Introduction à l’écosystemix

C’est en l’été 2018, alors que l’urgence climatique se pressait à nos portes -celles de nos entreprises mais celles de nos maisons aussi, en société et en famille, entreprises et foyers -que chacun d’entre nous prenait conscience de l’impossible ajournement dans le temps, et de la difficile discrimination des pratiques, créatrices et destructrices, c’est en cet été caniculaire, déboussolé, qu’il m’est venu la simple idée de réunir des personnes amies, du passé, du présent et de l’avenir, de différents métiers et âges de la vie, pour réfléchir et agir ensemble, être le reflet les uns des autres et de ce monde, rendre compte et se rendre compte de ce à quoi un groupe, une communauté, une humanité véritablement écosystémique pourrait ressembler. De comment se rassembler.

Au-delà de se rencontrer régulièrement et d’échanger, il s’est agi de recueillir les traces de nos idées et de nos expériences, par la voie de l’écriture, puis de la vidéo, lorsque l’urgence sanitaire a étendu le sentiment et l’idée de climat naturel en danger à celui de climat social contagieux. Et enfin en « Live » sur les réseaux sociaux professionnels.

Plusieurs thèmes ont émergé, qui se confirment dans la société d’après-covid et de déconfinement partiel : la globalisation n’est plus le progrès, la digitalisation permet l’instant mais ne soutient pas la durabilité de la rencontre humaine et de sa créativité, l’accélération a été inventée de toutes pièces par la fuite des idées en avant oubliant les sentiments derrière elles.

Trois axes les parcourent et ce sont ceux :

  • du corps en ville et au travail, de ses besoins physiques et affectifs, dits psychiques, mais bel et bien affectifs : nous sommes des espèces comme les autres, dont la matière peut être verte, à poils, à écailles ou de chair et d’âme, « innervée » serait-ce de sève, de sang, et en tout cas, d’impulsions énergétiques et de repos, au profit d’autres êtres vivants ;
  • du choix dans la liberté retrouvée, même si les restrictions récentes ne sont pas celles qui l’avaient vraiment nié : les dérives de la pensée unique ou fragmentaire, communautaire, se sourcent dans les idéaux plus ou moins mythiques qui caractérisent la pensée humaine, aussi libre que rationnelle ;
  • du lien dans toute sa complexité : à soi, à l’autre, au groupe social et à l’environnement aussi bien technique, issu de nos velléités instrumentales humaines, que naturel, sauvage, contexte mouvant, vivant enfin.

L’ouvrage ne fait que commencer…

Ecosystemix, par Eva Matesanz

Extrait de l’introduction ECOSYSTEMIX Une aventure humaine

Des coulisses de la psyché à la scène de rue, enfin

Longtemps je me suis tu, j’avais coupé le son. J’étais assis dans mon coin de table, pendant les festivités, les apéros, les cérémonies sociales, les convenances de rue. Ca parlait politique, rock’n roll, football, région, patin, couffin.J’écoutais d’une oreille, l’autre écoutait ce truc qui me battait la poitrine et donnait des signes de faiblesse. Je tournais le dos à ma jeunesse, j’écrivais en moi comme dans un livre ouvert. Et personne ne le savait. Il se trouvait encore un moi dans la glace mais je voyais bien que certains oubliaient mon nom même s’ils savaient mon silence rempli d’encres sèches. Un jour je suis sorti de mon hiver j’avais mis le mot fin aux quelques tomes écrit sur l’intérieur de moi. Le monde n’avait pas changé, politique, rock’n roll, football, région, patin, couffin. Mais la rue était jonchée de ceux dont je m’étais défait.