Des coulisses de la psyché à la scène de rue, enfin

Longtemps je me suis tu, j’avais coupé le son. J’étais assis dans mon coin de table, pendant les festivités, les apéros, les cérémonies sociales, les convenances de rue. Ca parlait politique, rock’n roll, football, région, patin, couffin.J’écoutais d’une oreille, l’autre écoutait ce truc qui me battait la poitrine et donnait des signes de faiblesse. Je tournais le dos à ma jeunesse, j’écrivais en moi comme dans un livre ouvert. Et personne ne le savait. Il se trouvait encore un moi dans la glace mais je voyais bien que certains oubliaient mon nom même s’ils savaient mon silence rempli d’encres sèches. Un jour je suis sorti de mon hiver j’avais mis le mot fin aux quelques tomes écrit sur l’intérieur de moi. Le monde n’avait pas changé, politique, rock’n roll, football, région, patin, couffin. Mais la rue était jonchée de ceux dont je m’étais défait.

Recherche en paternité : l’absent mais implicite dans le contre-transfert

Elle a choisi de se faire accompagner en groupe de coachs et en duo d’animateurs, et aujourd’hui elle apporte un cri de guerre :

– Je n’aurais plus besoin ni de papa-maman ni de vous tous qui sans retenue partagez. La petite fille muette en moi désire le rester.

– Quel serait le premier pas ? – s’avance vers elle précautionneux papa supposé.

– Mon pied sur la première marche et descendre l’escalier qui m’a menée en bord de ciel !

– Avant cela – il y en a cent à dévaler – pourrions-nous écouter le groupe une dernière fois.

Et à chacun de replonger dans la blessure d’abandon premier. D’honorer le silence qui permet la liberté. Et accepter tout autant le droit de retrait.

Elle décide de rester ayant entendu ce qui est. Ce qu’elle est. Retrouvée.

Seuls « papa » et « maman » le lendemain et le surlendemain songent à l’avoir perdue peut être à jamais. Qui est cette petite fille muette qui en nous tous à parlé ? Qui nous a terrassés ? Comment poursuivre un accompagnement professionnel ?

Il s’avance encore une fois en premier : – Je reconnais, Eva, que je suis sous le coup, face à elle, d’un contre-transfert paternel. C’est elle mon père mutique et en retrait ! Et peut être que je suis moi, tout autant, le père qui lui pose peut-être problème mais dont elle ne parle jamais ! Défaillances de la mère est tout ce qu’elle a à t’opposer toi la mère des lieux !

– Attends, attends. Ce que tu viens de dire pourrait nous éclairer. Qu’elle soit pour toi le père ne te rend pas père à ses yeux. Ni moi femme, sa mère si mécanique-ment. Nous serions tous les deux une mère schizophrène en tant que duo ! Et la petite fille muette serait-elle… la lueur intérieure de son père absent ?

Lui faire de la place est notre métier désormais. De mère suffisamment bonne enfin.

 

* Le silence et l’écoute de l’accompagnateur,
* La liberté totale d’évocation de l’accompagne,
* La prise en compte, comme d’un matériau précieux, des actes quand ils surgissent, et qui actent la peur du trauma répété,
* La protection d’un cadre pour que mises en acte réfléchies elles demeurent, et non passage à l’acte non élaboré, néfaste à l’accompagnateur et aux accompagnés.

Tout y est pour permettre le processus de connaissance de soi et de développement.

Tout y est sauf l’absent mais implicite dans le contre-transfert de l’accompagnateur. Lui aussi vit un transfert d’affects anciens sur ses accompagnés. Recherche en paternité…