La fin des épiciers de l’humain

Le Pen – Macron. Et si chacun des deux avait réussi ce qui lui tenait à coeur, son désir, sans plus de préparateurs professionnels à la c… ?

Qu’est ce qu’ils aiment tous ces epiciers de savoir être – rentrer le ventre, sentir les pieds, meta-communiquer là où la parole est tout simplement empêchée mais jamais confisquée -, se reapproprier les soi disant recettes d’un succès au naturel. Ici en lien le décryptage forcé d’un débat présidentiel. J’ai aimé moi être le témoin d’une rencontre incarnée et d’un espoir de réalité.

Macron est quelqu’un qui ne s’est jamais embarrassé des convenances ou des railleries. Des réprimandes, des avilissements et des flatteries qui accueillent le nouveau, l’enfant puis l’adulte actif. Les unes et les autres le rappellent naturellement à son essentiel à lui, sur lequel il n’a jamais dérogé. C’était alors oui, du côté de la Le Pen une mauvaise « stratégie », mais aussi probablement a-t-elle été dépassée de son naturel à elle, de sa part d’humanité : quel plaisir que d’occuper toute une soirée, telle Cendrillon soudain, à se faire le petit jeune en grand public (poussée libidinale assurée), là où le vieux la tient dans son fantasme intime depuis qu’elle est née (morte-née ainsi).

Et si chacun des deux avait « réussi » ce qui lui tenait à coeur, son désir, sans plus de préparation « professionnelle » « à la c… » ?

Un de mes « meilleurs » patients, dans le sens de très patient pour se rencontrer lui-même avant tout à chaque parole et geste posé en société – il est cadre dirigeant – envoie aujourd’hui valser tous ces coachs qu’on lui assigne, coachs d’office, référencés, soumis, pour la moindre prise de parole sur l’écran ou sur le terrain des contestations sociales auxquelles il fait régulièrement face.

– Ce que j’ai à leur dire et comment le dire je le sais seulement lorsque je m’adresse à eux comme je n’ai jamais pu m’adresser à mes parents.

Ont-ils, tous ces préparateurs, préparé leur propre déni tout simplement sans se le dire ? Si les nouveaux acteurs s’en passent ils se retourneront à lui. Grand bien leur fasse et nous aussi.

 

Préserver la nature d’aimer

Nous avions emprunté, de la côte, un chemin de douanes. De ceux qui creusent la terre au plus près de son bord. D’abord, ce furent des marches nettes, puis, une légère pente au bout perdu, dans quelques nuages et un rayon farfelu. Et j’aimais cette sensation, d’avec elle monter au ciel, sans prétention d’y rester.

En haut de la falaise, les herbes folles se couchaient au vent. Et c’est ce que nous fîmes. Elle, souche, et moi, de mes cheveux de vert et de bleu, la ramure improvisée.

Regarde le phare… – Lui dis-je un instant. Il était posé au centre de la anse, comme une bougie qui, de notre rencontre, célébrerait l’étendue. Si nous l’avions su. Que nous nous aimions depuis presque un an. Et peut être plus. Mais, hésitants, à l’aventure d’une saison encore nous croyions.

Août 2011

Et puis, depuis, quatre ans et demie.

C’est d’aventure que dure le duo. Mais le couple, oh, le couple, c’est de notre lanterne que nous le préservons. Chacun, ensemble. Et elle brûle doucement. Vacillante. Brave. Vivante de notre vivant.

L’accompagnement naturellement

– Non, non et non je ne veux pas d’associations libres ni de voyages en enfance, ni de souvenirs sensibles ou de répétitions familières !
– … ?
– Je ne veux pas de votre coaching analytique ! 
-… ?
– Euh ! Mais je reprendrais bien un peu du thé russe, là. 
– Un peu d’utérus ?! 
 
 
 
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Lui, aussi, il s’y met : 

– Je ne veux plus de voyages en enfance, d’analytiques liaisons. 
Que ce groupe devienne en 2014 un groupe de cas de management. 
Qu’entre consultants, formateurs, coachs et dirigeants nous travaillions ensemble sur du concret.

– Et nous, les animateurs, serions-nous sur les mêmes contenus ? – avec André de Châteauvieux, nous inquiétons-nous.

– Ah non. Contenants toujours. Sinon il y en a qui font des caprices et des coliques. Des rackets et les charmeurs.

Pourvu qu’ils ne grandissent pas trop vite ceux qui imagineront les métiers de la relation de demain…

 — avec André de Châteauvieux.