envisager le travail de formation analytique classiquement défini et admis, dans l’ensemble des Sociétés freudiennes du monde entier, sous le nom de contrôle ou d’analyse supervisée.

L’analyse quatrième est donc, d’abord, une théorie du contrôle, de la situation de supervision — théorie jamais esquissée jusque-là — et prenant en compte l’ensemble complet des figures et personnes qui y interviennent, ainsi que leurs interactions visibles ou cachées.

La reconsidération ainsi faite de cette partie essentielle de la formation, entraîne des modifications et des recentrages à la fois théoriques et pratiques, visant à mieux cerner la matière analytique elle-même, et surtout à prévenir son échappée potentielle à garantir autant qu’il se peut contre son éviction involontaire.

Le concept de processus, d’abord, c’est-à-dire de déroulement selon le temps (voisin des notions freudiennes de « travail » et d’ »élaboration », s’est progressivement avéré et continue d’être l’un des plus utilisés dans les apports de notre groupe aux problèmes de la formation, de l’habilitation, et jusqu’à ceux des relations de l’analyse et des analystes avec les institutions, à commencer par celles de leurs propres Sociétés.

La notion de processus, en effet, s’applique tout autant à l’analyse (celle du candidat en ce cas) ; à l’analyse quatrième ; aux cures psychanalytiques ou psychothérapiques concernées ; aux sessions inter-analytique ; à habilitation enfin. L’analyse quatrième repose essentiellement sur le repérage, puis le maniement : intervention, abstention suspensive, interprétation des données transférées c’est-à-dire du transfert non moins que de son homologue croisé, le contre-transfert. C’est pourquoi a été posé et défini le concept double de transfert-contre-transfert.

L’expérience montre que la totalité du processus d’une analyse, et les aléas de ses réussites comme de ses blocages, limites ou échecs, est sous la dépendance des appréhensions et des interférences—manifestes et plus encore latentes — d’expressions et de déguisements émanant d’un fonds transféro-contre-transférentiel permanent, c’est-à-dire présent dès avant le début de l’entreprise analytique et se maintenant jusqu’à son terme, et même au-delà. Ceci rend compte de la nature processuelle du phénomène.

Quant à la donnée plus spécifiquement contre-transférentielle celle-ci conditionne les capacités d’écoute et d’entendement non moins que leur contrepartie limites et surdités, écoute de soi-même (narcissique) et non plus d’autrui. L’inter-subjectivité, qui est aussi inter-objectivité et inter—objectalité définit le cadre optimum (setting) du processus analytique.

Or le versant contre-transférentiel renvoie toujours avec évidence —mais souvent aussi dans la méconnaissance — aux données analytiques propres de l’analyste, C’est-à-dire à l’analyse de l’analyste; et, parmi ces données. aux moins bien résolues d’entre elles, Ainsi est-il apparu que le travail de l’analyse quatrième réactualisait, remettait en cause et en chantier le transfert de l’analyste, et incluait donc nécessairement —quoique évidemment in absentia — l’analyste de l’analyste.

Il en résulte que faute d’un quantum suffisant d’appréhension de ces données, dimensions et voies régrèdientes, une part essentielle —puisqu’inconsciente — de la matière analytique se trouve tacitement évacuée, évitée ou hors d’atteinte.

Le but de l’analyse quatrième se définit de lui-même par cette approche théorico-clinique et tbéorico-technique du processus engagé. Il est de permettre, par voie de signalisation — plutôt que d’interprétation au sens spécifique du mot — la mise en lumière relative des données brièvement rappelées ci-dessus notamment selon les effets transféro-contre-transférentiels croisés et interférents, qui enferment des zones très aisément et fréquemment inaperçues, hors-limites, repoussées ou ignorées, lesquelles sont néanmoins des éléments constitutifs, agissants d’une analyse et doivent par conséquent, dans la mesure du possible, lui être réintégrées.

Ces notations expliquent aussi pourquoi un tel travail ne peut s’accomplir seul. L’auto-analyse ne saurait y suffire.

Il exige l’exposé et la discussion en présence d’un analyste qui occupe une position — non seulement tierce comme c’est le cas dans la situation analytique idéale — mais quatrième d’où le nom donné à ces sessions formatrices.

Ainsi menée, l’analyse quatrième, par la discussion et l’élaboration théorico-clinique contradictoire, et par le principe du pluralisme formateur qui la fonde permet de surcroît, d’atteindre deux résultats d’importance considérable :

A — Elle fait apparaître la pluralité des sens et des stratifications de la matière analytique. Elle éclaire les problèmes complexes du choix— délibéré ou, plus encore aveugle — choix du matériel et choix de l’interprétation. Elle aide à la formulation d’hypothèses interprétatives heuristiques, par la découverte des interprétations latentes. Elle en permet enfin la confirmation ou la réfutation, par le recours à une critériologie de recoupements et convergences.

B — Formation et communications pluralistes permettent de parer aux effets les plus aliénants de l’identification—non pas secondaire mais tertiaire — à analyste. Identification dont certains esprits égarés sont allés jusqu’à soutenir qu’elle était la fin idéale de l’ » analyse didactique » ; mais dont l’expérience montre qu’elle est au contraire stérilisante et aberrante. « 

QUATRIÈME GROUPE
FORMATION ET HABILITATION (1983)
Extrait prépare en collaboration par Piera Aulagnier, Nathalie Zaltzman et Jean-Paul Valabrega , lequel a assuré en outre la rédaction du texte. Le texte entier comprenant :

* Avertissement
* Quelques conditions minimales à l’entreprise de la formation
* Analyse Quatrième et la session inter-analytique
* Le processus d’Habilitation

 

 

 

 

La Fabrique des rêves

Je prends un bain et je dois me cacher. Car il n’y a pas vraiment de murs dans cet appartement sous les toits. Et ça s’agite autour de moi ; ou ça fait la fête, je crois. Et il y a deux femmes que je connais si bien et puis, dans l’appartement d’à-côté, sans cloison, un jeune homme ami.

Et l’une des deux femmes m’apporte un drap de bain.

Et elle là, derrière moi, une fois que j’ai fini de lui raconter ce rêve de la nuit d’avant qui ne m’évoque rien, elle prend soin d’évoquer un instant l’étrange mécanique des rêves : un pied toujours dans le passé et un autre dans le présent. La femme qui peut cacher un homme. Ou bien l’inverse. Et le jeune homme qui est peut-être un enfant… Et pourquoi j’ai choisi cet ami ? Et puis ce lieu ? Comme une algèbre intime et universelle de l’inconscient.

Alors moi, là, je commence à m’agiter et à m’inquiéter parce que le temps de la séance passe et c’est comme si elle m’embrouillait les pistes quand elle multiplie ainsi les chemins et les sens du rêve. Et, en plus, ce rêve-là je vois bien à présent qu’il s’emmêle avec un souvenir d’enfance, quand j’étais petit d’homme. Avec de la violence à l’entour. L’homme de l’autre côté de la salle de bain qui brandit un couteau et menace la femme.

Elle, elle dit que cette violence-là c’est aussi comme une scène sexuelle. Mais si elle continue comme ça à ajouter du sexe partout et puis le mélanger à la violence, il me faudra encore des plombes pour résoudre cette énigme-là.

– Vous semblez impatient, me lance-t-elle, d’accéder à l’un des sens de votre rêve.

Et moi qui souvent mets des mots de moi à la place de ses mots à elle à peine sortis de ses lèvres, j’entends ici « accéder à l’indécence de votre rêve ».

Et j’aimerais tellement trouver le sens de ce rêve-là avant qu’elle me mette à la porte.

Libre interprétation

Quand Freud, simple homme au fond, allonge l’Autre – la femme hystérique, l’homme aux loups -, sur son divan, il part autant dans des contrées sauvages que les colons, de part et d’autre de l’océan. C’est pourquoi, s’il n’avait pas été neurologue il aurait fait de psychanalyse, moins une médecine, davantage un truchement. Entre vivants.

 
Deux découvertes en mes lectures et cinémas d’été :
 
– Rouge Brésil, Goncourt 2001 pour Jean Christophe Rufin. Je sais, je suis en retard de phase, mais pour moi, Le Poche est format de vacances, et Les Indes, évasion tant aimée.
 
– Jimmy P. ou « la psychothérapie d’un indien des plaines », de l’ouvrage fondateur, de l’ethnopsychiatrie par Georges Devereux, fidèlement inspiré. 
 
Jimmy P.  Avec Georges Devereux en son rêve
Jimmy P.
Avec Georges Devereux en son rêve
 
Je découvre que c’est dans l’Autre que nous nous libérons le mieux. Sa présumée différence nous protège d’être les mêmes. Sa lecture, notre page blanche elle hèle.
 
Rouge Brésil : criant de vérité sur le conquistador français de l’Histoire oublié, Villegagnon, l’est aussi sur ces primitifs qui retiennent leurs ennemis en leur compagnie, puis les mangent, et retenir à jamais leur esprit. Cette force opposée qui doit donc être un manque…
 
Jimmy P. : blessé de guerre en apparence, blessé de la vie ordinaire en profondeur. Le scientifique à l’identité tronquée a bien plus de ressemblances avec lui, prétendu sauvage, qu’avec lui-même, Docteur présumé.
 
L’un et l’autre, Devereux et Jean Christophe Rufin, re-interprètent l’âme humaine qui se dérobe à jamais.