L’écologie de l’esprit

un Benalla sans limites, un Hulot privé de dynamique, un Gérard Collomb irresponsable, une Murielle Penicaud impassible, une Marlène Chiappa colérique, les mille et un visages de Macron se projettent trop fort dans ses équipes. Bienvenue soit la bombe écologique pour une écologie de l’esprit.

Tristement prévisible d’un point de vue psychosociologique cette affaire Benalla qui est une affaire de limites. Peu de choses à dire et encore moins à écrire et c’est alors d’une vidéo que l’affaire a été conclue.

Mais aujourd’hui une nouvelle bombe à retardement, la présence de Nicolas Hulot au gouvernement de la France livre son particulier feu d’artifice. L’homme n’est pas un enfant, l’homme ne manque pas de limites. L’homme se retrouve dans ce qu’il dit lui-même être un dilemme, un conflit intime. C’est si rare de nos jours de trouver dans la névrose du dirigeant, l’adulte dans son temps, le sens de l’histoire collective ! Ket de Vries lui aurait peut-être fait le portrait clinique. Pour ma part j’enseigne le questionnement tant du cas en présence que du transfert d’affects qu’il suscite : les identifications projectives ou créatrices.

Une place au gouvernement apporte une jouissance narcissique. L’impuissance au quotidien apporte une frustration qui peut-être bénéfique. C’est la recherche de solutions de compromis (Notre Dame des Landes, la Constitution, Aquarius) qui a animé l’action d’une première année sans grâce. Mais de rien ne sert d’affronter un à un et seul à seul les défis écologiques.

« Il me faut une équipe. »

C’était la demande princeps, une demande peu narcissique, l’acte fondateur d’une transmission politique. Cela est la demande qui clôt l’aventure d’un Ulysse.

 

Et je me dis à nouveau – un Benalla sans limites, un Hulot privé de dynamique, un Gérard Collomb irresponsable, une Murielle Penicaud impassible, une Marlène Chiappa colérique, aucune force collective – que les mille et un visages de Macron se projettent trop fort dans ses équipes. Une mère primitive et eux en identification projective ? Vivement le gouvernement libre d’Edouard Philippe – celui qu’il nommera cette fois ci avec un peu plus de sens politique, le sens de la cité et non d’un parti mort-né – et que la figure de père qui manque à Macron refasse irruption dans la vie publique qui a tant changé. Plus vite que ses représentants infantilisés.

Mais c’est peut-être Nicolas Hulot qui forme gouvernement ou en tout cas une certaine écologie de l’esprit.

La fin des épiciers de l’humain

Le Pen – Macron. Et si chacun des deux avait réussi ce qui lui tenait à coeur, son désir, sans plus de préparateurs professionnels à la c… ?

Qu’est ce qu’ils aiment tous ces epiciers de savoir être – rentrer le ventre, sentir les pieds, meta-communiquer là où la parole est tout simplement empêchée mais jamais confisquée -, se reapproprier les soi disant recettes d’un succès au naturel. Ici en lien le décryptage forcé d’un débat présidentiel. J’ai aimé moi être le témoin d’une rencontre incarnée et d’un espoir de réalité.

Macron est quelqu’un qui ne s’est jamais embarrassé des convenances ou des railleries. Des réprimandes, des avilissements et des flatteries qui accueillent le nouveau, l’enfant puis l’adulte actif. Les unes et les autres le rappellent naturellement à son essentiel à lui, sur lequel il n’a jamais dérogé. C’était alors oui, du côté de la Le Pen une mauvaise « stratégie », mais aussi probablement a-t-elle été dépassée de son naturel à elle, de sa part d’humanité : quel plaisir que d’occuper toute une soirée, telle Cendrillon soudain, à se faire le petit jeune en grand public (poussée libidinale assurée), là où le vieux la tient dans son fantasme intime depuis qu’elle est née (morte-née ainsi).

Et si chacun des deux avait « réussi » ce qui lui tenait à coeur, son désir, sans plus de préparation « professionnelle » « à la c… » ?

Un de mes « meilleurs » patients, dans le sens de très patient pour se rencontrer lui-même avant tout à chaque parole et geste posé en société – il est cadre dirigeant – envoie aujourd’hui valser tous ces coachs qu’on lui assigne, coachs d’office, référencés, soumis, pour la moindre prise de parole sur l’écran ou sur le terrain des contestations sociales auxquelles il fait régulièrement face.

– Ce que j’ai à leur dire et comment le dire je le sais seulement lorsque je m’adresse à eux comme je n’ai jamais pu m’adresser à mes parents.

Ont-ils, tous ces préparateurs, préparé leur propre déni tout simplement sans se le dire ? Si les nouveaux acteurs s’en passent ils se retourneront à lui. Grand bien leur fasse et nous aussi.