Wild coaching

[Wild coaching]
Elle était colérique. C’est ce que sa mère lui rapporte de son enfance. Et aujourd’hui elle se pétrifie d’effroi, ce sont les mots qu’elle emploie, face aux colères des autres. Froides ou sauvages. La loi folle du boss, les caprices de son amie, et ce recruteur si peu empathique qui la fait languir.

– Mais c’est si banal ! Je ne vois pas ce que j’aurais à tirer de ce fil là…

Comme d’un sein ancestral. Alors, je la rend au plus sauvage de soi :

– Vous qui aimez tant les dauphins et la plongée, et qui en rêvez même la nuit, vous aviez fait le cauchemar d’un lion il y a quelques séances…

– Ah oui… Et alors ?

– Le lion est en vous. Il ne vous quittera plus si vous revenez à terre et faites alliance avec lui… Puisqu’il est des renoncements de première heure auxquels il est bon de se nourrir, en analyse de soi. Devenir son avenir.
**

Il est le refoulement du trauma. Mais il est aussi et surtout ce à quoi nous avons renoncé enfants pour réduire « les risques » de trauma.
Le trauma n’étant plus, une fois devenus adultes, aussi destructeur que pour l’enfant jadis, prenons le risque de vivre, et entiers, et aguerris.
**
Elle est désorientée dans ce nouveau bâtiment. Elle rentre par la sortie et elle n’a pas de bureau.

– Même dans la rue je suis plus disponible aux besoins des passants, des touristes, des vieilles dames dont le feu rouge est la hantise, des enfants insouciants, qu’à « où je vais moi et comment ».

Et elle vient d’apprendre qu’elle quittera aussitôt ces beaux nouveaux locaux auxquels elle ne parvient pas à se faire, pour un détachement auprès d’un gros client. Deux ans de réclusion !

Elle aimerait retrouver l’entrée d’elle même, et quitter le jeu alors. Cela a duré assez longtemps !
**
– Ça sent le pourri !

– Elle vous a dit ça ? Et vous vous êtes senti visé ?

– Non, pardon. Ma chef a dit plus précisément que cela sentait le renfermé, et que comme la moquette était à moitié pourrie suite à un récent dégât des eaux, c’était assez intenable de ne pas pouvoir ouvrir, dans les immeubles de bureau, des balcons.

Pour lui dont « la fenêtre » est une menace, c’est peut être l’alerte, l’annonciation de l’ange. Le signe qu’il attendait pour enfin lâcher ses résistances et « remettre le nez dehors ». Sans plus de peur. Sans plus d’excitation vaine. Retrouver l’odeur du sang.

Auteur : Eva Matesanz

Eva Matesanz est psychanalyste et socionalyste. Accréditée pour intervenir en entreprise en tant que coach professionnel. Chargée d'enseignement universitaire, et auteure, elle remet la clinique psychanalytique - la clinique c'est le cas par cas - au coeur de la relation d'accompagnement y compris en milieu business comme cela est naturel dans les pays anglo-saxons et d'influence hispanique, milieux de diaspora et de fertilisation croisée des penseurs de l'inconscient et de ceux de la volonté. Diplômée d’études supérieures en management à Madrid, en partenariat Erasmus avec l’ESC Bordeaux, et titulaire d’un Master 2 Affaires Internationales à l’Université de Paris Dauphine, elle effectue un parcours de management dans des grands groupes multinationaux de l’industrie et des services IT. Elle s'y forme aux pratiques systémiques et à la communication et en fait son premier métier. La psychanalyse à titre personnel lui permet de faire de l'accompagnement individuel et d'organisation , son métier de maturité, et de se faire une place de référence en quelques années. E V E R M I N D est son blog collectif de diffusion d'idées mais surtout d'infusion sensible des rapports humains. Bienvenue à vous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

cinq × 1 =