La latence d’une transformation collective

Faire groupe et faire ensemble même depuis la passivité la plus totale de nombre des participants à cet ensemble, ceci est un des délices de la période de latence. Ceci se vérifie aussi dans les transformations collectives des adultes en entreprise ou en institution.

Enfin, après les développements de la transition individuelle lors du partage précédent, s’il est quelque élan qui caractérise la part extremement active que prend la latence psychique ce sont les apprentissages cognitifs et comportementaux, au plus singulier de chacun mais en lien plus que jamais.

Le partage des apprentissages en groupe de pairs.

Les enfants veulent être avec des enfants. Ils apprennent pour la première fois à regarder le jeu auquel ils jouent ensemble, sans plus d’élan qui s’impose de vouloir participer ou la jouer individuel ! Faire groupe c’est découvrir et faire quelque chose ensemble y compris dans la passivité la plus totale de nombre de certains participants à cet ensemble : ceci est un des plus grands délices de cette période.

Ceci se vérifie dans les transformations collectives des adultes en entreprise ou en institution.

La voie naturelle de transformation permet le respect et la fierté de tous quel que soit le niveau d’engagement. Comme il est de plus en plus spécifié dans la réflexion du management : cessez de réclamer l’engagement et la fidélité à des personnes qui ont « juste » le besoin et l’envie, justes, de se développer par le travail et de vivre une expérience partagée.

Seuls les « déviants », les agitateurs, les excités, confondent le mouvement et le progrès. S’ils prennent le dessus, ils grippent le process naturel. Les enfants de la latence en sont perturbés, traumatisés comme jadis ils ont pu l’être.

Les projets de transformation font des dégâts lorsqu’ils servent de prétexte à la violence institutionnelle et individuelle ou, pour mieux dire, individualiste.

Faire fausse route, l’ancienne route

Les figures modélisées en analyse institutionnelle (par Wilfred Bion, selon la psychodynamique constatée en institution il y a un siècle) de :

– la dépendance réactivée,

– des alliances inconscientes pour servir les rapprochements purement libidinaux de quelques-uns,

– « la casse », la rébellion, la dissidence, la trahison,

font, de la transformation, un scénario de crise, et de la sortie de crise, un triomphe qui sonne faux.

Nous vivons actuellement un acte grandeur nature avec la crise des gilets jaunes, la contre-crise du faux débat et la seule fuite en avant et en d’autres lieux (les niches de l’initiative individuelle pas trop malmenée, du digital qui est autoporté, du solidaire et social qui perce seul) de ceux qui se transforment eux-mêmes en transformant leur univers.

Ces derniers pratiquent la résilience face au traumatisme infligé par ceux dont le scénario est régressif. Mais la résilience est le mouvement d’un instant pas une trajectoire, une durée.

Lorsque ceux-là ne supporteront plus de se conformer, de reprendre forme quelles que soient les attaques engrangées. Ce ne seront plus les ouvriers d’il y a un siècle, ni les bourgeois heureux de leur résidence secondaire et de leurs congés payés. La transformation aujourd’hui est continue voire permanente.  Elle prend la forme d’une économie circulaire et d’investissements personnels qui évoluent vers les affects les plus sincères bien davantage qu’ils ne composent avec des jours de mérite et des jours de jouissance.

L’après-latence

La nouvelle économie est en train de se faire toute autre que celle de la French Tech et de l’Etat plateforme. L’Etat en France n’est qu’administration en cours de dégraissement. Lean, là où le loan a failli. Le vivre à crédit et à  dédit.

Les décideurs d’entreprise croient peut-être encore à leurs séminaires de direction et aux formations inutiles que consomment leurs troupeaux – comme le président veut croire aux débats mis en scène dont il occupe son temps – mais les troupes « ma non troppo », les nouvelles générations, s’organisent désormais selon un principe de génération spontanée. Plus naturels que jamais.

La théorie de l’évolution évolue. Pas de forts, pas de faibles. Vulnérables ensemble. Créatifs à chaque instant. Adaptatifs en cela mais pas pour la survie, pour le sens d’une histoire qu’on ne leur volera plus, d’un espace qu’ils occupent de bout en bout, des liens qui les tiennent en continu.

Les enfants de la latence de nos jours sont les modestes artisans des jours latents à venir, inimaginables et nouveaux.

 

La place de la latence dans l’accompagnement de transition individuelle

Ce temps de latence que les accompagnateurs de transition s empressent de combler est d’abord le leur qu’ils chercheraient à fuire.

La transition s’assimile souvent à une mise en mouvement, d’une situation à une autre.  Elle est, pourtant et avant tout, une pause psychique permettant une véritable réorganisation intime. Nous l’avons développé dans le post précédent. Chez chacun de nous cette pause a pour prototype celle effectivement engagée entre 6 et 12 ans : la période de latence.

En transition, vous vivez un équilibre manifeste tandis que vous vous formez, vous faites de nouvelles rencontres et vous découvrez des voies de sortie toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Mais il sera toujours temps. Le temps ici est à la pause.

Vous deviendrez indépendant ou employé à bon escient. Vous ferez le choix de l’expertise ou du management. De la grande, de la petite structure ou du réseau.

Tout semble possible à nouveau tant qu’une nouvelle adolescence, le choc de la réalité, le temps des renoncements et des responsabilités, ne mettra fin à cette latence retrouvée à l’occasion de l’échéance certaine d’une fin de droits ou de congé.

Ce qui vous permet et permet à chacun de dépasser ou du moins limiter l’angoisse du passé, l’anxiété d’un avenir incertain, c’est une position défensive engrangée entre 6 et 8 ans : le renversement en son contraire.

Le retournement possible d’un entre-deux

L’enfant qui a peur se montre courageux ; celui qui est timide, se laisse gagner par les rires et par le jeu ; les rivalités de la petite enfance contournent la pente de la jalousie haineuse à la faveur des complicités ; l’amour exclusif dévorant se mue en tendresse et fierté.

L’adulte qui a fondé sa vie professionnelle sur l’exécution et l’obéissance s’essaye à la créativité et devient activiste auprès de ses partenaires métier. Celui, fort contributeur en équipe, se lance sur un projet personnel, d’écriture, sportif, constructif. Mais c’est surtout au niveau de l’humeur que cela reprend la stratégie défensive d’une enfance contrariée car il faudra la quitter.

Les 8 à 12 ans redoublent d’obéissance et de docilité. Ils tiennent à plaire aux parents ou plutôt à éviter de déplaire.

L’envie de réussir n’est pas primordiale. La peur est de ne pas compter ne rien peser. Ceci en phase de transition adulte est l’ordinaire du quotidien évoqué. L’inconscient est envahi de tensions psychiques. L’exigence interne est bien plus forte que les exigences externes même si par projection on les rend démesurées : j’ai un mémoire à rendre, je ne suis pas sûr d’obtenir l’accréditation, les autres personnes en transition que je fréquente en réseau sont tellement plus intelligentes, mûres, sûres d’elles.

L’enfant se déprécie de l intérieur sans le dire. Il a besoin de paraître surtout devant lui même. Il ne veut pas de miroir fidèle. Il craint de perdre l’affection, la sympathie du moins de son accompagnateur présent lorsqu’il est adulte et enfant.

Comment permettre l’abandon de cette attitude de transition et retrouver toute la complexité  de la pensée et des sentiments ?

Les comportements sociaux peuvent devenir naturels, compatibles avec l’intime et inaliénable conviction, ou épuiser le sujet. Le succès du pur coaching s’ensuit de dépression. Seul l’accompagnement au plus près, la reconnaissance des difficultés soulage et prépare le temps des accomplissements. L’acceptation des erreurs, la confiance en des réalisations à venir au risque de déplaire enfin, et déplaire aujourd’hui déjà à l’accompagnateur choisi, tout ceci engage et réengage dans la vie. L’accompagnement assez bon est subtil, continu et léger à chaque instant.

Ce plaire et ce déplaire ne sont pas de l’ordre de la séduction. Ces modes de relation n’érotisent pas l’objet. L’objet sexuel de l’enfant du premier âge était le parent, celui qui subvient à ses besoins et qui lui apprend le plaisir et le déplaisir ce faisant. Le désir n’est plus le besoin.

Lorsque l’objet sexuel n’est plus sexuel il devient objet d’identification. Et le désir devient désir d’œuvrer et de créer comme d’autres le font.

Work in progress but work

L’enfant de la latence selon la référence qu’est le vocabulaire psychanalytique établi par Laplanche et Pontalis est l’enfant de la distance, de la pudeur, du dégoût qui s’installe pour refuser de son propre corps tout ce qui pourrait lui donner satisfaction libidinale. Cette période de latence sexuelle est une pause psychique entre deux périodes intenses : celles de la petite enfance et de la grande adolescence. L’immaturité biologique semble expliquer ce temps d’arrêt et la fin du désir œdipien.

« …l’absence persistante de la satisfaction espérée, la frustration perpétuée de l’enfant qu’il espère (enfanter), contraignent le petit amoureux à renoncer à un sentiment sans espoir  »

Il a été tout, il ne l’est plus et il ne peut pas offrir le tout au parent adoré. C’es dans une de ses lettres à Fliess que Freud se confie ainsi.

Secondairement, les formations sociales, l’éducation, les limites imposées par les parents qui vivent leur sexualité ailleurs qu’avec l’enfant, se conjuguent au petit surmoi de l’enfant, l’instance de régulation interne.

Rien de tel est nécessaire lors des latences adultes et pourtant elles se caractérisent de mon expérience clinique, au cas par cas, par une baisse de la libido, par une recherche de l’autre qui cherche avant tout à préfigurer l’autre en soi.

Que les accompagnateurs – coachs de transition mais aussi les professeurs de tant de professionnels réengagés dans une formation, les tuteurs de l’entreprise ou des organismes sociaux, RH et conseils – que ceux qui côtoient de près ou de loin ces aventuriers méditatifs ne se trompent pas. Ce n’est pas le manque d’envie qu’ils expriment dans le peu d’intérêt qu’ils leur dédient ou plutôt qu’ils dédient à leur personne. Il ne s’agit pas non plus d’une stratégie ou tactique de recherche d’un rapprochement physique à la hauteur de l’investissement intellectuel ou pragmatique ou les deux. Regardez vous en premier.

Tous, enfants de la latence

Ce temps de latence que les accompagnateurs s’empressent de combler est d’abord le leur, qu’ils chercheraient à fuir faute de l’avoir à leur tour retourné dans tous les sens qu’il permet. Ce temps de latence est bel et bien pour eux un temps de psycho analyse, de mise au point de leurs affects refoulés. Et s’ils renversent en son contraire dans une latence au contraire prolongée, dont ils ne sortent pas depuis l’âge indiqué, il est temps pour eux de revenir aux élans sexuels assumés pour les placer hors terrain professionnel.

Ceci n’est pas une critique ou même une attaque, agressive. Ceci est mon choix de superviseur sur le champ professionnel, différent de ma responsabilité de psychanalyste dans le privé. La psychanalyse est un choix inaliénable, la supervision est un devoir inaliénable aussi. Puissent ces quelques lignes éclairer les accompagnateurs et les accompagnés en transition ce qu’ils vivent intimement, et faciliter leurs relations, véritable moteur nécessairement affectif du changement.

Nor IA, neither natural, simply unconscious

In business and society, along with IA and transitional, unconsciousness is not an option

In Business and Society, along with IA and transitional stakes
Unconsciousness is not an option

How the human being can be ?

To be or not to be. Freud could have choose the Hamlet tragedy instead of the Oedipe’s game over. After Freud left is that tragedy that prevails.

Because in-between the id, the ego and the super-ego – the inner willing, the personality and its banishments is that grey. I am but I am not on the same way.

How it plays ? Play it again…

The id psychology relates to the instinctive, archaic motions.

There is a huge part of the ego which introjects part of these motions FROM the mother and the father figures. This primary super-ego is called ego-ideal whilst the inner image of oneself is called the ideal-ego and stands for perfection. There is a discord between the idealized image and the chaotic primary reality. Nevertheless the human being will deal with these controversial parts by splitting them off and getting them together into its own identity.

The ego-ideal is likely « the precipitate of the old picture of the parents, the expression of admiration for the perfection which the child them attributed to them. »

This split phenomenon applies to every trauma the human being goes through. The emotion is rejected, but there are still memory traces we can record among many others. Pleasant and unpleasant records can be side by side whist the whole process is represed, censored. But everything lies at the unconscious le vel. Resistances produce denial, rationalization, reaction formations, fantasy and ultimately projections. The threaten comes from outside. The other becomes either the ennemy or the beloved victim. Ordinary harassment gets explained.

In adition to that, the advanced super-ego which comes along with education, reflection, ethics and empathy and which is hopefully supported by the whole society fails under unconscious pressure.

Fixing the ideal which actualizes himself when social grouping is key.

Group members are related to an ideal image. They can put it in a leader or in a common project. This ideal can either freeze or move and get into a « good enough » reality that will inspire others.

Freud’s greatest contribution to modern thinking is this theory of inconscious.

The positivism that was popular in Freud’s scientific advanced time – getting definitely rid of religious determinism – claimed that people could gain real knowledge of the world and of themshelves, and that we had rational control over both. They insisted on « hard facts » even in Psychology. Albert Ellis and Aaron Beck culminated this work into Cognitive Behavioural Therapy (CBT) in 1950’s. These psychologists admit that between the stimulus and response lies a « mediational process ».

As Freud said we are motivated by unconscious forces within us. He suggested that consciousness actually exists in layes and there were many psychic process that went on beyond the surface, within the implicit inconscious. CBT therapists keep on trying to model these process. Psychoanalysts persevere, insisting that there is a level to the human mind, a kind of natural intelligence never transformed into « AI », that will never become obvious and reproductible through the study of cognición or behaviour wich remain at an explicit level.

In the 1990s, new findings in neurosciences suggested the same thing: there are parts of the human brain that work (« think ») implicitly, beyond conscious awareness, and control mucho of what we do, assume and expect.

Contemporary psychologists continue to work on the « psyche » – that unknown part of the self who reveals through irrational acts and preferences wich appear once again to be inexplicable even to the person concerned. Far from having one mind, we have several as suggested by very famous profesional therapists such as Eric Berne (transactions analysis). Again, there are several layers and their organization depends so much on earliest learning and bounds we almost completely forgot about. This sets in place our default understanding of ourselves, other people and what the world is like. Unless we develop on-going practices !

Either In HR, Consulting and Transformation.

From the Norfield experience to Tavistok Institute and their blockings and actual Tee-groups, this process of denial and recognition has lessons to us.

And these are my lessons and practices everywhere where unconsciousness is not an option and the tragedy comes to epics here.