Les épreuves pour grandir, un modèle vivant de transition

Vous reconnaissez vous dans ces peurs de lâcher le connu et aimé et voyez vous peu à peu que vous le gardez en vous ? Objet transitionnel. La transition opère, oeuvre en vous. Pour mieux emmener vos connaissances et affects sur d’autres terrains et dans d’autres relations et aussi dans la relation avec vous. Courageux, résolus, comme l’enfant adorable de 8 ans, souvenez vous.

J’ai assisté au Séminaire Psychanalytique 2019 de la société du même nom, Séminaires Psychanalytiques de Paris, leaderés par Juan David Nasio entouré d’une équipe de grande valeur intellectuelle et humaine.

« Les épreuves qui font grandir » font référence aux épreuves fondatrices de toute vie humaine que sont la naissance le sevrage, l’Oedipe et l’abandon définitif de l’enfance pour entrer en adolescence. Dans la sexualité adulte.

La séparation, la dépendance, le désir et le renoncement à la toute puissance trouvent lors de ces quatre épreuves premières le prototype des épreuves que la vie va représenter inlassablement : les moments de deuil, ceux de subordination voire de soumission, les parcours conquérants et ceux de transition, vides de sens dans leur essence même qui est celle de ne pas aboutir tant que de transition il s’agit.

J’étais venue essentiellement pour Christian Pisani dont j’admire la pratique, la capacité réflexive et l’ouverture et la profondeur qu’il sait donner aux quelques notions partagées dans l’univers jamais assez théorique et jamais certain qu’est la psychanalyse.

J’ai découvert Harry Ifergan qui fait de la période dite de latence de 6 à 12 ans, épreuve ultime, fabuleuse d’un abandon à vivre, la période la plus active et méconnue qui soit et qu’elle le reste pour longtemps.

Délices d’un jardin secret premier qui peut permettre tellement d’autres retraites en bien d’autres jardins la vie durant.

Je vais en parler à ma façon. Certains étayages viennent de lui mais c’est moi qui veut faire ce récit pour les personnes en transition que j’accompagne et qui se reconnaîtront.

L’image choisie pour cette période de latence est un dessin de la main de ma soeur sur une photo de ma plus jeune soeur de mon plus jeune enfant, 19 ans à présent. Elle sait jouer et rejouer de la latence admirablement.

Latence, 2019
Elisa Paillot par Monica Matesanz sur une capture de Maria Matesanz

Harry Ifergan focalise particulièrement sur l’entre deux : entre l’Oedipe qui représente le fantasme du sexuel et la reaffirmation narcissique et la vraie latence qui s’installe avant l’adolescence. Cet entre deux de latence active est celui de six ans à huit ans.

De six à huit ans

Le corps à corps parental reste présent, l’imaginaire est toujours fort mais il côtoie la réalité plus aisément, les apprentissages prennent la dimension du plaisir plutôt que de la contrainte mais déjà l’enfant imagine les véritables contraintes de la séparation et de sa vie : ses propres choix réduits qui seront d’abord des goûts de collégien avant de rentrer dans des choix d’orientation et d’amitié jusqu’à la  » bande à part  » : la veritable nouvelle génération dans lequelle il s’inscrit.

La vie diurne, manifeste, est celle d’un enfant qui connaît de mieux en mieux ses obligations et ses possibilités. Il joue, il travaille, il aide, il se pose et il se mobilise à bon escient la plus part du temps. Les pointes émotionnelles, les impulsions et les oppositions semblent en effet s’apaiser, rentrent en latence effectivement. Tout ceci réapparaîtra, nous adultes le savons bien, avec une intensité féroce chez l’adolescent.

La vie nocturne est celle qui donne à voir tout le travail psychique qui s’effectue. Plus dense que jamais. Plus exacerbé aussi. L’enfant « deale » littéralement avec tout ce qu’il a engrangé comme substance grise dans sa courte vie.

Ce n’est pas nouveau : entre 2 ans et 4 ans il faisait de ses éprouvés et de ses découvertes un puzzle géant qu’il devait recomposer à chaque nouvel éprouvé intime ou vécu affectif. Les grands chamboulements que peuvent être un déménagement, un divorce, une naissance, la perte d’un parent le plongeaient dans un éclatement massif de ce puzzle qu’il reconstruisait à la vue de tous de jour en jour, avec les maladresses et les pirouettes qu’on peut lui reconnaître encore une fois adulte. Le traumatisme laisse des traces.

Entre 6 et 8 ans l’enfant n’a plus la prétention de pouvoir former un puzzle. Il ne tient plus rien. La toute puissance l’a lâché. Et les pièces aussi se perdent dans un refoulement actif. L’amnésie infantile compense et régule la capacité de mémoire et décision qui caractérise notre seule espèce animale.

Entre 6 et 8 ans l’enfant cherche avant tout à pouvoir adopter et s’approprier le mode d’articulation de ce qu’il a vécu selon ses propres choix pour pouvoir le rapporter avec aisance sur ce qu’il vit et vivra encore : la séparation, les nouveaux accordages, le désir singulier et la solitude à laquelle il aboutit.

On trouve dans ses rêves et dans ses fantaisies les peurs fondamentales et les images récurrentes que voici.

L’irruption du voleur dans la maison est le rêve ou la fantaisie la plus fréquente. Il s’agit plus concrètement de son ravisseur qui règle d’un seul coup tous les problèmes de l’abandon de ses parents, du départ dans le monde aux côtés d’un bon brigand, du désir qu’il projette aisément sur lui et ses réalisations hardies et de sa différence aussi. Les touches dramatiques des parents ligotés, du sang versé ci et là, des complicités et des trahisons permettent à chaque enfant de vivre son scénario très personnel, de remuer ses affects à la hauteur de ce que le fait de grandir lui cause effectivement comme remous de conscience et d’inconscient. Ces fantasmes primaires violents et sexuels, dans la dévoration du sein, le meurtre du père, finissent de se ranger dans l’oubli.

Au fond il s’agit de « savoir » comment continuer à aimer et comment se sentir encore aimé sans avoir à rester « proche » des êtres aimés absolument que sont les parents. Sans s’imposer la proximité physique ni identitaire non plus.

D’autres peurs s’affinent pour chacun :

Peur de perdre l’amour maternel.
Perte effective des parents lorsque par exemple le père est pilote de loisir ou la mère conductrice assidue pour son travail.
Crainte d’avoir autres parents.
Enfant qui n apprend pas à lire et écrire pour ne pas apprendre sur des papiers administratifs ses véritables origines.
Peur de ne pas être aimé.
Peur de rester seul à la maison.
Les tics, la bougeotte révèlent la tension psychique en des lieux inconnus.
Peur de rester seul à la maison aussi.
Peur que se réalisent les horreurs vues dans un film ou dans un jeu vidéo.
Le dénuement et la pauvreté dans la famille ou dans la rue et le sentiment de protection disparaît.
Les disputes entre les parents alimentent la fantaisie de scission.
Crainte aussi des groupes d’amis, des préférences en leur sein, des bandes et des fâcheries.
Les réactions imprévisibles des parents sont un coup de tonnerre dans le ciel serein de cette période.
Ou alors c’est l’enfant qui provoque les parents sans s’en rendre compte pour trouver l’apaisement à ses tensions.

Si les parents peuvent s’identifier à l’enfant du temps où ils étaient eux mêmes enfants, ils pourront l’accompagner lui signifier que son vécu est familier et meme universel, qu il le relie à eux en même temps qu’il le sépare.

Autrement l’enfant passera à des comportements spécifiques véritablement anormaux en cette période de réorganisation patiente comme par exemple des régressions (euneresie, anorexie) et des violences (scarification, maladies, accidents).

Dans la vie, d’autres périodes de crise et de transition auront lieu qui pourraient faire resurgir ces incompréhensions de cette période unique, non soumise à des conflits affectifs déterminants comme celui de l’amour et de la haine du père et de la mère, deux tuteurs, deux jambes pour avancer, dans le sentiment et dans l’effort la haine devenue rivalité saine ; ni à des enjeux narcissiques majeurs, ceux qui verseraient dans l’effondrement et la disparition. Ces périodes peuvent bénéficier de l’accompagnement d’un professionnel qui écoute les fantasmes autant que les écueils relationnels et identitaires, mais surtout les fantasmes. Pour cela la psychanalyse du coach est une traversée personnelle qui enrichit autant sa personnalité que son action.

Et pour ce qui est des patients cités en exergue « qui se reconnaîtront » vous reconnaissez vous dans ces peurs de lâcher le connu et aimé et voyez vous peu à peu que vous le gardez en vous ? Objet transitionnel. La transition opère, oeuvre en vous. Pour mieux emmener vos connaissances et affects sur d’autres terrains et dans d’autres relations et aussi dans la relation avec vous. Courageux, résolus, comme l’enfant adorable de 8 ans, souvenez vous.

De l’amour et de la haine dont se tisse l’étoffe de l’éros

Olivier Bouvet de la Maisonneuve et son travail sur Mélanie Klein En Seminaire Psychanalytique de Paris m’aide ainsi à parfaire les soubassements de mes positions sur l’éros en entreprise, une autre grande matrice dont le sujet peut éclore vivant.

Aux Séminaires Psychanalytiques de Paris, avril 2018

Mélanie Klein rejoint la deuxième topique de Freud qui fait état de trois instances : l’instance pulsionnelle du ça, l’instance sociale du surmoi et le moi comme personnalité propre. Cette topique s’accompagne de deux grands principes organisateurs de la vie humaine, des seuls deux instincts que nous avons tous pour valise humanitaire : l’éros et le Thanathos, la libido et le morbide. La connaissance de la mort est à l’origine de ces deux dynamiques entrelacées, de plaisir et de réalité.

L’adoption de ce référentiel est particulièrement exprimée dans l’ouvrage L’amour et la haine ci-écrit avec Joan Rivière et publié en 1937. En accord avec son désir de ne jamais rien affirmer qui ne soit fondé sur sa pratique clinique, au plus près de chaque cas rencontré, Mélanie Klein laisse volontairement de côté l’arrière plan théorique, biologique et philosophique, pour se centrer sur les questions du développement, harmonieux ou pathologique. Ce développement psychique est la clé du développement affectif et sexuel, cognitif et comportemental, relationnel et social, de la pleine expression de la singularité individuelle tout en étant « d’assez bonne compagnie ».

Klein s’aligne sur la position de Freud : le stade originel est « sans relation d’objet ». La pulsion de vie et la pulsion de mort sont intriquées dans une forme de masochisme primaire ce qui donne lieu au tout premier conflit psychique auquel l’espèce humaine a affaire : le narcissisme primaire, un tout premier doute sur la valeur d’existence même. Ce premier regard sur soi défléchit vers l’extérieur une part de la pulsion de mort qui devient ainsi sadique, agressive, tandis que l’autre part qui demeure à l’intérieur conserve son orientation masochique.

Au commencement était la haine

L’agressivité dérive ainsi de la pulsion de mort mis elle est la première expression de la libido, du désir. La libido suit ainsi toujours les voies que la pulsion de mort a frayées.

Klein n’utilisera plus le terme de sadisme que comme référence théorique du pendant du masochisme primitif. Elle lui préférera celui de haine qui incarne mieux la dualité pulsionnelle dans l’expérience clinique, dans la recherche d’un développement.

La haine constitue le fonctionnement psychique de base, une première expression désirante qui se confond avec la sexualité infantile avec son lot d’érotisations partielles, orale, anale et scopique. L’objet partiel est le sein et son existence même organise tout le désir du jeune enfant : celui de son nourrissage mais aussi de son plaisir ou de ses privations.

Selon Freud, dans Pulsions et destin des pulsions, 1915, que Klein cite dans la Psychanalyse de l’enfant, « la haine est plus ancienne que l’amour ». L’amour reconnaît le sujet entier et ne lui impose pas la satisfaction des corps.

Cette première expérience vitale recevra l’appellation d’une position kleinienne qui persiste de nos jours : la position squizo-paranoïde. Ce n’est que dans un deuxième temps qu’apparaît la position dépressive que non déprimée : celle de la culpabilité dont on se protège par le clivage car ce n’est qu’en sortie d’enfance, avec la frustration œdipienne enfin posée qu’il sera possible de se protéger de son désir par le « refoulement » vers l’inconscient pur et simple de la pulsion interne.

« Il est, à mon avis, très important pour l’avenir de l’enfant qu’il puisse faire le passage des craintes précoces de persécution et d’une relation d’objet fantasmatique à une relation avec sa mère comme personne entière et être aimant. Néanmoins, quand l’enfant y parvient, surgissent des sentiments de culpabilité liés à ses impulsions destructrices dont il craint alors qu’elles ne soient un danger pour l’être aimé. »

Mélanie Klein, Le sévrage, 1936

Et l’amour fût

La mère se dégage progressivement de son statut d’objet sein en devenant une mère aimante. L’élaboration fantasmatique qu’elle suscite, qui est de l’ordre de l’amour, permet à l’enfant de se dégager à son tour de la pure satisfaction materielle de ses besoins voire de ses plaisirs.

L’amour et la haine sont les deux états affectifs premiers, tous deux issus de la pulsion, mais il ne correspondent pas à un afrontement direct entre l’eros et la pulsion de mort.

Si la réparation aimante est largement fantasmatique, intrapsychique, la haine est vécue par le corps, sous forme d’insatisfaction, et immédiatement projetée : elle est attribuée au sein de la mère dans sa double forme d’objet interne et externe. Elle devient un imago pour reprendre ce terme kleinien qui devient le support de toute identification.

C’est par le clivage que l’enfant effectue la première opération psychique, à la fois de défense et de création d’une formation réactionnelle. Le clivage est le précurseur du refoulement et de la sublimation qui s’ensuit. Le clivage permet le déplacement de la haine en tendresse. Elle y perd son but destructeur tout en gardant son substrat corporel pour le mettre à la disposition de l’amour. Le vocabulaire et les gestes trahissent son origine violente et sexuelle. Le baiser est une esquisse de dévoration et les mots d’amour se nourrissent d’une forte ambiguïté. Trop d’amour tue.

Le sursaut de l’éros

La position dépressive est faite d’oscillations entre un pôle traumatique où dominent la douleur, l’angoisse et la culpabilité liées à la perte de la mère objet partiel, facilement halluciné, puisqu’elle devient objet complet comme le sera aussi le sujet, et un pôle dépressif dont l’action s’articule aussi en trois temps : la représentation détachée par le clivage est rejetée dans l’inconscient par le déni qui atténue ainsi la réalité psychique angoissante.

Il ne restera que quelques traces d’une émotion invivable vite submergées par la toute-puissance de la pensée. D’autres traces se situent du côté de la plus belle émotion. Le psychisme va vite les mettre à l’abri de ses propres attaques sadiques, irrépressibles au plus précoce, en faisant un prototype dégagé de la réalité : l’idéal. L’amour est de cet imaginaire sensé. L’amour devient l’intégrateur entre la réalité psychique et la réalité confrontante.

Mais aussi quelques restes d’une petite part langagière, les bribes d’un récit, qui, en s’articulant à d’autres restes permet la symbolisation, la sublimation dans le modèle cognitif. Ce domaine symbolique qui fait face à l’imaginaire est organisé par la haine et opéré par le clivage. Ni l’un ni l’autre ne sont destructeurs, bien au contraire : ils nous évitent la toute puissance, ils sont à l’origine de la dynamique désirante, ils permettent le lien et la création.

 

Olivier Bouvet de la Maisonneuve et son travail sur Mélanie Klein dont je me suis inspirée pour écrire ce billet m’aident ainsi à parfaire les soubassements de mes positions sur l’éros en entreprise, une autre grande matrice dont le sujet peut éclore avec rage et tendresse tout autant. Et en société également.

A chaud en vidéo :

L’entreprise de la peur

Reprenons la peur de vivre. Faisons l’entreprise des générations futures.

« Les hommes d’aujourd’hui ont poussé si loin la maîtrise des forces de la nature, qu’avec leur aide, il leur est possible d’exterminer jusqu’au dernier. »

Cette phrase a été écrite par Freud en 1939. Depuis, la libération des camps en 1945 a joint l’image à la parole, l’image qui imprime l’horreur. La bombe atomique, les kamikazes de nous jours, mais aussi, l’insoutenable de l’économie et du social aussi redistribuée soit l’une et aussi libéré se proclame l’autre, confirment ce « malaise dans la civilisation ». Ce qui était un état de détresse naturel, celui du nourrisson, celui du mourant, l’homme étant le seul être qui ayant conscience de sa vulnérabilité à la naissance et à sa fin prochaine, l’inévitable aboutissement, vit dans un état d’angoisse, de peur sociale qui est la réalité de cette angoisse dans les termes de Lacan. Et c’est cette peur qu’il s’agirait de dépasser pour être sujet malgré le « pas tout » environnant. Une peur qui disparaît lorsque l’imminent devient immanent. En Seminaires Psychanalytiques de Paris toujours. Illustrés par Kate T. Parker Photography.

Car si ce n’est pas tant l’absence de l’objet maternel protecteur qui suscite les craintes de l’enfant et qu’il apprivoise en jouant (For-Da de Freud, objet et espace transitionnels de Klein et de Winnicott), mais son imminence même. C’est son immanence, sa présence entêtante, le continuum le plus meurtrier.

Ce n’est pas de l’absence dont nous souffrons. Des sorcières, des loups des bois qui peupleraient l gouffre béant. C’est de l’ultra-protection. C’est de l’ultra-préparation. C’est de l’ultra-investissement. De mouvements affectifs  et intéressés en même temps, dans le prolongement narcissique d’une faille originelle pour chacun.

Lorsque maman ne revient plus, qu’elle retourne à sa carrière et à ses amants, fantasmés ou successifs, lorsqu’elle choisit aussi de piloter son élevage -je dis maman mais pour le père d’aujourd’hui c’est du même acabit, les suppléances du père symbolique viendront plus tard avec un peu de chance -, qu’il ou elle n’est pas présente à l’enfant, au sujet qui se forme, inquiet ou inquiète elle-même de l’imminence- immanence de sa propre mère, de son propre tuteur, ou au contraire, et pourtant c’est du même, en deuil, de sa perte réelle ou du manque profond qui enfin se réveille inconsciemment, il n’y a plus de destin à l’angoisse. Il n’y a plus de jeu d’apparition et de disparition de l’objet (For-Da du siècle dernier, Doudou du temps présent), dont sortir victorieux. La peur n’a plus d’objet. Le jeu devient un but en lui-même.

Le continuum d’existence est rompu. Il n’a jamais existé. Le continuum stérile de la conception, le fantasme du couple qui est toute autre chose que l’individu auquel il devrait donner naissance, s’enkyste.

Ma patiente, citée lors de la vignette précédente, a cessé l’accompagnement sans transition. Elle joue sa partition. C’était cela ou, à nouveau, changer de région, changer d’homme, changer de job. Et ne rien changer fondamentalement à son attache courte à la mère dont elle prolonge dans son imaginaire la dépression, dans sa servilité au père et au chef dont elle prolonge le mythe du réel sauvage : l’homme dispose librement des femmes et il tue les frères dans l’œuf. Mais tout n’est peut-être pas perdu car elle garde vivant son désir de les tuer tous les deux, de saccager le corps de la mère qui la retient encore et encore, de couper la tête au tyran qu’elle élève elle-même dans un trône. À suivre, le récit de la séance.

En entreprise, cela licencie, cela recrute, cela lance une initiative, cela la transforme en projet, cela coupe le budget, cela réorganise, cela évalué, cela écarte et cela promeut. Cela rappelle à chacun sa vulnérabilité, jusqu’ici chaque année, désormais selon un « rolling forecast » financier, à horizon des trois mois prochains. C’est l’imminence de l’objet, absent au sujet, leur immanence, qui empêche toute destinée singulière d’une angoisse créatrice originelle.

C’est intéressant qu’à l’occasion des élections législatives et présidentielles auxquelles je ne participe pas en ma qualité d’étrangère résidente, la galerie des monstres prétendant à la fonction suprême, chacun patient désigné malade par sa propre famille politique, suscite dans la société civile des initiatives de mandat collectif (#mavoix, #julientletailleur) rendu possible par les nouvelles technologies. Peut-être que Freud en aurait parlé avec moins de pessimisme. La nature comme la culture ont, toutes deux, leurs râtés et leurs épiphanies.

Ou alors, comme le philosophe Frédéric Lordon* l’approche, la crise des institutions, concomitante à cette poussée des hommes et des femmes à la fois monstre et pantin, présage d’un nouvel ordre symbolique venant border le réel. Et pour chacun de nous enfin, l’imaginaire, retrouver. La peur. La vraie. Le courage de vivre et d’aimer. Chacun à nouveau responsable de son propre continuum, d’une destinée. À horizon 2039 ?

Et écrire pour les générations d’après :

« Les hommes d’aujourd’hui ont poussé si loin l’acceptation des forces de leur nature, qu’avec leur aide, il leur est possible de ne donner vie qu’à des premiers. »

Toujours premiers de ce qui se poursuivra sans eux.

*Auteur de La société des affects

Accompagner la sortie victorieuse de l’enfance en coaching clinique d’entreprise

Et l’enfant disparaît. Devenu pubère comme pubis, du latin pubere, qui se fournit de poils. L’animal rattrape l’humain. Que faire du violent et du sexuel infantiles ? Si l’enfant réapparaît que ce ne soit pas de mauvais poil !

Quatre visages de l’enfant qui souffre.

L’enfant qui a peur.

L’enfant agité.

L’enfant qui mord, qui tape, qui casse.

L’enfant meurtri, humilié.

La détresse et l’excitation des premiers temps. L’agressivité et l’infinie tristesse, inaccessible, murée, du petit enfant.

Tels sont les quatre temps du cycle de conférences « Quatre visages de l’enfant qui souffre » à l’adresse des professionnels de l’enfance en ce mois de mars 2017. J’ai assisté à l’enfant meurtri et à celui qui mord etc. pour ne pas être mort ? Deux visages qui me sont familiers. J’ai lu « L’enfant qui a peur » qui était une lecture en somme. Monique Prieur-Bertrand est, des dires mêmes de André qui a assisté à l’intégralité, une psycho-préhistorienne, conteuse en séance.

Qu’est-ce d’autre que la préhistoire de notre histoire les conditions de notre enfantement puis de notre puberté ? Pubère comme pubis, du latin pubere, qui se fournit de poils. L’animal rattrape l’humain. Ce qui change : je peux me reproduire, au propre comme au figuré. Je peux à mon tour enfanter, et je peux survenir à mes besoins et à ceux de ma descendance, je peux alors tout aussi bien cueillir, chasser, créer. Pour le reste, rien ne change, je suis celui que j’ai été. L’infantile persiste, il se range dans l’inconscient c’est tout. Il demeure plus ou moins dérangé par endroits.

C’est pourquoi celui, et celles, que j’accompagne aujourd’hui en provenance de l’entreprise, c’est sur cette tranche du passage en puberté qu’il est susceptible d’encore un peu se changer. De laisser, dans son enfance et au plus pacifié, le trop plein de subi et d’agi, le trop vide aussi. De défaire par endroits et par instants, le phénomène automatique de l’amnésie : du refoulement des passions et du clivage des traumatismes avérés ou fantasmés, jamais parlés ou pas assez.

« Infans » est celui sans la parole, sans l’échange qui humanise, resté animal en détresse, en attaque ou en embuscade.

Historien et psychanalyste lui-même, spécialiste de la filiation, Pierre Legendre le dit ainsi : « la parole a pour décor l’indicible et pour être habitable, le monde doit être mis en scène avec les mots. »

LE PARLÊTRE

C’est cela le premier apport d’un accompagnement, vous permettre de parler lorsque la retenue cède en vous.

Penser, vous le faites, vous ruminez, ou décidez, passez à l’action, comme souvent ne le pouvait pas l’enfant. Vous changez de voiture de fonction voire de poste ou même de job, mais que décidez-vous au fond ce-faisant ? Parler à voix haute, cela inscrit dans le corps votre pensée – vous savez bien que lire un texte en l’écoutant n’est pas la même chose que de le parcourir en silence, il vous emmène malgré vous -, parler seul ou même parler alentour, n’est pas être entendu.

ETRE ENTENDU

C’est cela le deuxième apport de l’accompagnement, vous invoquez « la grâce, les dieux ». Invoquer est le verbe transitif qui met en mouvement et en correspondance avec quelque chose, son complément, le mot « voix », la vox latina. Et le cri primal de l’enfance se module et vous modèle.

Parler à d’autres et surtout à un autre, bien précis, dans ce souci de se faire entendre et satisfaire, vous pensez aussi le faire, sauf que cet autre fait partie de votre scénario de vie. Vous avez choisi tous deux la scène de la famille qu’est l’entreprise. Vous vous y retrouvez. Jusque dans la souffrance qui a longtemps été votre jouissance.

Et à l’extérieur ? Le bain vous colle à la peau depuis nourrisson.

L’effraction du réel par-delà les défenses, ou le fantasme refoulé qui dans la situation contraire, de vide du réel, prend toute la place, cela fait partie du quotidien dans l’entreprise, avec les injonctions du moment, d’un temps court, changeant ; les ruptures de lien et de rythme recouvertes de la seule explication d’un « that’s business as usual » ; les rumeurs comme des vérités qui circulent, ou alors le vraisemblable mais faux ; les dénis et les valeurs affichées. Quoi se dire lorsque tout est sous scellé ? De la marque et du contrat d’exclusivité et de confidentialité.

Ce qui change est de parler de tout ce que vous vivez, pensez, agissez, ressentez, répétition ou pas à un autre qui n’est pas de la partie, d’aucune partie, même pas de la sienne ou à peine. L’accompagnateur professionnel est payé, c’est tout. C’est sa seule part dans la relation, qui vous appartient entièrement. C’est cela le troisième apport de l’accompagnement.

ETRE SINGULIER

Okay okay : les inconscients s’emmêlent, mais le professionnel est censé travailler le sien en continu. Ce troisième apport se vérifie dans le temps. Puisqu’il s’agit d’un accompagnement, de rencontres régulières qui maintiennent le désir présent, et son analyse autant.  Si l’accompagnateur vous propose des séances toutes rondes, résolutoires, toutes-puissantes, elles seront ratées quant à l’objet et quant au but alors. Il se dérobe en tant qu’objet transférentiel. Il vous prive du sens qui se dérobe qui est le vôtre, même fuyant, il affleure et relie le réel et le fantasme un instant, et ceci est « good enough » du terme de Winnicott.

Et même dans ce cas, la jouissance de l’accompagnateur vous donne le signal d’alarme. Sa jouissance est votre angoisse. L’angoisse est le non-sens pour Freud. Pour Lacan, une fois la clinique du lien de Mélanie Klein adossée à celle d’Anna, l’angoisse est la jouissance de l’autre sur soi. Et vous lui retirez votre confiance. Très formellement, au terme du contrat de coaching. Ceux qui entreprennent un accompagnement qui accompagne le passage dont il est, ici, question, ceux-là, ils s’affranchissent du cadre de l’entreprise ; ils optent pour un temps qui est le leur, et ils sont pleinement accompagnés alors.

ETRE ENTIER

C’est cela l’apport qui résume les trois autres, rien qu’en vous faisant accompagner vous avez franchi le passage, vous survenez vous-mêmes à vos besoins, vous créez votre destinée, vous vous l’appropriez.

Mais je ne vous ai encore rien dit des apprentissages des « confs », des parallèles entre les fixations infantiles et les blocages en entreprise les plus intimes. Par rapport au billet précédent, celui de moi qui vous accompagne, je vous ai regardé vous, que j’accompagne ou pas. Vous dans votre chemin vertueux qui va.

A suivre au prochain post si la curiosité se fait sentir.

L’enfant curieux aurait traversé le passage vers l’adulte « dans son génie »* !

Il croque la vie.

 

*L’expression « dans le génie de son sexe » pour une psychanalyse (ou toute autre démarche créatrice) aboutie, est de Françoise Dolto.

L’illustration de couverture appartient à Kate T. Parker Photography

Un air d’enfance en formation au coaching clinique : ma formation, mon enfance

Je m’étais inscrite parce que je ne savais pas que cela s’adressait tout particulièrement aux professionnels de l’enfance de nos jours. Je pensais à l’entreprise qui est mon champ de bataille. Et aux enfants qui se révèlent aux adultes que j’accompagne.

L’enfant qui a peur.

L’enfant qui mord, qui tape, qui casse.

L’enfant meurtri, humilié.

Ce sont les trois conférences pour apprendre du champs psychanalytique la vive essence, auxquelles j’ai aimé prendre part en ce début de mois de mars aux Séminaires Psychanalytiques de Paris.

Salle comble. Des professionnels de l’enfance venus de toute la France. Directeurs d’établissements scolaires et maternels, personnels du soin et de la santé, journalistes et enquêteurs. Hormis André de Châteauvieux et moi, coaches cliniciens, pas un seul coach. Puisqu’ils se pressent aux événements du même type autour du masculin-féminin et ricaner du sexuel assumé, j’aurais aimé les trouver parmi ces enfants que nous étions tous. La clinique est l’art de l’intervention unique, singulière au cas présent. La clinique est la seule transmission qui apporte le cas vivant en même temps qu’elle soulève le cas d’antan. Celui que nous-mêmes nous demeurons. Un cas insoluble, susceptible d’être représenté, symbolisé, en communauté.

Je m’étais inscrite parce que j’aime beaucoup. Je m’étais inscrite parce que j’aime beaucoup apprendre sur moi. Je l’assume. Je m’étais inscrite aussi parce que je ne savais pas que cela s’adressait tout particulièrement aux professionnels de l’enfance de nos jours. Je pensais à l’entreprise qui est mon champ de bataille. Et aux enfants qui se révèlent aux adultes que j’accompagne.

Je m’étais inscrite il y a plus d’un mois, et l’intervention qui avait eu lieu depuis à la chaire de philosophie de l’Hôtel-Dieu tenue par Cynthia Fleury autour de « La clinique de l’avant », de l’avant-poste, à même le champ de bataille, la clinique traumatique et post-traumatique, des attentats, des lieux de conflit, depuis 14-18 et encore aujourd’hui partout où l’homme social combat l’homme sauvage et viceversa, m’avait conforté dans mon choix.

La clinique de l’avant est avant tout celle de l’enfance, celle de la violence intra-familiale. Comme en temps et sur le sol de la guerre il n’est possible que d’apporter une écoute qui humanise le vécu inhumain et de se retirer pour laisser l’enfant, le guerrier, retourner parmi les siens, en temps et sur le territoire de l’économie partagée qui nous fait vivre et crever il n’est possible que d’écouter le manager, l’expert, le fondé de valeur, et le laisser retourner là où sa valeur est relative voire anéantie par les impératifs productifs et financiers. Et même celui à son compte, consultant ou ingénieur, est pris dans les rets de la perte et du gain.

Alors c’est toujours étonnant d’oublier les contenus, la plainte ou le triomphe, le cas particulier de l’enfant ou du RH dépassé, et d’entendre les processus. C’est cela que l’analyste, le clinicien accompagne, pas tant parce qu’il est cynique ou insensible comme souvent on le prétend, non drappé de sa posture de coach ou de thérapeute, autant incapable que l’est l’analysant de sortir d’une vie qui est la sienne.

Le psychanalyste est psychanalyste car, psychanalysant, il a compris qu’il n’a pas d’autre choix que de psychanalyser pour vivre. Comme il le fait depuis bébé. Le sens n’est jamais trouvé et par là jamais figé. C’est sa quête qui est vivante, et qui apporte à sa descendance.

Et ces trois conférences, dans l’ordre que j’ai repris, parcourent bien le vécu de prime enfance, qui se perpétue à jamais lorsqu’il quitte l’inconscient pour la vie qui peut se déployer.

Car, premier enseignement : vous avez été laissé à votre peur, à votre colère, à votre tristesse, ce n’est pas cela qui est LE problème. Le problème est que vous ou la personne que vous accompagnez, souvent excellente rencontre pour votre contre-transfert, y soit restée fixée.

Autrefois j’aurais tenté de me reconnaître, et me serais trouvée sans hésitation, tellement la légende familiale me l’a rappelé et me le rappelle sans équivoque : je suis l’enfant qui tape.

Aujourd’hui je me reconnais dans l’enfant qui a peur, puis, l’enfant qui mord celui qui tape, celui qui casse, et enfin depuis peu, l’enfant meurtri, l’enfant qui a besoin d’apprendre à pleurer, pour quitter son meurtre, qui accepte l’humiliation et qui a peur surtout des plus forts que lui. La détresse originaire lui revient à l’esprit. Seulement, je ne suis plus un enfant, j’ai peur de vous et alors ? Je ne suis pas livrée à vous, à vos soins, à votre intérêt, à votre regard, à vos mots qui me donnent corps ou pas. Je suis libre à moi.

A suivre.

Car j’ai aussi touché, atteint par moments du bout des doigts ma visée de me former et de vous accompagner dans le champs entrepreneurial, vous que j’accompagne et va.

Illustration de couverture Kate T. Parker Photography

Le Masculin

Bruno Clavier à généreusement partagé sa clinique et je suis heureuse de m’en inspirer pour écrire au masculin !

Après la haine au féminin, destructrice autant que créatrice, j’ai aimé aborder la question du masculin : agressif, vivant, mortel. Transmetteur ou sinon rien.

C’était mon présupposé, moi qui m’intéresse à la psychanalyse comme tout autre chose que la communication à laquelle j’avais tellement tenu jusqu’alors : rédacteur et porte-voix en entreprise, puis coach. Et psychanalyste en devenir si j’ose.

J’en suis persuadée aujourd’hui qu’au delà des paroles et des outils qui les portent, la transmission opère. Que chacun la porte en soi, et alors l’homme qui ne fabrique pas d’enfant, en fabriquerait sa réalité et son devenir transcendant.

Le masculin alors.

C’était au programme des Séminaires Psychanalytiques de Paris ce mercredi 7 décembre. C’était idéal. L’intervenant : Bruno Clavier. Psychanalyste, passionné et pratiquant l’intergenerationnel justement, la transmission inconsciente. Souvent auprès d’enfants. Là où tout est visible sans fard. Il est l’auteur chez Payot de l’ouvrage « Les fantômes des familles ». L’illustration ici est celle d’un mage de la lumière, Sorolla, actuellement exposé sur le thème de son séjour à Paris au Musée du Prado de Madrid.

Monsieur Clavier nous a livré sa clinique d’un devenir un homme.

Il a cité Simone de Beauvoir pour qui la femme ne naît pas femme mais le devient. Pour l’homme pense-t-il c’est pareil. Et c’est surtout passionnant de voir grandir les petites filles et les petits garçons et les voir dessiner la maman comme une terre, une maison, le papa plutôt le tonnerre, le soleil, et le vent. C’est ici le langage de l’inconscient le plus primaire, celui des traits lâchés, bien avant les traits domptés des mots.

Puis, regarder bouger les enfants, déjà nourrissons, les vacillements circulaires du bassin des filles, les rythmes avant arrière, rectilignes, du garçon. En consultation un petit garçon qui se cognait la tête contre les murs vient au fil des séances à ce balancement. Il se saisit de son genre. Il se saisira de son sexe à l’adolescence alors.

Son grand père maternel avait dû faire un choix impossible jadis entre la mère et l’enfant qu’elle portait dans son ventre : de quoi se casser la tête. Il avait choisi son épouse et sacrifié l’enfant.

C’est cela la filiation du garçon en ce qui concerne le masculin, son père oui, son grand-père maternel beaucoup aussi.

Et son problème à résoudre ne serait pas tant l’angoisse de castration souligne Bruno Clavier mais l’identification à celui qui a des relations sexuelles avec celle qu’il convoite : la mère.

Cette identification est possible si le père est en relation avec l’enfant, s’il lui accorde sa parole, s’il lui transmet qui il est, sans s’absenter où se dérober, à lui-même souvent !

S’il n’y a pas de parole, le garçon mime, il ne s’identifie pas. Il répète dans le sens de il duplique. Il retombera dans les ornières dans lesquelles son père s’est pris les pieds, puisqu’il aura des comportements copiés collés. Pas tellement connus et compris, puis intériorisés mais intériorisés directement  sous la forme de l’introjection. Les comportements d’infidélité ou de sabotage en font partie. Le descendant peut avoir bâti une vie plus équilibrée. Il n’en sera pas heureux car il aura une compulsion à agir comme l’ascendant.

C’est le cas par exemple d’un homme qui après chaque relation sexuelle, parfaitement satisfaisante avec sa femme qu’il aime, a besoin d’aller sur Internet et poursuivre son activité sexuelle sur des sites pornographiques.

Ceci est le clivage culturel : pour l’homme il y a la maman et la putain. Pour la femme le mari et le prince charmant. La femme historiquement réduite au foyer, à la procréation et au soin des enfants, trouve une alternative à son époux, souvent non choisi par le passé, dans la rêverie, et dans des rencontres partielles, inspirantes d’un idéal masculin. L’homme lui a des occasions de rencontre à l’extérieur qu’il investit aussi naturellement, de par son rôle d’aller chercher de quoi vivre, et son rôle de représentation.

Les deux clivages se complètent parfaitement.

Homme est celui qui s’empêche, disait Camus.

L’homme qui n’est plus un enfant, ni une femme, a conscience du temps, de l’espace, il s’inscrit dans un territoire dans lequel il a un rôle qui le dépasse, il s’inscrit dans un temps qui a un début et une fin. L’homme qui s’empêche transmet ceci autour de lui. Cette conscience que son inconscient, son infantile, lui refuse. Cette conscience de la vie et de la mort.

Après s’être identifié aussi imparfaitement soit-il, mimétique au mauvais père, l’homme peut par la psychanalyse et/ou son chemin de vie, se désidentifier aux imagos qu’il a formé dans sa tête, du masculin et du féminin, du père et de la mère. Il modèle ces imagos à son image à lui. Il accueille le féminin aussi : sa mère, et sa grand-mère paternelle. Son désir d’elles autrement, prend forme auprès de sa femme, de ses partenaires professionnelles féminines, de ses enfants.

« Tu seras un homme mon fils. » – lui dit le père. Le père de parole.

« Tu es ma femme. »

« Tu es mon enfant. Ma fille. Mon garçon. Une femme. Un homme bientôt. »

Il peut leur dire à son tour alors.

Sa femme est femme, celle qui a un sexe de femme et non un rien, celui qui lui permet de désirer la pénétration. L’homme n’a lui plus peur de la castration, qui vient par la femme : vagin insondable et dévorant sinon.

Sa fille, son garçon, sont des futurs homme et femme, sexués, puisqu’ils auront reçu la parole du père, de l’homme, du garçon.

L’homosexuel est celui qui manque de son propre sexe. Comme le hétérosexuel manque du sexe opposé. L’homosexuel a manqué de père, de parole, de celui qui transmet et se sépare. Instantanément, l’homme se sépare de l’enfant par l’éjaculation. Il revient par la parole mais c’est pour lui dire son nom : séparation symboligène qui complète l’autre séparation qu’est la naissance de la mère.

En consultation, l’homme « estime qu il va vraiment mieux quand il est capable de contacter, d’accepter et de faire vivre en lui son féminin. Appréhender au mieux ses rapports avec les femmes, les enfants et les hommes. »

Ainsi conclut Bruno Clavier ses notes dactylographiés.

Transmetteur, et connecteur. Homme de lien. Le pénis comme virgule, j’aime moi l’imaginer.

Le narcissisme à propos, par Olivier de la Maisonneuve, psychiatre adolescent

Le narcissisme. C’est la mal-structure psychique et cela va être aussi la mal-clinique de la psyché, en recherchée, d’essai en erreur.

Le narcissisme ne peut pas être considéré comme un concept achevé. C’est la mal-structure psychique et cela va être aussi la mal-clinique de la psyché, une recherche, d’essai en erreur.

A suivre le récit de cet héritage de Freud par Olivier Bouvet de la Maisonneuve, en Séminaire psychanalytique de Paris du 16 juin 2016

Lorsque le déni du narcisse cède la place au refoulement dans la dynamique œdipienne, il est enfin un passage du traumatisme au fantasme, avec la déferlante de violence de son propre désir incestué, que l’on oubliera aussitôt, aussitôt que l’on s’en sera séparé, rapproché d’autre que soi et « les siens »

Pour Freud qui associe étroitement la réflexion, la pratique et l’implication personnelle, ce n’est pas tant dans les cas qu’il rencontre que dans ses correspondances à propos de lui même s’il perce le mystère de Narcisse à Œdipe.

Et notamment dans sa correspondance avec Fliess qui fait état d’une relation de rivalité fraternelle qui prend la place de l’inceste possible avec le père-vers.

Narcisse et Œdipe organisent notre vie psychique. Narcisse la fonde et Œdipe la structure.

8 propositions à propos de narcissisme

1. Le Narcissisme est un stade dans le développement psychique et désirant

En 1909 Freud passe de la dénomination de l’homosexuel, à la définition d’un stade dans le passage de l’auto érotisme à la relation d’objet.

L’amour de soi est une étape normale, il est développé dans son texte de 1915 « Le président Schreber », décrivant la paranoïa en tant que stade préobjectal et de délire de grandeur.

2. Le Narcissisme est un mythe agissant dans le psychisme

Dans le repli sur soi, dans la dégénérescence de l’autoérotisme, le schizophrène devient le prototype de la maladie. Pour Freud au contraire il n’y aurait pas aux stades précoces ou fixés, il n’y aurait pas de déficit mais d’excès de libido.

Freud s’accorde et nous accorde un paradigme consistant à l’emploi d’une méthode non scientifique, la mythologie, en tant que méthode connue pour explorer un domaine inconnu. Il invente ainsi de toutes pièces le mythe du père de la Horde pour signifier la psychogenèse.

« Pour introduire le narcissisme » est l’ouvrage qui place pour la première fois côte à côte les pulsions libidinales, d’objet, et les pulsions du moi, autoérotiques. La perte libère le désir attrapé dans la mère, l’investissement libidinal revient vers soi.

L’objet est idéalise, réduit à une idée, une image qui se réintroduit dans le moi ; c’est le narcissisme secondaire, celui de l’idéal du moi, qui est l’instance première permettant ensuite le refoulement et la sublimation.

Il n’y a pas de distinction fonctionnelle, la libido du moi et d’objet est la même, la distinction est topique (des lieux et des dynamiques 1914)

Le Moi moi devient l’organisateur des défenses et non, une simple image, il n’y a pas de objectivation claire, la représentation est illusoire, métaphorique.

C’est ainsi que surgit le Modèle de l hystérie, qui subit une impasse thérapeutique à partir de 1900.
3. Le Narcissisme organise le champ des névroses

Dès 1916, aux côtés des névroses de transfert, les névroses narcissiques mettent en échec la cure.

La résistance est insurmontable. Dans les névroses actuelles, celles traumatiques, sont reconnues à nouveau à les névroses narcissiques. Mais reste la différence du fantasme.

C’est là que se fait la distinction entre l’institution avec ses gestions narcissiques, et la pratique des psychanalystes libéraux plus adaptée aux névroses de transfert. Les dépressions et les états limite.

Les névroses narcissiques sont des pathologies de l’objet. L’objet est celui qui va fixer la pulsion. Il est un retour au Phallique. Une perte du but après la perte de l’objet. Le moi n’est pas pris comme un nouvel objet, de réinvestissement. Le but ne sera plus la sexualité mais l’identité, l’idéalisation des pulsions partielles de l enfant. La Pulsion génitale unifiante est perdue.

Il y a risque de décompensation dans le désir.

La réponse de Freud est son œuvre « Deuil et mélancolique » où il décrit l’éveil suite aux incidents de la vie du mécanisme pathologique qu’est la dépression et qui se substitue au mécanisme sain.
4. Le Narcissisme est une identité d’identification à un objet perdu, ce qui part comme une identification sexuelle revient.

L’Œdipe est le narcissisme réussi.
La mélancolie, un échec – lorsque le petit enfant remplace la mère bienveillante par la mère absente la psyché s’en défend par le clivage. Chez l adulte « l ombre de l objet tombé sur le moi »

Ambivalence du lien aux figures parentales, amour et haine dans le désir, la haine marque une distance. J’ai É contact, amour absence.

En 1917 Freud esquisse de la théorie du moi jusqu’en 1923 où il aborde le moi et le ça, le narcissisme et la sublimation qui est en soi une activité libidinale ne se réduisant pas à l’identification. Le ça est le vrai réservoir des pulsions moi. Le petit soi que forment le moi d’origine et le ça porte les traces des liens abandonnés, des résidus, l’identité, l’altérité, le sentiment être un autre, nous sommes des morceaux d autres…

5. La pathologie narcissique vient de la desintrication des pulsions

En 1920 avec « au delà du principe de plaisir » les pulsions sexuelles et du moi proviennent de la même source. Le moi est un objet comme les autres et il y a un peu de moi dans les objets, comme les objets sont en moi.

Freud aborde le Mythe de Eros et de la pulsion de mort avec la méthode scientifique.
Eros est l’amour réunification.
La Mort est le but ultime.
Eros un détour et sa fonction culmine dans la reproduction.

La Pulsion du moi et sexuelle sont réunies dans la pulsion libidinale. Eros dans le lien à l’objet qu’est la mort envahit le narcissisme. Alors que les pulsions de vie sont perturbatrices, celles de mort font leur travail sournoisement. Il en découle des bizarreries de fonctionnement, des mouvements sadiques, une libido de destruction de l objet associé à la conquête de l’objet.

Psychologie collective et analyse du moi phénomènes de foule et dépendance à un chef idéal du moi, 1921

Symptôme de dépendance dans les pathologies narcissique, hantise de l indépendance du névrosé. Hantise en dernier ressort du transfert massif !

L’angoisse de castration marque le retour du masochisme infantile dans le psychisme.

La forme ultime d’angoisse de mort est le désinvestissement. Le moi se rigidifie sur lui même. Il Renonce à l objet.

Distinction moi idéal première identification à la mère et idéal du moi composante sadique clivée, Les apports réguliers de Eros par la mère permettent de tenter d’apaiser cette instance. Et lorsque Œdipe survient, survient le surmoi qui intègre l amour dans la relation.

Névroses narcissiques sont alors la mélancolie, l’annihilation de la mère, un idéal du moi narcissique identifié à la culpabilité seule identité du mélancolique, sa méchanceté, sa défaillance. L’accusateur sur-moi prend toute la place.

6. Le déni est l’organisateur

Le Destin de la représentation devient le déni.
Le représentant de la représentation est refoulé.
Il y a surtout refoulé de l’affect.
C’est le symptôme de Freud décelé par Mélanie Klein. Son point aveugle.
Dans « Totem et tabou » Freud aborde le déni de la culpabilité.
Il renonce à la névrose narcissique en tant que névrose grave.

La Dissociation ou clivage prend la place du déni.

Il y a lutte contre le traumatisme, contre les perceptions externes qui lui rêvelent ses propres défaillances.

Dans le déni de réalité l’émotion prend la forme de représentations corporelles.

En 1938 , dans « clivage du moi », Freud fait la synthèse du déni de perception ou d’angoisse ; le succès n’ai atteint qu’au prix d’une déchirure dans le moi.

Les failles que nous nous reconnaissons nous permettent le plaisir, et nous annoncent la mort. Le déni en tant que mécanisme de petite enfance, cède la place au refoulement, confirme Mélanie Klein.

 

7. Le narcissisme est quelque chose d’indicible qui nous met entre la vie et la mort.

En 1939, avec « Moïse et le monothéisme », Freud redevenu hégélien, il est de retour à la pensée.
En faisant l’analyse du mythe, il décrit l’histoire du développement humain comme un passage du polythéisme au monothéisme avec le meurtre du père de la horde .
Avec l’acceptation de la mort, la vie prend son socle dans la mort.

Après le narcissisme réduit à la haine de « L’avenir d une illusion », en 1927, et « Malaise dans la culture », 1929, survient le dépassement du narcissisme des petites différences.
La réponse est le narcissisme de l’universalité.
8. Le narcissisme est universel.

Le Mythe du meurtre du père instaure une loi d’amour né de la culpabilité, de la perte, de la mort. Eros rassemble des individus qui partagent un désir haineux.
Le Bonheur individuel cède le pas sur intérêt collectif.
La Pulsion de mort s étend au groupe social.

C’est le retour de « psychologie des masses » (1921), où l’on amour narcissique mère enfant agit, à condition pas se faire déborder par le sexuel.

C’est le retour du masochisme créatif de la mère, de son dévouement, sa fantaisie, plutôt que le sadisme destructeur de l’enfant, le tyran.

Le sursaut d’Eros c’est la pensée, vient ainsi le triomphe du narcissisme organisé par le masochisme.

Le Surmoi réunion d’Eros et de la pullmsion de mort nous réconcilie avec nous mêmes et avec les autres.

 

Conclusion

Le narcissisme est un concept pour penser le psychisme
Il est à l’interface de l’individuel et le collectif.

Le narcissisme s’accomplit par l’amour
Narcisse et Oedipe sont inséparables dans la vie psychique. Œdipe donne des mots à Narcisse. Le Moi se différencie du ça. La haine qui colle se détache dans un surmoi transcendant, généreux.

Le narcissisme est la pathologie qui ne vient pas d’avant mais d’après, celle pour penser, panser l’avenir, celle de la créativité. L’amour restaure cet avenir. Difficiles, défaillants, les ados, si nous les aimons, ils sortent de leur dépression. Et vous et moi alors.

Olivier de Maisonneuve est psychiatre à Sainte Anne et sa spécialisation est la dépression adolescente.

Narcisse toi-même, pour un narcissisme de vie

Accompagnateur ? Accompagné ? Coach ? Coaché ? Libérez votre Narcisse. Le narcissisme de vie vous permet de marcher bien chaussé. Puis l’Oedipe, élargit vos horizons. Tout un monde en vous et au devant.

Le narcissisme correspond au clivage du moi précoce qui précède au mécanisme premier de protection psychique adulte qu’est le refoulement. Il pose les fondations, de soi, de la relation… Du métier d’accompagnant. Il préside à notre vocation, autant qu’aux refondations que nous menons auprès de ceux au en accompagnons. Confiance, constance et courage c’est ce que je souhaite alors à mes étudiants.

Le refoulement arrive avec L’Oedipe vers l’âge de six ans, lorsque la petite fille, le petit garçon, enfouissent à jamais leurs fantasmes de sexualité infantile, et le viol de la mère et le meurtre du père, la séduction du père et la trahison féminine, la visée d’enfanter rien que pour eux, qu’ils originent.

« Oubliés » dans l’inconscient, ils remontent à la conscience régulièrement, par poussées, par moments clés, et ils teintent d’une coloration violente et sexuelle toute autre relation postérieure, à l’homme, à la femme, à l’autorité, à l’enfant, descendant. Ce qui fut interdit devient le surmoi et le moi est social, le « self » dit-on aussi selon les psychologies, par opposition au « soi » profond qu’est le moi avec ses élans libidinaux (ça), cherchant satisfaction tantôt dans le plaisir, tantôt dans le déplaisir, au delà d’un principe que Freud démonta.

Le clivage du moi, lui, correspond à la période pré-oedipienne, infantile mais aussi adolescente, celle du narcissisme primaire, où l’enfant, le pubère ensuite, ne pouvant pas concevoir sa vulnérabilité et son impuissance d’être-dépendant bâtit en lieu et place de l’absence d’une réponse immédiate et pleinement satisfaisante (le sein, son réconfort mais aussi sa dévoration, sa possession destructrice, comme le sera plus tard le désir impossible d’une disponibilité totale de maman, de l’amant), il bâtit en lieu et place du « moi idéal » de sa conception, un « idéal du moi » ou plutôt, des idéaux du moi successifs, comblant de réponses partielles son existence séparée : le caca qui reste chaud et doux collé, ses doigts de main qu’il avale et qu’il mutile, l’auto-érotisme possible de tout ce qui lui tombe sous la main, un sucre volé, son sexe érigé et qu’il est si bon de frotter, pour la fille davantage l’air de rien « se frotter ».

Ces « idéaux » cohabitent au même niveau : le caca est plaisant et vite irritant, le doigt est un téton et le marteau piqueur d’une bouche déformée, le sucre est une claque aussi vite endossée, le sexe est sans fin. Plus tard, des relations extra conjugales et des coups tentés en marge des affaires courantes seront à la fois la jouissance et la peur retrouvées. Sans que cela ne trouble l’image pleine que de soit on se fait.

 » Maman ne peux pas être méchante alors si ce sucre me vaut une tape c’est que j’aime être tapé(é) et gourmand(e). C’est moi ça. Et c’est mon idéal du moi. Et ma maman reste idéalisée par la même occasion… »

L’identité devient le composite de toutes ces choses que l’on fait sans « jugement ». Anciennes d’un temps d’enfant.

Narcisse toi-même

Le narcissisme met en échec le travail psychanalytique. Là où le refoulement peut être appréhendé un instant par le transfert sur le thérapeute d’affects anciens, le clivage se passe d’affects. C’est surtout qu’il les dénie, leur trouvant une place dans ce composite pré-cité tout aussi clivée. Ils sont là mais pas en lien. Et le sadisme ou son complémentaire le masochisme morbide, primaire, sont les seuls émois, sur la base de sensations, plutôt que de ressentir des sentiments élaborés, sur la base de pensées, de libre association, de liens : Maman est belle et douce et monstrueuse et méchante.

Pour l’accompagnateur, c’est la bourse ou la vie. Ce qui veut dire la mort en face. L’amour au bord du gouffre. Bandit des chemins de l’inconscient :

  • soit, il persévère dans la recherche d’un sens, lourd d’affects dérobés, baluchon existentiel, juste consolable et donc à nouveau réduit à l’auto-érotisme et les dépendances,
  • soit sa persévérance présente le moindre défaut, et ils sont nombreux en écho de ce Narcisse d’un seul tenant qu’est le client peu patient.

Il risque la « décompensation » : les clivages cèdent, ils ne « compensent » plus tout ce qu’ils additionnent impunément, revient l’angoisse la plus primaire d’éclatement, de morcellement, d’effondrement. Le travail de déconstruction et de reconstruction demande du temps. Ce sont les enfants boiteux de l’Oedipe qui échappent au destin tragique de Narcisse, collé à sa propre peau. Ils remarchent à nouveau. Sur la base solide d’un narcissisme secondaire, d’un narcissisme de vie et non de mort.

Le narcissisme de vie

Le narcissisme ne peux pas être considéré comme un concept achevé, non plus. Freud l’a initié, les générations successives de psychanalystes tentent de le saisir comme je le fais. C’est notre travail premier. Narcisses comme je le disais. Car le narcissisme est fragile comme un miroir qu’on se tend. Au plus précoce de notre venue au monde, pas celle de l’accouchement, mais celle de nous face au monde, tentant de le percer de tout notre nouveau. Et nous perçons de notre monde celui de nos accompagnés, et réciproquément.

La mélancolie en est la pathologie type. La fabrique à « idéaux du moi » se grippe. La mère qui a tapé lorsque on a osé dépasser la limite est perdue à jamais et indéfiniment recherchée. La mère aimante, capable d’un « masochisme créatif », est réduite en morveux. Le traumatisme reste. Il ne cède pas la place au fantasme, qui exprime lui la violence propre à l’enfant. Et la transforme dans ses propres créations autres que faire à la mère un enfant et un affront.

Le narcissisme triomphant ce serait alors. Dit « secondaire » par évolution du « primaire » dont il était jusque là question. Et puis, comme avancé plus haut, l’Oedipe recouvre tout ceci de son refoulement. Les clivages restent enfouis. Ils resurgissent à propos. À chaque fois qu’une limite peut être dépassée à nouveau sans que ce soit un « se perdre » ou perdre l’amour.

Au contraire. L’amour est vainqueur. Freud en est mort et nous l’a laissé en enseignement. Et nous qui accompagnons, le réapprenons de notre propre métier à la vie à la mort. Narcisses accompagnants.

A suivre le récit de cet héritage de Freud par Olivier Bouvet de la Maisonneuve, en Séminaire psychanalytique de Paris du 16 juin 2016. Qui a largement inspiré mon dernier cours à l’Université de Cergy Pontoise en DU Executive Coaching du 17 juin alors. Ce papier en est la trace, amorce d’un cursus nouveau : le développement psychique et relationnel de stade en stade de développement. Narcisse et Œdipe structurants ensemble et tout autant.

Complément du cours de Roland Brunner « Diagnostic de Structures psychiques, psychopathologie, indications et contre-indications au coaching ». Ce tronc de formation constitue l’approche psychanalytique du coaching.