Bases de psychologie, référent psychanalytique, en accompagnement managérial

Ceci est le support finalisé de l’intervention d’Eva Matesanz en DU Cergy Pontoise du vendredi 16 Juin. En accompagnement managérial et pratiques collaboratives.

(Ceci est le support finalisé de l’intervention d’Eva Matesanz en DU Cergy Pontoise du vendredi 16 Juin. La photo de couverture appartient à Kate Parker Photography comme souvent ici :-))

Il apparaît pour Freud, lors de son étude de la maladie physique et nerveuse, en tant que médecin et neurologue au sein d’une société viennoise conservatrice et prospère, l’existence d’un appareil psychique où l’inconscient occupe une place prépondérante. La vie du sujet est gouvernée par un noyau pulsionnel, originel, puis, progressivement élaborée au contact d’autres appareils tout aussi inconscients et plus ou moins cultivés. En cela, pour Freud, l’homme se dote lors de son développement d’une structure psychique mais aussi d’un espace psychique interne, d’une économie psychique apte à le protéger et à lui permettre de s’épanouir aussi, de dépasser ses peurs légitimes et, en somme, d’une dynamique de pensée, de relation aux autres, et de volonté propre toute singulière.

Nous avons abordé le détail des structures psychiques et de leurs pathologies avec Roland Brunner, psychanalyste et professeur. Nous devons à Lacan toutes ces précisions au sujet de la structure psychique, des fondements de la personnalité, névrotique ou psychotique, que Roland a développées et ravivées à sa manière. Je vous propose de venir aux aspects de l’économie psychique du sujet et de la psychodynamique qui s’exprime dans la relation duale et dans les groupes humains.

Et c’est la notion intermédiaire d’espace psychique qui peut nous aider à faire le lien, entre ces fondements, la structure et ses névroses, phobique, hystérique ou obsessionnelle, et son insertion dans l’espace social, partagé.

Chacun de nous dispose d’un espace psychique interne, d’une collection d’objets, de traces mnésiques, si vous préférez, collectées au contact d’une réalité interne et d’une réalité externe : des motions propres et des besoins, des sollicitations extérieures et des réponses à ces motions et à ces besoins. Il est plus aisé de se représenter ces objets partiels en lien, comme étant un groupe interne : le couple parental, la fratrie, la famille, le voisinage, la scolarité.

Nous sommes faits d’identifications de nous, enfant, avec les inconscients, c’est important, les inconscients davantage que le discours et les comportements, qui nous ont entourés. Ces identifications ne sont plus accessibles par la pensée rationnelle car des processus défensifs inconscients les ont filtrées, puis en ont gardé le « code source » au sein de leurs formes cryptées.

Deux processus de défense bien distincts, entre la prime enfance où domine la dépendance des soins externes et l’enfance puis, l’adolescence, où l’enfant se détache de l’objet qui venait le satisfaire pour mieux trouver l’objet de son désir singulier :

  • le clivage, dans un premier temps, celui de la construction du narcissisme, secondaire, celui qui intègre l’existence d’autre que soi, séparé, et qui résout cette angoisse au plus maîtrisé ;
  • le refoulement, lors du temps oedipien qui intègre l’existence d’un autre pour l’autre qui, externe à soi, en effet, on convoite. L’angoisse va devoir se résoudre en lien avec la réalité imparfaite, dans l’œuvre et dans l’affect.

 

 

Revenons aux phénomènes psychiques naturels à la base du lien social : les processus de défense et de constitution du SELF, de l’identité, et du MOI social.

1) Le clivage

Le clivage permet de cloisonner et de faire alors cohabiter en soi les premières identifications passionnées : l’amour et la haine, la jouissance et la peur, la détresse et l’élan destructeur. Le nourrisson tête le sein, accède au plaisir mais aussi à l’envie de dévorer la chair, de détruire la mamelle qui lui permet d’accéder au liquide vital pour son intégrité autant physique que mentale. Le très jeune enfant à partir de quatre mois manque du sein, acquiert la conscience de son absence, et par là, de la séparation entre la mère et lui-même. Il l’hallucine alors, il croit le boire et le réduire en lambeaux, et il se rendort apaisé, il aura eu « la peau du lait ». Il l’a à nouveau dans la peau même si ce n’est que dans son imaginaire là où le réel lui oppose le premier trou de son existence désormais autant vouée au « principe de plaisir » que de « réalité », l’altérité. Il intègre, ce faisant, le bon et le mauvais objet. Il peut à la fois aimer sa mère et la détester, lui inventer des substituts. Il pourra ensuite développer d’autres « relations d’objet », tout autant insatisfaisants, ambivalents, à la fois bons et mauvais.

Faisons le point sur l’espace interne qui se créé au contact de ce premier espace social.

Le clivage peut être représenté dans l’espace psychique interne sous la forme de traits verticaux qui font cohabiter différentes facettes de soi. Les bons objets internalisés et les mauvais objets. A ce stade, papa n’est pas encore identifié comme étant la menace, le mauvais objet. L’enfant entretient des rêves de satisfaction libidinale et morbide : mordre et détruire, mordre et rassasier son envie.

L’enfant va évoluer de l’identification primaire, directe, à la mère, à un seul et même modèle, ambivalent, à une identification au désir du père pour elle qui élabore son désir à lui sans autant de détachement de la réalité. Le clivage mène au déni en grandissant. A la psychose en lieu et place de la névrose des relations.

Dans l’exemple cité la mère aime l’enfant mais seulement « suffisamment », pas de façon absolue. Elle aime surtout le père de l’enfant, sa vie est celle avec le père de l’enfant. La mère présente le père à l’enfant et ce faisant l’enfant fait place à autre que la mère, à autre que lui-même et son hallucination.

L’identification au père représente l’effort de l’individuation : le père sépare de la mère, l’enfant se départit de son hallucination. Lorsque la mère est absente, c’est le père qui devient obsédant, la cause de la séparation, et la motion est violente et sexuelle tout autant : le posséder, lui prendre sa puissance sexuelle, le détruire, faire disparaître cette puissance. En grandissant, en interagissant successivement avec le père, la mère et le couple parental, l’enfant se résout à acquérir sa propre puissance : il s’investit dans les études, dans le sport, dans sa prestance, dans sa contribution, musicale, cuisinière, jardinière, ménagère etc. Il imite puis il réalise à sa façon les désirs inconscients qui lui sont projetés et qui rejoignent ses propres motions. Il intègre les interdits de ses parents.

2) Le refoulement

Le refoulement permet d’oublier la période intense et secrète où seul le cannibalisme, l’inceste et le meurtre (les trois interdits sociaux) auraient pu calmer l’enfant. Où le triangle œdipien ne permet plus l’hallucination d’un objet entièrement à sa disposition.

Le refoulement peut être représenté dans l’espace psychique interne comme étant la « ligne de flotaison », horizontale, entre ce qui est pensable et faisable et ce qui ne l’est pas et qui pourtant, par moments émerge tout autant : des passages à l’acte et des parole-acte qui tentent de s’annuler socialement d’un « je n’ai pas fait express », d’un « je ne le pensais pas vraiment ». Ce sont des retours du refoulé. La levée du refoulé est nécessaire dans tout processus d’accompagnement. Pour réduire la charge de l’interdit d’antan. Il est aujourd’hui possible de prendre le poste de son supérieur hiérarchique sans que cela ne soit assimilé à tuer le père ; de répondre et faire partie d’une équipe projet transverse et contribuer ainsi à satisfaire aux demandes d’une Direction Générale, supérieure à sa hiérarchie régulière, sans souffrir d’une position vécue comme incestuelle. Les deux exemples cités sont issus de ma pratique.

J’ai développé ces deux mécanismes de protection et je les ai situés dans l’espace psychique pour donner à voir comment ils ordonnancent nos relations et nos vécus. Ils reçoivent d’autres appellations dans la pratique psychologique courante : la projection est l’expression des parties clivées de soi, reconnues chez « l’autre », avec le déni en arrière-plan. L’inhibition est le pendant pétrifié du processus de sublimation qui sert de soupape continue au refoulement.

Il est aisé de comprendre que les pratiques collaboratives demandent de dépasser tout autant ces deux geôliers de l’espace psychique individuel. L’avantage par rapport au conflit inconscient réactualisé dans la relation à un seul (le supérieur, la Directrice des ressources humaines membre du Codir cités dans les exemples qui précèdent) est que le groupe est un espace psychique collectif. Et en cela, un milieu de choix pour expérimenter et réorganiser son propre espace dans toute sa complexité. Dépasser les blocages et accéder à la créativité sans discontinuer. S’y ajoutent les blocages que génère le collectif, résumés dans la homéostasie, l’illusion groupale, mais qu’il est passionnant de redécouvrir dans le vécu transpsychique des individus ! Ils plongent dans les stades archaïques et narcissiques. Ils favorisent l’idéalisation, l’hallucination primaire. Et avec elle la destruction en lieu et place de la conflictualité Œdipienne, sociale.

De la même façon que l’individu s’épanouit tout en se protégeant de l’autre, de chaque rencontre et de chacune de ses relations, par ses oublis et ses contradictions – ce sont les appellations courantes des phénomènes complexes de clivage et d’inhibition dont je faisais état plus haut, il se protège des autres et trouve des voies nouvelles de réalisation personnelle en investissant un groupe qui lui ressemble autant qu’il le désassemble et en cela il est déterminant.

 

 

 

Les membres d’un groupe sont aussi secrets et mal assortis que le sont les plis de chaque esprit adhérent. Le groupe a pour avantage d’opposer une enveloppe groupale à son environnement. Un de mes partenaires utilise volontiers l’image du groupe « sous cloche ». C’est un peu cela mais la serre ne peut tenir qu’un temps. Afin que le groupe puisse développer sa mission, et que ses participants puissent s’individualiser à nouveau.

Comme pour l’individu, le groupe cultive une hallucination, collective cette fois-ci. L’individu cède sur ses défenses individuelles et peut ainsi se dépasser et mener une démarche d’appropriation de la production commune, mais surtout une démarche d’identifications nouvelles dans le vécu partagé. Ces identifications sont conflictuelles une fois de plus, et demandent un effort personnel : les défenses se dressent à nouveau avant de céder pour de bon. Sans plus besoin de la protection que représente l’enveloppe groupale imaginaire.

Le groupe offre une contenance à la fois qu’il produit une excitation alors. C’est dans la continuité de la contenance vis à vis de l’extérieur et dans l’organisation progressive du chaos intérieur que le groupe s’impose aux participants. Que le vécu du groupe permet des inscriptions durables dans les sujets qui le composent plutôt que des émotions fortes et stériles. Que chacun lui cède bien une part de sa liberté pour la retrouver plus loin et avec la responsabilité en prime. Le sentiment de l’œuvre commune.

Pour cela, le groupe à son tour organise les échanges avec l’environnement autour sous la forme défensive qui lui permet d’exister et de se pérenniser.

Quelles sont les défenses qui sont le propre du groupe ?

Trois scénarii de base, nécessaires à sa progression, ont été identifiées par Bion et ces formes restent actuelles et sont constatées dans tout travail d’analyse institutionnelle professionnel.

– La dépendance entre les participants. C’est l’idéal commun, l’objectif, si le groupe est productif, la cause, si le groupe est promoteur ou du moins influenceur, la résistance si le groupe est défenseur des intérêts communs de ceux qui s’y rallient. C’est un campement de base dans le sens où il n’est pas possible d’y rester, dans cette phase d’idéal, dans ce sentiment de parfaite adéquation des vues : l’objectif ne se réaliserait pas, la cause serait isolée puis perdue, les intérêts dévastés par d’autres moins égaux, plus complexes et qui s’imposent de leur difficulté même à être réduits et attitrés.

À l’abri de l’enveloppe psychique groupale les enveloppes psychiques individuelles lâchent de leurs atermoiements personnels. Le vécu de la famille, le groupe d’origine pour chacun, dit primaire, permet de repérer dans ce groupe secondaire, les petits arrangements devenus inconscients pour chacun.

Le groupe est la scène de l’inconscient collectif individuel enfin accessible et susceptible d’être rejouée. Sauf que la dépendance originelle n’est plus une fatalité. C’est ainsi que l’objectif, la cause, offensive ou défensive, écartent vite ceux et celles qu’il, qu’elle, croyait réunir. Chacun ose davantage que ce qui lui était donné jusqu’ici.

Les individus fréquentent le groupe en même temps qu’ils poursuivent une trajectoire riche d’autres appartenances, d’autres idéaux, de bifurcations et de renoncements. Ils retrouvent la contenance, ils apportent leur chaos. Ils y trouvent les moyens d’organiser les contenus contradictoires et imposants.

Les organisations actuelles le permettent davantage que du temps de Marx et de Taylor. Ce sont alors les deux autres formes du campement de base qui peuvent être un piège si l’on s’y installe plutôt que de les adopter un instant.

– Le couplage. Deux, trois individus semblent plus à même de préserver l’idéal une fois que les divergences se font sentir, qu’un organisateur externe, l’institution souvent – ou son antidote puissant devenu acceptable socialement, et en cela tout autant aliénant : les syndicats, les organismes de tutelle -, ne décide à la place des participants du maintien de la tension vers l’idéal fondateur, quitte à ne pas le réaliser. Cette position de base qu’est le couplage apporte l’espoir d’une concrétisation plus tard. Elle entretient au contraire un immobilisme hagard de la part du groupe au complet. Les élus ne font que savourer leur pouvoir. Souvent. Longtemps. Sans fard. Ils oublient eux-mêmes le sens de l’histoire.

Le groupe se dote d’une unité parentale. Là où la première position rappelait la grande famille, l’école, la bande, le groupe secondaire en somme, et en cela ouvrait les perspectives, la position du couplage ramène chacun au trio d’origine, au primaire et à l’infantile.

Dans la vie associative oh combien de fois ce campement de base devient la guinguette au bandéon désaccordé. Tout le monde danse sans s’y soucier. Les Chef de Service, pas les Directeurs, ceux auprès des leurs, pâtissent et ont toujours pâti de ces espoirs posés en leur action couplée avec leurs partenaires, RH, marketing ou financiers. De nos jours les managers libérés sont aussi paradoxalement les dépositaires d’une pensée magique de réussite pourvu qu’un ou deux de leurs acolytes fassent une trouvaille qui sera portée au pinacle de l’organisation vertueuse.

– L’attaque-fuite enfin. Si les individus qui composent le groupe ne se font pas duper, ils vivent la révision de l’idéal ensemble et en temps réel. Ils échangent avec l’environnement plus large le fruit peut être modeste mais appréciable de leur énergie, le renoncement aussi à leurs efforts dans un équilibre perçu qui dépasse la contingence du groupe investi. Pour ceux qui ne veulent rien lâcher, c’est la manifestation assise sur leurs prérogatives qui prime.

Dans l’attaque-fuite, l’attaque sans concession de toute autre option que l’idéal qui les réunît est la forme que prend la fuite. La fuite au devenir du groupe qui est de changer les individus au point qu’ils le quitteraient et de compléter sa mission passagère et limitée.

Car tout groupe humain est voué à se désagréger une fois son objectif atteint, sa cause propagée. Aucun de ces « campements de base » ne peut perdurer.

Les organisations horizontales de nos jours excellent en ces deux derniers contenus : désigner des champions, des hauts potentiels jamais ou peu convertis, potentiels toujours ; se perdre dans la défense à outrance d’une position voulue plutôt que d’une évolution inconnue. Les organisations verticales de jadis pouvaient sur un idéal vivre au jour le jour.

C’est cela mon apport à l’apprentissage du groupe et de sa psychologie : attention aux nouvelles formes collectives, plates, prétendument collaboratives qui risqueraient de figer plus que jamais les individus. La singularité est en chacun de nous. Et la singularité se partage depuis la courte place et pendant le bref d’un temps qui nous sont donnés seulement.

Restons groupés oui, mais chacun en marche sur son chemin de poussière, de l’infiniment petit et nécessaire après tout.

 

 

Bienvenue

Ce que j’aime de la psychanalyse c’est qu’on ne tombe pas dedans par soif de connaissance et de contrôle mais par besoin vital et désir qui s’ignore. C’est cela que j’aime transmettre.

Art Deco Imperial Hotel a Café ImperialUne nouvelle promotion de Executive Coaches à l’Université de Cergy Pontoise.
La particularité de cette formation de Coaching est de ne pas agiter les peurs des prétendants accompagnateurs avec de la psychopathologie vite gobée comme le font toutes les autres. Entretenir le jardin des folies douces et vives.

Avec Roland Brunner nous posons les fondements psychanalytiques de tout accompagnement. Nos collègues posent les variantes humanistes et constructivistes, de la Systémie et du Cognitif-comportamentalisme.

Ce que j’aime de la psychanalyse c’est qu’on ne tombe pas dedans par soif de connaissance et de contrôle mais par besoin vital et désir qui s’ignore. C’est cela que j’aime transmettre. Alors oui, Roland passe bien en revue les structures psychiques. Il est important d’avoir accès à des représentations cliniques communes de nos rencontres singulières par ailleurs.

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– Il est nécessaire de savoir refuser un coaching, lorsque la structure, perverse ou pétrifiée dans son infantile (psychose froide ou avérée), piégée dans des troubles très intimes, ne peut pas en bénéficier et ne le pourra jamais.

– Il est nécessaire d’orienter sa stratégie clinique, selon que la névrose, ou trouble des rapports aux autres et à la réalité qu’adresse effectivement le coaching, est celle de la contrainte ou celle du tout-est-possible, obsessionnelle ou hystérique.

J’aime pour ma part y apporter les travaux pratiques. La supervision de cas et la recherche en groupe-analyse. Car il est rare d’être seul à seul en entreprise. Alors notre mission de coach analyste est proche de l’ethnopsychiatrie comme Roland le mentionne aussi dans son ouvrage de référence « Le coaching clinique psychanalytique ». J’aime le développer auprès des groupes de pairs que cette formation institue. Et par delà les structures, fixes, modelées selon le vécu d’enfance et définitivement formées à l’adolescence, donner le goût du voisinage et du différent. Ouvrir les portes de ce que chacun de nous avait peut-être laissé bien derrière mais qui se représentera à coup sûr dans ses accompagnements divers. « La psychologie du collaboratif » est mon ouvrage à moi, édition 2017 chez L’Harmattan.

Personne n’est propriétaire d’un pavillon individuel dans son psychisme. Nous sommes tous locataires d’une maison commune, traversée de « servitudes » multiples, de lieux de passage de l’autre, et en travaux le long d’une vie.

Vous allez à nouveau bouleverser la mienne. Bienvenue à vous tous DUEC 2017 Cergy University. Et merci pour la troisième année consécutive à Florence Daumarie et à Olivier Piazza de mon passage en leurs murs et ceux de l’Institution généreuse qu’ils dirigent.

Transfert réussi

Plus aucun professionnel de la relation, et à fortiori de la relation d’aide (coach, consultant, thérapeute, manager) ne peut l’ignorer : c’est le transfert qui agit inconsciemment, qui touche à la souffrance et au désir, plus jamais ignorés en entreprise.

– Le transfert d’affects anciens sur la personne de l’accompagnateur par l’accompagné.

– Le transfert d’affects de l’accompagnateur sur l’accompagné aussi, et surtout !

C’est le mal nommé contre-transfert, puisque contrairement à ce que ce nom composé pourrait donner à penser, le contre-transfert n’est pas une réaction au transfert de l’accompagné, mais bel et bien notre façon singulière de l’accueillir.

Le contre-transfert de l’accompagnateur précède le transfert de l’accompagné. Et il est pré-determiné par la structure psychique de l’accompagnateur, qu’il se doit de connaître, puis, par la connaissance de sa « folie » privée : de sa névrose en fond, de ses points de psychose aussi.

Le transfert de l’accompagné parle aussi de ses risques pathologiques. Lorsqu’il n’existe pas c’est purement la psychose, ou le transfert blanc des états limites, pour résumer aussi ces cas impossibles d’accompagner, incapables de changement, d’assouplissement. Le transfert précède la décision d’accompagner ou pas. Ou de comment accompagner, après un diagnostic différentiel possible en trois ou quatre séances.

C’est alors un voyage d’approche du coaching, du management, de la thérapie, par la clinique psychanalytique que nous aimons vous proposer, Roland Brunner et moi-même, dans le cadre du Diplôme Universitaire Executive Coaching pour Dirigeants de Cergy Pontoise, mais aussi sur inscription libre, en petit groupe réuni au Cabinet de Roland, juxtant la Seine et Notre Dame de Paris.

Plusieurs promotions déjà, depuis cinq ans de collaboration entre nous, et une méthodologie bien assise : deux journées de formation et de supervision combinées avec une petite semaine de maturation entre les deux. De lecture des ouvrages de Roland, passionnants, pour les plus avisés.

Le programme le voici :

les 29 janvier et 4 février, à Paris Notre Dame, Cabinet de Roland Brunner

Formation et supervision des pathologies ordinaires, discernement des cas graves voire dangereux, discernement des affres de son propre contre-transfert… Tout un programme non ? Nous prenons les inscriptions via la rubrique Contact. Places très limitées. Vraiment. L’étude de cas est prioritaire. Et accompagner ensemble.

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Formation-supervision avec Roland Brunner

Formation-supervision avec Roland Brunner pour accompagner par delà les façades et leurs craquelures en société.

La bocca de la verita

C’est le symbole que Roland a choisi en couverture de son dernier ouvrage, bien moins sage que ses prédécesseurs, portraits du narcisse, du dépressif et du manager.

« Psychanalyse des passions en entreprise », « Narcisse chez le psychanalyste » et « La psychologie du déprimé » en sont les titres officiels.

La bocca de la verita parle de Rome et de sa folie qui n’a dans la décadence que la perte de son humanité. Un peu comme notre monde actuel. « La folie à Rome » est un hommage à nos folies privées. Salutaires si engagées.

imageEt Roland me parle du film « Vacances Romaines’ pour quitter l’Antiquité et nous regarder encore mieux.

Sous ses allures de comédie légère, presqu’insignifiante, qu’il serait facile d’évacuer par une épithète de type film « plaisant », ou pire « gentil »), Vacances Romaines offre un regard pertinent sur l’artificialité des sociétés humaines d’aujourd’hui. Des entreprises aussi.

Ann et Joe, à leur manière, sont deux personnages ayant déjà échoué : elle ne connaît rien d’une vie qu’on a choisi pour elle – les premières images la montrent répétant inlassablement le même geste automatique -, tandis qu’il n’attend qu’une occasion pour s’extraire de sa situation, quitter ce travail trop léger de journaliste et quitter ce pays d’opérette.

imageLeur rencontre est en quelque sorte le point de convergence de deux fuites, et s’ils font office dans un premier temps de bouées de sauvetage l’un pour l’autre, il n’en demeure pas moins que leur relation se construit sur une succession d’apparences trompeuses, de mensonges et de faux-semblants : elle lui cache son identité par culpabilité, il ne la reconnaît que lorsque son patron le confronte à un autre mensonge mais décide alors d’utiliser avec opportunisme sa candeur pour obtenir un scoop, elle se fabrique une seconde identité (Smithy), il lui « vole » jusqu’à son image grâce à Son ami photographe.

Sans le vouloir, Ann finit même par confronter Joe à sa propre malhonnêteté lorsqu’elle lui assure qu’elle n’a jamais rencontré quelqu’un d’aussi « désintéressé », et le regard de celui-ci trahit alors ses dévorants cas de conscience.

D’une manière assez cruelle, quand bien même une affection bien réelle naît entre eux, ce n’est que l’image factice qu’ils se sont forgés de l’autre qu’ils aiment, et pour chacun d’entre eux, révéler sa véritable nature reviendrait à briser le charme. Leur escapade obéit donc presque à un réflexe de survie : la légèreté malgré tout, comme refuge ultime au désespoir.

Dans ses derniers instants, Vacances romaines atteint encore une autre dimension en refermant la parenthèse enchantée pour laisser le monde reprendre son cours. Si les rêves ne sont pas faits pour durer, la magie du moment, elle, persistera. Ann redevient cette princesse d’artifice, soumise au protocole ; Joe redevient ce journaliste un peu minable, incapable de s’extraire de sa situation… mais tous deux ont grandi d’entrapercevoir, quelque part, un bout de Paradis Perdu…

Amoureux ne peuvent pas s’entre-accompagner… Si vous accompagnez l’autre et que vous en êtes professionnel vous ne pouvez pas laisser passer l’instant où la cuirasse cède, l’instant où l’on touche à la profondeur humaine.

Pour ceci la connaissance des structures psychiques – névrotique comme le sont eux, pris entre ce qu’il faut et ce que je veux, mais aussi perverse et psychotique si des relations toxiques autour d’eux sont concernées – l’initiation aux fondations de nos comportements actuels et à venir, que non un profiling des comportements au plus banal comme le font les tests les plus courus, est à votre portée aussi !

Si vous avez déjà suivi une formation de psychopathologie et même avec Roland, pour ceux qui vous êtes formés à HEC, Paris 8 et Cergy, ce sont deux journées uniques que nous vous proposons ensemble, en petit groupe et en partage appliqué à nos cas en cours ou d’avant non élucidés. À vos cas à venir sans plus de doute, et accompagner sur des bases solides à votre tour.

Prenez place les 18 novembre et 16 décembre, au Centre de Paris, sous les gargouilles tout autant empreintes de vérité de Notre Dame.

De 10h à 17h et autour d’un déjeuner convivial.

Le forfait pour les deux journées est de 330 euros par participant. La réservation implique l’envoi d’un premier chèque de 165 euros. Le deuxième sera remis sur place lors de la session de novembre. Un booster accessible et réjouissant à vivre !

Soyez le bienvenus en cette vacance de tout ce que vous croyiez connaître, pour mieux connaître la vie.

Un peu, beaucoup, à la folie

Cela faisait un an qu’il m’avait envoyé ce curieux message par email : comment tu vas ? Moi j’écris sur la folie à Rome et Antique. Et j’avais trouvé cela chic. Aujourd’hui son livre est paru et il me l’offre, avec cette dédicace insolite : omnia vincit amor

La folie à Rome, Roland Brunner, L'Harmattan
La folie à Rome, Roland Brunner, L’Harmattan
Curieuse promesse alors qu’il est question, chapitre après chapitre, des maladies de l’âme et du corps pulsionnel archaïque, mais aussi de recherche et de civilisation. Les romains savaient déjà tout de l’inconscient. Si Roland dans son enquête a pu trouver tant de nous chez eux, c’est que Freud aussi l’avait fait. Mais Freud avait besoin d’une percée, plus scientifique qu’humaniste en son temps déboussolé, et il a sans doute préféré remonter de toutes pièces la machine à délirer. À partir de ses propres observations documentées. Puis ne pas parler d’amour, pas comme Roland le fait. Le réduire à l’emportement du transfert et du contretransfert et en analyser les effets. Le rapporter à des mythes plutôt qu’à l’humain trop humain.

Roland se prend à rêver, au bout du bout de ses lignes à un peu d’otium, fini le tedium vitae, au Palatin, un soir d’été. Et entre deux consultations de patients qui prennent leur temps pour ne jamais vraiment guérir, apprécier la présence d’une épouse qui lit Virgile auprès de lui, et avec qui il est si bon de ne pas mettre en péril le lien fragile…

Omnia vincit amor
L’amour triomphe de tout
Cédons à l’amour