La transformation d’entreprise éclairée

De la violence à la puissance institutionnelle
Un éclairage des conditions psychosociales à la transformation d’entreprise

La violence institutionnelle fait référence à la « vis », la force de l’institution, sans qu’il soit a priori question de force entraînant une souffrance ou un effort. La violence institutionnelle a été invoquée dans les faits à l’occasion d’efforts sollicités considérés « inutiles » et entraînant de ce fait une souffrance, une violation.

Trois terrains propices à cette souffrance ont été identifiés sur le vaste territoire de l’administration, du service public, de la santé publique très précisément. Comme la mère est maltraitante ou du moins négligente ce qui est la négation même du maternel, le « public » serait souverain s’il oubliait d’être au service du public, des contribuables, de la solidarité recherchée. Et, par extension, l’entreprise oublierait d’entreprendre, de donner des moyens à ses participants incarnés de rentrer en relation pour créer. Cela fait référence à la homéostasie d’un système plutôt qu’à l’adaptation et le développement du vivant.

 

Trois « institués » brident « l’instituant », la portée symbolique des forces du vivant :

L’isolement ou la violence par soustraction

Il s’agit de l’institution totalitaire qui se sert elle-même davantage que ses forces vives, ces usagers ou clients ou même l’intérêt général, les biens communs de nos jours. Elle annule le sujet. Elle s’érige en bastion, en rocher.

La promiscuité ou la violence de l’insignifiant

Cette situation semble révélatrice de l’effet confusionnel de la promiscuité dans l’établissement mais aussi aujourd’hui à travers les réseaux : la perte de la frontière entre intime, privé et public. Cela revient à ne pas considérer comme étant significative l’attitude subjective d’un seul ou de quelques uns. Même le terme des signaux faibles ne prend que la manifestation en oubliant la raison d’être, des êtres complexes qui se débattent pour quelque chose qu’ils ignoreraient eux-mêmes tellement cela serait juste mais déstabilisateur aussi à titre personnel. L’institution se creuse en espace contenant, en gouffre béant.

La coordination, une violence d’appropriation

Accueillir des individualités ne peut pas se limiter à leur désigner des alvéoles aussi mobiles soient elles par exemple par le jeu des neufs cases. Accueillir le vivant de chacun veut dire accepter une part de chaos et des réorganisations fréquentes, naturelles, qui ne mettent pas en cause l’institution. Pour rappel l’organisation n’est que la matérialisation mouvante de l’institution. Cette matérialisation peut être bureaucratique, elle peut être celle d’un clan, elle peut être aussi celle de l’eco-système en auto-régulation constante. La coordination n’est pas la coopération. La coopération laisse chacun propriétaire de ses actes et ses pensées et c’est dans la relation aux autres que se délimitent les propriétés de chacun à un moment donné. L’institution propriétaire est un camp de travail même avec les meilleures intentions et dans les meilleures conditions affichées.

La coordination, la transparence et la solidité institutionnelles semblent a priori des vertus du modèle. Du moment qu’elles supposent un effort inutile demandé à tous ou à certaines de ses forces vives, du moment ne serait-ce qu’un seul donne des signes de souffrance réelle il s’agit d’accepter que la puissance institutionnelle n’est pas assez bonne « mère » dans le sens du « good enough » winnicotien : bonne, mais seulement assez.

La puissance institutionnelle se doit d’être un symbole et ne jamais chercher à s’incarner en Médée ou en Jupiter, ni en l’intelligence collective asséchée, pleine de bons sentiments, vide d’une agressivité qui est le propre d’aller vers* : le verbe actif et réel de ce terme si éthéré de transformer…

*Ad gressere

Eva Matesanz
A propos

Eva Matesanz est Psychanalyste et Coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation des penseurs de l'inconscient. Eva Matesanz co-anime avec André de Chateauvieux des espaces de réflexion et d'action collectives inédites : Mars et Venus sur le divan, au sujet du masculin-féminin, L'accompagnement collaboratif, car comment accompagner les collectif sans s'y astreindre soi-même en équipe de consultants, de managers ou de coachs. Et Érotiser l'entreprise, à l'adresse des RH des entreprises collectives. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. Coach accrédité Senior de la fédération CNC. Chargée d'enseignement universitaire et auteure d'ouvrages de management. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

Publié dans Slide Home, Whatever Works

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