De l’Art du lien : Confidences

Il est à la tête d’une institution de référence pour les dirigeants de son secteur : le digital et la communication. Il s’est intéressé à « l’Art du lien » lors d’un de mes nombreux partages sur les réseaux :

– Où trouver votre ouvrage ? Cette thématique de l’art du lien, d’un nouvel humanisme connecté est essentielle à nos métiers.

– Sur Amazon tout simplement.

– Je passe commande, et je reviendrai vers vous certainement.

Et il revient oui. Mais point pour débattre concepts ou avancées. Pour un partage sensible que j’aime à mon tour partager :

– J’ai commencé à vous lire et lorsque vous écrivez « à deux c’est encore mieux », me revient une chanson que j’avais composée, oh, il y a peu, à l’adolescence, du même refrain, et que je me prends à rêver de rejouer…

Si ce livre réouvre des voies communicantes et oubliées, qu’il bouscule courants d’air frais, rendant leur goût aux chaleureux, qu’il réveille les sources vives pour mieux les apaiser, qu’il nous porte à nous reconnaître et à mieux nous relier, peut être, tout doux peut être qu’il peut être ce qu’il est :

L’Art du lien

Être (ou ne pas Être) influent (et Influenceur)

Être influenceur…

J’ai aimé partager l’article de Christophe Ginisty  » les 5 clés pour devenir influenceur  » auprès de mon réseau LinkedIn. Et, outre l’intérêt que chaque article de Christophe suscite en eux, qui l’ont de plus rencontré à un afterwork dans la vie réelle que j’avais aimé organiser – réseau social physik et geek ne vont pas l’un sans l’autre pour moi -, une question  » numéro chance  » m’a été retournée. Comme une sixième clé, comme un sixième sens.

Être influent, oui, mais peut-être avant tout faire des choix : sur qui, sur quoi ?

Être influent ne peux pas, certes, partir d’un vide : la singularité, la persévérance en sa singularité, la production de contenus originaux dérivés de de cette singularité, la capacité à se relier à d’autres, porteurs de singularités complémentaires, notamment par la pratique du commentaire ailleurs, et du  » name dropping  » chez soi, étaient les cinq clés avancées par Christophe.

De là à cerner par avance une singularité à produire, et sur qui pourrait elle agir ce serait, de mon point de vue, contre-productif, paradoxal.

C’est l’ensemble de nos partages qui reconstitue au mieux la personne singulière, de par plurielle, complexe, que chacun de nous, nous sommes. C’est leur évolution dans le temps qui donne à voir comment cette personne se  » personnalise « ; mûrit ses sentiments et sa pensée, chancelle en des terrains moins confortables pour elle, ceux qui l’appellent à changer.

J’accompagne le développement par la connaissance de soi d’autres accompagnateurs, au moyen de ce qui se nomme supervision individuelle en groupe de coachs, de managers et de psychologues. Et j’y interviens en duo d’animateurs, afin de mettre toujours au cœur des controverses groupales, la confrontation d’au moins deux superviseurs, sans que jamais l’un « l’emporte » de sa vision  » personnelle « , de sa crispation du moment lorsque ce qui se vit et qui touche au plus profond de l’être le dépasse en tant qu’individu ; le transcende en tant que co-animateur. C’est dans l’espace aéré entre nous deux – j’aime à penser – que le client se perd pour mieux se retrouver, seul.

André de Chateauvieux, mon associé, étant intervenant en groupe de formation de coachs universitaire, il est souvent choisi pour superviseur, et ma présence  » fait partie du lot  » alors, pour certains de ceux et celles qui nous rejoignent.

Ou veux-je en venir ?

À un cri du cœur, d’un des participants, excédé visiblement de se perdre plus que de se trouver face à un André qui n’est ici plus formateur, rassurant de transmission, mais co-accompagnateur faillible et co-dépendant. Influenceur influent.

– Rendez-moi mon André d’avant !!!

Ce coach à quitté le groupe. Ce coach a préféré garder l’illusion d’une influence sur lui qui demeure maîtrisable et connue. Sur le fil d’actualité il aurait dit :  » je n’aime pas certains de tes partages, ceux qui me heurtent, et au lieu de m’interroger sur cet impact qui est influence puissante et par le négatif, je te bannis de mon cercle.  »

Sur qui, sur quoi. Nous serions influents là ou nous nous méconnaissons et sur ceux les plus étrangers à soi.

La serendipite qui préside au mouvement naturel des réseaux nous rapproche de ceux « qu’il nous faut » et nous révèle  » hésitants « , vivants. Et qui vivra verra.

Qui vivra sur les réseaux, verra l’influence singulière qu’il porte en lui, en elle. Et qui s’éteindra avec lui. Qui s’éteint à chaque incompréhension avec un  » followee « . Qui vivra sur les réseaux, verra, à chaque instant, sa mort.

Être influent : sur qui, sur quoi. De soi et sur son temps.

Être influent c’est danser avec la marionnette en nous, avant tout. D’où l’illustration… Du Festival de la Marionnette en Belgique. J’adore.

 

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« Amis » sur les réseaux sociaux

Cette note m’a été inspirée par une jeune femme que je suis sur Facebook et ailleurs, une nana hyper-connectée, branchée comme il y en a peu, qui tweete de manière si compulsive qu’elle est capable à elle toute seule de vous créer un hashtag pour l’occasion si vous l’invitez à dîner et de faire de votre soirée un trending topic en moins de deux. Si elle m’a inspiré cette note, c’est que depuis quelques temps, elle entretient une sorte de dialogue émotionnel et lancinant avec ses « amis » Facebook dans un contexte apparent de baisse de moral et de colère sourde qui s’exprime de manière aussi répétitive que maladroite.

Ne cherchez pas de qui il s’agit, ce n’est pas ce qui est important en l’espèce et, de toute manière, je suis certain que vous connaissez tous au moins une personne comme ça dans votre entourage online. Ce à quoi le comportement de cette jeune femme m’a fait réfléchir, c’est à la notion d’ami sur les réseaux sociaux et à la confusion des sentiments qu’elle peut entraîner dans certains cas. Cette jeune femme s’adresse à ses amis Facebook, les interpelle, les prend à témoin, les traite comme un vrai groupe de potes dont elle loue d’importance dans des termes parfois un peu naïfs mais je sais qu’elle est fondamentalement sincère.

Or, et je le pense vraiment, on n’a pas d’amis qui ne soient que sur les réseaux sociaux.

On peut avoir des amis — ou des copains/copines, ne chipotons pas — que l’on retrouve aussi sur Facebook et avec qui on a des échanges en ligne, on peut démarrer des relations épistolaires qui se transformeront peut-être en amitié lorsqu’on se sera rencontrés, mais je ne crois pas qu’on puisse considérer tous ces gens qui ne font que vous suivre sur les réseaux, commenter vos statuts et que l’on n’a jamais rencontrés « dans la vraie vie » comme des amis.

Et là, je vous imagine en train de penser que c’est évident, que je ne vous apprends rien. Peut-être, mais certaines âmes sensibles, plus en demande d’affection ou d’amour que d’autres, plus solitaires et sensibles aussi, peuvent se méprendre et croire que la fréquentation des mêmes espaces en ligne, le partage de quelques statuts et des « like » bien envoyés à propos, nous permettent d’établir une relation comparable à de l’amitié ou de la camaraderie.

Sur Facebook ou ailleurs, nous n’avons pas d’amis, nous avons des spectateurs.

Les réseaux sociaux ont ceci de grisant qu’il vous apportent un public, plus ou moins large en fonction de notre assiduité, de notre volonté d’accepter ou non de nouvelles personnes pour entrer dans notre cercle, de notre quête relationnelle personnelle ou tout simplement de notre évolution professionnelle. André Malraux disait « il n’y pas de héros sans auditoire » et je pense que les réseaux sociaux ont permis à certains de se sentir les héros de leur communauté en alimentant leur auditoire d’un flux ininterrompu de tweets, photos, vidéos,…

Certains font ça mieux que d’autres mais je pense que ceux-là sont parfois excessivement grisés par le sentiment d’être observé, scruté, applaudi, liké, commenté,… C’est vrai que ça fait super plaisir mais c’est un immense trompe l’œil. Je disais récemment dans un tweet qu’il ne fallait surtout pas s’exprimer sur les réseaux avec le seul espoir de provoquer une réaction car l’attente de la réaction perturbera la sincérité de l’expression en rendant peu à peu son auteur dépendant et fébrile des commentaires des membres clés de sa communauté. Même si je n’en ai pas le preuve scientifique, je suis convaincu que c’est dangereux pour l’équilibre affectif et c’est un peu ce que j’ai ressenti en lisant dernièrement les statuts de la jeune femme dont je parlais au début de cette note.

Nous devons tous prendre de la hauteur et de la distance par rapport à ces échanges. C’est de la communication, de la représentation, ce qui par ailleurs n’est pas méprisable !

Ca peut devenir un jour de l’amitié mais ça ne l’est pas si l’on en reste à une relation online. Nous nous mettons en scène et sommes les producteurs d’une image finalement très travaillée que nous voulons exposer aux autres, pour qu’ils nous perçoivent tel que cela nous avantage le plus. En étant actifs sur les réseaux, nous émettons le désir d’être visible et ancré au sein d’un groupe humain à qui l’on va demander d’apprécier ce que nous partageons. Nous voulons être aimés comme un acteur le désire en montant sur les planches, pas comme un ami intime.

Voilà ce que je voulais dire aujourd’hui sur un sujet que je trouve passionnant et sur lequel je reviendrai sûrement.

A suivre…

Éloge du clin d’œil dans l’expression sur les réseaux sociaux

imageS’il y a bien une réflexion que j’ai entendue une bonne centaine de fois à propos des réseaux sociaux, c’est celle qui affirme, péremptoire et définitive, que ce monde où ces gens racontent ce qu’ils ont bouffé, à quelle heure ils ont fait pipi ou qui publient les photos de leurs pieds en pleine page est un espace inutile, vain, stérile. Qu’il n’y a que ça à voir et que c’est pour cette raison que l’on y perd son temps.

Cette caricature des conversations sur le web social est l’argument massue de tout un tas de gens qui s’estiment supérieurs à ce flot discontinu de futilités sans le moindre intérêt intellectuel.

Il y a quelques années, François Bayrou qui était l’invité de la matinale de Jean-Jacques Bourdin sur RMC avait eu cette répartie parée de condescendance pour répondre au jeune journaliste qui lui demandait pourquoi il n’avait pas de compte Twitter : « Mais, croyez-vous que l’on puisse résumer ma pensée en 140 caractères ? » Un silence gêné avait suivi, marquant toute la portée de l’incompréhension mutuelle.

L’année dernière et alors que je faisais une présentation au sein d’une grande entreprise sur l’importance des réseaux sociaux dans la formation de l’opinion, le patron m’interpella et me dit : « Si vous estimez que les gens vont m’apprécier davantage si je leur dis que j’ai mangé un bœuf bourguignon le week-end dernier, c’est que ce monde va mal, très mal. » Ce à quoi j’avais répondu quelque chose du style : « Au moins, certains comprendront que vous êtes un homme comme les autres, sensible aux petits plaisirs de la vie et pas cette personnalité un peu froide et distante que tout le monde devine.»

Vous qui me lisez, j’imagine que vous en avec aussi en mémoire de ces avis tranchés formulés par ces gens qui se sont servis des années durant de cette posture caricaturale pour mieux exprimer leur retrait de cette conversation planétaire.

Bien sûr que cela n’a aucun intérêt éditorial de faire une photo de ses pompes et de son jean troué comme celle que j’ai faite cette semaine et que j’ai mise en illustration de cette note. Bien sûr que ça ne va pas changer le monde de tweeter sur son menu, sur le fait qu’on est à l’aéroport, prêt à embarquer, sur l’absurdité des conversations d’un voisin de RER,… Bien sûr que c’est insipide au possible de poster un « Bonjour à tous » à la cantonade de ses followers et que cela n’apporte rien, ni du point de vue de l’acquisition de connaissances, ni de celui de l’enrichissement par l’information.

Mais pourquoi vouloir absolument associer « l’important » dans les relations humaines uniquement aux échanges de haute volée ?

Les clins d’œil que nous sommes des millions à nous adresser les uns les autres contribuent à tisser une toile d’affections croisées qui sont le ciment d’une nouvelle façon de créer du lien social. Ce n’est pas le message qui est important, c’est la finalité de l’expression, ce qu’elle va produire comme émotion chez l’autre. C’est la sédimentation de toutes ces couches en 140 caractères qui nous procure le désir d’échanger ou pas avec des personnes dont nous ignorions tout auparavant. Et n’oublions jamais que dans réseau social, il y a le mot social.

Ces clins d’œil sont des opportunités uniques de diversifier l’expression et de permettre à ceux qui nous suivent d’apprendre et connaître autre chose de nous.

Avant que j’ouvre ce blog en novembre 2004 (et oui, presque 10 ans), les gens de mon milieu professionnel savaient de moi que j’étais un entrepreneur, le patron d’une agence de relations publics qui avait pas trop mal réussi, que j’avais la quarantaine et que j’étais vaguement intéressé par les nouvelles technologies. Et c’est tout !

Depuis, au fil des notes que j’ai publiées ici et des tweets que j’ai commis, je suis heureux que les gens sachent autre chose de moi. Si je suis toujours dans les métiers de la communication et de l’influence, ça me fait franchement plaisir que les gens sachent pourquoi et comment j’ai cheminé dans la vie, qu’ils connaissent ma sensibilité de citoyen fut-elle engagée et tranchée politiquement. Je crois important aussi que ceux qui me suivent puissent identifier les valeurs qui m’animent et qu’ils fassent avec moi le chemin de mes ambitions. D’un point de vue certes plus anecdotique, j’aime aussi partager mes expérimentations culinaires, mon goût des jardins, ma « main verte », ma progression laborieuse au golf, ma passion des voyages et de tout ce qui se rapporte aux bateaux, mes coups de cœur et mes coups de gueule,…

Qu’est-ce que cela m’apporte ?

Ce ne sont certes que des clins d’œil mais la satisfaction que je retire de leur partage est cette intuition parfois confuse que les gens me connaissent tel que je suis et non pas uniquement via l’image aseptisée et contrôlée du professionnel en représentation. Et j’aime cette idée !

L’engagement individuel et personnel sur les réseaux sociaux offre à ceux qui le veulent bien des clés de compréhension sur un individu, clés qu’aucune stratégie de communication traditionnelle ne pourra jamais apporter. Dans la conversation qui nous anime, nous utilisons ces clins d’œil comme des marqueurs existentiels à la source du lien que nous décidons de créer. Et là, nous revenons à la problématique centrale de ce débat : Qu’est-ce qui est important ? Connaître les gens tels qu’ils sont réellement ou tels que leur fonction les met en scène ? Doit-on ériger une barrière infranchissable pour protéger tout ce qui est personnel et le bannir de la dialectique des conversations publiques ?

Pour ma part, j’ai évidemment une préférence pour la première solution. Et c’est là que je trouve tout l’intérêt des réseaux sociaux d’ailleurs. Outre le lien qu’ils m’ont permis de créer avec vous, ils m’offrent régulièrement la possibilité de mieux connaître certaines personnes et de mieux en comprendre les aspirations.

Mais attention, je fais bien la différence entre ce qui est personnel et ce qui est intime. Si j’affirme que les expressions qui éclairent une dimension personnelle de l’individu l’enrichissent, je pense aussi que le partage de l’intime n’a pas sa place sur les réseaux publics et que l’on doit le conserver pour ne pas troubler un message par une expressivité hors sujet.

J’ai à de très nombreuses reprises été séduit par les clins d’oeil que les gens autour de moi adressaient. Et cela peut aller de personnalités très célèbres comme Nikos Alliagas dont j’ai découvert la très belle sensibilité artistique et notamment photographique, à de simples individus comme cette collaboratrice de mon ancienne agence qui a récemment posté sur Facebook des sons qui m’ont mis sur le cul et fait découvrir en elle une chanteuse superbe que j’ignorais totalement. On gagne toujours à s’intéresser à autre chose qu’à l’évidence que l’on croit être le socle principal d’une personne.

Certains appelleraient ça des suppléments d’âme. Je dis pour ma part que l’accumulation de ces petites choses sans importance, ces clins d’œil lancés comme des bouteilles à la mer, sont les nouveaux marqueurs de nos sociétés connectées. Ils sont bien plus importants qu’on ne le pense. Ils nous rapprochent les uns des autres sans jamais être intrusifs car nous avons toujours le choix de suivre ou ne pas suivre un individu.

D’un point de vue professionnel, ces clins d’œil sont un moyen formidable pour les personnalités publiques, patrons, entrepreneurs, politiques, artistes, intellectuels,… d’enrichir leur propre réputation par des attributs d’images qui se révèleront très précieux. Ces touches apparemment sans importance permettront d’accéder à une meilleure visibilité et seront utiles pour nouer un lien d’affection solide avec le public. Ils seront les marche pieds d’une image riche, inspirante et attachante.

Donc, méfions nous de nos mépris instinctifs guidés par les convenances d’un autre temps. L’essentiel n’est pas toujours là où on le croit.

A suivre… 😉