Université d’été du coaching clinique psychanalytique 2/5

Comment apprivoiser ses symptômes ?

Le terme « symptôme » est issu de la médecine. La psychanalyse le redéfinit pour mieux l’approcher et en faire son miel.

Car le symptôme est un point d interrogation, il se vit comme une souffrance, comme une formation interne qui veut gêner la vie du sujet. Sauf à être apprivoisé…

C’est un énigme pour le psy et il fait énigme pour l’analysant lui même. Il fait figure d’une division, d’une cassure, et il est à la fois la meilleure tentative d’en réduire les proportions. La protection que nous fabriquons est à la hauteur de la faille que nous redoutons. Il est en effet, de cire et de miel.

Le mot « symptôme » s’étend ainsi du champ médical vers tout ce qui donne indice de l’existence d’une plaie, d’un déséquilibre, d’une maladie. Sous l’œil et l’analyse du seul médecin les liens qui relient les indices et qui créent le syndrome deviennent signe. Dans le champ médical le diagnostic est un savoir externe. Les symptômes trouvent , sinon une solution, une inscription par leur désignatio dans le savoir médical. La médecine est ainsi un savoir SUR les symptômes.

L’idée obsédante est ainsi, par exemple, en médecine pur signe de dégénérescence. Il n’y a pas de recherche de sens pour le patient mais le signe est trouvé de la maladie dont il subit. Le symptôme semble être hors sens, bien à part de la logique saine.

La bascule freudienne serait de penser que ce symptôme qui nous échappe aurait un sens, une signification cachée qui concerne le sujet lui même et qui trouve tout son sens en ce qui le concerne lui. Il n’y a plus de savoir SUR le symptôme, préalable à l’exploration de la singularité du patient, mais il s’agit de reconnaître le savoir DU symptôme, de lui faire confiance pour atteindre le sujet qui ne le subit plus, mais le brandit.

Le symptôme serait la part cachée de nous mêmes qui donne cohérence à des actes a priori insensés par les représentations qu’il camoufle tout en les donnant à voir.

La deuxième bascule de la psychanalyse est que si le symptôme a un sens, ce sens est sexuel. Puisque tout nous ramène à l’acte et aux êtres dont nous sommes issus. A l’impensable « avant nous ». A l’après nous, sans nous, notre disparition… A comment nous nous en accommodons.

L’accès au sens singulier du symptôme permettrait d’atténuer voire de faire disparaître les symptômes les plus encombrants. La psychanalyse est le cadre favorable à l émergence du sens du symptôme, l’émergence de l’inconscient. Un cadre qui ne nomme pas le symptôme, qui ne l’inscrit pas comme la médecine dans une désignation. Puisque le symptôme est une question particulière. Inaliénable.

La psychanalyse s’intéresse ainsi plutôt à la « technique » pour trouver le sens des symptômes. Cette technique est faite d’écoute singulière de la demande particulière du patient. C’est une clinique de la relation.

Le sujet lui même bute sur sa demande. La question qu’il se pose et qu’il nous pose est impossible. Elle n’entre pas dans l’image, la définition de lui même.

« Le symptôme ça t’étonne » ,- c’est l’aide mémoire de Pasani, en Séminaire psychanalytique de Paris du 18 juin, qui m’a inspiré ces séquences de l’accompagnateur psychanalyste et symptôme lui même, pour ne pas s’illusionner de coach saint homme, et que je livre à tous

Se laisser étonner de soi et de l’autre tout le long du processus d’accompagnement est ainsi la seule boussole et le seul indice que la traversée à lieu.

De plus, « quoi qu’il en soit une découverte se fait toujours plusieurs fois » ,- nous dit Freud. Et Freud lui-même accorde la paternité de la découverte du symptôme à Breuer, son maître.

Que les actuels maîtres en innovation se le disent : le nouveau n’est que rendre compte de l’ancien pour se l’approprier et en faire le nouveau que cela n’a pas pu être par le passé. L’Humanité recommence toujours pour ne jamais avoir à toucher son but, atteindre sa fin,. Nous sommes toujours pris dans le même, au fond ; les formes varient, oui, le désir du mieux perdure.

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Les symptômes n’échappent pas à cette répétition. Ils se forment inexorablement, d’un individu à l’autre, de génération en génération. Et ils s’articulent, ils structurent la névrose du sujet, qui devient identifiable sous trois axes théoriques : l’angoisse, le trauma et le refoulement.

Ce sont les deux chapitres d’approfondissement de l’approche du symptôme, sa formation et son articulation, que Pasani propose en Séminaire Psychanalytique de Paris le 18 juin 2015 et que je partagerai lors des deux séquences à venir, sur cette série de cinq, en Université d’été du coaching clinique psychanalytique. A suivre si vous aimez.

I ) Les figures du symptôme d’après Freud
II ) L’articulation des symptômes en névrose selon Freud

Et enfin, l’appareil psychique groupal, un voyage dans la psyché d’avant L.S. (L.S. le symptôme désir et défense), une traversée ensemble – par chacun « rassemblé » -, du big bang même de la formation du symptôme, de la structuration de la névrose. Et de la perte encourue alors… Un dernier chapitre expérientiel, issu de mon expérience et confrontée aux sources conceptuelles d’Anzieu et Kaes, reconnaissable par chacun dans les groupes humains de son appartenance.

Eva Matesanz
A propos

Eva Matesanz est Psychanalyste et Coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation des penseurs de l'inconscient. Eva Matesanz co-anime avec André de Chateauvieux des espaces de réflexion et d'action collectives inédites : Mars et Venus sur le divan, au sujet du masculin-féminin, L'accompagnement collaboratif, car comment accompagner les collectif sans s'y astreindre soi-même en équipe de consultants, de managers ou de coachs. Et Érotiser l'entreprise, à l'adresse des RH des entreprises collectives. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. Coach accrédité Senior de la fédération CNC. Chargée d'enseignement universitaire et auteure d'ouvrages de management. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

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Publié dans Slide Home, Whatever Works

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