L’homme du nouvel an

 

Il se plaint de crampes au ventre depuis quelques jours. Ardeurs d’estomac ? Mauvaise digestion ? Aérophagies ? Et il finit par se rendre à la pharmacie.

Ils n’ont rien de ce qui, d’après lui, le soulagerait : argiles blanche ou verte. De quoi tapisser revers.

La pharmacienne lui tend une tablette de Spasfon sûre d’elle. Ce à quoi il répond pas si sûr de lui :

– N’est-ce pas fait pour les règles… douloureuses ?

Et en m’en reparlant je reprends :

– Pour les règles douloureuses ! Bienheureuse association !

Car un homme aux règles douloureuses, et qui le réalise au détour d’un lapsus du corps, est un homme qui souhaite ôter le corset de son éducation. Ferré sur lui et qu’il ferre sur autrui inconsciemment.

Il ne prendra pas de Spasfon.

– J’ai faim ! J’ai envie de poivre et sel ! Je reprendrai bien une douceur ! – s’exclame-t-il à midi.

L’homme aux règles douloureuses est un homme à la liberté mesurée, et au contact prévenant. Un homme « suffisamment bon » !

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D’inconscient à inconscient, réapprendre le management

 
 
imageElle est responsable d’un point de vente en cette chaîne à succès. Et elle est désignée coachée de l’année. « Une année ratée », dit-elle.
 
– Mon superviseur est parti sans préavis, et j’ai du assumer seule une des plus grandes boutiques de l’enseigne, ajoute-t-elle. Pour une première expérience de management c’était trop ! Alors apprenez-moi à mieux m’organiser et à motiver mon équipe. Quelques repères et je reprendrai de plus belle !
 
– Passons d’abord un peu de temps sur votre motivation à vous… et sur votre assise, lui rétorque le coach. Il remarque en passant qu’elle se tient en bord de son fauteuil, et le lui confie : – êtes-vous bien installée ici-même ?
 
– Merci bien mais c’est la façon naturelle dont je m’assois. Alors ! Comment procédons-nous ?
 
– Comme vous le faites là. Parlez-moi de vous comme ça vous vient naturellement.
 
Le coach se laisse alors aller, sans trop y penser, à la détente que sa cliente se refuse net. Il se cale dans son fauteuil et repose sa tête en arrière. La manageuse l’imite sans y prêter attention… Sauf que, très rapidement, elle sursaute et se relève :
 
– C’est l’image de mon père mort quand j’avais 8 ans qui m’assaille soudain !
 
 
L’inconscient s’invite en la relation. Un lapsus du corps et il prend son séant. 
Un lapsus… de l’accompagnant ! Il met en acte ce que son client évite à son tour pour une raison inconsciente refoulée. 
 
Autant de directivité, d’efficacité et d’aplomb suggéraient déjà fort une « angoisse de mort ». Lâchant ses résistances d’un mouvement du corps et de quelques mots, cette femme dirigeante a replongé à son insu dans le drame de son enfance ; un drame dont elle a perdu tout souvenir. Alors qu’elle a en tête la relative déconvenue d’un responsable hiérarchique absent, son inconscient lui fait revivre les conditions, complètement inacceptables aux yeux de l’enfant qu’elle était alors, de la disparition tragique de son père.
 
Comment retrouver ses marques en tant que manager, figure d’autorité, quand la figure originelle a manqué ? En relation avec son coach, re-connaisseur de l’indicible et modèle de renouveau.
 
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Si vous êtes coachs expérimentés, superviseurs ou thérapeutes, alors Eva Matesanz et André de Châteuvieux aiment vous inviter à un atelier inédit et de rentrée :

 

L’inconscient, outil inné pour accompagner

Ce sera le vendredi 20 septembre à l’Atelier de l’Art de Changer, Paris 9.
Une journée ni clinique ni chamanique, dans un lieu propice au retour à soi, et animée sur le mode singulier de la supervision en groupe de pairs et en duo, pour prendre soin de ce que nos confrères psychanalystes nomment « l’inconscient instrumental ».