Un été sans miroir

Un été sans fard, et à l’été indien, reprendre les tisons.
Couleurs de la guerre, de la fête ou du clan.

Il en est parmi mes amis FB – j’ai vu, j’ai aimé – qui se sont lancé des défis d’été : décrocher d’Internet, du JT, de l’alcool. Pour ma part, un été sans miroir était le silencieux espoir.
 
Décrocher le miroir serait-il dépasser un stade d’enfant ? 
 
Je n’ai pas vu, j’ai aimé, m’épanouir chaque matin, chaque nuit plisser ma peau. Comme elle se plissera sur les restes et les os.
 
Je me suis vue – toujours au présent, et encore plus souvent que dans le miroir du temps -, en chaque regard d’autrui. 
 
En œillades des inconnus, comme des fleurs ou des pierres de l’instant, et dans le vert perpétuel de l’amant. 
 
Un été sans fard, et a l’été indien reprendre les tisons. 
 
Face au miroir poser sur ma peau, à nouveau, les couleurs de la guerre, de la fête ou du clan. 
 
Sans me voir désormais. Sans chercher à m’aimer. Laisser à chacun, de l’un et de l’autre – reconnaître et approcher -, la liberté.
 
Et moi dont le métier est d’être miroir ? Me laisser décrocher, et être, auprès d’Autre, Eva.